Transparence & transhumanisme du romancier : Marc Dugain

 

Transparence & transhumanisme

Marc Dugain : « Dire qu’on va y arriver grâce à la technologie, c’est criminel »

Le romancier Marc Dugain nous décrit une société sans âmes et sans esprit, une société de nouveaux golem, d’êtres humanoïdes, la civilisation des cyborg, dans une nouvelle œuvre Transparence et Transhumanisme publiée en 2019 dont les conclusions effrayantes ont été écrites à partir de ces premiers signes transhumanistes que nous dessinent l’empreinte de la société post humaine technique et enveloppante qui se construit devant nos yeux, entendant réparer les dégâts laissés par l’homme prédateur.

Marc Dugain dépeint un monde ultra connecté, une société qu’il appelle « transparence », car toutes les données sur nous-mêmes ont été aspirées, vampirisées. Cette société produit des sortes de Golem, des humanoïdes, des cyborgs car cette société est devenue capable d’engendrer des autres que nous-mêmes, des cyborgs qui ne mangent pas, qui ne produisent donc pas de déchets, qui ne consomment pas, qui ne commercent pas.

L’homo Deus a ainsi trouvé le moyen radical d’éradiquer les problèmes dont les hommes étaient la cause. Mais heureusement nous allons survivre au travers de nos instruments, de nos « Golem », de nos créations et ces créations seront si parfaites que l’harmonie sur terre sera bel et bien revenue.  Ainsi plus de crises économiques, écologiques, sociales, nous sommes allées au bout du bout, au bout de nous-mêmes pour générer la société rationnelle. Or si cet épilogue de notre humanité nous apparaît à première vue invraisemblable, je crois en réalité qu’il nous faut être en alerte, car à vouloir la radicalité, l’extrême, l’excessif, nous sommes bien sur le point d’engendrer le pire et une autre forme de cataclysme née de l’absurdité de nos aspirations à une forme de cité parfaite, une cité qui a évacué l’intériorité, le plaisir, l’échange, le bonheur.

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Robot vers la disparition du travail humain ?

La profession est décrite comme l’une des plus menacées par l’automatisation. Un fait qui conduit les cabinets d’expertise-comptable à se recentrer sur le conseil et la relation client…. Un article à lire : https://www.lemonde.fr/campus/article/2017/04/27/la-guerre-des-comptables-et-des-robots-aura-t-elle-lieu_5118931_4401467.html

La guerre des comptables et des robots aura-t-elle lieu ?

                                Adrien de Tricornot

« Les entreprises les plus en pointe ont pris depuis plusieurs années le virage vers le numérique, grâce à des logiciels liés à des plates-formes de gestion en ligne (technologies Software as a service), principalement proposés par de grands cabinets. « Ces solutions permettent aux entreprises de tenir elles-mêmes une comptabilité directement mise à jour, accessible sur tous les canaux, comme une tablette, par exemple. Ce sont désormais les entreprises clientes qui saisissent leurs pièces comptables, et non plus notre cabinet, et elles peuvent même automatiser cette tâche si elles disposent d’un outil de facturation et de vente intégré à leur comptabilité », explique Pierre d’Agrain, associé du cabinet ExCo A2A, à Toulouse, membre du sixième réseau d’expertise-comptable en France.

Dans ce schéma, les cabinets sont dans une nouvelle relation avec leurs clients. Ils ne facturent plus des heures de saisie des pièces comptables par leurs salariés, mais un abonnement à la plate-forme. Leurs salariés se recentrent donc sur la gestion des informations, leur analyse, ou la relation avec les clients, des tâches à plus forte valeur ajoutée et plus intéressantes : « Rien ne remplacera le fait d’écouter les clients et de les conseiller », fait valoir M. d’Agrain. Pour lui, les robots, s’ils prendront leur part, en allégeant les tâches les plus répétitives et en fluidifiant la tenue des comptes, ne remplaceront pas les experts-comptables.

Les moins qualifiés impactés

L’impact sur l’emploi est néanmoins réel : il concerne surtout les profils les moins qualifiés, de niveau bac ou inférieur, chargés de la saisie des pièces comptables. Mais aussi les métiers d’experts : détachés désormais d’une partie de leurs tâches, ils peuvent servir un portefeuille de clients plus large. « On a besoin de moins d’effectifs, on peut faire de la croissance sans recruter », témoigne Pierre d’Agrain.

Le mouvement n’en est qu’à ses débuts. D’abord parce que les solutions numériques de saisie vont gagner du terrain auprès des PME. Mais aussi parce que de nouvelles évolutions se préparent : le développement de la blockchain, chaîne de paiement sécurisée sur Internet qui est utilisée pour le bitcoin, la monnaie numérique, laisse augurer que chaque transaction effectuée soit simultanément inscrite dans les comptabilités des parties prenantes.

A la faveur de la robotisation et du développement de l’intelligence artificielle, la profession a en ligne de mire le fast closing (la clôture rapide des comptes) : alors qu’actuellement, les grandes entreprises mettent plusieurs mois à publier leurs comptes certifiés de l’année précédente, ces délais devraient considérablement se raccourcir.

Si les innovations à l’œuvre bouleversent les métiers, elles devraient permettre, selon l’Ordre des experts-comptables, d’empêcher l’irruption de nouveaux acteurs désireux de concurrencer les cabinets traditionnels ou d’imposer leurs outils. « Nous sommes menacés par l’automatisation, mais pas par l’ubérisation », assure Dominique Jourde, pour qui les tentatives d’intermédiaires Web de se glisser, sur le modèle d’Uber, entre les cabinets comptables et leurs clients restent aujourd’hui « très marginales ».

Intelligence artificielle : « Les scientifiques ne peuvent pas dire ce qui est bien ou mal »

EXTRAIT du Monde.fr lire la suite de l’article :

https://www.lemonde.fr/festival/article/2018/10/24/intelligence-artificielle-les-scientifiques-ne-peuvent-pas-dire-ce-qui-est-bien-ou-mal_5373739_4415198.html

Où s’arrêter ? Faut-il interdire une trop grande ressemblance des robots avec les humains ? Qui doit poser les limites ? Raja Chatila, qui préside au sein de l’IEEE une initiative internationale pour « les considérations éthiques dans l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes », plaide pour un « code éthique », car « tout ce qui peut être fait n’est pas bon. Seule la protection des données personnelles fait aujourd’hui l’objet d’une régulation. Or, dans la communauté des chercheurs, certains n’ont pas conscience que leurs travaux peuvent être dangereux ».

Cette régulation doit venir « avant tout des citoyens », estime, de son côté, Véronique Aubergé, qui lance un appel pour que le débat ne reste pas « entre les mains des chercheurs, des entreprises ou des politiques qui font les lois. Les scientifiques ne peuvent pas dire ce qui est bien ou mal. Le débat doit devenircollectif ». A Grenoble, la chercheuse ouvre son laboratoire à « toutes les personnes confrontées à l’IA dans leur métier ou leur vie afin qu’ils puissent venir échanger sur ces travaux ».

 

les robots vont modifier la psychologie humaine

Les robots vont modifier la psychologie ­humaine autant que les progrès de l’alimentation et de la médecine ont modifié nos corps. Notre taille et notre corpulence ont changé, notre résistance aux maladies et à la douleur aussi, mais nous ne nous en rendons pas compte car ces changements nous sont devenus naturels. Il en sera de même avec les ­machines intelligentes, qui vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.

Serge Tisseron est psychiatre, docteur en psychologie et, depuis 2015, membre de l’Académie des technologies. Il a cofondé, en 2013, l’Institut pour l’étude des relations homme/robots (IERHR), dont il est toujours un membre actif.

Les robots vont modifier la psychologie ­humaine autant que les progrès de l’alimentation et de la médecine ont modifié nos corps. Notre taille et notre corpulence ont changé, notre résistance aux maladies et à la douleur aussi, mais nous ne nous en rendons pas compte car ces changements nous sont devenus naturels. Il en sera de même avec les ­machines intelligentes, qui vont bouleverser non seulement notre quotidien mais aussi notre manière d’être au monde.

Quatre domaines, au moins, seront profondément modifiés. D’abord, notre capacité à différer la satisfaction de nos désirs. Le téléphone, puis le mail, ont déjà commencé à altérer notre capacité de résistance à l’attente relationnelle : avec la livraison quasi instantanée par drone, nous allons aussi devenir intolérants à l’attente des objets. Le degré suivant sera probablement l’intolérance à nos attentes de reconnaissance, car nos robots de proximité pourront nous gratifier de quantité de félicitations et gentillesses. Dès lors, serons-nous capables de supporter que la société humaine qui nous entoure soit moins aimable avec nous ? Aurons-nous seulement envie de continuer à la fréquenter ?

Le deuxième changement concerne le rapport à la solitude et au discours intérieur. Avec nos « chatbots »[« agents conversationnels »], nous allons développer une tendance à nous raconter en permanence. Contrairement à la plupart des humains, ces machines nous ­feront constamment rebondir par des questions, des plaisanteries et des gentillesses. Pour une raison simple : la capture de nos données personnelles… Mais, du coup, la ­notion de solitude changera : la compagnie ne se définira plus seulement par la présence d’un humain, mais aussi d’une machine. Que deviendra la possibilité de se tenir à soi-même un discours intérieur, sans interlocuteur, lorsque nous serons habitués à en avoir un à demeure, prêt à nous écouter aussi longtemps que nous le voudrons ?

Lire la suite de l’article :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/07/12/serge-tisseron-les-robots-vont-modifier-la-psychologie-humaine_5330469_3232.html

 

Les robots #2 // Humanoïdes sans limites

La dimension affective apportée par l’humanoïde est la conséquence du vide spirituel de l’être humain.
Ce vide spirituel que ne comblera pas un objet humanoïde, conçu artificiellement, qui interagira en l’absence de toute identité le reliant à la transcendance. Une machine dotée de l’apparence d’un corps, mais sans réelle conscience humaine, sans âme, sans vie réelle, sans esprit, « En supposant qu’on parvienne à construire un robot androïde, dont la complexité s’approcherait de celle de l’homme, il lui manquerait cette ouverture à la transcendance, qui ne peut jaillir spontanément de l’interaction des causes immanentes » .

Le plus inquiétant est à venir, Ces robots pourraient demain envahir le quotidien, devenir des humanoïdes de compagnie, remplaçant nos animaux. Des « êtres » domestiqués, mais sans âme et sans esprit, reproduisant artificiellement des comportements dans une apparence humaine. L’humanoïde pourrait ainsi, être à terme le compagnon d’une vieille dame isolée, le substitut pour un enfant d’une maman trop souvent absente, ou bien pire, être une poupée sexuelle interactive, un partenaire interactif, comblant les besoins émotionnels et affectifs de personnes isolées .

La dimension affective apportée par l’humanoïde est la conséquence du vide spirituel de l’être humain.
Ce vide spirituel que ne comblera pas un objet humanoïde, conçu artificiellement, qui interagira en l’absence de toute identité le reliant à la transcendance. Une machine dotée de l’apparence d’un corps, mais sans réelle conscience humaine, sans âme, sans vie réelle, sans esprit, « En supposant qu’on parvienne à construire un robot androïde, dont la complexité s’approcherait de celle de l’homme, il lui manquerait cette ouverture à la transcendance, qui ne peut jaillir spontanément de l’interaction des causes immanentes » .
En revanche, l’être humain se livrera en quelque sorte à une forme de démon humanoïde, il se livrera, comme l’écrivait Baudelaire, de manière quasi prémonitoire à Satan :

«Se livrer à Satan… », selon Baudelaire, « …c’est croire qu’on en a fini avec lui et que l’on s’en tirera bien tout seul, grâce à ses bons sentiments et ses puissantes machines : « Nous périrons par là où nous avons cru vivre. La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous la partie spirituelle que rien parmi les rêveries… anti naturelles des utopistes ne pourra être comparé à ses résultats positifs. »