Actualités, Ecologie

La terre brûle !

industry-1149888_1920

Alors que le GIEC a rendu son rapport ce lundi 8 octobre 2018 sur les effets d’un réchauffement de 1,5 °C des températures mondiales, soulignant notamment la distorsion des équilibres vitaux résultant du réchauffement climatique. Réchauffement climatique dont la source ou l’une des sources, est bien d’origine anthropique résultant d’une activité industrieuse toujours croissante.

Dans ces contextes de dérèglement climatique, rappelons-nous ou remémorons-nous ce texte magistral de Ivan Illich écrit en 1973, texte qui tonnait comme une forme d’alarme, un avertissement sans appel. Ivan Illich dans un livre grave « La convivialité » s’inquiétait alors, 45 ans plus tôt, des pollutions urbaines qui envahissaient la ville de Mexico. Ivan Illich écrivait ceci « La terre est notre demeure et voici que l’homme menace sa demeure ».

En 1973 le propos de l’auteur du livre « La convivialité » n’avait pas pris cette ampleur planétaire que connait aujourd’hui le rapport du GIEC publié voici quelques jours et remettant en cause nos modèles de croissance !

Or je reste stupéfait par les commentaires des hommes ou femmes épousant les idéologies progressistes qui ont relayé le rapport de ce groupe d’experts  qui est une émanation de l’Organisation météorologique mondiale, et ces mêmes progressistes de se joindre ainsi aux propos alarmistes du GIEC, lançant la même alerte mais nullement ne remettent en question et en profondeur, le système technicien coupable aujourd’hui de fragiliser nos éco systèmes.

Ivan Illich s’insurgeait déjà en 1973 contre la perversion de l’outil et le déterminisme  du progrès technologique qui a malmené notre terre (j’emploie le terme de déterminisme à dessein, dans le sens où la technologie contribue largement à façonner nos modes de vie). Ce déterminisme technologique qui est donc en vogue, soutenu par l’idéologie du progrès et les tenants d’un transhumanisme, en appelle au développement des outils services pour augmenter les bienfaits du confort, réduisant toutes la corvéabilité, source de fatigue ou de charges, pour l’homme, mais qui paradoxalement engendre son isolement et saccage les sols.

Comme le soulignait une thèse de doctorat, « La prise de conscience d’une crise environnementale majeure ainsi que la numérisation croissante de nos modes de vie ne constituent-ils pas deux éléments saillants des transformations actuelles de notre société ».  Or qui osera comprendre que la nature du lien entre ces deux facettes de notre société doit sérieusement nous questionner sur les enjeux écologiques des technologies numériques qui à terme seront de nature à perturber les écosystèmes humains comme ceux concernant la faune et la flore .

Pour l’essayiste Ivan Illich, l’industrialisation du monde et notre modèle économique sont responsables de la dégradation de l’environnement. Le problème n’est pas la démographie mais bien la surabondance de consommation, la délectation que nous avons de consommer les biens. Nous sommes dispendieux et si insouciants entraînes par la folie du progrès, le dérèglement dément de ce néo libéralisme sauvage qui nous invite à posséder ce qui n’est pas nécessaire en réalité à notre existence et à la relation entre les hommes.

Ainsi comme l’écrit Ivan Illich « la surabondance oblige chacun à dépenser plus d’énergie, et l’outil destructeur dégrade sans bienfait cette énergie ».

Selon l’auteur de l’essai sur la Convivialité, la seule solution à la crise écologique serait que nous prenions soin des uns et des autres. « Une telle inversion de vue réclame de qui l’opère du courage intellectuel. En effet pour Ivan Illich, celui qui défendrait un tel point de vue, s’exposerait aux plus virulentes et violentes critiques, insinuant notre obscurantisme et absence totale d’éclairage. « Il sera traité d’obscurantiste opposé à l’école, au savoir et au progrès »

Ainsi la restauration d’un rééquilibrage de notre environnement, de notre habitat (oïkos en grec) de notre  « maison » dépendra de la capacité que nous aurons à résister selon Ivan illich contre « la progressive matérialisation des valeurs, leur transformation en tâches techniques ».

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.