L’intelligence artificielle, une expérience énergivore

Les systèmes d’intelligence artificielle « consomment beaucoup d’énergie et peuvent générer des volumes importants d’émissions de carbone contribuant au changement climatique ». A titre d’exemple, une étude a montré que les expériences nécessaires à la construction et à l’apprentissage d’un système de traitement du langage par intelligence artificielle peut générer plus de 35 tonnes d’émissions de CO2, soit « deux fois les émissions d’un Américain moyen pendant toute sa vie ». Face à ces enjeux, une équipe de chercheurs de l’université de Stanford, Facebook AI Research, et de l’université McGill « a mis au point un outil facile à utiliser qui mesure rapidement la quantité d’électricité utilisée par un projet d’apprentissage machine et la quantité d’émissions de carbone que cela représente ».

Distanciation

C’est fou ce que les mots d’hier comme se saluer, s’accueillir, recevoir, se serrer la main, étaient à nos oreilles d’une grande banalité. Ces mots prennent un sens bizarrement singulier, un sens très nouveau quand nous les exprimons dans les contextes de pandémie qui a laissé les traces étranges d’une tout autre infection dans nos esprits. Ces mots qui étaient hier, d’une grande banalité n’auraient franchement mérité aucune réflexion particulière, sauf en ces jours. En d’autres temps, dans des temps qui ne seraient pas ceux d’un monde pollué par l’esprit des courtisans malfaisants de la Reine Corona, ces mots comme se faire la bise auraient été d’une ennuyeuse platitude. Toutes les dimensions qui touchent aux salutations fraternelles, aux politesses cordiales et ces gestes comme une simple accolade, une poignée de main étaient comme pour chacun, une évidence, mais les mêmes gestes ont une tout autre résonance, en nous aujourd’hui.

La Résilience

J’hésitais entre deux qualifications pour décrire à la fois notre siècle et l’irruption de la Reine Corona dans notre univers humain, un monde en miettes ou un monde en pièces. J’ai choisi le monde en pièces pour illustrer ce livre que je m’apprête d’achever, qui a été écrit sous forme de chroniques. Tout au long de ces pages et au fil de ces textes, j’ai souhaité partager une vision très personnelle de cet événement brusque et brutal, à la fois, interpellant et dérangeant. L’événement comme je l’avais écrit était totalement inattendu et certains voyants ou faux prophètes, ont été comme recalés, relégués à leurs prédictions fumeuses, faisant bien de consulter à nouveau leur opticien, de changer définitivement d’orientation quant à leur vocation. L’événement lui, en tant que tel nous conduit à une sérieuse remise en question. Cette remise en cause ne concerne pas la seule conduite d’une gouvernance idéologique, mais elle apostrophe chacun d’entre nous. L’événement vient en quelque sorte contester nos propres valeurs, nos choix idéologiques, la société de consommation dans sa totalité. Sans doute vivons-nous là un premier avertissement sans frais, une admonestation sous forme d’alarme corrodante afin d’attirer notre attention. Qu’allons-nous décider de faire au lendemain de cette crise ? Reprendrons-nous le chemin des écoliers qui n’auront pas retenu la leçon donnée la veille ? Il vaut mieux certainement oublier, et pour nous, l’enseignement donné par notre instituteur l’état qui a été totalement imprévoyant dans sa capacité à anticiper ; alors que les voyants des pays frontaliers comme l’Italie, indiquaient le péril que faisait courir « l’équipée sauvage[1] » de la reine Corona

L’écroulement

« La Reine Corona[1] », ni bière mexicaine, ni cigare de havane, mais un virus auréolé d’une couronne mortuaire, est venue un beau matin, de l’année 2020, début janvier, jouer à Chamboule tout, remettre les pendules à l’heure avant notre changement d’horaire pour signaler l’heure d’été. Au-delà du péril écologique annoncé depuis quelques années, ce n’est pas un rayon de soleil un peu plus chaud ou brûlant qui a eu raison de nous, mais une bactérie pathogène avec sa létalité qui en s’infectant dans l’organisme humain lui a causé viscéralement les pires dommages. L’humanité subit maintenant son joug, ne sachant à ce jour comment conjurer le sort, s’en défaire, ne sachant comment cautériser les blessures parfois mortelles que la Reine inflige à ses sujets humains.

Repenser le monde après le coronavirus

Il est urgent de réfléchir à d’autres modèles et changer de paradigme économique mais cela peut aussi passer par la réforme de notre cœur, gagné par des causses plus humbles et moins tenté par l’arrogance et le monde spécieux celui des apparences.

Si l’état manifeste une grande sagesse, il serait en effet pertinent de pas réinvestir dans l’industrie aéronautique, il serait même pertinent d’abandonner toutes les dépenses colossales nées de la mondialisation et de revenir dans l’urgence dans une économie de proximité, une économie également circulaire. Nous pourrions imaginer le plein emploi en rapprochant toute l’économie à une dimension strictement locale et en évitant de dépendre de la délocalisation en partie responsable de l’effondrement de notre système sanitaire.

Et si nous apprenions finalement la frugalité, la simplicité et le retour à une vie authentique… cette crise pandémique n’aura donc pas été inutile …

Covid 19. Réflexion sur les mutations en cours.

Quel sera le monde de demain ? À quelles « crises » économique, sociale, spirituelle, etc. s’attendre en sortie de crise sanitaire ? Prédire l’avenir aurait quelque chose d’indécent autant que de dérisoire. On se perd en conjectures, balançant entre la crainte que tout redevienne vite comme avant, puisque « nous reprendrons vite nos vieilles habitudes », et l’espoir – ou la peur – que tout le système doive être remis à plat, à titre individuel et collectif, avec ses lots de gagnants et de perdants, à moins que nous ne soyons tous à la fois gagnants et perdants…

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