Le monde crépusculaire

Cette période pandémique devrait nous conduire à une réflexion intense sur le sens même que nous donnons à la vie, or cela ne semble pas être la priorité de nos gouvernements. Il nous faut à nouveau faire fonctionner le business du monde, le remettre en marche grâce à nos nouveaux superhéros masqués, nos Batman et consorts. Alors nous attarder sur le monde crépusculaire est une pure gageure, penser un instant que l’homme pourrait changer après cet épisode épidémique est un pari bien hasardeux auquel nous ne devrions pas nous attarder dans cette nouvelle chronique. Mais arrêtons-nous ici, il est impératif comme je l’ai écrit dans une précédente chronique, de ralentir notre marche pour comprendre que vouloir le monde qui va de l’avant est une utopie, une aporie, une incohérence.

« Les vieux: confinés, isolés, enfermés? »

Nous avons été, pendant deux mois, « confinés ». « Restez chez vous » pour vous protéger, pour
protéger les autres et parce que vous avez conscience de l’intérêt collectif. Les injonctions étaient
pertinentes… Qui pourrait prétendre le contraire ? Mais elles n’ont pas été vécues par toutes et tous de la même manière. Ainsi parmi nos concitoyens, certains ont vécu des situations particulièrement difficiles. On évoque partout le remarquable travail des soignants. Rendons leur hommage, à eux, et aussi aux enseignants, aux employés de commerces et autres « invisibles » grâce à qui le pays a continué à fonctionner… Mais, au delà de cet hommage, imaginons un instant ce qu’ont vécu les personnes confinées en établissement

la menace

Il me semblait important de vous partager deux vidéos de mise en garde vis-à-vis des développements futurs l’IA qui font peser une réelle menace sur le sort de l’humanité… Or l’humanité semble s’obstiner désespérément à ne pas vouloir ralentir sa marche vers le progrès, un progrès sans conscience malgré un coup d’arrêt brutal dans les affaires de ce monde. Le COVID nous a mis le bazar pour nous obliger finalement à une réflexion sur soi mais il semble que la volonté de l’humanité est de ne rien entendre et de poursuivre sa conquête prométhéenne et démiurgique d’enfanter sa propre créature (la bête).

Racisme

Nous sommes ici, cela va de soi, parce que nous voulons combattre le racisme, la xénophobie, le chauvinisme et tout ce qui s’y apparente. Cela au nom d’une position première : nous reconnaissons à tous les êtres humains une valeur égale en tant qu’êtres humains et nous affirmons le devoir de la collectivité de leur accorder les mêmes possibilités effectives quant au développement de leurs facultés. Loin de pouvoir être confortablement assise sur une prétendue évidence ou nécessité transcendantale des « droits de l’homme », cette affirmation engendre des paradoxes de première grandeur, et notamment une antinomie que j’ai maintes fois soulignée et que l’on peut définir abstraitement comme l’antinomie entre l’universalisme concernant les êtres humains et l’universalisme concernant les « cultures » (les institutions imaginaires de la société) des êtres humains. J’y reviendrai à la fin.

Chronique du Covid : Des chiffres et des hommes

Depuis le mois de Mars, nous avons pu suivre d’heure en heure l’évolution de l’épidémie avec des données chiffrées sur le nombre de personnes contaminées, admises à l’hôpital et celles qui en sont ressorties ; le nombre de personnes en réanimation et celles qui sont décédées. Pour ces dernières en faisant progressivement le distinguo entre les personnes mortes à l’hôpital et les personnes mortes en EHPAD ou maisons de retraite encore appelées « résidences ». Ou encore celles, mal repérées, mortes à domicile.
Grâce à la conférence de presse quotidienne tenue par Jérôme Salomon, Directeur Général de la
Santé, nous avons pu suivre les progrès – et les régrès – de l’épidémie. Chaque soir ou presque, il
donnait (à l’imparfait parce qu’il est désormais silencieux) un point presse devant les caméras pour commenter l’évolution de l’épidémie dans le pays et donner le nombre de décès, d’entrées en réanimation et d’hospitalisations, moults chiffres et graphiques à l’appui. En dehors de ces
communiqués, nous ne manquions pas d’informations. Tous les médias ont tenu à nous en donner.

Distanciation

C’est fou ce que les mots d’hier comme se saluer, s’accueillir, recevoir, se serrer la main, étaient à nos oreilles d’une grande banalité. Ces mots prennent un sens bizarrement singulier, un sens très nouveau quand nous les exprimons dans les contextes de pandémie qui a laissé les traces étranges d’une tout autre infection dans nos esprits. Ces mots qui étaient hier, d’une grande banalité n’auraient franchement mérité aucune réflexion particulière, sauf en ces jours. En d’autres temps, dans des temps qui ne seraient pas ceux d’un monde pollué par l’esprit des courtisans malfaisants de la Reine Corona, ces mots comme se faire la bise auraient été d’une ennuyeuse platitude. Toutes les dimensions qui touchent aux salutations fraternelles, aux politesses cordiales et ces gestes comme une simple accolade, une poignée de main étaient comme pour chacun, une évidence, mais les mêmes gestes ont une tout autre résonance, en nous aujourd’hui.

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