La honte Prométhéenne

Etienne Klein s’interroge sur le sens du progrès si la promesse de l’homme bionique ne comporte pas en soi l’absurdité et évoque la honte prométhéenne  …   La honte prométhéenne a été défini par le philossophe Günther Anders comme « la honte qui s’empare du « honteux » (« beschämend ») devant l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même fabriquées ». L’homme crée des programmes informatiques comme l’intelligence artificielle qui le dépasse et l’humilie aujourd’hui. L’intelligence artificielle fascine, stupéfie, voir même hypnotise l’humanité en regard des prouesses techniques qu’elle peut accomplir mais terrorise également l’homme.

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Le transhumanisme est-il un progrès ?

Le philosophe des sciences Etienne Klein s’interrogeait sur le sens du progrès si la promesse de l’homme bionique ne comportait finalement pas en soi l’absurdité. Le philosophe évoquait la dans une conférence, la honte prométhéenne … La honte prométhéenne a été défini par le philosophe Günther Anders comme « la honte qui s’empare du « honteux » (« beschämend« ) devant l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même fabriquées ». L’homme crée ainsi des programmes informatiques comme l’intelligence artificielle qui le dépasse et l’humilie aujourd’hui. L’intelligence artificielle fascine, stupéfie, hypnotise voir même envoûte l’humanité en regard des prodiges et des prouesses techniques qu’elle peut accomplir mais potentiellement le terrorisera également en généralisant la reconnaissance faciale, le « tracking » des individus .

L’homme expérimente ainsi et à travers ses propres créations comme une forme d’aliénation de lui même, une perte de sa propre identité, comme ayant perdu une part ou la totalité de son humanité, lorsque il se sent comme dépassé, pire, submergé par sa propre création qui l’anéantit , le prive de sa dimension ontologique. L’homme ayant perdu tout lien et toute relation avec une dimension qui le transcende, se sent comme, déboussolé puis désarçonné de créer des produits qui seront amenés demain à le dépasser et à l’anéantir du fait qu’il est renoncé lui même à croire qu’il fut créé…. L’absurdité d’avoir songé que lui n’est que le fruit d’un assemblage hasardeux capable d’engendrer au travers de sa propre science son Golem !

La robotisation croissante de nos modes de vie

 

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Auteur Mark Hunyadi

Extrait d’un Essai le défi Politique du POSTHUMANISME

Mhu – Le défi politique du posthumanisme

Je vais donc partir du problème de la place croissante qu’occupent les robots dans notre monde quotidien. Le premier choc passé, nous sommes désormais tous accoutumés à suivre au téléphone les instructions de voix préenregistrées, à obéir dans notre voiture au bip nous ordonnant d’accrocher notre ceinture de sécurité, ou à exécuter les tâches demandées par l’écran tactile de nos distributeurs d’argent. De plus en plus, nous obéissons aux injonctions des machines.

Ce sont là de petites habitudes qui se sont immiscées dans notre vie quotidienne, et qui nous ont rapidement accoutumés à vivre en partenariat avec elles. Un pas supplémentaire a été franchi avec l’apparition des robots ménagers, tels ces robots-aspirateurs qui reniflent toute la surface de notre appartement en notre absence.

Mais tout ceci n’est rien à côté du monde peuplé d’androïdes dont on prédit qu’ils seront bientôt chargés d’accompagner nos vieillards, de garder nos enfants, de combattre l’ennemi, d’assister les grands blessés, de garder les prisons, de conduire nos voitures, de surveiller les musées, de régler la circulation, avant qu’ils ne se démocratisent en compagnons de notre vie quotidienne, veillant sur notre sommeil et notre bonne humeur, réglant nos tâches administratives tout en se souciant de notre hygiène corporelle et de notre équilibre diététique.

Ils pourront recruter le personnel en sélectionnant les CV, ou être membres de conseils d’administration. Un jour viendra peut-être où l’on pourra épouser son robot, suite logique de ce concubinage pour le meilleur et pour le pire…

L’imagination des chercheurs couplée au capitalisme intelligent n’a guère de limite dès lors qu’il s’agit de fantasmer un monde allégé nous libérant au maximum technologique possible des contraintes matérielles et corporelles qui nous enchaînent au monde.

Il sera facile toutefois de montrer alors que cette libération se retourne dialectiquement en asservissement, que des chaînes ont été échangées pour d’autres et que viendra un jour où s’élèvera un autre horizon, celui où il faudra se libérer de la technologie elle-même. Mais tel n’est pas mon propos ici. J’aimerais plutôt attirer l’attention sur le fait qu’aucune de ces machines n’est éthiquement neutre. Aucune thèse n’est à mon sens plus fausse et plus malfaisante que la thèse de la neutralité éthique de la technique qu’on entend régulièrement : « les outils sont moralement neutres ou indifférents, c’est l’usage qu’on en fait qui est bon ou mauvais ». Les outils font partie d’un système – Jacques Ellul l’a suffisamment montré, et de façon convaincante –, et le système façonne les gens qui y sont intégrés, les obligeant à partager les normes et valeurs qui le sous-tendent : rien n’est neutre là-dedans. Certes, utiliser un robot aspirateur nous débarrasse d’une corvée, et on dira que c’est bien, d’un point de vue simplement utilitaire : on a l’impression que, pris isolément, c’est un simple outil nous débarrassant d’une corvée répétitive. Mais même dans un cas aussi anecdotique, les choses ne sont pas si simples. Car ce qu’on appelle « corvées » participe en réalité à notre rapport au monde, à la manière dont nous sommes connectés à notre environnement le plus direct. Imaginons un instant que toutes les tâches ménagères soient désormais assumées par des robots : quel type d’humains fabriquerions-nous ?

Des humains déconnectés d’un monde qu’ils n’habitent plus, des humains qui n’auraient plus à lutter contre l’usure, la salissure ou la dégradation des choses… Des humains ayant repoussé le cours naturel du monde, ayant en quelque sorte immunisé leur existence face aux cycles immuables des processus vitaux. Le robot aspirateur a donc un impact anthropologique qui n’a rien de neutre, malgré les apparences.

La question n’est pas de faire l’éloge des corvées, naturellement, d’autant que l’humanité trouve toujours le moyen de les faire exécuter par des plus dépendants que soi. Mais il s’agit de mettre en évidence la signification de quelque chose d’aussi apparemment insignifiant que les corvées quotidiennes, qui recèlent en réalité toute une éthique de notre rapport au monde. On voit en quoi la thèse, ou le lieu commun, de la neutralité éthique de la technique est fondamentalement erronée.

Il n’y a évidemment aucune intention mauvaise à utiliser un aspirateur-robot ; mais cet usage n’est pas éthiquement neutre pour autant, puisqu’il porte en germe l’idée d’une humanité découplée de l’inertie propre de la vie, qui est, aussi, usure et dégradation ; d’une humanité qui serait affranchie de ce que Hannah Arendt appelait le travail (mais elle est la seule à l’appeler ainsi ; je l’appelle « corvées »), c’est-à-dire l’ensemble des activités nées de la nécessité de tenir tête aux « cycles perpétuels de la nature8 » qui toujours menacent notre monde de corruption. Poussé à la limite, l’usage généralisé de ces libérateurs de corvées dessine le projet d’une humanité hors-sol, flottant confortablement au-dessus d’un monde dématérialisé et insipide.

Nous n’en sommes certes pas là, mais tel est bien le monde qu’on nous prépare, le monde auquel on nous accoutume peu à peu. Ce techno-monde robotisé avance tout seul, par capillarité ou par logique systémique, petits pas par petits pas, sans que personne ne l’ait réellement voulu, alors même que chacun y contribue chaque jour sans le savoir. Chaque achat d’un objet technologique vaut comme acquiescement tacite à un projet qui n’a été le dessein de personne mais que nous n’avons plus le choix de ne pas vouloir, alors même qu’il détermine nos existences comme jamais. Nous alimentons le système, alors que personne ne nous a jamais demandé si c’est bien là le système que nous voulions, si c’est bien le mode de vie que nous souhaitions pour nous-mêmes et nos enfants. Nous n’avons donc aucune emprise éthique sur nos modes de vie, alors que ce sont eux qui conditionnent le plus notre existence.

Certes, à chaque nouvelle mise sur le marché, on se préoccupe de l’innocuité éthique de la nouvelle invention, on crée des commissions pour garantir le respect informatique de nos vies privées et on veille à ce que la sécurité des usagers finaux soit garantie. Mais voici le problème : alors même que les règlements éthiques bourgeonnent, on ne peut plus traiter de la question éthique fondamentale, de la question de savoir si c’est bien là le monde que nous voulons, un monde peuplé de robots ; si ce mode de vie est bien celui que nous choisirions, un mode de vie fait d’interactions avec des cerveaux programmés ; si cette société est bien celle que nous souhaiterions, une société où l’on abandonne les plus vulnérables – vieillards, enfants, malades – aux machines, parce qu’on n’a pas le temps de s’en occuper. Voilà donc une illustration spectaculaire du formidable paradoxe éthique sous lequel nous vivons : dans le respect éthique scrupuleux des droits individuels, on nous prépare un monde qui est peut-être éthiquement détestable. Et ce paradoxe a quelque chose de tragique, dès lors qu’on nous nous présente l’avancée de ce monde technologique comme inéluctable.

La terre brûle !

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Alors que le GIEC a rendu son rapport ce lundi 8 octobre 2018 sur les effets d’un réchauffement de 1,5 °C des températures mondiales, soulignant notamment la distorsion des équilibres vitaux résultant du réchauffement climatique. Réchauffement climatique dont la source ou l’une des sources, est bien d’origine anthropique résultant d’une activité industrieuse toujours croissante.

Dans ces contextes de dérèglement climatique, rappelons-nous ou remémorons-nous ce texte magistral de Ivan Illich écrit en 1973, texte qui tonnait comme une forme d’alarme, un avertissement sans appel. Ivan Illich dans un livre grave « La convivialité » s’inquiétait alors, 45 ans plus tôt, des pollutions urbaines qui envahissaient la ville de Mexico. Ivan Illich écrivait ceci « La terre est notre demeure et voici que l’homme menace sa demeure ».

En 1973 le propos de l’auteur du livre « La convivialité » n’avait pas pris cette ampleur planétaire que connait aujourd’hui le rapport du GIEC publié voici quelques jours et remettant en cause nos modèles de croissance !

Or je reste stupéfait par les commentaires des hommes ou femmes épousant les idéologies progressistes qui ont relayé le rapport de ce groupe d’experts  qui est une émanation de l’Organisation météorologique mondiale, et ces mêmes progressistes de se joindre ainsi aux propos alarmistes du GIEC, lançant la même alerte mais nullement ne remettent en question et en profondeur, le système technicien coupable aujourd’hui de fragiliser nos éco systèmes.

Ivan Illich s’insurgeait déjà en 1973 contre la perversion de l’outil et le déterminisme  du progrès technologique qui a malmené notre terre (j’emploie le terme de déterminisme à dessein, dans le sens où la technologie contribue largement à façonner nos modes de vie). Ce déterminisme technologique qui est donc en vogue, soutenu par l’idéologie du progrès et les tenants d’un transhumanisme, en appelle au développement des outils services pour augmenter les bienfaits du confort, réduisant toutes la corvéabilité, source de fatigue ou de charges, pour l’homme, mais qui paradoxalement engendre son isolement et saccage les sols.

Comme le soulignait une thèse de doctorat, « La prise de conscience d’une crise environnementale majeure ainsi que la numérisation croissante de nos modes de vie ne constituent-ils pas deux éléments saillants des transformations actuelles de notre société ».  Or qui osera comprendre que la nature du lien entre ces deux facettes de notre société doit sérieusement nous questionner sur les enjeux écologiques des technologies numériques qui à terme seront de nature à perturber les écosystèmes humains comme ceux concernant la faune et la flore .

Pour l’essayiste Ivan Illich, l’industrialisation du monde et notre modèle économique sont responsables de la dégradation de l’environnement. Le problème n’est pas la démographie mais bien la surabondance de consommation, la délectation que nous avons de consommer les biens. Nous sommes dispendieux et si insouciants entraînes par la folie du progrès, le dérèglement dément de ce néo libéralisme sauvage qui nous invite à posséder ce qui n’est pas nécessaire en réalité à notre existence et à la relation entre les hommes.

Ainsi comme l’écrit Ivan Illich « la surabondance oblige chacun à dépenser plus d’énergie, et l’outil destructeur dégrade sans bienfait cette énergie ».

Selon l’auteur de l’essai sur la Convivialité, la seule solution à la crise écologique serait que nous prenions soin des uns et des autres. « Une telle inversion de vue réclame de qui l’opère du courage intellectuel. En effet pour Ivan Illich, celui qui défendrait un tel point de vue, s’exposerait aux plus virulentes et violentes critiques, insinuant notre obscurantisme et absence totale d’éclairage. « Il sera traité d’obscurantiste opposé à l’école, au savoir et au progrès »

Ainsi la restauration d’un rééquilibrage de notre environnement, de notre habitat (oïkos en grec) de notre  « maison » dépendra de la capacité que nous aurons à résister selon Ivan illich contre « la progressive matérialisation des valeurs, leur transformation en tâches techniques ».

Carlie Weinreb 11 ans intervient dans des conférences et séminaires dédiés à la fiscalité. Il y a quelques jours, elle a proposé à l’OCDE de réfléchir à une taxe pour les robots.

Une déshumanisation du monde s’organise sous nos yeux, et pire, l’économie virtuelle qui se dessine sera destructrice d’emplois. Les algorithmes et la robotisation vont révolutionner le monde de l’emploi, en affaiblissant la dynamique et les ressorts qui construisent le travail humain. Quand de nombreux salariés n’ accéderont pas à un emploi pour subvenir aux besoins de leur famille, les conséquences pourraient être d’une extrême gravité et de facto avec des conséquence sociales qui seraient de nature à fragiliser l’être humain…

«Faut-il alors taxer les robots?»

Tel était le thème annoncé pour clotûrer une conférence consacrée à la régulation de la concurrence fiscale – notamment dans la mondialisation – organisée par l’ONG canadienne Tax Coop, à l’OCDE, l’organisation internationale chargée de la coopération des politiques économiques. Pour cet évènement, rapporte L’Obs, les meilleurs fiscalistes du monde étaient de la partie. Lorsque la conférence touche à sa fin, c’est une jeune experte canadienne de… 11 ans qui prend la parole. Carlie Weinreb récite sa présentation devant un public attentif – dont font partie ses parents.

Ou bien mettre un curseur avant que la machine ne vienne à dominer définitivement l’être humain …. ?

Lire la suite sur le figaro :http://premium.lefigaro.fr/decideurs/expertise/2018/10/07/33005-20181007ARTFIG00037-une-conferenciere-de-11-ans-preconise-de-taxer-les-robots.php

Le passage d’une anthropologie relationnelle à l’anthropologie individuelle

Auteur

Eric LEMAITRE

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Ce n’est pas dans le monde virtuel que nous instaurons la rencontre, mais c’est bien en allant dans les ruelles de nos quartiers, sur l’aréopage, les places, sur l’asphalte, à la rencontre du prochain, de la personne malade, de l’étranger, de la personne isolée que nous manifestons la présence auprès des autres, celui que nous appelons le prochain.

Les mots compassionnels que nous laissons sur les réseaux sociaux ne valent en réalité rien, ces épigraphes, ces pathos ou ces louanges artificielles nous dédouanent finalement de notre réalité à aller vers l’autre.

Cet autre, ce prochain qui attend de nous un geste, une parole qui l’englobe, qui l’embrasse dans toute la dimension de sa réalité.  Le monde glacial et technologique de nos réseaux sociaux est en réalité un épais rideau, un mur subterfuge nous empêchant de rencontrer le prochain, car ce réseau virtuel et non social vient nous priver, s’il n’y a pas hélas de suites, de rencontres vécus nous reliant à la table de l’autre. Nous sommes foncièrement des êtres relationnels, nous défendons au fil de nos articles, cette anthropologie de l’échange incarné, nous soutenons l’homme grégaire et valorisons cette nature relationnelle qui est l’essence même d’une identité reçue. Cette nature est aujourd’hui malmenée, marquée par une anthropologie recentrée sur l’individu.

Nous sommes ainsi passés de l’anthropologie relationnelle, à celle d’un être plus isolé que jamais noyé dans les subterfuges de la technologie, les artifices des objets numériques nous connectant au monde et nous dissociant des autres. Cette anthropologie de l’individu est en passe de fabriquer une contre-culture héritée de l’échange vécu ou parfois conflictuel, cette anthropologie de l’individu est celle de l’être atomisé et isolé qui est transformé en avatar, un avatar qui a l’illusion de vivre alors qu’il est enfermé dans un écran.

La vie sociale est en réalité, celle qui est incarnée, car essentielle, elle définit en effet ce que nous sommes par rapport aux autres, la technique virtuelle (le réseau social) dans sa dimension fantasmatique est en revanche ce qui exprime le désir d’une relation sociale refoulée qui n’est en réalité que l’expression d’un égocentrisme se souciant des autres sans pour autant les aimer. Alors ami lecteur va faire de ce pas un brin de causette avec ton voisin, et invite le à boire une tasse de café ou une bonne bière fraîche. Redonnons du sens à la vie relationnelle vraie et partagée.

La crise de 2008 a-t-elle changé notre regard sur l’économie et notre rapport à l’éthique ?

L’économie est loin de l’altruisme et aujourd’hui toute l’économie des états, est fondée sur la dépense publique mais sans remise en cause et en profondeur des rouages d’une économie capitalistique cupide, orientée sur l’avidité du gain. Il faut donc réinjecter une dose d’altruisme et encourager les initiatives autour du don.

Il faut en profondeur modifier l’état d’esprit d’un monde orienté sur la seule performance, le progrès sans fin et sans limites…

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Auteur Eric LEMAITRE

La crise de 2008

a-t-elle changé le rapport à l’économie et à l’éthique ?

La crise de 2008 résulte en grande partie de la crise des subprimes mais elle est aussi la résultante de facteurs microéconomiques à l’échelle des ménages, des particuliers, des entreprises qui ont emprunté et macroéconomiques à l’échelle des systèmes de régulation de la finance ou de la monnaie et de l’ensemble des organismes prêteurs.

Cette crise est d’abord le fruit d’une déréglementation irréfléchie de la finance, opérée depuis les années 1980.

C’est en effet dans les années 80 que le monde de la finance a fait un lobbying démesuré pour déréguler le capitalisme et lui laisser les coudées franches. Au cours de cette période (années 80) sur un plan strictement économique le courant libéral a ainsi prôné une forme de libéralisation financière.

Dans ce contexte de libéralisation les banques, un grand nombre d’entreprises financières, de grandes banques se sont engouffrés dans cet exercice sans curseur moral et l’attention nécessaire à apporter à cet exercice auprès des personnes les plus fragiles.  Les bonnes pratiques bancaires consistant à peser, à discerner se sont volatilisées dans les années 80 et dans un système de crédit finalement dévoyé, égaré par la cupidité et l’avidité du gain.

L’appétit du gain déconnecté de la vie réelle, du quotidien des gens modestes, a gouverné en quelque sorte le monde bancaire, un monde bancaire qui s’est employé à faire rêver sans appréhender les risques du désenchantement pour toute une population désireuse d’accéder à des conditions matérielles chargées en réalité d’illusions « heureuses ». C’est Joseph Stiglitz économiste américain altermondialiste qui souligna que « la cupidité est le moteur de la finance », cupidité qui pousse finalement les banques à préférer la loterie à l’épargne sage, cette dimension de loterie est illustrée au travers de la dimension spéculative particulièrement prégnante dans le monde bancaire.

C’est donc cette cupidité qui entraina de fait la crise mondiale et par effet de domino entraina le monde dans une crise définitivement dramatique pour bon nombre de personnes, d’entreprises. Ce qui aggrava finalement la pauvreté ou la précarisation d’une grande partie de la population.

Au-delà de l’interprétation des mécanismes qui ont accéléré et précipité une crise majeure, il faut surtout mettre, la loupe sur les drames personnelles que suscite ce genre de crises et de ce point de vue la finance mondiale est souvent froide, aveugle et finalement sans éthique.

– Quelles leçons ont été tirées de cette crise !

Je vais vous décevoir, je ne suis pas sûr que des leçons morales aient été tirées. De plus comme vous le savez l’état français est venu au secours de ses banques comme d’autres nations d’ailleurs. L’état dans son rôle de pompier des finances publiques, est venu en quelque sorte panser, les failles du système bancaire mais ce même Etat se trouve par ailleurs empêcher finalement de réguler, de contrôler, de superviser les mondes bancaires qui sans vergogne et cynisme ont accepté a contrario de vivre sous perfusion au risque de faire écrouler l’économie mondiale.

Pourquoi l’état

serait-il empêché de superviser le système financier ?

La réponse est somme toute simple si l’on contrôle le système bancaire, nous risquons alors de fragiliser l’économie réelle et en outre la vérité est que le monde bancaire ou le capitalisme d’une manière générale tient entre ses mains les nations qui empruntent et se sont largement endettées auprès des organismes financiers. Alors moraliser le monde bancaire est dans un tel contexte extrêmement difficile. Nous prenons conscience que ce système est dévoyé, car la finance n’a pas de couleur morale, elle est en quelque sorte dévoyée, pire corrompue.

Que faudrait-il faire aujourd’hui pour rendre l’économie plus juste et plus éthique ?

Le monde bancaire n’a pas de « valeurs », ce qui est en soi un oxymore paradoxal, sa raison d’être est d’exister à cause de la seule finance, la philanthropie n’est pas sa tasse de thé. Pourtant une banque éthique pourrait bel et bien exister, si sa gouvernance était pilotée par la volonté d’amener plus d’équité pour réduire la précarité et porter un réel intérêt aux personnes les plus pauvres en les accompagnant dans la bonne gestion de leurs revenus.

Mais au-delà Il faudrait injecter de l’altruisme dans l’économie et dans le secteur bancaire, c’est-à-dire considérer la personne, avoir de la considération pour la personne, et s’interroger sur la portée des actes financiers, sur les effets de ses actes, les conséquences qu’ils peuvent augurer.

L’économie devrait en effet être plus juste, plus éthique, préoccupée comme je le rappelais précédemment de ses effets sociaux. Or notre modèle économique est loin du partage, toute l’économie est fondée non sur l’idée de redistribution, de la répartition équitable mais sur celle d’une compétitivité gagnante et profitable. Or il faudrait encourager l’économie du don, de l’altruisme, par exemple avantager ou défiscaliser les banques comme les entreprises qui décident de verser un don à la collectivité pour lutter par exemple contre la pauvreté, la grande précarité.

Il faudrait inciter et encourager le développement vertueux du monde bancaire, encourager les banques qui socialement interviennent pour redistribuer une partie de ses bénéfices au profit d’une lutte contre le mal logement… (Il y a sans doute une quantité d’exemples à imaginer autour de cette notion de don, pour soutenir des initiatives socialement bienveillantes, veillant au bien, veillant au bien-être de son prochain !

Mais soyons cependant justes, puisque en effet et depuis la fin des années 1980, un certain nombre d’institutions spécialisées dans les finances solidaires se sont proposés de développer le microcrédit personnel, la loi Borloo a ainsi accéléré ce processus d’institutionnalisation du micro crédit et de lutte finalement contre la précarisation. Mais à l’heure de la digitalisation bancaire et de la numérisation des services, je crains en réalité que l’on ne vienne aggraver la situation des personnes les plus pauvres. Je rendais dernièrement visite à un ami dans une grande pauvreté, et qui m’indiquait qu’on allait lui transmettre un code pour accéder à son dossier, mais il ne possède ni ordinateur, ni tablette, c’est son entourage, ses proches qui l’aideront à gérer cette situation …. Nous entrons bel et bien avec le monde numérique dans le monde UBU, le monde rocambolesque, symbole du délire du pouvoir et de l’absurdité des hiérarchies bureaucratique et des mondes numériques qui sont à l’aube de blesser les plus démunis en les isolant plus que jamais.

Mais dans les mesures proposées pour changer l’état d’esprit des banques je ne prône pourtant pas la coercition, la contrainte étatique qui peut être aussi dommageable pour la libre entreprise. Tout ceci doit relever du don et encourager le développement vertueux de l’entreprise ne me semble pas avoir été suffisamment développé ou en tout cas suffisamment initié.

– Peut-il y avoir une éthique chrétienne en matière d’économie ? Quelle est-elle ?

L’éthique Chrétienne en matière d’économie est essentiellement orientée sur la conversion de soi. Il n’y a donc pas de postulats chrétiens en matière économique, cela commence par une réforme personnelle. Ainsi un chef d’entreprise qui confesse sa foi chrétienne, doit être juste envers son environnement, ses salariés, ses fournisseurs et appliquer le principe de redevabilité auprès de l’ensemble de ses partenaires ou collaborateurs. Je connais un chef d’entreprise qui verse 10% de ses bénéfices à des œuvres sociales, il s’inscrit dès lors dans cette dimension vertueuse de l’éthique chrétienne en matière économique. Je pense que tout chef d’entreprise devrait avoir gravé dans les principes de sa gouvernance, les propos de l’apôtre Paul : « L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous. Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ; et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d’un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d’honneur, tandis que ceux qui sont honnêtes n’en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait, afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. »

– Concernant l’Ethique sociale et économique que nous enseigne la Bible à ce sujet ?

Je vous renvoie à un article complet que j’ai écrit sur les normes biblique https://deconstructionhomme.com/2018/05/30/vision-urbaine-sociale-et-economique-dans-une-perspective-biblique/ et également à mon essai sur la « Déconstruction de l’homme, critique du système technicien » où très clairement la Bible énonce un certain nombre de normes et de règles concernant la vie sociale, la vie économique. Le Lévitique Chapitre 25 donne des instructions concernant la dimension qui touche au partage. Il y a une attention toute particulière que portent les écritures à la situation des plus précaires… Ainsi la Bible révèle un véritable code de bonne gestion, de gouvernance économique… Si nous lisons les textes d’Exode 23 (v. 10 à 11) et le Lévitique 25.22. Nous avons là un enseignement sur la prévention de la pauvreté. Un théologien évoque à propos de ce livre « Une solution rationnelle que propose le livre du lévitique pour sauver la prospérité d’Israël de l’âpreté au gain, de l’avarice et de la cupidité de ceux qui savent mieux que les autres tirer profit des produits de la grâce auxquels chacun, même le plus endetté, contribue et peut encore contribuer par son activité. Faute de cela, l’or s’accumule dans les coffres, le blé pourrit dans les greniers et il n’y a plus personne pour renforcer les digues le jour où la tempête menace de les emporter. ».

Quel est mon regard sur l’économie d’aujourd’hui ?

 L’économie est loin de l’altruisme évoqué précédemment et aujourd’hui toute l’économie des états, est fondée sur la dépense publique mais sans remise en cause et en profondeur des rouages d’une économie capitalistique cupide, orientée sur l’avidité du gain. Il faut donc réinjecter une dose d’altruisme et encourager les initiatives autour du don.

Il faut en profondeur modifier l’état d’esprit d’un monde orienté sur la seule performance, le progrès sans fin et sans limites car en réalité ce monde économique n’est pas l’économie du réel qui est confronté à l’épuisement de nos ressources les ressources naturelles indispensables à la vie même des populations humaines se sont raréfiées. En ce début du XXIe siècle, l’épuisement des ressources est devenu l’une des questions les plus préoccupantes pour l’avenir de l’humanité. Qu’en est-il ainsi de la durabilité de notre civilisation technologique, si l’on prend en considération l’inadéquation croissante des termes de la relation entre croissance exponentielle et limites de nos ressources ! La mondialisation appelée de ses vœux par le monde néo libéral et progressiste va nous entraîner dans la spirale des grandes catastrophes qui pendent au nez de toutes les nations, car ces nations n’ont pas cherché à œuvrer sur les principes de solidarité, d’altruisme, de vie locale et de subsidiarité.   C’est le philosophe Aristote qui, est à l’origine de la notion de subsidiarité quand il décrit la société organique, « La Cité », « au sein de laquelle s’emboîtent hiérarchiquement des groupes : familles-villages, chacun de ces groupes essayant d’être auto-suffisants ». Il faut ainsi encourager le local comme la seule source d’une société conviviale et solidaire régulée bien entendu par les règles d’un savoir vivre ensemble. Mais ceci peut relever de l’utopie si et j’en suis parfaitement conscient la réforme de cette mentalité ne commence pas par soi !   

 

A lire : La philosophie est devenue folle

A travers le livre de la Genèse,  le premier livre de la bible, nous sommes étonnés de la façon dont Dieu structure, organise l’univers, et lui a donné un ordre, en procédant à une série de distinctions, de terme à terme : Dieu/l’homme ; l’ordre/ le tohu bohu, le jour/la nuit, l’homme mâle/femelle, l’homme/les animaux ; les animaux/les végétaux ; la terre/l’eau/le ciel.

Dans le livre de la Genèse, la création du monde procède par éléments séparés. Pour respecter l’ordre introduit par Dieu, il convient de fait de maintenir cette séparation, au risque de retourner au chaos, au tohu bohu, à une forme de confusion. Or, implicitement selon les Écritures, l’un des enseignements majeurs que l’on peut ici extraire, en partant de la lecture du livre de la Genèse, montrant définitivement la vision écologique de la création, ce qui a été différencié ne saurait être mélangé. La création ne saurait faire l’objet de transgressions, en mêlant, à nouveau, ou en confondant, ce qui a été à l’origine de la création « séparé », ce qui entraînerait la confusion, celle de « ne pas distinguer la main droite et la main gauche, » tel que le rapporte le livre du prophète Jonas, qui décrit une ville plongée dans la confusion.

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Or dans les débats actuels qui obsèdent notre monde actuel, nous observons deux folies majeures qui touchent les concepts de genre et l’‎Antispécisme comme le rapporte le philosophe Jean-François Braunstein dont nous rapportons la citation provocante, mais une provocation en fin de compte très pertinente

Si le genre n’est pas lié au sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins ? Si le corps est à la disposition de notre conscience, pourquoi ne pas le modifier à l’infini ? S’il n’y a pas de différence entre animaux et humains, pourquoi ne pas faire des expériences scientifiques sur les comateux plutôt que sur les animaux ? Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles avec son chien ?

Dans ce contexte décrit par le Philosophe Jean-François Braunstein et d’une lecture extrême de l’égalité concernant l’humanité y compris avec le règne animal, nous sommes bel et bien confrontée à une conception philosophique faussée, une lecture qui résulte en  somme d’une incompréhension de l’homme sur la nature même de la diversité, du métissage, de la variété de la complémentarité, de la richesse des différences, de la biodiversité et de l’étendue infinie des écosystèmes peuplant harmonieusement le monde terrestre.

L’observation même de la nature ne conduit-elle pas à admirer ses reliefs, ses paysages, les espèces peuplant l’environnement de l’habitat humain. Tous les reliefs multiformes de l’univers furent ainsi préférés à un simple trait horizontal, à la brique de Babel. Le cosmos n’est pas ainsi plat mais pluridimensionnel. Il nous semble dès lors essentiel de comprendre la matrice et l’essence même de la différence, de comprendre le choc qui s’en est suivi pour les civilisations dont certaines d’entre elles, submergées par le poids des idéologies totalitaires et égalitaires, ont parfois cherché à anéantir la différence religieuse, ethnique, culturelle et même animale au point de considérer par l’absurde que son chien est n’importe quel homme.

Aussi appréhender l’anthropologie biblique, la conception de l’homme telle que la Bible la conçoit nous parait essentiel pour analyser les dérives d’une déconstruction de l’homme. L’altérité et la différence doivent être perçues comme des éléments de richesse nécessaires au bien commun et non perçues comme une injustice à réparer coûte que coûte.

Depuis le commencement, tout l’univers se caractérise par une prodigieuse, une incroyable diversité des éléments et des espèces, une anti uniformité. Le cosmos infini ne se propose pas comme un univers plat, parfaitement égalisé ; il semble à l’évidence que le relief fut préféré au trait horizontal. La création se présente dès lors comme un ensemble de matériaux riches de plusieurs dimensions, un univers composite, de formes multiples étonnantes et singulières. Le cosmos se définit à travers de multiples dimensions, un univers qui se manifeste à travers l’extraordinaire profusion, la variété des éléments et du vivant.

Concernant les éléments, il est ainsi frappant d’observer la phénoménale diversité des cristaux de flocons de neige, cette architecture tellement diverse et symétriquement parfaite.

Dans le vivant, comment ne pas s’émerveiller de l’aboutissement d’un homme en mesure lui aussi de penser l’univers puis de créer à son tour.

Le livre de la Genèse offre d’abord une vision différenciée de la création. Du premier au sixième jour, Dieu crée d’abord les éléments (la lumière, la matière, la flore, la faune) puis les êtres vivants.

La création se fait en plusieurs séquences dans une perspective inégalitaire. A ce propos, il existe une idéologie l’antispécisme qui s’oppose clairement à l’anthropologie Biblique et fait valoir une égalité en dignité et en valeur entre les animaux et l’humanité ; rien en
l’espèce ne les différencie. Selon cette idéologie, l’homme créé rationnel ne se distingue pas de l’animal gouverné par l’instinct. Or la réalité telle que le récit du livre de la Genèse le rapporte est autre : les animaux ne sont pas de rang égal avec l’homme ; seule l’humanité a été créée à l’image de Dieu.

Il y a une différence entre le minéral et le monde vivant, et une différence entre les êtres créés. Le monde vivant n’est pas seulement diversifié, il est conçu comme inégal.

La caractéristique de l’Univers n’est donc pas l’uniformité : Les créatures ne sont pas mises à la même échelle, ne sont pas tous conçus de manière uniforme. Dieu ordonne, Dieu structure l’univers en partant du Tohu-Bohu de l’informe jusqu’à la forme parfaite portant l’identité même du Créateur : l’homme fait à son image. Oui, la forme parfaite conçue dans le monde vivant est  ainsi l’homme : ce terreux, ce glaiseux, ce glébeux, infiniment petit à l’échelle de l’univers. Dieu l’a créé ainsi, à cette échelle, car sa conscience d’être ne doit pas être limitée à sa finitude.

A propos de la différence, si l’apôtre Paul souligne « Il n’y a plus l’homme et la femme » en Christ, il ne signifie pas que la foi effacerait la différence des sexes : Il souligne que le principe de la foi n’empêche pas la diversité et d’être tous faits à l’image de Dieu. Et il en va ainsi de toutes les autres diversités culturelles, religieuses ou sociales. La différence, l’altérité la complémentarité, n’empêchent pas que nous soyons tous faits à l’image de Dieu.

Pourtant la pensée contemporaine dénie la différence entre les hommes et les femmes, dénie l’altérité, comme elle s’insupporte de la souffrance et du handicap. Elle est au point de créer de nouvelles catégories : demain il ne sera sans doute plus question de parler d’hommes et de femmes mais de genres et d’orientations sexuelles délibérément choisies.

Méconnaissant l’amour et la justice de Dieu, l’humanité dans sa nouvelle religion anthropologique lit et explique le Cosmos selon un nouvel horizon géométrique : la seule horizontalité et de niveau égale. Dans cette nouvelle anthropologie, l’immense diversité des êtres est disposée sur un même plan. Tout s’entasse dans un champ matérialiste aux horizons incertains, aux contingences indéfinies. Du coup, le combat pour l’égalité se transforme en dogme de l’égalitarisme. La différence n’est plus alors valorisée. Quand on arase tous les épis d’un champ sur un même plan, la disparité comme la diversité apparaît comme une inégalité (l’épi le plus haut devient en soi
insupportable).

C’est donc un même mouvement consumériste et idéologique qui conduit, d’une part, à nier la différence substantielle entre les personnes et les biens et, d’autre part, à nier les diversités et la richesse des différences entre les hommes.

L’Europe a-t-elle enterré les démons de son passé ?

Auteur Eric LEMAITRE

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Les deux bêtes de l’Apocalypse

Apocalypse de St Jean chapitre 13 verset 1 « Puis je vis monter de la Mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes…..verset 11 ensuite je vis monter de la terre une autre bête, elle avait deux cornes semblables à celles d’un agneau mais elle parlait comme un dragon … » Le livre de l’apocalypse de St Jean est un livre saisissant, un message prophétique, un livre qui devrait nous remplir d’une immense espérance. Le livre de l’apocalypse écrit par l’apôtre Jean contient une révélation pour l’église d’hier mais pour celle d’aujourd’hui.

L’apocalypse de Jean relate la victoire de la lumière contre les ténèbres, la victoire de la vérité sur le relativisme, la victoire du sens sur la confusion, la victoire de la liberté ontologique sur l’esclavagisme des âmes que l’on veut atomiser puis déconstruire. Apocalypse 17 verset 14 « Ils combattront contre l’agneau et l’agneau les vaincra parce qu’il est le Seigneur des Seigneurs et le Roi des rois. Ceux qui ont été appelés, choisis et fidèles, et sont avec lui, vaincront aussi ».

L’apocalypse qui signifie comme beaucoup le savent révélation, annonce en somme le triomphe de la vérité sur le mensonge, l’apocalypse pour reprendre les mots de Fabrice Hadjaj, « C’est le triomphe de la charité dans les tribulations ». Le livre de St Jean écrit à Patmos, lieu d’exil pour l’apôtre, contient une révélation celle à la fin des temps, de la victoire de la lumière contre l’obscurantisme, la victoire du bien contre toutes les formes de déshumanisation mortifère de la société.

La lecture de ce livre et notamment le chapitre 13 de l’apocalypse de St Jean a inspiré cet article que j’avais à cœur de vous partager, un message destiné à nous encourager dans cette persévérance qui caractérise plusieurs mouvements dont celui des veilleurs initié sur la place des invalides à Paris, mouvement prophétique sans précédent né le 23 avril 2013 et qui ne s’avère pas être le feu de paille auquel on l’aurait réduit. En effet semaine après semaine, inlassablement, sur l’asphalte des espaces publiques, des agoras, des lieux de rassemblement, aux caractères symboliques, lieux de pouvoirs, (Mairies, Préfectures), ils témoignent avec des bougies et comme les prophètes de l’ancien testament déclament des textes pour sensibiliser la cité sur la période idéologique de déconstruction mortifère de l’homme tel que Dieu l’a créé.

Ils se sont engagés pour le bien, ils se sont engagés pour partager un message à la cité, lui montrer que tout ne se ramène pas à une simple horizontalité consumériste et matérialiste de la vie. La vie ne saurait être ainsi sans âme, ne saurait être ni codifiée, ni normée.

La vie est d’abord une relation à l’autre et au monde 

La vie est d’abord une relation à l’autre et au monde : une relation qui ne se réduit pas à une transaction monétaire, à des rapports qu’il faudrait enfermer dans des lois de plus en plus intrusives et autoritaires, car il est vrai que nous faisons face aux dérives d’un mal qui comme un cancer ronge l’intérieur, le cœur de l’homme, que l’on veut endiguer par la force de la loi sans avoir compris l’impérieuse nécessité de reconnecter l’homme à son créateur afin que ne se déchaîne pas les démons de la barbarie.

Rappelons-nous que la vie est d’abord un échange, née de la différence des êtres, la différence et la complémentarité des hommes et des femmes. Que rien ne saurait être construit sans la rencontre et le respect de nos différences, de toutes nos différences et que nous ne sommes pas là pour imposer notre idéologie à une autre idéologie. Mais nous sommes ici pour partager la vérité d’un héritage spirituel qui a fondé pour partie notre civilisation et a permis de réduire sa part de barbarie, d’obscurantisme, de haine de l’autre.

Mais aujourd’hui nous prenons conscience de l’effroyable mutation qui traverse l’ensemble de notre société en précipitant à nouveau notre histoire dans un récit qui sera à terme tragique si nous ne décidons pas de résister intérieurement et de nous ressaisir pour interpeller les consciences. Dans ce contexte et pour revenir au livre de l’apocalypse de St Jean, ce livre évoque une étrange image, une image énigmatique de deux figures spirituelles. Ces figures incarnent le paroxysme du mal absolu, l’une de ces figures vient de la Mer, l’autre de la Terre.

Redéfinir les normes du Bien et du Mal

Le message scandaleux de la croix qui annonce la réconciliation de l’homme avec son Créateur. Ces figures qui nous sont présentées dans le livre de l’apocalypse comme tyranniques incarnent les oligarchies des systèmes politiques qui entendent dominer les âmes des hommes et les enfermer sous leur emprise. Un système qui poursuit un seul but, l’éviction de toute transcendance, de toute référence aux lois divines et qui entend redéfinir les normes du Bien et du Mal. Le rejet du message Judéo-Chrétien dans la culture occidentale et bien au-delà relève d’un choix idéologique assumé, le projet de refonder l’homme et de déconstruire les représentations du message Biblique dont le socle est à partir de la chute de l’homme, le message scandaleux de la croix qui annonce la réconciliation de l’homme avec son Créateur.

Saint Jean n’a pas écrit l’Apocalypse seulement pour que nous comprenions les événements de son temps (l’Empire romain persécuteur des chrétiens). L’apôtre a été inspiré pour transmettre à nous tous, et à tous les siècles de l’histoire de l’humanité, une vision universelle de l’affrontement solennel et tragique entre la lumière et les ténèbres, entre la vérité et le relativisme, entre les lois divines et le légalisme des hommes.

Saint Jean nous introduit au cœur du mystère du combat spirituel dans lequel l’humanité entière est engagée

Saint Jean nous introduit au cœur du mystère du combat spirituel dans lequel l’humanité entière est engagée et dans lequel les chrétiens de toutes dénominations doivent résolument s’engager pour alerter les consciences, participer à l’éveil de leurs concitoyens, être des témoins dans la cité afin d’être les veilleurs du bien sur toutes les dérives mortifères d’un monde idéologique qui veut arracher la mémoire du christianisme, comme hier le Nazisme lui-même voulait arracher à la terre, le souvenir du Judaïsme, porteur des lois de la torah mais l’idéologie communiste n’avait pas été en reste en souhaitant l’élimination du Christianisme. Le Nazisme et ce n’est pas excessif de l’imaginer peut-être largement apparenté à l’image même de la bête, bien que des phénomènes totalitaires et cruels aient déjà, existé par le passé, jalonnés l’histoire de l’humanité, l’empire Romain a été ainsi et probablement cette figure d’une tyrannie à son paroxysme pour St Jean.

Reprenons le récit biblique du chapitre 13 de l’apocalypse de St Jean et par hypothèse, comparons la première bête à l’idéologie Nazie. Nous savons aujourd’hui, mis en lumière par les historiens et notamment Johann Chapoutot que l’idéologie Nazie voulait effacer la torah, les lois divines, faire à jamais disparaître le peuple choisi par Dieu, puis s’il était possible de se débarrasser à terme du christianisme (ce que la Russie de Staline s’était employée de faire). Par analogie la seconde bête; entend achever cette vision et mener sa mission de guerre spirituelle, elle entend ainsi faire la guerre aux saints, à l’église corps de Christ, les vaincre, eux qui portent le message de la grâce.

Les contextes idéologiques

des deux Bêtes

 L’idéologie Nazie portait une pensée terrifiante teintée de darwinisme social

La première bête affichait son visage terrifiant, un visage de fer, pourtant elle fut mortellement blessée, « mais sa blessure mortelle fut guérie », la seconde bête avance masquée, elle a le masque d’un agneau a deux cornes, avance de façon subtile à travers les habits, la parure, d’un humanisme angélique et progressiste mais elle a la marque et l’identité du dragon et ses intentions restent identiques à la première bête, mener sa guerre contre le Dieu de la création, le Dieu trinitaire.La première Bête que je rapporte à l’idéologie Nazie portait une pensée terrifiante teintée de darwinisme social, l’envers du message biblique, d’un Dieu compatissant. Cette bête terrifiante fascinée par la nature considérait dans sa conception de l’univers, qu’il fallait que le plus faible soit dominé ou anéanti au nom d’un principe qui tenait à la survie du plus fort.

Johann Chapoutot que nous citions précédemment, Jeune historien l’un des plus brillants de notre époque décrit les mécanismes de la pensée nazie dans son livre « La loi du Sang, Penser et Agir comme un Nazi ». Il décrit la montée en puissance d’une utopie manichéenne qui s’est mise en marche, écrasant les peuples sous son autorité «Ap 13 v 4 : Qui est semblable à la bête, qui peut combattre contre elle », accomplissant au nom d’un relativisme, le Mal au nom du bien. Leur nouvelle vision du monde a été mise en œuvre par une oligarchie de fer et une bureaucratie impitoyable. Mais ce que l’historien met en évidence ce n’est tant la haine du Juif pour des raisons qui seraient seulement identitaires, raciales, non la haine du Juif c’était d’abord la haine de la torah, de la conception de l’homme, de l’anthropologie biblique. La haine raciste s’est forgée sur le terreau d’une conception panthéiste et immanente de l’univers évacuant tout créateur (pour les panthéistes Dieu n’est pas séparable de sa création), il n’y avait donc pas de transcendance pour l’idéologie Nazie. Nous voyons donc là l’émergence explicite d’une contre religion, s’opposant au Dieu révélé, au Dieu créateur de l’univers. Ap 14 verset 7 … celui qui a fait le ciel, la terre, les sources d’eau ».

Pour l’idéologie Nazie, l’Univers était régi par ses lois et ses lois reposaient sur la force, la domination.

Johann Chapoutot cite l’allemand Alfred Rossner dont le propos explicite confirme cette lutte du Nazisme engagée contre le judéo-Christianisme « La substance du Christianisme est juive, la juiverie est la semence, le christianisme est le fruit…Ce n’est pas une religion conforme à l’homme Allemand», l’idéologie Nazie évoquera même l’aliénation du Peuple Allemand par le Christianisme et parle ainsi d’une violence faite au peuple germanique. Pour l’idéologie Nazie, l’Univers était régi par ses lois et ses lois reposaient sur la force, la domination. Dans ce contexte le faible n’a pas place dans cet univers et pas davantage dans la société, la théorie darwiniste avait dès lors ses prolongements au plan social, il fallait alors de facto éliminer les tenants d’une religion révélée aux hommes montrant la culpabilité de l’homme et qui était de nature à circoncire les cœurs et les corrompre.

Le nazisme est ainsi une contre religion, pas exactement une anti religion, une idéologie religieuse et sociale qui provoquent chez les sujets qui y rejoignent ses idéaux, une foi absolue dans les conceptions panthéistes portées par le Nazisme. Dans ses fondements, l’idéologie Nazie est le rejet dogmatique et fanatique de toute conception judéo-Chrétienne qui touche la société.La Pensée Nazie était à l’opposé de la révélation portée par les écritures. L‘idéologie Nazie se révélant à l’inverse comme un antagonisme de la pensée biblique, le national-socialisme avait dès lors pour projet :

  • · d’anéantir le judaïsme,
  • · d’arracher de la mémoire de l’humanité, la mémoire et la pensée juive
  • · d’effacer cette chronique de l’histoire du peuple hébreu,
  • · d’écarter le poids de la loi révélant la transgression de l’homme en regard des lois divines révélées par Moïse au Peuple Juif.

Cette première bête fut terrifiante et ensanglanta le monde.

L’idéologie Nazie était une nouvelle spiritualité démoniaque, non un athéisme, mais une conception éthique et panthéiste de l’univers, une religion de l’exclusion, une religion du rejet de la thora qui de fait, pour le Philosophe Georg Mehlis (1878-1942) que cite Johann Chapoutot (P59), le Nazisme est une éthique national socialiste née d’une révolution…contre l’Ethique Chrétienne de l’Occident qui tend à placer des notions comme l’amour, l’Humilité et la pitié avant toute norme éthique ». Cette première bête fut terrifiante et ensanglanta le monde. La seconde n’en sera pas moins plus abominable imposant la docilité, la servitude des peuples au plan universel. Nous voyons bien la dimension d’une forme de lutte, de combat, de guerre spirituelle livrée depuis les débuts de l’humanité contre le Dieu Créateur. Ap 13 : « Il lui fut permis de faire la guerre contre les saints et de les vaincre » Ap 17 : « Ils combattront contre l’Agneau et l’Agneau les vaincra ».

Or aujourd’hui nous voyons poindre la forme nouvelle de l’utopie angélique transhumaniste (La bête à l’apparence d’un agneau) qui vise à déconstruire l’anthropologie Biblique, une utopie qui s’apparente à cette race qui prétendait dominer le monde et qu’incarne d’une certaine façon le Transhumanisme. Le Transhumanisme porte les gênes d’un possible renversement de toutes les valeurs, en conférant à l’homme la possibilité d’augmenter et de performer ses capacités (ce n’est pas de la science-fiction, de nombreux laboratoires spécialisés sur le génome humain y travaillent), non seulement il s’agira de répondre aux besoins de l’homme de prévenir et d’anticiper d’éventuels maux physiques mais de répondre aux désirs des femmes et des hommes et au nom d’une idéologie de l’égalité d’avoir recours à des embryons artificiels issus d’une nouvelle technologie (ectogénèse).

Cette seconde bête qui a l’apparence d’un agneau docile, s’est en réalité adossé à la duperie, dans son imposture la seconde Bête veut tromper l’humanité en lui imposant par l’apparence angélique, ses lois d’une nouvelle religion pour réajuster l’homme, le façonner à la création d’un nouveau genre humain, un homme égalisé qui nie les différences, les souffrances, ne supportant pas les différences et les souffrances, au nom de l’angélisme et l’égalité, la bête finit par les supprimer.

La seconde bête aspire

à la toute-puissance, égale de Dieu

La seconde bête aspire à la toute-puissance, égale de Dieu, elle nie l’incarnation et la finitude d’un Dieu fait homme, elle tourne le fils de Dieu, en dérision, veut le railler, l’antéchrist se caractérise par son refus de l’incarnation, du « Dieu venu dans la chair », ainsi cette deuxième bête est l’incarnation du transhumanisme et de toutes les religions formant une forme de collusion antichrist, l’avatar de cette aspiration de toute puissance est susurrée, murmurée dans le jardin d’Eden « Vous serez comme des Dieux », la volonté de porter une idéologie, qui relève d’une conception antinaturaliste est à l’inverse de la conception nazie qui était, elle, profondément naturaliste. L’antinaturalisme de cette idéologie s’ancre dans la volonté d’arracher l’homme à l’ordre de la nature, en affirmant l’exception humaine. Pour les idéologues et les tenants de l’antinaturalisme, ce n’est pas ainsi la nature qui nous fait homme ou femme, ils prônent la plasticité des identités indépendamment des corps.

Or la bête qui à l’apparence d’un Agneau parle comme un dragon, Dans un ouvrage publié en 1997 « Le bien et le mal » le philosophe André Glucksmann ose la provocation pour alerter la conscience occidentale « Hitler, c’est moi », il fallait selon le Professeur émérite Jacques Battin faire comprendre que « l’Angleterre, les Etats‐Unis, la Scandinavie, la France et l’Allemagne ont été des fabriques d’idéologie et que le nazisme a intégré tout un courant d’idées mêlant à l’eugénisme, l’anthropologie sociale et le racisme, le darwinisme social et l’hygiénisme ».Or la bête qui à l’apparence d’un Agneau parle comme un dragon, la société occidentale contemporaine n’a en réalité rien renié de l’idéologie Nazie, cela peut sans doute faire sursauter notre lecteur, mais que dire alors des pratiques eugénistes et de la volonté de ne pas accueillir l’enfant atteint d’une maladie trisomique car il ne serait pas conforme à la norme. Que dire de cet acte abominable, décision prise par Adolf Hitler en Octobre 39, lorsque ce dernier décide de procéder à l’euthanasie des malades héréditaires, handicapés physique, et mentaux.

Rappelons qu’en 1920 et 1922 fut publié en Allemagne un opuscule par Karl Binding, professeur de droit pénal à Leipzig et Alfred Hoche, professeur de psychiatrie à Fribourg. Le titre est suffisamment explicite sur les tenants et les aboutissants d’une philosophie sociale de conception darwinienne : « La libéralisation de la destruction d’une vie qui ne vaut pas d’être vécue » Texte qui visait à donner une justification médicale et juridique à l’euthanasie des handicapés

Pour l’Allemagne Nazie, le commandement tu ne tueras point est ainsi « une pure invention juive au moyen de laquelle ces juifs, ces plus grands meurtriers que l’histoire ait connu, tentent toujours d’empêcher leurs ennemis, de se défendre efficacement…. » Citation reprise à la page 217 du livre La Loi du Sang de Eugen Stähle.L’une des têtes de la bête fut mortellement blessée mais elle semble hélas s’être remise de ses blessures « Ap 13 verset 3 Sa blessure mortelle fut guérie ». En d’autres termes l’inspiration des thèses prisées par une idéologie anti judéo-chrétienne restent profondément prégnantes au sein de la culture occidentale.

JeanFrançois Braunstein professeur de philosophie à l’Université de Paris I dénonce les dérives contemporaines et souligne lui même dans son dernier essai, la ‘Philosophie devenue folle » comme une forme de cri d’alarme en face de postures morbides qui pourraient jusqu’à proclamer l’impensable tel que :

S’il est des vies dignes d’être vécues et d’autres qui ne le sont pas, pourquoi ne pas liquider les «  infirmes  », y compris les enfants «  défectueux  »  ? Pourquoi ne pas nationaliser les organes des quasi-morts au profit d’humains plus prometteurs  ?

Ap 13 verset 11 « Ensuite, je vis monter de la terre, une autre bête elle avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, mais elle parlait comme un dragon. Elle exerçait toujours l’autorité de la première bête en sa présence et elle obligeait la terre et ses habitants à adorer la première bête, celle dont la blessure avait été guérie …. »Pour conclure ce texte j’emprunte au Philosophe Charles-Eric de Saint Germain, l’extrait d’un texte qui illustrait l’ensemble de mon propos visant à décrire les contextes idéologiques des deux Bêtes dont la vision est de combattre la parole révélée puis incarnée :

Nous sommes ainsi dans ces temps qui préfigurent sans doute la venue prochaine de Christ, « Si le peuple nazi parodie le peuple d’Israël, si le communisme parodie le christianisme, cette « double caricature » a sans doute contribué à la « séduction » exercée par les deux grands régimes totalitaires du XXème siècle. C’est peut-être la « lueur de vérité », qui se reflétait encore en eux de manière biaisée et falsifiée, qui a fait toute la « force de séduction » de ces deux idéologies sur certaines consciences (la séduction, par définition, joue sur le paraître et l’imitation de ce qu’elle n’est pas, et qu’elle parodie de ce fait). Mais précisons aussitôt que, si caricature il y a, cette caricature ne peut être, ici, qu’une caricature diabolique : ne dit-on pas que le diable « singe » Dieu ? » Nous sommes ainsi dans ces temps qui préfigurent sans doute la venue prochaine de Christ, dans le devoir de l’espérance éveillée, sachons lire et discerner les signes des temps, de nature à annoncer et à avertir le prochain, à se tourner vers celui qui est le réel sauveur et seigneur, créateur des cieux et de la terre.

 

La fenêtre d’Overton, dans les contextes Orwellien de notre société…

Auteur Eric LEMAITRE

Sur l’agora d’une place publique où les veilleurs ont pris l’habitude de se rencontrer, Edmond entame la lecture d’un texte de Luis Segura brillant universitaire espagnol, à propos d’une théorie politique nommée la fenêtre d’Overton. Une théorie développée par Joseph P. Overton diplômé en génie électrique de la Michigan Technological University.

Joseph P.Overton était également un essayiste du courant libéral membre particulièrement investi dans divers think tanks libéraux comme l’Institute for Justice et le centre Makinac. La théorie développée par Overton a été conçue comme un outil pédagogique postulant que toute idée politique comprend « une gamme de mesures » considérées comme politiquement  plus ou moins acceptables dans le climat qui caractérise l’opinion publique à un instant T.

La fenêtre d’Overton illustre également ce que l’on appelle la fenêtre d’un discours, un mécanisme « par paliers »,  une série étagée d’idées que le public sera à même d’accepter au fil de l’eau et des contextes sociétaux susceptibles de s’ajuster ou d’évoluer. Selon la théorie développée par l’essayiste, la « fenêtre » comprend une gamme d’idées en cinq étapes, considérées comme politiquement irrecevables, puis radicales, irrémédiablement raisonnables enfin convenables et finalement populaire. La fenêtre d’Overton est ainsi une évolution non figée mais ajustée de l’opinion publique existante. Ainsi au regard de l’opinion évolutive, un politicien peut donc proposer une idée sans être considéré comme trop extrême, pour gagner demain la faveur des suffrages alors que préalablement cette idée était tout à fait révoltante. L’idée de l’Euthanasie était ainsi rejetée par toutes les opinions publiques après la seconde guerre mondiale, or dans les faits aujourd’hui il n’en est rien, sans être populaire, l’idée d’euthanasier n’est plus une idée radicale, mais relativement acceptée par l’opinion publique notamment dans le cas des grandes souffrances, mais le passage d’une idée raisonnable au politique dans le cas de l’euthanasie n’est pas encore d’actualité, mais cela ne saurait tarder selon la théorie d’Overton. Nous pourrions également citer l’eugénisme, idée inacceptable mais bel et bien légalisée quand il s’agit d’avorter les êtres humains atteints de trisomie 21.

Il existe de fait socialement et dans les contextes de fabrication d’une opinion, une forme de graduation d’une idée, à l’origine inacceptable, dans un temps donné selon les situations culturelles du moment, pouvant ensuite évoluer pour devenir plus ou moins politiquement recevable au regard de l’opinion forcément changeante.

Dans les contextes quasi Orwellien qui touchant aux mutations de notre époque, la fenêtre d’Overton me fait également songer à une stratégie des petits pas ou à la fable de la grenouille qui s’accoutumant à l’eau douce, n’a su prendre conscience et à temps que cette dernière était tout simplement entrain de bouillir.

Pour revenir sur l’un de nos textes …:

[ https://deconstructionhomme.com/2018/09/08/serons-nous-demain-biopuces/ ], … l’approbation d’un contrôle aujourd’hui massif, de la population est une idée en soi, parfaitement inacceptable, inadmissible. La pratique qui consisterait à surveiller les citoyens via une technologie sophistiquée est une idée a priori qui révulserait la plupart des citoyens occidentaux bien que cette pratique de surveillance soit déjà diffusée et répandue dans les pays totalitaires comme la chine. Or cette fenêtre, c’est à dire l’idée même de surveiller les citoyens européens reste encore une fenêtre étroite, pour ne pas dire verrouillée en l’état par nos Institutions étant donné que la société considère cette action de surveillance comme contraire à l’éthique, à nos normes sociales actuelles, à  la morale publique.

La fenêtre semble donc verrouillée, mais elle n’est qu’apparemment fermée, car à ce jour cette fenêtre est en réalité entrebâillée et l’idée de surveillance généralisée de la population a trouvé l’aubaine de s’engouffrer subtilement, dans les habitudes sociales,  du fait même de cette domestication à grande échelle qu’exerce les technologies en cours; œuvrant à la fois dans le monde numérique et l’intelligence artificielle.  Nous nous sommes ainsi familiarisés à des objets qui ont pris en réalité un relatif contrôle sur nos vies à commencer par la géolocalisation de nos usages et pratiques en termes de vie sociale.

Cette fenêtre d’Overton, concernant l’idée d’une main mise de nos données personnelles est apparemment fermée, mais subrepticement et par capillarité, l’idée de disposer de nos données est devenue acceptable, la banque ne vous effeuille-t-elle pas ainsi sur vos pratiques concernant vos usages en matière de dépenses, vos données de santé ne sont-elles pas aujourd’hui numérisées, ne laissez-vous pas des empreintes et des traces concernant vos achats chez les distributeurs du NET.

Or dans cette dernière étape, le mécanisme législatif de légalisation du phénomène est en cours de préparation. Il est évident que les lobbies exerceront une forme de pression morale pour mieux vous identifier et cela l’est déjà pour bon nombre d’entre vous, alors vous patcher il n’y aura demain qu’un pas, dans cette stratégie des petits pas.

Ainsi, une idée qui, en principe, était hier invraisemblable et inimaginable dans tous ses aspects est devenue socialement tolérable dans la conscience collective ! A partir d’un simple postulat qui se résume à activer  dans un contexte orwellien, une « fenêtre d’Overton » il est devenu ainsi possible de modifier la perception publique d’une idée révulsive au départ  et  finir par conquérir et séduire le public, tant et si bien que ce dernier ne soit plus en mesure de réagir. Un exemple ici : nous l’illustrons avec la biométrie dans nos cantines parfaitement acceptée par les parents et demain d’une griffe « une marque » imposée ou naturellement acceptée par tous… la fenêtre d’Overton est un outil de compréhension, nous permettant de mieux appréhender les mécanismes de manipulation publique, mécanisme peu connu et qui méritait cette réflexion que nous vous partageons…

Vers une éducation sexuelle précoce à l’école ? Comment s’y retrouver ?

Initialement publié sur PEP'S CAFE ! :
« Éduquer », c’est « prendre soin ». Et donc respecter le rythme de développement affectif de l’enfant et de l’adolescent…Enfant par Alejandro Lizardo A quelques jours de la rentrée scolaire, et ce, depuis l’été 2018, la polémique enfle autour des déclarations récentes de la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et…

Voilà un article de notre partenaire très documenté, sérieux, étayé obligeant cependant à une très grande forme de vigilance, de prudence, de circonspection, car les contre attaques de la ministre plutôt secrétaire d’état n’occultent en rien et au-delà des polémiques, les suspicions, les défiances et les craintes légitimes des parents… mais pourquoi donc s’occuper se préoccuper de vie sociétale à l’école alors que la fonction de l’école est bien de transmettre de la connaissance…Bientôt il sera plus important de connaitre le sexe genré que de savoir calculer et compter, ce qui est une aberration sans nom et je pèse ici avec beaucoup de nuances mes mots…. Laissons aux Parents le soin de transmettre le respect de l’autre plutôt que d’arracher leurs enfants à je ne sais quel stéréotype pour en imposer d’autres via le totalitarisme des idéologies issues des études sur le genre…

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« Éduquer », c’est « prendre soin ». Et donc respecter le rythme de développement affectif de l’enfant et de l’adolescent…
Enfant par Alejandro Lizardo

A quelques jours de la rentrée scolaire, et ce, depuis l’été 2018, la polémique enfle autour des déclarations récentes de la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Cette dernière avait annoncé, le 18 juillet sur RMC (1), l’envoi à la rentrée (en collaboration avec le ministre de l’Education nationale) d’une nouvelle circulaire à tous les recteurs d’académie afin d’appliquer la « loi [de 2001] qui existe déjà et qui n’est pas mise en œuvre », dans le but, notamment, de lutter contre le sexisme, le harcèlement de rue et la culture du viol. Cette loi dispose qu’« une information et une éducation à la sexualité (soient) dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et…

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