La vie relationnelle grignotée

En déplacement à DIE pour présenter mon premier essai « la déconstruction de l’homme », je décide au retour de m’arrêter chez de vieux amis rémois pour les saluer. Mon court séjour fut empreint de cette dimension relationnelle à laquelle je reste profondément attaché. Ecoutant mes amis, je fus attentif à celui de Marc dont le récit de vie est particulièrement touchant. Marc n’est pas une personnalité exubérante, extravertie, chez Marc tout est intériorisé, feutré, ce garçon habituellement réservé me relata avec beaucoup d’entrain son déplacement entre Valence et Erevan, du Vercors au Caucase, de la Drôme à l’Arménie, un périple de quelques milliers de kilomètres parcourus en vélo couché. Ce périple était animé par le désir d’investir l’effort au profit de la réhabilitation de l’école de Chirakamout.

Narcisse et chabot

Or dans la société transhumaniste, la culture de l’homme augmenté est bien celle du narcissisme. Le narcissisme se nourrit avant tout de l’image de soi et le narcisse rêve toujours d’améliorer son image, de prendre soin de son image. La promesse de toujours faire croître cette image ne peut en soi que flatter le narcissique. De fait la société transhumaniste a bien pour objet de flatter la prouesse, de cajoler la réussite, d’encenser la performance. C’est le devoir de la société transhumaniste d’investir tous les champs du divertissement pour entretenir l’image de soi. Mais la société transhumaniste ne flatte pas seulement le corps augmenté, elle flatte la capacité de transcender le corps, le transhumaniste est l’ami du monde virtuel. La société transhumaniste dans ces contextes de monde virtuel investit d’ores et déjà les applications issues des fameux réseaux sociaux, les fameux robots conversationnels qui pourront demain être nos futurs amis imaginaires, l’autre que moi-même qui me comprend, me connait, me flatte, me rassure.

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