Actualités, Economie

Schumpeter Joseph (1883-1950)

Joseph Schumpeter fut un des plus brillants économistes de sa génération, auteur de nombreux essais, particulièrement connu pour ses théories concernant les fluctuations économiques (les phases conjoncturelles d’expansion, de récession, de décroissance), le concept de destruction créatrice et sa pensée concernant les ressorts touchant l’ensemble des dimensions affectant l’innovation. Il est l’auteur d’une « Histoire de l’analyse économique », parue en 1954. Le traité d’économie « Histoire de l’analyse économique » constitue encore de nos jours un essai référence.

Dans un autre essai publié en 1939, « le cycle des affaires » précédant donc son histoire de l’analyse économique, Joseph Schumpeter explique que le progrès technique est au cœur même de l’économie.  Les innovations, ces forces motrices de l’économie, engendrent des évolutions souvent majeures ; disruptives, ainsi selon Joseph Schumpeter une innovation de rupture résultant d’une prouesse technologique, d’un progrès technique considérable, voire scientifique, entraînera simultanément un essaim de nouvelles évolutions ou débouchés techniques, des innovations qui vont être comme par enchaînement, portée  par une découverte majeure ou une évolution de type saut technologique (comme par exemple : Les nanotechnologies, le numérique, de nouvelles molécules pour traiter des maladies de type cancer…) .

La pensée de Joseph Schumpeter a été largement influencée par l’économiste Kondratiev mais également par deux figures de la philosophie : Nietzche (le nihilisme, la destruction des valeurs), Karl Marx (le discours sur la dialectique du progrès, préparant le chemin utopique de la grande révolution sociale).

Dans la vision partagée par Joseph Schumpeter l’innovation est sans conteste, le force motrice de la croissance économique, Schumpeter va même faire usage d’une image pour illustrer sa pensée, en utilisant les termes de « Ouragan perpétuel» ce qui peut conduire selon l’économiste à un renversement de la table, ou impliquer des destructions, des destructions qui peuvent par ailleurs être spectaculaires affectant tous les types d’organisations sociales, entrepreneuriales, créant de véritables chamboulement au sein même des sociétés. Ces innovations qui chahutent les marchés, peuvent être enclenchés par l’émergence de nouvelles technologies, de nouveaux débouchés (résultant de nouveaux comportements sociaux), de nouveaux matériaux, de nouvelles thérapies (molécules), de nouvelles méthodes d’organisation du travail.

Citation de Joseph Schumpeter

« L’impulsion fondamentale qui enclenche la machine capitaliste et la garde en mouvement vient des nouveaux consommateurs, des nouvelles marchandises, des nouvelles méthodes de production et de transport, des nouveaux marchés et des nouvelles formes d’organisation industrielle que crée l’entreprise capitaliste »

Si certes la destruction créatrice résulte bien de l’innovation, si cette destruction est provoquée par l’émergence de nouveaux concepts technologiques.  Il convient d’analyser l’emprise sociale l’ampleur des effets de ses différents marqueurs, notamment l’empreinte laissée par les technologies de rupture tels que l’IA qui laissera en fin de compte, de moins en moins de place aux salariés et amènera inéluctablement à une vie sociale déshumanisée.

L’émergence de l’économie numérique a certes créé de nouveaux emplois tels que les codeurs, les programmeurs, les informaticiens mais l’informatisation a détruit au total beaucoup plus d’emplois qu’elle en a créé en réalité. L’économie des GAFA sera de nature à fragiliser demain le tissu social et de destructions écologiques, alors qu’elle prétendra servir ceux qui veulent nous conduire vers la transition écologique qui est pourtant nécessaire.

L’ouragan technologique risque bel et bien de se traduire par une destruction des écosystèmes sociaux et des grands équilibres fondés sur la socialisation des rapports et des liens tissés dans le monde réel dont on pressent aujourd’hui le choc avec les mondes hors sols que nous renvoient les politiques déconnectées des réalités tenant à la pauvreté, à la précarité et à la paupérisation des hommes et des femmes qui ne savent plus comment finir leur fin de mois et d’autres comment commencer leur début de mois .

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