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A lire : La philosophie est devenue folle

A travers le livre de la Genèse,  le premier livre de la bible, nous sommes étonnés de la façon dont Dieu structure, organise l’univers, et lui a donné un ordre, en procédant à une série de distinctions, de terme à terme : Dieu/l’homme ; l’ordre/ le tohu bohu, le jour/la nuit, l’homme mâle/femelle, l’homme/les animaux ; les animaux/les végétaux ; la terre/l’eau/le ciel.

Dans le livre de la Genèse, la création du monde procède par éléments séparés. Pour respecter l’ordre introduit par Dieu, il convient de fait de maintenir cette séparation, au risque de retourner au chaos, au tohu bohu, à une forme de confusion. Or, implicitement selon les Écritures, l’un des enseignements majeurs que l’on peut ici extraire, en partant de la lecture du livre de la Genèse, montrant définitivement la vision écologique de la création, ce qui a été différencié ne saurait être mélangé. La création ne saurait faire l’objet de transgressions, en mêlant, à nouveau, ou en confondant, ce qui a été à l’origine de la création « séparé », ce qui entraînerait la confusion, celle de « ne pas distinguer la main droite et la main gauche, » tel que le rapporte le livre du prophète Jonas, qui décrit une ville plongée dans la confusion.

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Or dans les débats actuels qui obsèdent notre monde actuel, nous observons deux folies majeures qui touchent les concepts de genre et l’‎Antispécisme comme le rapporte le philosophe Jean-François Braunstein dont nous rapportons la citation provocante, mais une provocation en fin de compte très pertinente

Si le genre n’est pas lié au sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins ? Si le corps est à la disposition de notre conscience, pourquoi ne pas le modifier à l’infini ? S’il n’y a pas de différence entre animaux et humains, pourquoi ne pas faire des expériences scientifiques sur les comateux plutôt que sur les animaux ? Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles avec son chien ?

Dans ce contexte décrit par le Philosophe Jean-François Braunstein et d’une lecture extrême de l’égalité concernant l’humanité y compris avec le règne animal, nous sommes bel et bien confrontée à une conception philosophique faussée, une lecture qui résulte en  somme d’une incompréhension de l’homme sur la nature même de la diversité, du métissage, de la variété de la complémentarité, de la richesse des différences, de la biodiversité et de l’étendue infinie des écosystèmes peuplant harmonieusement le monde terrestre.

L’observation même de la nature ne conduit-elle pas à admirer ses reliefs, ses paysages, les espèces peuplant l’environnement de l’habitat humain. Tous les reliefs multiformes de l’univers furent ainsi préférés à un simple trait horizontal, à la brique de Babel. Le cosmos n’est pas ainsi plat mais pluridimensionnel. Il nous semble dès lors essentiel de comprendre la matrice et l’essence même de la différence, de comprendre le choc qui s’en est suivi pour les civilisations dont certaines d’entre elles, submergées par le poids des idéologies totalitaires et égalitaires, ont parfois cherché à anéantir la différence religieuse, ethnique, culturelle et même animale au point de considérer par l’absurde que son chien est n’importe quel homme.

Aussi appréhender l’anthropologie biblique, la conception de l’homme telle que la Bible la conçoit nous parait essentiel pour analyser les dérives d’une déconstruction de l’homme. L’altérité et la différence doivent être perçues comme des éléments de richesse nécessaires au bien commun et non perçues comme une injustice à réparer coûte que coûte.

Depuis le commencement, tout l’univers se caractérise par une prodigieuse, une incroyable diversité des éléments et des espèces, une anti uniformité. Le cosmos infini ne se propose pas comme un univers plat, parfaitement égalisé ; il semble à l’évidence que le relief fut préféré au trait horizontal. La création se présente dès lors comme un ensemble de matériaux riches de plusieurs dimensions, un univers composite, de formes multiples étonnantes et singulières. Le cosmos se définit à travers de multiples dimensions, un univers qui se manifeste à travers l’extraordinaire profusion, la variété des éléments et du vivant.

Concernant les éléments, il est ainsi frappant d’observer la phénoménale diversité des cristaux de flocons de neige, cette architecture tellement diverse et symétriquement parfaite.

Dans le vivant, comment ne pas s’émerveiller de l’aboutissement d’un homme en mesure lui aussi de penser l’univers puis de créer à son tour.

Le livre de la Genèse offre d’abord une vision différenciée de la création. Du premier au sixième jour, Dieu crée d’abord les éléments (la lumière, la matière, la flore, la faune) puis les êtres vivants.

La création se fait en plusieurs séquences dans une perspective inégalitaire. A ce propos, il existe une idéologie l’antispécisme qui s’oppose clairement à l’anthropologie Biblique et fait valoir une égalité en dignité et en valeur entre les animaux et l’humanité ; rien en
l’espèce ne les différencie. Selon cette idéologie, l’homme créé rationnel ne se distingue pas de l’animal gouverné par l’instinct. Or la réalité telle que le récit du livre de la Genèse le rapporte est autre : les animaux ne sont pas de rang égal avec l’homme ; seule l’humanité a été créée à l’image de Dieu.

Il y a une différence entre le minéral et le monde vivant, et une différence entre les êtres créés. Le monde vivant n’est pas seulement diversifié, il est conçu comme inégal.

La caractéristique de l’Univers n’est donc pas l’uniformité : Les créatures ne sont pas mises à la même échelle, ne sont pas tous conçus de manière uniforme. Dieu ordonne, Dieu structure l’univers en partant du Tohu-Bohu de l’informe jusqu’à la forme parfaite portant l’identité même du Créateur : l’homme fait à son image. Oui, la forme parfaite conçue dans le monde vivant est  ainsi l’homme : ce terreux, ce glaiseux, ce glébeux, infiniment petit à l’échelle de l’univers. Dieu l’a créé ainsi, à cette échelle, car sa conscience d’être ne doit pas être limitée à sa finitude.

A propos de la différence, si l’apôtre Paul souligne « Il n’y a plus l’homme et la femme » en Christ, il ne signifie pas que la foi effacerait la différence des sexes : Il souligne que le principe de la foi n’empêche pas la diversité et d’être tous faits à l’image de Dieu. Et il en va ainsi de toutes les autres diversités culturelles, religieuses ou sociales. La différence, l’altérité la complémentarité, n’empêchent pas que nous soyons tous faits à l’image de Dieu.

Pourtant la pensée contemporaine dénie la différence entre les hommes et les femmes, dénie l’altérité, comme elle s’insupporte de la souffrance et du handicap. Elle est au point de créer de nouvelles catégories : demain il ne sera sans doute plus question de parler d’hommes et de femmes mais de genres et d’orientations sexuelles délibérément choisies.

Méconnaissant l’amour et la justice de Dieu, l’humanité dans sa nouvelle religion anthropologique lit et explique le Cosmos selon un nouvel horizon géométrique : la seule horizontalité et de niveau égale. Dans cette nouvelle anthropologie, l’immense diversité des êtres est disposée sur un même plan. Tout s’entasse dans un champ matérialiste aux horizons incertains, aux contingences indéfinies. Du coup, le combat pour l’égalité se transforme en dogme de l’égalitarisme. La différence n’est plus alors valorisée. Quand on arase tous les épis d’un champ sur un même plan, la disparité comme la diversité apparaît comme une inégalité (l’épi le plus haut devient en soi
insupportable).

C’est donc un même mouvement consumériste et idéologique qui conduit, d’une part, à nier la différence substantielle entre les personnes et les biens et, d’autre part, à nier les diversités et la richesse des différences entre les hommes.

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