Actualités, Organisation sociale, Société

Monde numérique et vision politique, sommes-nous vers la fin prochaine du modèle institutionnel de « l’ancien monde »?

Auteur Eric LEMAITRE

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Le désenchantement pour la vie politique

La démocratie telle que nous la connaissons dans le monde occidental semblait être l’aboutissement idéalisé d’une démarche où la voix de chaque citoyen pouvait légitimement compter.

Il y avait pour de nombreuses nations dites démocratiques l’envie de propager, d’universaliser les idéaux de la démocratie occidentale et l’illusion de prendre en compte les aspirations des peuples, de les respecter, de permettre à l’opposition comme aux minorités, la libre expression, d’interagir avec les institutions.

Née de la volonté d’unir la cité, six siècles avant Jésus-Christ, la démocratie dans la Grèce antique n’était pas ouverte à tous, les femmes en étaient écartées, les esclaves et les étrangers exclus du droit de vote, les poètes à bannir pour Platon. Cependant les débuts de la démocratie antique ont été l’exercice par tous les citoyens grecs de sexe masculin, de leur souveraineté libre et inaliénable, ce qui veut dire la mise en pratique d’une assemblée (ecclesia) où n’importe quel citoyen pouvait prendre la parole.

L’exécutif des magistrats au cours de cette période était instauré dans la seule perspective d’appliquer la volonté citoyenne qui a délibéré. La démocratie depuis l’antiquité, a fait d’immenses pas à commencer par le droit de vote donné aux femmes. La démocratie est devenue un système choisissant des représentants susceptibles d’être révoqués. Dans ce type de système idéalisé, le peuple a le pouvoir ou plutôt l’illusion du pouvoir. On cherche encore l’équivalent du penseur « ubérisé » de la république platonicienne.

Or nous assistons depuis quelques décennies à une forme d’effondrement des idéaux démocratiques. Plusieurs observateurs de la vie politique et pas seulement européenne, notent une forme de délitement de la vie démocratique dans le monde. Les élections américaines 2016-2017 sont un avant-goût de ce repli, d’une Amérique qui semble être émoussée par les appareils politiques.

Le citoyen non dupe a pris conscience d’une pratique techniciste de la démocratie. La complexité des lois, la difficulté de comprendre et de saisir le sens des normes, est manifeste. Le citoyen est dorénavant dans une posture de méfiance se sentant trahi par le désir du pouvoir et non le désir de servir, de ses représentants.

Le repli de la démocratie est un phénomène patent et manifeste mais complexe car il se mêle également avec le repli identitaire, la peur de l’étranger et son rejet comme dans la démocratie grecque. Il se traduit par le désintérêt des citoyens pour la chose publique, ce qui se traduit, par une baisse constante de l’investissement citoyen, de l’implication à déposer son bulletin de vote lors des grandes consultations citoyennes (élections des représentants, référendum).

La grande problématique de la démocratie, une des causes sans doute de son effondrement a été la recherche de l’égalité primant sur celle de la liberté. Cette dialectique des principes démocratiques mise en évidence par Tocqueville a fondé en partie l’un des symptômes probables d’une forme de dissolution du système démocratique tout entier.

Le sentiment mêlé de l’inutilité que représente l’acte de voter est devenu prégnant tout en mesurant que la démocratie a parfois fait émerger la tyrannie de la majorité qui méprise la contestation de projets de lois qui au cours des décennies sont apparus comme allant contre le bien commun des populations.

Mais sur point il convient d’être plus modéré et ne pas nécessairement dénoncer, comme du temps de Tocqueville, la tyrannie de la majorité, car la démocratie actuelle s’est plutôt transformée en tyrannie des minorités, et l’Etat se trouve de plus en plus contraint de se mettre à la remorque de revendications particulières et minoritaires, mais dont le lobbying est très puissant !

Le modèle institutionnel tel que nous le connaissons semble prendre fin, la démocratie faisant aussi émerger des personnages qui ne sont que le reflet d’une opinion, désacralisant au fil du temps la fonction pour laquelle ils ont été élus.

Parallèlement nous voyons l’émergence de nouvelles formes de diffusion des idées et de nouveaux canaux hors des assemblées traditionnelles où l’opinion influente s’exerce. Ainsi Internet a été un des vecteurs puissants de la révolution arabe dans les années 2000 notamment en Tunisie et en Egypte. Les réseaux sociaux ont démontré leur capacité de mobilisation des opinions publiques en suscitant des mouvements de foule, contestant les pouvoirs établis, sur les grandes places des capitales arabes tunisiennes et égyptiennes[2].

Daniel Cornu autrefois journaliste s’est longuement penché sur les usages d’Internet. Internet selon le journaliste peut apporter énormément au débat démocratique. « Il y a un énorme ‘plus’, dont il faut bien tenir compte et qu’il ne faut jamais oublier. Cet énorme plus, c’est simplement le fait que désormais, toute personne, tout citoyen peut s’exprimer, exprimer son opinion mais aussi donner des informations, avec des moyens légers, de façon simple et directe, sans devoir passer par les médias traditionnels. C’est une révolution. (…) On le mesure chez nous, dans nos vieilles démocraties occidentales, mais on le mesure évidemment encore plus là où il n’y a pas de démocratie. »

Les usages d’internet sont croissants et ont une emprise incontestable sur la diffusion des convictions, sur leurs cristallisations. Sur Internet les faiseurs d’opinions et leurs suiveurs s’installent dans de nouvelles agoras pour catalyser leurs follower’s (adeptes en français), puis débattre avec passion. Je ne crois pas pour ma part qu’il s’agisse d’une mode dont la temporalité s’inscrit dans l’éphémère.

L’ère numérique

et la promotion de l’individualisme

Nous passons d’une société de masse à une société où l’individualisme sera enserré dans le « nous » du web.

Le monde du web et les technologies numériques, ont peu à peu compris puis intégré les usages et les nouvelles pratiques sociales qui caractérisent à la fois la modernité consumériste et la société contemporaine de plus en plus familiarisées avec le monde des écrans. Le monde numérique a été adopté par l’individualisme qui est attaché à notre ADN social, nous avons peu à peu déserté les agoras, les lieux publics, les assemblées où l’on se rencontre pour vivre l’expérience de la société Internet : société « marchandisée et monétisée » avec ses nouveaux temples, ses nouvelles enseignes, ses nouvelles marques.

Les individus consomment, commandent de chez eux, effectuent les transactions, les opérations bancaires, téléchargent, commentent l’actualité à partir de leur écran

Les innovations technologiques ont permis de renforcer l’autonomie des usagers, améliorer le fonctionnement en réseau. Ainsi la consultation intuitive et conviviale des sites sur la toile du WEB a su s’adapter aux lectures des internautes et faciliter toujours plus leur emploi.

Les technologies ont amélioré puis conditionné dans une certaine mesure les pratiques débutantes, les nouvelles habitudes émergentes en renforçant par là même les nouvelles façons consuméristes de vivre le monde numérique.

Les usagers consommateurs, se sont au fil du temps appropriés les technologies numérisées.  Ces technologies vont à nouveau être façonnées, adaptées, ajustées en fonction des pratiques sociales   familiales et citoyennes.

Nécessairement la vie politique sera tôt ou tard impactée par les usages et les pratiques du web, forcément les usages et les pratiques vont contribuer à inventer un nouveau modèle de vie citoyenne avec un effet de bascule dans un nouveau monde à inventer la démocratie sur Internet.

La démocratie passera-t-elle par Internet ?

Par capillarité s’impose un remodelage de la vie sociale et de la vie économique, nous avons montré la révolution numérique en marche dans tous les domaines de la vie sociale, culturelle, économique. Le chamboulement qui s’organise est celui de la fin des intermédiations.  L’habitude est prise, celle de l’autonomie du citoyen qui gère sa vie sociale à partir de son écran, il pourrait demain gérer la vie politique de son moniteur, se persuadant qu’il s’agira là d’un modèle où sa voix pourra compter, peser, son opinion enfin prise en compte.

Le « Web participatif » est porteur d’une dynamique interactive a contrario des médias cathodiques qui véhiculent une forme d’homélie monologue et d’apathie des esprits indolents, passifs incapables finalement d’interagir avec un media ex cathedra.

Ainsi les nouvelles formes d’organisation numérique ne se réduiront pas exclusivement à la vie sociale, et ne se cantonneront pas à transformer les univers économiques et industriels. Ces organisations ou ces nouvelles cités du web répandront, diffuseront la bonne parole démocratique.   Internet à la faculté planétaire d’interconnecter les populations, les citoyens, les peuples, de permettre à chaque internaute de se percevoir comme influent, en capacité à porter une opinion qui changera le monde. Ainsi va la magie que donne l’illusion de ce nouveau pouvoir que représente le médium participatif ou le web participatif, la nouvelle agora numérique qui supplantera définitivement l’agora antique. Ces réflexions posent la question : l’état est-il la dernière variable pour penser, organiser et être l’expression de la citoyenneté ?

Toutefois le philosophe Charles Éric de Saint Germain auteur de la défaite de la raison a une position plus nuancée : « Je ne suis pas sûr que le retour à une démocratie participative rendue possible par le numérique, et qui soit un retour à l’idéal grec, soit un réel progrès par rapport à la crise actuelle de la démocratie représentative. Car la démocratie, à mon sens, ne peut fonctionner que si le peuple possède un haut degré de culture. Or aujourd’hui, le système éducatif étant en train de s’effondrer (alors que c’est lui qui justifiait la démocratie !), on peut penser que des représentants soient plus éclairés que le peuple, dont Rousseau (pourtant partisan de la démocratie directe) disait qu’il peut se tromper et se faire du mal sans le vouloir, car il n’est pas toujours éclairé dans ses choix. Contrairement à ce qu’affirment beaucoup, la « bonne représentation » (ou la bonne « démocratie représentative ») n’est pas celle qui exécute la volonté du peuple (qui ne sait pas toujours ce qu’il veut), ni celle qui sert ses propres intérêts de caste (ce qui est un danger opposé), mais celle dont la mission est d’éclairer le peuple sur ce qui constitue réellement le bien commun de celui-ci. Cela suppose que les représentants soient réellement des serviteurs du peuple… »

Mais nonobstant comme cela a été écrit sur un blog « les nouveaux médias semblent réussir cette alchimie nouvelle de transformer l’information en participation et la participation en action ». 

C’est ainsi que la verticalité de l’ancien monde risque de disparaître au profit de l’horizontalité, la fin des intermédiaires y compris des représentants d’institutions. Institutions qui pourraient être jugées demain poussiéreuses face à ce mouvement d’une modernité qui est en train de saper les fondements à la fois de nos représentations et pas moins celle de notre civilisation. Dès lors comment ne pas imaginer de nouvelles formes de démocraties plates, horizontales, « débarrassées de ses classes politiques », de l’intermédiation des élus du peuple. Cependant et nous en avons ici conscience, il n’y aurait rien de plus dangereux qu’une telle option horizontale : tout le monde voterait alors pour l’homme de l’année et c’est lui qui serait « l’élu » pour diriger la plus grande puissance ou n’importe quelle autre nation… !!!  Imaginez un instant les conséquences et les crises politiques majeures que susciteraient un tel changement de paradigme !

Récemment, nous avons pu observer l’émergence de mouvements dits « sociaux » trouvant leur force dans le relais des réseaux sociaux. Les réseaux sociaux ont agi comme caisse de résonnance d’une démocratie qui se cherche une autre légitimité : nuit debout, veilleurs, Ciudadanos… Si Internet ne s’en mêle pas, aujourd’hui on n’a pas réellement d’existence, d’ailleurs les politiques qui ont du nez ne s’y trompent pas en cherchant de plus en plus à se frayer un chemin dans ces nouvelles agoras.

Cette conception des institutions politiques qui pourraient se dessiner n’est finalement pas impossible compte tenu du désaveu dont ils font pour une grande partie d’entre eux l’objet. Internet pourrait répondre à la crise de la représentation qui se manifeste aujourd’hui résultant d’une abstention électorale croissante. Nonobstant ce n’est pas parce qu’on donnerait le droit de vote sur internet que les citoyens s’impliqueraient davantage.  La crise se situe au niveau de la représentativité, pas au niveau de l’accès au vote. Les frustrations du peuple sont multiples en réalité : Frustration au niveau du manque d’efficacité de l’État, frustration au niveau des candidats qui ne représentent qu’une infime partie de leur électorat, et donc, qu’une infime partie des administrés in fine. Par contre, en sens inverse, on voit l’émergence de mouvements citoyens grâce aux relais des réseaux sociaux dont la force contestataire irrite sans doute l’élu de la nation : Ciudadanos, Wikilieaks, Anonymous, etc.

Sur les réseaux sociaux, nous voyons la démultiplication des débats, la création de forums de discussions, d’échanges, de think tank, de laboratoires d’échanges et d’idées. Cependant ne sont créés que des mouvements et mobilisation d’opinions et agglomérat d’opinions à courts termes : Loi El Khomri (loi travail).

Ces forums qui deviennent de véritables agoras numériques sont des réservoirs à idées, des sources d’influence, des créateurs d’opinion. Ces forums sur les réseaux sociaux se démultiplient, les internautes se donnent le sentiment d’écouter, de débattre, parfois l’interaction rend impossible l’écoute, mais tant pis, l’échange persévère. Ces forums numériques n’augurent-ils pas ce que seront les assemblées de demain, des assemblées nationales numériques à l’ère du web participatif. Mais quel est leur réel pouvoir ? Ce pouvoir n’est pas légitime, mais légitimé par leur seule existence. Mais surtout exposé à tout vent de doctrine, à tout changement en fonction de l’humeur » ( le mood) du moment : like ? Pas like ? C’est le diktat des émotions, plus que le diktat des « motions ».  Diktat d’un consommateur-électeur qui change d’avis en fonction de paramètres multiples. La démocratie doit pouvoir résister au temps long, car sans stabilité politique, il n’y aura plus de démocraties stables.

Le Web

est-il en train de révolutionner la démocratie ?

Internet transformera sans aucun doute demain l’usage du bulletin de vote en s’appuyant sur le recours d’urnes tactiles, celles de nos écrans. Je parie que dans la prochaine décennie, nous verrons des projets pilotes, tests pratiqués en régions, mais cela va si vite, que cela pourrait prendre moins de temps que nous l’écrivons ici. Les citoyens internautes seront appelés à leurs écrans pour y déposer leur bulletin de vote de leur adresse IP. Le cri lancé sera « aux Ecrans citoyens… » « L’urne numérique », sujette non au « virus de la politique », mais aux virus informatiques, plus dangereux quand il s’agira de bloquer l’acte démocratique !

La machinerie web envahira toutes les sphères de notre vie quotidienne et sociale, renversera les pratiques, les modifiera de fond en comble. C’est une révolution qui est loin d’être utopique, elle est fondée, ancrée dans les nouvelles pratiques de consommation, dans des tendances lourdes.

Les réformes sociales, politiques vont s’engager et vont permettre la libération de ces pratiques par l’instauration de ces nouveaux usages de la démocratie facilitant dorénavant la consultation citoyenne qui épousera les pratiques déjà en cours. De nouvelles pratiques web qui devront à terme, encore s’accélérer.  Notons cependant des possibilités d’intervenir directement dans les débats que ce soit à l’assemblée générale (française) ou le parlement européen ou autres… en postant les remarques ou réflexions sur les pages de consultations dédiées. Aussi le développement accéléré des réseaux sociaux permet d’interpeller directement nos élus, là où avant il fallait attendre un éventuel passage près de chez nous ou d’écrire une lettre ou prendre rendez-vous.

Grâce aux médias sociaux, la Suisse s’est engagée sur des forums participatifs pour mener des discussions thématiques approfondies.  Le web constitue pour ce pays un puissant moyen de mobilisation des citoyens. La force de frappe et de séduction du web est maximale, il est en effet devenu possible grâce à des logiciels performants de traiter les verbatim, d’extraire du sens et d’identifier des catégories de pensées puis d’aboutir à des propositions qui seront le reflet de l’opinion citoyenne qui se sera exprimée sur les forums, les agoras du web participatif. Cette force est d’autant plus importante dans le débat politique que la distance est grande entre les élites et les administrés, les administrés auront le sentiment d’avoir été entendus, alors que la parole du citoyen lambda « Mr et Mme DUPONT » est en réalité méprisée.  Nous assistons à l’émergence d’une forme de « E. gouvernement » qui invente une nouvelle proximité citoyenne via le web, une gouvernance technicienne qui n’aura plus besoin d’intermédiation puisque la démocratie directe fonctionnera, la parole du citoyen DUPONT, relayée et traitée par la machine web, avec accusé réception et une lettre forcément personnalisée forcément satisfaisant pour l’égo de DUPONT.

Dans ce monde, les institutions telles que nous les connaissons, les pratiques gouvernementales apparaitront bientôt comme surannées. La révolution du web est en marche mais l’ersatz numérique pourra conduire au désenchantement des rapports incarnés, les échanges seront des « hyper textes » et n’envieront pas les débats houleux des assemblées politiques telles qu’elles étaient relayées dans les médias classiques.

Le monde politique est ainsi et sous nos yeux en train d’évoluer sans qu’il en soit réellement conscient que nous mutons vers une nouvelle plate-forme de la vie politique. Nos députés et nos vieux sénateurs n’auront bientôt plus qu’à s’inscrire à Pôle emploi ou prendre définitivement leur retraite, remplacés par des robots qui modéreront les débats et instrumentaliseront la démocratie humaine qui deviendra sans doute une démocratie de pacotille et bien entendue contrôlée, surveillée, entre les mains d’une forme d’humanoïde.

Nous sommes aujourd’hui dans un contexte néo populiste de désenchantement de la vie politique, avec l’émergence d’un courant anti parlementaire, il est fort probable qu’une idéologie techniciste porte en soi le souhait d’un simulacre de démocratie directe, ce qui a été testé socialement dans les univers de la consommation comme satisfaisant pourrait être finalement satisfaisant dans un monde politique à reconstruire sans intermédiation, comme l’est la société du web. Prenons conscience que le monde numérique, au fil de nos pratiques nous habitue à nous dispenser de l’interface humain.

Selon François Marie Charles Fourier philosophe du XVIIIème siècle, l’activité associée au commerce a introduit le libéralisme économique dont les principes mis en mouvement ont abîmé l’ensemble de la société en ancrant de manière durable l’individualisme, l’égoïsme dans l’esprit humain. Ce propos prémonitoire ne s’applique-t-il pas finalement à la société techniciste qui est la nôtre et les illusions qu’elle porte. Le web, cette société numérique chronophage et individualiste continuera sans nul doute à vampiriser les énergies, à absorber notre apathie à ne pas réagir face à la tentation de nous remettre à cette nouvelle offre de vie politique après avoir cédé à celle d’une vie sociale sans intermédiaires.

Ainsi pour le philosophe Fourier en son temps imaginait qu’économiquement, les individus soient rassemblés dans les phalanstères et échangeraient entre eux sans intermédiaires : il existerait selon lui de facto un lien direct entre la production et la consommation. Dans un tel contexte, l’Etat ne serait plus d’aucune utilité. « Des fédérations d’associations de travailleurs, librement rassemblés, pourraient se substituer à l’Etat ». N’est-ce pas ce que le monde WEB nous propose… ? Cette société numérique, cette république du WEB dans laquelle nos âmes ont sombré s’apprête à nous emmener dans son monde politique sans intermédiaires, de nouveaux phalanstères numérisés en quelque sorte. Une prospective folle, pas plus folle que celle imaginée par François Marie Charles Fourrier.

Cette perspective politique vraisemblable et qui découle de cette toile techniciste qui se dessine sous nos yeux me renvoie à ce texte d’apocalypse 13 : verset 5 et 7, je retranscrits ici la dernière partie de ce texte d’apocalypse mais qui est partagée comme dans une vision prémonitoire : « …Il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nation ». Ce terme il lui fut donné est en effet saisissant, une forme de pouvoir, mais rappelle la bible dans un temps limité avec un pouvoir limité, la Bête ne pouvant modifier les programmes de Dieu pour le monde.

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