Collapsologie : Sommes-nous à l’aube de l’effondrement de nos sociétés ?

« Une société basée sur les concepts de « simplicité, solidarité et résilience », composée de communautés locales. « Recréer du lien dans notre société, c’est absolument indispensable, du lien entre nous, du lien avec nos émotions »

La collapsologie, une théorie sur la fin de notre société qui a la cote

Notre civilisation serait sur la voie de l’effondrement selon les collapsologues. Une solution: tisser du lien entre humains. 19h30 /2 min. / hier à 19:30
Un nouveau concept a fait son apparition dans le monde francophone, la collapsologie, soit l’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle. Popularisé par Pablo Servigne, ce discours est entré dans le débat public.

La fin du monde est annoncée et il faut se préparer à l’après. Ce discours constitue l’idée centrale de la collapsologie, l’étude de l’effondrement de nos différents systèmes, qu’ils soient alimentaires, énergétiques ou sanitaires.

Le néologisme a été inventé par l’ingénieur agronome français Pablo Servigne et l’écoconseiller belge Raphaël Stevens, qui ont rédigé plusieurs ouvrages sur la question, dont « Une autre fin du monde est possible », paru l’an dernier.

>> Lire:  « Une autre fin du monde est possible », le livre qui redonne du courage

Au coeur du discours des collapsologues figurent la crise environnementale et les limites de la croissance économique. Le point de non-retour aurait été atteint. L’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle – c’est-à-dire dépendante des énergies fossiles – aura lieu entre 2020 et 2030, affirment les collapsologues, ne croyant pas à la possibilité d’une transition écologique.

Vers une nouvelle société et davantage de liens

Est-ce une vision apocalyptique de notre avenir? Pour Gabriel Salerno, assistant-doctorant au sein de la faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne, les éléments principaux de la collapsologie empruntent davantage à une interprétation cyclique. Car pour ceux qui tiennent ce discours, l’effondrement annoncé permettra aux hommes et femmes de construire ensemble une nouvelle société.

« Une société basée sur les concepts de « simplicité, solidarité et résilience », composée de communautés locales. « Recréer du lien dans notre société, c’est absolument indispensable, du lien entre nous, du lien avec nos émotions », explique Pablo Servigne dans une de ses vidéos à succès diffusées sur internet.

« Le pouvoir de ces récits réside dans le fait de chercher à créer un futur que l’on désire, de pousser dans une direction, pas tant de prévoir ce qu’il va se passer », analyse Gabriel Salerno au 19h30. La collapsologie ne constitue ainsi pas une théorie comme par exemple celle sur l’effondrement de la civilisation maya, précise le chercheur. Il s’agit plutôt d’un discours ancré dans le présent.

Une discipline balbutiante

Mêlant écologie, économie, psychologie et bien d’autres disciplines, la collapsologie est qualifiée de balbutiante par ses propres auteurs. Une discipline balbutiante qui suscite des critiques.

Le concept d’effondrement – commun à toutes ces branches – suffit-il à construire une nouvelle discipline scientifique? La collapsologie constitue-t-elle un discours réactionnaire? Enlève-t-elle son aspect politique à l’écologie? Pousse-t-elle les habitants de la planète à baisser les bras?

« Aujourd’hui, nous sommes des pantins rattachés au système par des fils dont nous sommes dépendants pour nous mouvoir et exister. Ces fils sont l’industrie agroalimentaire, les banques, internet, etc. S’ils se cassent, on meurt. Il faut donc apprendre dès aujourd’hui à se débrouiller sans », déclarait en décembre dernier Pablo Servigne lors d’une conférence à Paris, soulignant avant tout l’aspect préventif de sa démarche.

>> Les explications du professeur Dominique Bourg:

Reportage TV: Chloé Steulet

Adaptation web: Tamara Muncanovic

L’Argent texte de Charles Peguy

Ce texte est une longue citation de ce livre étonnant d’acuité et d’actualité, écrit en 1913.

Ce texte est une longue citation de ce livre étonnant d’acuité et d’actualité, écrit en 1913.

Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles ensemble et toutes les autres puissances matérielles ensemble et d’un seul mouvement et d’un même mouvement ont reculé sur la face de la terre. Et comme une immense ligne elles ont reculé sur toute la ligne. Et pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est maître sans limitation ni mesure. Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul en face de l’esprit.

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« Le croira-t-on, nous avons été nourris dans un peuple gai. Dans ce temps-là un chantier était un lieu de la terre où des hommes étaient heureux. Aujourd’hui un chantier est un lieu de la terre où des hommes récriminent, s’en veulent, se battent ; se tuent.

De mon temps tout le monde chantait. (Excepté moi, mais j’étais déjà indigne d’être de ce temps-là.) Dans la plupart des corps de métiers on chantait. Aujourd’hui on renâcle. Dans ce temps-là on ne gagnait pour ainsi dire rien. Les salaires étaient d’une bassesse dont on n’a pas idée. Et pourtant tout le monde bouffait. Il y avait dans les plus humbles maisons une sorte d’aisance dont on a perdu le souvenir. Au fond on ne comptait pas. Et on n’avait pas à compter. Et on pouvait élever des enfants. Et on en élevait. Il n’y avait pas cette espèce d’affreuse strangulation économique qui à présent d’année en année nous donne un tour de plus. On ne gagnait rien ; on ne dépensait rien ; et tout le monde vivait.

Il n’y avait pas cet étranglement économique d’aujourd’hui, cette strangulation scientifique, froide, rectangulaire, régulière, propre, nette, sans une bavure, implacable, sage, commune, constante, commode comme une vertu, où il n’y a rien à dire, et où celui qui est étranglé a si évidemment tort.

On ne saura jamais jusqu’où allait la décence et la justesse d’âme de ce peuple ; une telle finesse, une telle culture profonde ne se retrouvera plus. Ni une telle finesse et précaution de parler. Ces gens-là eussent rougi de notre meilleur ton d’aujourd’hui, qui est le ton bourgeois. Et aujourd’hui tout le monde est bourgeois.

Nous croira-t-on, et ceci revient encore au même, nous avons connu des ouvriers qui avaient envie de travailler. On ne pensait qu’à travailler. Nous avons connu des ouvriers qui le matin ne pensaient qu’à travailler. Ils se levaient le matin, et à quelle heure, et ils chantaient à l’idée qu’ils partaient travailler. A onze heures ils chantaient en allant à la soupe. En somme c’est toujours du Hugo ; et c’est toujours à Hugo qu’il en faut revenir : Ils allaient, ils chantaient. Travailler était leur joie même, et la racine profonde de leur être. Et la raison de leur être. Il y avait un honneur incroyable du travail, le plus beau de tous les honneurs, le plus chrétien, le seul peut-être qui se tienne debout. C’est par exemple pour cela que je dis qu’un libre penseur de ce temps-là était plus chrétien qu’un dévot de nos jours. Parce qu’un dévot de nos jours est forcément un bourgeois. Et aujourd’hui tout le monde est bourgeois.

Nous avons connu un honneur du travail exactement le même que celui qui au Moyen Age régissait la main et le cuir. C’était le même conservé intact en dessous. Nous avons connu ce soin poussé jusqu’à la perfection, égal dans l’ensemble, égal dans le plus infime détail. Nous avons connu cette piété de l’ouvrage bien faite poussée, maintenue jusqu’à ses plus extrêmes exigences. J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cuir, et de la même main, que ce même peuple avait taillé ses cathédrales.

Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ? Comment a-t-on fait, du peuple le plus laborieux de la terre, et peut-être du seul peuple laborieux de la terre, du seul peuple peut-être qui aimait le travail pour le travail, et pour l‘honneur, et pour travailler, ce peuple de saboteurs, comment a-t-on pu en faire ce peuple qui sur un chantier met toute son étude à ne pas en fiche un coup. Ce sera dans l’histoire une des plus grandes victoires, et sans doute la seule, de la démagogie bourgeoise intellectuelle. Mais il faut avouer qu’elle compte. Cette victoire.

Il y a eu la révolution chrétienne. Et il y a eu la révolution moderne. Voilà les deux qu’il faut compter. Un artisan de mon temps était un artisan de n’importe quel temps chrétien. Et sans doute peut-être de n’importe quel temps antique. Un artisan d’aujourd’hui n’est plus un artisan.

 Dans ce bel honneur de métier convergeaient tous les plus beaux, tous les plus nobles sentiments. Une dignité. Une fierté. Ne jamais rien demander à personne, disaient-ils. Voilà dans quelles idées nous avons été élevés. Car demander du travail, ce n’était pas demander. C’était le plus normalement du monde, le plus naturellement réclamer, pas même réclamer. C’était se mettre à sa place dans un atelier. C’était, dans une cité laborieuse, se mettre tranquillement à la place de travail qui vous attendait. Un ouvrier de ce temps-là ne savait pas ce que c’est que quémander. C’est la bourgeoisie qui quémande. C’est la bourgeoisie qui, les faisant bourgeois, leur a appris à quémander. Aujourd’hui dans cette insolence même et dans cette brutalité, dans cette sorte d’incohérence qu’ils apportent à leurs revendications il est très facile de sentir cette honte sourde, d’être forcés de demander, d’avoir été amenés, par l’événement de l’histoire économique, à quémander. Ah oui ils demandent quelque chose à quelqu’un, à présent. Ils demandent même tout à tout le monde. Exiger, c’est encore demander. C’est encore servir.

Ces ouvriers ne servaient pas. Ils travaillaient. Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre d’un honneur. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant le salaire. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les connaisseurs ni pour les clients du patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même. Une tradition, venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales.

Et encore c’est moi qui en cherche si long, moi dégénéré. Pour eux, chez eux il n’y avait pas l’ombre d’une réflexion. Le travail était là. On travaillait bien.

 Il ne s’agissait pas d’être vu ou pas vu. C’était l’être même du travail qui devait être bien fait. Et un sentiment incroyablement profond de ce que nous nommons aujourd’hui l’honneur du sport, mais en ce temps-là répandu partout. Non seulement l’idée de faire rendre le mieux, mais l‘idée, dans le mieux, dans le bien, de faire rendre le plus. Non seulement à qui ferait le mieux, mais à qui en ferait le plus, c’était un beau sport continuel, qui était de toutes les heures, dont la vie même était pénétrée. Tissée. Un dégoût sans fond pour l’ouvrage mal fait. Un mépris plus que de grand seigneur pour celui qui eût mal travaillé. Mais l’idée ne leur en venait même pas.

Tous les honneurs convergeaient en cet honneur. Une décence, et une finesse de langage. Un respect du foyer. Un sens du respect, de tous les respects, de l’être même du respect. Une cérémonie pour ainsi dire constante. D’ailleurs le foyer se confondait encore très souvent avec l’atelier et l’honneur du foyer et l’honneur de l’atelier était le même honneur. C’était l’honneur du même lieu. C’était l’honneur du même feu. Qu’est-ce que tout cela est devenu. Tout était un rythme et un rite et une cérémonie depuis le petit lever. Tout était un événement ; sacré. Tout était une tradition, un enseignement, tout était légué, tout était la plus sainte habitude. Tout était une élévation, intérieure, et une prière, toute la journée, le sommeil et la veille, le travail et le peu de repos, le lit et la table, la soupe et le bœuf, la maison et le jardin, la porte et la rue, la cour et le pas de porte, et les assiettes sur la table.

Ils disaient en riant, et pour embêter les curés, que travailler c’est prier, et ils ne croyaient pas si bien dire. Tant leur travail était une prière. Et l’atelier un oratoire.

Tout était le long événement d’un beau rite. Ils eussent été bien surpris, ces ouvriers, et quel eût été, non pas même leur dégoût, leur incrédulité, comme ils auraient cru que l’on blaguait, si on leur avait dit que quelques années plus tard, dans les chantiers, les ouvriers, – les compagnons, – se proposeraient officiellement d’en faire le moins possible ; et qu’ils considéreraient ça comme une grande victoire. Une telle idée pour eux, en supposant qu’ils la pussent concevoir, c’eût été porter une atteinte directe à eux-mêmes, à leur être, ç’aurait été douter de leur capacité, puisque aurait été supposer qu’ils ne rendraient pas tant qu’ils pouvaient. C’est comme de supposer d’un soldat qu’il ne sera pas victorieux.

Eux aussi ils vivaient dans une victoire perpétuelle, mais quelle autre victoire. Quelle même et quelle autre. Une victoire de toutes les heures du jour dans tous les jours de la vie. Un honneur égal à n’importe quel honneur militaire. Les sentiments mêmes de la garde impériale.

Et par suite ou ensemble tous les beaux sentiments adjoints ou connexes, tous les beaux sentiments dérivés et filiaux. Un respect des vieillards ; des parents, de la parenté. Un admirable respect des enfants. Naturellement un respect de la femme. (Et il faut bien le dire, puisqu’aujourd’hui c’est cela qui manque tant, un respect de la femme par la femme elle-même.) Un respect de la famille, un respect du foyer. Et surtout un goût propre et un respect du respect même. Un respect de l’outil, et de la main, ce suprême outil. – Je perds ma main à travailler, disaient les vieux. Et c’était la fin des fins. L’idée qu’on aurait pu abîmer ses outils exprès ne leur eût pas même semblé le dernier des sacrilèges. Elle ne leur eût pas même semblé la pire des folies. Elle ne leur eût pas même semblé monstrueuse. Elle leur eût semblé la supposition la plus extravagante. C’eût été comme si on leur eût parlé de se couper la main. L’outil n’était qu’une main plus longue, ou plus dure, (des ongles d’acier), ou plus particulièrement affectée. Une main qu’on s’était faite exprès pour ceci ou pour cela. Un ouvrier abîmer un outil, pour eux, c’eût été, dans cette guerre, le conscrit qui se coupe le pouce.

 On ne gagnait rien, on ne vivait de rien, on était heureux. Il ne s’agit pas là-dessus de se livrer à des arithmétiques de sociologue. C’est un fait, un des rares faits que nous connaissions, que nous ayons pu embrasser, un des rares faits dont nous puissions témoigner, un des rares faits qui soit incontestable.

Notez aujourd’hui, au fond, ça ne les amuse pas de ne rien faire sur les chantiers. Ils aimeraient mieux travailler. Ils ne sont pas en vain de cette race laborieuse. Ils entendent cet appel de la race. La main qui démange, qui a envie de travailler. Le bras qui s’embête, de ne rien faire. Le sang qui court dans les veines. La tête qui travaille et qui par une sorte de convoitise, anticipée, par une sorte de préemption, par une véritable anticipation s’empare d’avance de l’ouvrage fait. Comme leurs pères ils entendent ce sourd appel du travail qui veut être fait. Et au fond ils se dégoûtent d’eux-mêmes, d’abimer les outils. Mais voilà, des messieurs très bien, des savants, des bourgeois leur ont expliqué que c’était ça le socialisme, et que c’était ça la révolution. »

Largent, Charles Péguy,

 

Pour une économie de proximité ….

Auteur Eric LEMAITRE

La mondialisation a agi comme un mirage, une forme de chimère nous laissant penser à une croissance exponentielle et infinie or la libéralisation des échanges de biens, de capitaux et des hommes, conjuguée à un environnement envahi de plus en plus par la dimension du gain à tout prix a inévitablement favorisé les délocalisations massives du monde industriel à forts capitaux, vers les pays à plus faible coût de main-d’œuvre. Ce monde nous a ainsi entraînés vers des circuits longs, a jeté à la périphérie bon nombre d’activités économiques, entraînant une polarisation et une concentration des capitaux qui déséquilibrent les écosystèmes de nos territoires notamment nos bourgs ruraux. Nous sommes ainsi passés d’un rapport à la personne, à l’économie des masses, du sacré à la matérialité, du bien être à la consommation débridée.

Les années 60

Ce constat m’a de fait plongé dans mes souvenirs d’enfant, un enfant de la campagne, un enfant du monde rural, je me souviens que nous avions une maison et un grand jardin, nos parents nous avaient confiés un lopin, une parcelle de leur jardin afin d’y cultiver nos carottes, nos radis et tomates. Nos parents souhaitaient nous transmettre l’amour de la terre et des plantes. Nous avions peu de déchets et aucune consommation d’emballage, le seul emballage que nous consommions était le papier paraffiné du boucher qui nous emballait la viande. Notre lait nous allions le chercher à la ferme dans des bidons et l’eau nous étions nombreux dans le village à le puiser au puits. Nous étions à deux mille lieues de cette société hyper consommatrice qui est venu finalement entacher, souiller une qualité de vie.

Dans ce même village, il y avait plusieurs corps de métiers, un charpentier, un forgeron, des épiciers, une boulangerie, un cordonnier et bien entendu des fermiers, plusieurs fermiers, éleveurs ou cultivateurs. Nos villages étaient peuplés, la vie était animée, aucun habitant ne connaissait non plus le chômage, non la vie de notre village n’était pas l’ennui, n’anéantissait pas non plus nos rêves d’enfants épris de liberté. A ce propos personne ne semble souligner finalement que ces années-là, ces années 60, nul n’éprouvait dans les villages le non-emploi. La terre de ces villages produisait une qualité de vie et de véritables richesses, ces richesses étaient humaines, les églises étaient aussi pleines le dimanche à la messe.

Dans ces villages, la vie sociale conduisait à nous mêler, riches et pauvres, il n’y avait pas de différences, nous avions les mêmes terrains de jeux, les mêmes centres d’intérêt. « On ne gagnait rien, on ne vivait de rien, on était heureux. Il ne s’agit pas là-dessus de se livrer à des arithmétiques de sociologue. C’est un fait, un des rares faits que nous connaissions, que nous ayons pu embrasser, un des rares faits dont nous puissions témoigner, un des rares faits qui soit incontestable »[1]. Notre monde était celui de la proximité, or en quelques décennies, nous sommes entrés dans une forme de nouveau modèle sociale, une mutation qui subrepticement est venue bouleverser les conditions de la vie dans nos campagnes.

Le bouleversement  

Nos villages se sont dépouillés des richesses artisanales, dépeuplés de ces métiers, les artisans ont disparu, les épiciers ont été absorbés par les géants de la distribution qui se sont installés à la périphérie des villes, les paysans n’ont plus vécu largement de leurs revenus, devenus entre-temps les sujets des contraintes imposés par le marché Européen et aujourd’hui pour beaucoup d’entre eux ne vivent plus de leurs ressources.  Il y a à nouveau, ces mots prophétiques de Charles Péguy[2] qui résonnent en moi et qui illustrent les sentiments qui me traversent à propos des mutations de ce nouveau monde et de son Dieu Mamon « Il y a eu la révolution chrétienne. Et il y a eu la révolution moderne. Voilà les deux qu’il faut compter. Un artisan de mon temps était un artisan de n’importe quel temps chrétien. Et sans doute peut-être de n’importe quel temps antique. Un artisan d’aujourd’hui n’est plus un artisan. »

Dans ces contextes, l’évolution du monde de l’éducation porte aussi cette responsabilité de détourner les élèves talentueux en leur enseignant comme une forme de régression, de recul honteux d’embrasser les carrières orientées sur les savoir-faire manuels. Les élèves peu doués étaient finalement orientés dans ces classes dites de transition. Ces élèves en classe de transition, furent préparés à des métiers que l’on ne voulait plus honorer. Certains parents dans leur amour-propre n’auraient pas aimé une orientation dans cet univers des manuels persuadés qu’il n’y avait pas là d’avenir social pour leurs enfants ni de valorisation possible de leur talent. Le système éducatif est ainsi responsable d’une mise en distanciation des élites et des hommes et des femmes qui forment ce que l’on a communément appelé le « peuple » Ce monde élitiste mais dévoyé a brisé le lien, la relation pour créer des classes, ceux qui réussissent et ceux que « l’on croise dans les gares »[3].

Nous avons été gagnés par les mirages de l’argent, de l’économie du gain, de la compétitivité, de la performance, de la conquête mondiale. Cette économie-là a mis de la distance en s’éloignant définitivement de la dimension de l’humain, en mettant également à l’écart la proximité où les ressources locales constituaient l’essentiel des richesses. Ces richesses locales qui promouvaient un échange garantissant les équilibres de nos écosystèmes.

Or ce sont nos écosystèmes qui ont été abîmés par l’industrialisation des multinationales, la mondialisation, les idéologies du progrès, le consumérisme et ses miroirs qui ont désenchanté finalement la socialité des villages, de ces bourgs à taille humaine.

La tendance du monde moderne épris d’argent, de consommation et de progrès technologique, le porte naturellement vers une globalisation croissante, écartant l’être humain de tout rapport à la proximité, de toute agora, tout enracinement à sa terre mais aussi à ses humus, lui faisant miroiter les appâts d’un bien-être ancré dans la seule et suffisante matérialité s’enfermant dans la consommation individualiste devenue  aujourd’hui virtuelle, cette  consommation qui apparaît  comme étant la principale responsable de nos maux comme une empreinte toxique abîmant le milieu humain et toute un pan de l’écologie humaine.

La remise en cause

Or après avoir chéri l’économie mondiale, les pouvoirs publics remettent en cause les modèles qui sont venus conditionner les nouvelles habitudes qui ont dessiné à ce jour nos modes de vie. Or le discours politique qui nous enjoint à vivre un autre modèle, nous ordonne d’adopter d’autres mœurs, ne passe pas, ce discours-là est rejeté. L’orientation proposée, celui de la transition énergétique est tout simplement décalée par rapport au modèle économique qui s’est installé via l’invasion consumériste, qui s’est aujourd’hui profondément amarrée dans les univers de notre vie sociale et éducative.

Le refus de se laisser entraîner dans une forme de renonciation de l’aisance sociale tient sans doute de ce décalage entre les paradoxes et les signaux transmis par une élite totalement déconnectée du réel et qui elle-même n’est absolument pas prête à embrasser le modèle qu’elle nous propose. C’est ce décalage qui est devenu insupportable pour les gens pauvres, ceux qui vivent dans la précarité, ceux qui ont été mis à distance et se déplacent avec leur voiture émettrice de pollutions, alors que leurs élites au pouvoir se déplacent en grosses cylindrées pour rejoindre la préfecture de Paris en pleine manifestation des gilets jaune sans avoir fait eux-mêmes usage du bus pour assurer leur déplacement. Le contraste est ici saisissant et interpellant et conduit à encore davantage d’incompréhension entre le « faites ce que je vous dis et ne faites pas ce que je fais » !

Pourtant les élus politiques qui se sont engagés dans une réflexion sur l’élaboration d’un nouveau modèle de développement face à l’urgence écologique, n’ont absolument pas tort. Mais il nous semble que l’absence d’exemplarité et de vécus témoignés n’amènera pas les changements nécessaires. Les changements nécessitent des réformes structurelles et culturelles, de la pédagogie mais aussi la renonciation à l’envahissement de la technologie dans nos espaces de vie. Le changement est aussi un changement de comportement de nos élites dont les paradoxes de vie, ne témoignent pas de cohérence et d’intégrité morale et ne donnent pas envie d’adhérer à leurs programmes. Ma mère me disait toujours que l’exemple vient d’en haut et nécessairement je pense à la personne de Christ qui est venu pour servir et non être servi. L’enseignement évangélique de ce point de vue devrait inspirer nos élites qui se laissent griser, puis caressés par l’amour de la richesse et du pouvoir. Jésus a su résister aux propositions du diable, à ce monde de la toute-puissance et de l’argent facile. Jacques ELLUL évoquait dans ses discours la nécessité de fuir l’emprise du monde, celle de l’argent facile. Jacques ELLUL en 1946 dans la revue le semeur et dans un livre à paraître en Janvier 2019 estimait qu’«il convient que l’homme ait le strict nécessaire pour vivre (et il faut lutter pour que tous les hommes l’obtiennent), mais il faut que l’homme cesse d’avoir pour idéal de toujours gagner plus et vivre dans plus de confort. On peut être assuré que lorsque l’abondance totale régnera, l’homme connaîtra la plus grande tentation de reniement de Dieu qu’il n’a jamais connue. D’autant plus qu’il faut savoir à quel prix l’homme achètera cette abondance. [4] »

Les incohérences de ces nouveaux programmes écologiques

Or il me semble qu’il existe une forme d’incohérence entre le discours hypertechnologique promouvant l’avènement d’un monde pollué par les drones, les IA, les automates, les robots et la transition écologique à laquelle ce monde nouveau nous appelle. Il ne va donc pas de soi de conduire une idéologie de progrès et des programmes qui fondent l’espérance sur le progrès technique sans curseur. Il ne va pas de soi d’aller vers une transition écologique sans la fonder sur une économie respectueuse de l’homme et de son écosystème. Il ne va pas de soi de fonder la transition énergétique sans renonciation aux tentations et aux sirènes de la monétisation de la vie, de la modernité et sa consommation de masse. Il me semble qu’aucun programme en soi de transformation du monde n’est en réalité possible, sans conversion du cœur, sans éveil de la conscience.

L’économie de proximité est à notre sens à rebours d’un environnement qui appellerait à la modernisation de la vie sociale qui s’articulerait sur une aspiration à toujours posséder plus de technologie.

Oui à une économie de proximité affranchie de l’idéologie matérialiste

Il est urgent de revenir à la dimension de la proximité, la proximité affranchie de l’idéologie matérialiste, de revenir à la seule liberté contre la logique des mondes virtuels, de la marchandisation de la vie et du pouvoir de l’argent. Il est enfin urgent de reconstruire la proximité, d’abord en revenant à ses origines fondées sur la dimension du lien, du face-à-face, de l’économie fondée sur l’échange, la relation et dans sa dimension économique, revenir à des circuits courts sans intermédiation complexe.

Or oui, il est nécessaire d’endiguer les excès des pollutions émanant des activités consuméristes et polymères qui ont recours à l’usage des fossiles savamment enterrés par la nature et que l’homme s’est employé en quelques décennies à déterrer pour satisfaire ses nouveaux besoins. Or le monde économique est tenaillé par son envie de croissance et sa crainte de ne plus fonder son espérance dans une croissance exponentielle qui le conduira tôt ou tard face à un mur infranchissable, car les ressources ne sont pas épuisables dans cette croyance d’un progrès technologique qui n’aurait pas de fin.

Cette mutation majeure demandera du temps car elle dépend aussi pour partie de l’évolution du cœur, de nos attitudes et de nos gestes incarnés dans le quotidien. Mais il s’agit, sur le long terme, de promouvoir non un programme idéologique mais d’encourager l’initiative à la plus petite échelle, celle par exemple de la commune ou de l’intercommunalité.  Il faut en effet non seulement encourager une économie de proximité mais surtout une économie de subsidiarité favorisant des initiatives humaines et non en les barrant par le poids des palissades administratives. Ne bridons ni nos maires, ni la petite entreprise, ni les citoyens épris de socialité et qui entendent être libérés des carcans et du joug de la bureaucratie tatillonne et déshumanisée. A ce propos il conviendrait aussi d’humaniser nos administrations et de réapprendre le lien avec le citoyen, d’être là aussi en proximité et non correspondre avec l’administration sur ses sites internet, ce qui ajoute encore de la distance et ceci devient insupportable.

L’économie qui permette d’éviter au maximum la mise en distance des activités sociales, professionnelles, familiales et de privilégier la vie économique strictement locale, la consommation et le recours aux services et produits locaux, de faire  renaître les activités artisanales honorées par un système éducatif, de remettre en cause les conceptions promues par Adam Smith qui promouvaient la parcellisation et l’hyper spécialisation des tâches amenant plus tard l’avènement d’une société robotique. L’efficacité économique a été au détriment de l’humain, mais qui veut l’entendre et le comprendre. A ce propos, même Adam Smith prit conscience des travers d’une activité réduite à l’hyper spécialisation, ainsi l’économiste confessait qu’« Un homme qui passe toute sa vie à remplir un petit nombre d’opérations simples, […] n’a pas lieu de développer son intelligence ni d’exercer son imagination à chercher des expédients pour écarter des difficultés qui ne se rencontrent jamais ; il perd donc naturellement l’habitude de déployer ou d’exercer ces facultés et devient, en général, aussi stupide et aussi ignorant qu’il soit possible à une créature humaine de le devenir ; l’engourdissement de ses facultés morales le rend non seulement incapable de goûter aucune conversation raisonnable ni d’y prendre part, mais même d’éprouver aucune affection noble, généreuse ou tendre et, par conséquent, de former aucun jugement un peu juste sur la plupart des devoirs même les plus ordinaires de la vie privée. Quant aux grands intérêts, aux grandes affaires de son pays, il est totalement hors d’état d’en juger, et à moins qu’on n’ait pris quelques peines très particulières pour l’y préparer… »[5]

L’économie de proximité ne peut dès lors fonctionner sans redonner du sens à l’artisanat la subsidiarité, à l’intelligence locale, aux maires et à leurs habitants libérés des carcans de l’administration qui paralysent les initiatives capables d’apporter des solutions locales aux plus proches des besoins des habitants. L’économie de proximité est une économie de l’écoute des besoins non pour viser le désir mais le bien-être attaché au bien commun, l’économie de proximité est celle de l’humain et de l’intelligence qu’il peut produire dans ses relations et dans son travail. Il est temps non de développer non un programme mais d’éveiller une prise de conscience et de susciter l’initiative des hommes et non d’imposer des idéologies sans rencontrer la personne et de l’amener ainsi au changement consenti et volontaire.

[1] Citation du livre écrit en 1913 par Charles Péguy « L’argent »

[2] Citation du livre écrit en 1913 par Charles Péguy « L’argent »

[3] Dans une gare, on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien » Le Président de la république : Emmanuel Macron

[4] Citation de Jacques Ellul extraite d’un livre posthume à paraître en Janvier 2019 « Vivre et Penser la Liberté » aux Edition Labor et Fides (L’extrait est page 235)

[5] Extrait  Les causes de la richesse des nations https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Smith_-_Recherches_sur_la_nature_et_les_causes_de_la_richesse_des_nations,_Blanqui,_1843,_II.djvu/454

Schumpeter Joseph (1883-1950)

Joseph Schumpeter fut un des plus brillants économistes de sa génération, auteur de nombreux essais, particulièrement connu pour ses théories concernant les fluctuations économiques (les phases conjoncturelles d’expansion, de récession, de décroissance), le concept de destruction créatrice et sa pensée concernant les ressorts touchant l’ensemble des dimensions affectant l’innovation. Il est l’auteur d’une « Histoire de l’analyse économique », parue en 1954. Le traité d’économie « Histoire de l’analyse économique » constitue encore de nos jours un essai référence.

Dans un autre essai publié en 1939, « le cycle des affaires » précédant donc son histoire de l’analyse économique, Joseph Schumpeter explique que le progrès technique est au cœur même de l’économie.  Les innovations, ces forces motrices de l’économie, engendrent des évolutions souvent majeures ; disruptives, ainsi selon Joseph Schumpeter une innovation de rupture résultant d’une prouesse technologique, d’un progrès technique considérable, voire scientifique, entraînera simultanément un essaim de nouvelles évolutions ou débouchés techniques, des innovations qui vont être comme par enchaînement, portée  par une découverte majeure ou une évolution de type saut technologique (comme par exemple : Les nanotechnologies, le numérique, de nouvelles molécules pour traiter des maladies de type cancer…) .

La pensée de Joseph Schumpeter a été largement influencée par l’économiste Kondratiev mais également par deux figures de la philosophie : Nietzche (le nihilisme, la destruction des valeurs), Karl Marx (le discours sur la dialectique du progrès, préparant le chemin utopique de la grande révolution sociale).

Dans la vision partagée par Joseph Schumpeter l’innovation est sans conteste, le force motrice de la croissance économique, Schumpeter va même faire usage d’une image pour illustrer sa pensée, en utilisant les termes de « Ouragan perpétuel» ce qui peut conduire selon l’économiste à un renversement de la table, ou impliquer des destructions, des destructions qui peuvent par ailleurs être spectaculaires affectant tous les types d’organisations sociales, entrepreneuriales, créant de véritables chamboulement au sein même des sociétés. Ces innovations qui chahutent les marchés, peuvent être enclenchés par l’émergence de nouvelles technologies, de nouveaux débouchés (résultant de nouveaux comportements sociaux), de nouveaux matériaux, de nouvelles thérapies (molécules), de nouvelles méthodes d’organisation du travail.

Citation de Joseph Schumpeter

« L’impulsion fondamentale qui enclenche la machine capitaliste et la garde en mouvement vient des nouveaux consommateurs, des nouvelles marchandises, des nouvelles méthodes de production et de transport, des nouveaux marchés et des nouvelles formes d’organisation industrielle que crée l’entreprise capitaliste »

Si certes la destruction créatrice résulte bien de l’innovation, si cette destruction est provoquée par l’émergence de nouveaux concepts technologiques.  Il convient d’analyser l’emprise sociale l’ampleur des effets de ses différents marqueurs, notamment l’empreinte laissée par les technologies de rupture tels que l’IA qui laissera en fin de compte, de moins en moins de place aux salariés et amènera inéluctablement à une vie sociale déshumanisée.

L’émergence de l’économie numérique a certes créé de nouveaux emplois tels que les codeurs, les programmeurs, les informaticiens mais l’informatisation a détruit au total beaucoup plus d’emplois qu’elle en a créé en réalité. L’économie des GAFA sera de nature à fragiliser demain le tissu social et de destructions écologiques, alors qu’elle prétendra servir ceux qui veulent nous conduire vers la transition écologique qui est pourtant nécessaire.

L’ouragan technologique risque bel et bien de se traduire par une destruction des écosystèmes sociaux et des grands équilibres fondés sur la socialisation des rapports et des liens tissés dans le monde réel dont on pressent aujourd’hui le choc avec les mondes hors sols que nous renvoient les politiques déconnectées des réalités tenant à la pauvreté, à la précarité et à la paupérisation des hommes et des femmes qui ne savent plus comment finir leur fin de mois et d’autres comment commencer leur début de mois .

L’IA le réveil de la bête non humaine….

‘IA qui vient est à la fois un outil de surveillance des déplacements, activités, désirs ou pensées mais aussi un outil d’assistanat permanent dont l’objectif est de précéder les comportements de chacun, depuis son lit jusqu’à sa voiture, en passant par sa salle de bains ou son lieu de travail. Il s’agit autant de participer à la «mise en données du monde» que de réaliser l’utopie techno-économique d’une «société automatisée», selon Villani. Autrement dit, de développer des technologies à même de diriger nos conduites et nos choix quotidiens, de livrer l’humain, jugé inférieur, à une entité, l’IA, conçue sur notre modèle mais nous ayant «dépassés». Une maman non humaine, directement issue de laboratoires de recherche publics mais aussi privés. Voitures autonomes, villes pilotées par le numérique, caméras à reconnaissance faciale, maisons automatisées, puces électroniques, écrans publicitaires personnalisés dans les rues, sexualité et goûts en général, la totalité de nos existences serait vouée à dépendre de l’IA, qui n’est pas l’informatique de papa mais une sorte de fichage virtuel généralisé visant à ce que nous déléguions nos comportements à une entité supposée plus intelligente, et plus à même d’apprendre sans cesse, que nous. Le numérique avait vocation à être au service de l’humain, comme le sont tous les outils ; l’IA rêvée par LREM nourrie au lait de la Silicon Valley n’est plus à notre service mais se sert de nous afin d’orienter nos comportements et de définir des dogmes auxquels nous devrions nous plier, à commencer par celui de la «transparence» de nos existences.

Extrait d’un Article publié dans le figaro …


http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2018/11/29/31001-20181129ARTFIG00357–l-intelligence-artificielle-revee-par-la-silicon-valley-cherche-a-nous-aliener.php

L’IA qui vient est à la fois un outil de surveillance des déplacements, activités, désirs ou pensées mais aussi un outil d’assistanat permanent dont l’objectif est de précéder les comportements de chacun, depuis son lit jusqu’à sa voiture, en passant par sa salle de bains ou son lieu de travail. Il s’agit autant de participer à la «mise en données du monde» que de réaliser l’utopie techno-économique d’une «société automatisée», selon Villani. Autrement dit, de développer des technologies à même de diriger nos conduites et nos choix quotidiens, de livrer l’humain, jugé inférieur, à une entité, l’IA, conçue sur notre modèle mais nous ayant «dépassés». Une maman non humaine, directement issue de laboratoires de recherche publics mais aussi privés. Voitures autonomes, villes pilotées par le numérique, caméras à reconnaissance faciale, maisons automatisées, puces électroniques, écrans publicitaires personnalisés dans les rues, sexualité et goûts en général, la totalité de nos existences serait vouée à dépendre de l’IA, qui n’est pas l’informatique de papa mais une sorte de fichage virtuel généralisé visant à ce que nous déléguions nos comportements à une entité supposée plus intelligente, et plus à même d’apprendre sans cesse, que nous. Le numérique avait vocation à être au service de l’humain, comme le sont tous les outils ; l’IA rêvée par LREM nourrie au lait de la Silicon Valley n’est plus à notre service mais se sert de nous afin d’orienter nos comportements et de définir des dogmes auxquels nous devrions nous plier, à commencer par celui de la «transparence» de nos existences.

Robot vers la disparition du travail humain ?

La profession est décrite comme l’une des plus menacées par l’automatisation. Un fait qui conduit les cabinets d’expertise-comptable à se recentrer sur le conseil et la relation client…. Un article à lire : https://www.lemonde.fr/campus/article/2017/04/27/la-guerre-des-comptables-et-des-robots-aura-t-elle-lieu_5118931_4401467.html

La guerre des comptables et des robots aura-t-elle lieu ?

                                Adrien de Tricornot

« Les entreprises les plus en pointe ont pris depuis plusieurs années le virage vers le numérique, grâce à des logiciels liés à des plates-formes de gestion en ligne (technologies Software as a service), principalement proposés par de grands cabinets. « Ces solutions permettent aux entreprises de tenir elles-mêmes une comptabilité directement mise à jour, accessible sur tous les canaux, comme une tablette, par exemple. Ce sont désormais les entreprises clientes qui saisissent leurs pièces comptables, et non plus notre cabinet, et elles peuvent même automatiser cette tâche si elles disposent d’un outil de facturation et de vente intégré à leur comptabilité », explique Pierre d’Agrain, associé du cabinet ExCo A2A, à Toulouse, membre du sixième réseau d’expertise-comptable en France.

Dans ce schéma, les cabinets sont dans une nouvelle relation avec leurs clients. Ils ne facturent plus des heures de saisie des pièces comptables par leurs salariés, mais un abonnement à la plate-forme. Leurs salariés se recentrent donc sur la gestion des informations, leur analyse, ou la relation avec les clients, des tâches à plus forte valeur ajoutée et plus intéressantes : « Rien ne remplacera le fait d’écouter les clients et de les conseiller », fait valoir M. d’Agrain. Pour lui, les robots, s’ils prendront leur part, en allégeant les tâches les plus répétitives et en fluidifiant la tenue des comptes, ne remplaceront pas les experts-comptables.

Les moins qualifiés impactés

L’impact sur l’emploi est néanmoins réel : il concerne surtout les profils les moins qualifiés, de niveau bac ou inférieur, chargés de la saisie des pièces comptables. Mais aussi les métiers d’experts : détachés désormais d’une partie de leurs tâches, ils peuvent servir un portefeuille de clients plus large. « On a besoin de moins d’effectifs, on peut faire de la croissance sans recruter », témoigne Pierre d’Agrain.

Le mouvement n’en est qu’à ses débuts. D’abord parce que les solutions numériques de saisie vont gagner du terrain auprès des PME. Mais aussi parce que de nouvelles évolutions se préparent : le développement de la blockchain, chaîne de paiement sécurisée sur Internet qui est utilisée pour le bitcoin, la monnaie numérique, laisse augurer que chaque transaction effectuée soit simultanément inscrite dans les comptabilités des parties prenantes.

A la faveur de la robotisation et du développement de l’intelligence artificielle, la profession a en ligne de mire le fast closing (la clôture rapide des comptes) : alors qu’actuellement, les grandes entreprises mettent plusieurs mois à publier leurs comptes certifiés de l’année précédente, ces délais devraient considérablement se raccourcir.

Si les innovations à l’œuvre bouleversent les métiers, elles devraient permettre, selon l’Ordre des experts-comptables, d’empêcher l’irruption de nouveaux acteurs désireux de concurrencer les cabinets traditionnels ou d’imposer leurs outils. « Nous sommes menacés par l’automatisation, mais pas par l’ubérisation », assure Dominique Jourde, pour qui les tentatives d’intermédiaires Web de se glisser, sur le modèle d’Uber, entre les cabinets comptables et leurs clients restent aujourd’hui « très marginales ».

L’escroquerie de la blockchain

La technologie à l’origine du bitcoin est présentée comme un possible remède à tous les maux, de la pauvreté à la famine en passant par le cancer. Mais, derrière un discours de décentralisation et de liberté numérique, la blockchain cache une course aux profits pour une minorité.

Continuer à lire … « L’escroquerie de la blockchain »

Le magistrat et l’intelligence artificielle : la Justice de demain sera prédictive et expéditive !

                                

 

La Justice prédictive est-elle un pas de plus vers la déshumanisation de l’homme ?

J’écoutais à la radio au cours d’une matinée un avocat inquiet mais décidé de s’opposer à la volonté de l’état français de presser le pas de la Justice en incorporant davantage d’intelligence artificielle pour l’analyse des affaires simples à traiter et ainsi offrir aux magistrats de se concentrer sur des dossiers plus complexes. Le recours à un système judiciaire impacté par l’intelligence artificielle est un premier pas qui est de nature à bouleverser demain le rapport de l’homme à ce qui pourrait prendre la forme d’une véritable machine judiciaire.

Ce terme machine qui qualifiait le plus souvent une justice souvent complexe mêlant l’empilement des lois et de leurs dérivées, la multitude des contextes nuançant les appréciations et les acteurs aux caractères multiformes, mais également l’absence de célérité de la justice de par la complexité des procédures de saisies.  

Le rêve de l’état progressiste devenu ainsi lasse de cette justice lente et bureaucrate, décide d’entamer une révolution dans les process des juridictions. Il faut selon l’idéologie du progrès, face à la lenteur de cette vielle Dame, la remuer, l’amener à cohabiter avec l’autre machine : l’intelligence artificielle qui devrait lui servir de support afin de simplifier les intrications du monde juridique et de réduire le temps chronophage des dossiers à digérer.

La dimension humaine dans l’histoire de la Justice

Dans toute l’histoire, comme institution, la dimension humaine même de la Justice est revêtue à la fois comme un modèle de régulation de la vie sociale, un modèle quasi universel d’arbitrage des conflits, avec cette vocation en arrière fond, de pacifier les querelles issues de toute la vie sociale et de rendre justice dans les crimes et les délits.

C’est ainsi un fait de toute notre histoire, la justice a été rendue jusqu’à aujourd’hui par les hommes, qui se soumettent aux lois en rigueur ou se pliant aux exigences des législateurs pour faire appliquer le droit. Des hommes de droit qui arbitrent, appliquent la sentence ou bien innocentent celui ou celle qui fut qualifié de coupable. La justice comporte en soi, une dimension d’inachevée, parce ce que la justice est entachée de faiblesse et d’humanité incarnées parfois ou bien souvent par une dimension irrationnelle, fragile, parfois inéquitable, parce que cette justice est encore une fois, et nous insistons profondément ancrée dans l’humain ! Ces juges humains qui mêlent la clémence, la tolérance ou bien la sévérité implacable témoignent ou révèlent les distorsions liées à son fonctionnement.  La justice est ainsi imparfaite parce que complexe, changeante, mêlant les émotions et la raison, la passion et la distance nécessaire pour juger.

La Justice est certes lente, elle prend trop souvent son temps entassant les dossiers, empilant les affaires, et forcément des tensions se créent avec ceux qui aspirent à une justice plus rapide.  Les attentes sont nombreuses parmi les justiciables qui aspirent à une juridiction sans tâches, absolument compétente et savante, équitable et inattaquable : en un mot une justice parfaite et dont la balance ne serait jamais fausse.

Cette quête éternelle des sociétés humaines vers une justice omnisciente, incontestable, avisée ou prudente dans l’énoncé de ses jugements est une chimère. L’homme malgré sa quête d’absolu n’a pas les attributs divins pour rendre un jugement plein de discernement, parfaitement loyal envers le coupable comme envers la victime. La justice engendrera toujours des sentiments de frustration, d’agacement et de révolte même si elle s’abrite derrière le code, la règle non arbitraire qui régit ses décisions.

La tentation de la justice de s’en remettre à l’Intelligence Artificielle

Alors cette juridiction imparfaite n’est-elle pas incitée à céder à cette nouvelle tentation de s’en remettre non à Dieu mais à cette puissance qui aujourd’hui fascine le monde, cette puissance de calcul qu’offre le monde des algorithmes capables d’emmagasiner les données laissées par les arrêts des magistrats et de consommer ainsi les jurisprudences de tous les tribunaux. Fascinante car la puissance de calcul, c’est le monde de la cité rationnelle parfaite, qui ne commet pas d’erreur. La machine algorithmique ne peut pas commettre d’erreur, voilà bien la chimère, la nouvelle tromperie de ce siècle. Cette justice implacable car elle serait gouvernée par les formules savantes ne serait au fond qu’un Dieu froid, qui mécaniquement traite les dossiers puis envoie au moyen de ses algorithmes robots la sentence à des sujets humains, puis mécaniquement les relancera s’ils ne s’acquittent pas de leur condamnation.  Est-ce là le monde du futur que nous décrivons ?   

Non nous ne décrivons pas un monde glaçant et dystopique, c’est bel et bien et hélas le monde d’aujourd’hui qui commence, celui de la « cité rationnelle » ! La cité parfaite, normative compilant toutes les informations, toutes les données, « la cité rationnelle [1]» qui ne peut se tromper ! Comment cette juridiction pourrait-elle d’ailleurs se tromper, cette nouvelle juridiction se ressource en effet au sein de la mathématisation de notre société. Le magistrat se laissera dicter le verdict dompté par ses robots calculateurs, comme ces médecins dessaisis demain de la faculté de diagnostiquer puisque les logiciels de séquençage, décodent des millions de fragments d’ADN en un temps record ! Ces algorithmes savent mieux que le médecin détecter l’origine des maux, et demains ces nouvelles juridictions codées offriront l’exécution la plus rapide, car bien évidemment, les logiciels nouveaux Dalloz[2] analyseront et traiteront toute la vie judiciaire, comme aucun humain lent et sujet à l’erreur !

La robotisation de la justice aux mains des algorithmes   !

Qu’en est-il exactement de cette avancée de la judiciarisation robotisée, est-ce exagéré de prétendre que là aussi le monde des algorithmes est sur le point de coloniser la Justice. Les tribunaux humains, magistrats et avocats feront bien de s’en inquiéter. Aux Etats-Unis les cabinets d’avocat sont d’ores et déjà assistés par ces machines algorithmes pour traiter des affaires touchant le monde des entreprises.  D’autres logiciels interviennent quant à eux dans la prise de décision des juges chargés des remises en liberté. Les exemples s’enchainent et se multiplient, les exemples qui préfigurent demain la généralisation d’une justice algorithmique, portée par les progrès de l’intelligences artificielle toujours plus performante, toujours plus experte et incarnant le rêve d’une forme de justice divine, objective et omnisciente ? 

La juridiction algorithmique n’est que le nouvel avatar d’une soif d’équité absolue exprimée par le monde humain. Le monde humain obsédé par cette quête d’une justice utopique, nécessairement parfaite et devant nécessairement être extérieure à l’homme et à ses imperfections. L’homme ne croit plus à aucune verticalité divine, à aucune pythie qui rendrait ses oracles et orienterait le sort réservé à la cité des hommes. L’homme n’invoque plus son créateur, préférant remettre son sort entre les mains de sa création qu’il croira être sous son contrôle.

La révolution numérique en marche 

La révolution numérique bel et bien en marche y compris dans le domaine du Droit envahi par la règle, la norme, et des normes qui vont de complexité en complexité.

La« République numérique »[3] voulue par la gouvernance de François Hollande puis accentuée par le nouveau Président Emmanuel Macron,ce nouveau monde entend étendre le mouvement d’ouverture des data aux décisions de justice. C’est un processus qui annonce une forme de mécanisation dont l’emprise envahira les tribunaux et on a peine à imaginer l’existence d’un robot siégeant « assis ou debout » avec le magistrat si ce dernier aurait encore une légitimité.   Mais c’est vrai la transition ne serait pas aussi bruyante ou inquiétante, nous nous familiariserons, nous nous habituerons à voir le juge en compagnie d’un gentil Robot « Pepper[4] »spécialiste du droit mais certainement pas Pépère.  Ces « Pepper » aideront nos magistrats,les assisteront en apportant une somme d’informations sur les prévenus recensant par exemple les procès-verbaux, les infractions commises par le prévenu. Nous assisterons  à une forme de traçage systématisées des justiciables, effeuillés par l’intrusion des calculs des algorithmes implacables et qui ne produiront pas d’erreurs sur la lecture des prévenus se présentant devant les juges.

Ces algorithmes seront programmés pour recommander une évaluation de la peine encourue, et mécaniseront le discours à tenir auprès du justiciable. Le Juge et son assistant se « concerteront » ou plutôt le juge finira par s’en remettre au délibéré de « Pepper » et c’est le juge Pépère qui finira par perdre toute faculté de jugement puisqu’il n’aura plus pour guide son discernement, cette conscience de lui-même qui lui permet de discerner du fait même qu’il est lui-même humain. 

Dans un premier temps le gentil « Pepper » se cantonnera au rôle d’outil, d’assistant juridique pour décortiquer les nœuds des affaires de plus en plus complexes mais au fil de son apprentissage, « parce que l’intelligence artificielle apprend » ce petit robot souriant et bien sympathique offrira au fil d’une expertise croissante, une aide certaine à la prise de décision, le juge ne sera bientôt plus irremplaçable !

Ainsi l’apparition des nouvelles technologies dans les juridictions ira bien en s’accélérant.  Nous assistons ainsi depuis quelque temps à une montée en puissance des legal-tech, ces sociétés et ces startups qui proposent des services juridiques aussi bien aux cabinets d’avocats, qu’aux magistrats afin de les assister dans leurs prises de décisions

L’intelligence artificielle investit bel et bien et colonisera comme nous le rappelions précédemment, le domaine du droit. Elle bouleversera demain le quotidien des tribunaux et couronnera le nouveau monde devenu si docile à la domestication du « système technicien ».  Aussi est-il temps qu’avocats et magistrats disent stop à cette ingénierie de l’espace judiciaire qui annonce la déshumanisation d’un tribunal qui doit pourtant privilégier la seule dimension relationnelle et son humanité même sujet à l’erreur !

Lire également cette info confortant notre propos écrit plusieurs mois plus tôt…

https://usbeketrica.com/article/estonie-robots-justice


[1] Terme emprunté à Jacques ELLUL

[2] Célèbre maison d’éditions que connaissent tous les juristes

[3] La loi pour une République numérique, publiée au Journal officiel 8 Octobre 2016, vise à favoriser l’ouverture et la circulation des données et du savoir.

[4]  Pepper est un robot humanoïde, développé par la société SoftBank Robotics

 

Les vertus du zapping

Auteur :  

Didier Martz

 

Les vertus du zapping

Qui n’a pas fulminé ouvertement ou en son for intérieur à la vue de cet adolescent, devant l’écran de télévision, rester 30 secondes sur une émission puis passer autant de temps sur une autre pour revenir à la première et ainsi de suite ? Pour celui qui est habitué à la durée contre l’éphémère, la permanence contre le jetable, le zapping, puisque c’est de cela qu’il s’agit, est une sorte d’affront à la rationalité. Cette esquive permanente du téléspectateur, ce papillonnage est une offense à la Raison.

En effet, qu’il s’agisse de se divertir ou d’apprendre, cela suppose du temps et de la constance. De l’ordre et de la rigueur. Les choses se succèdent dans une temporalité, avec un avant et un après et en général avec une explication causale. Un film, un documentaire, un débat, se déroulent dans un ordre logique de façon linéaire. C’est d’ailleurs ainsi qu’on est capable d’apprécier ou de critiquer, d’argumenter, d’analyser, en somme de réfléchir. Et même s’il s’agit d’un film de série B, indépendamment de son contenu, il se déroule logiquement.

Le zapping est tout autre. Zapper c’est passer d’un sujet à un autre, sans transition comme l’on dit ; c’est arriver après alors que tout s’est dit avant ; c’est se retirer d’une pub pour aller vers un documentaire animalier, tout de suite délaissé pour Star Académy et enfin échouer pas plus d’une minute sur un téléfilm.

Il est vrai que la télévision, notamment dans ses bulletins d’informations nous a habitué aux zapping permanent, elle qui passe d’un sujet à l’autre, grave ou anodin, et ce sans transition. Météo, bourse, politique, anecdotique, publicité, tout se mêle sans cohérence aucune. Prenant en compte cette pratique, elle produit même des émissions dites « Zapping ».

Zapper est sans doute devenu une façon nouvelle d’être en rapport avec le monde : l’urgence prétendue, la vie s’accommode mal de rythme lent, de temps où l’on se pose. A la frénésie des spectacles correspond la frénésie de la vie. Ainsi progressivement, se détache-t-on de nos modes de pensée antérieurs.

Le zapping est en passe de devenir la structure mentale probable du siècle nous dit Hervé Fischer. Il tient l’esprit en éveil, le provoque par l’incongruité de la succession de toutes ces informations qui n’ont aucun lien entre elles. A la pensée figée, organisée du rationalisme, il oppose une pensée souple, imaginative qui est capable de trouver du sens dans un monde dont la complexité est croissante.

De plus, et c’est son aspect réjouissant, le zapping est le symbole de la liberté de l’esprit du télespectateur-objet qui choisit d’échapper au piège commercial en esquivant la publicité ; qui refuse l’ennui provoqué par certaines émissions. Le zapping est ainsi une forme de sanction et on peut lui trouver quelques vertus. Et par cette manifestation intempestive de liberté, on comprend qu’il est mauvaise réputation !!!

Chine : La reconnaissance faciale de masse

Lu dans l’article :  https://siecledigital.fr/2018/11/08/la-chine-developpe-une-reconnaissance-de-marche-basee-sur-lintelligence-artificielle/

Le dispositif de reconnaissance facial mise en place en chine a  a mis au point  une technologie qui va permettre de reconnaître une personne jusqu’à 50 mètres de distance, qu’elle soit de dos ou de face.

Associé à la reconnaissance faciale, cette innovation est d’ores et déjà utilisée par les services de protection civile. Ce progrès technologique offre donc à la police la possibilité de travailler rapidement en repérant plus facilement les délits criminels. Un point crucial pour la sécurité du peuple Chinois.

Néanmoins, la réalité nous révèle des utilisations moins respectueuses que le repérage de délits graves. Au regard de certaines actions, il aurait été démontré que le gouvernant utiliserait la reconnaissance faciale à des fins beaucoup moins nobles, comme par exemple le contrôle de la population.

Le Gouvernement chinois, face à des tensions dans la province de Xinjiang, aurait mis à exécution la reconnaissance faciale afin de suivre des personnes « ciblées ». Cette région regroupe près de 10 millions de musulmans « ouïghours », chose peu appréciée par le Gouvernement chinois. De cette façon, l’utilisation de la technologie de marche pourrait être une aide capitale pour le gouvernement et une tragédie pour les personnes dites « ouïghours ».

En effet, l’État Chinois est accusé d’avoir organisé un « camp de rééducation » avec près d’un million de musulmans. L’utilisation de la nouvelle technologie n’est donc pas totalement positive et représente même un danger pour la population ouïghours.