L’utopie des cryptomonnaies !

Ecouter le podcast de France Culture…

https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-leco/la-valeur-de-la-monnaie-44-leldorado-bitcoin#xtor=EPR-2-%5BLaLettre02052019%5D

Aujourd’hui, nous nous penchons sur les projets politiques, parfois contradictoires, des cryptomonnaies. Lors de sa création, au lendemain de la crise financière, le bitcoin entendait fonder un nouvel ordre monétaire, affranchi de l’Etat et des banques… Dix ans plus tard, les monnaies virtuelles semblent avoir été rattrapées par le monde de la finance et les devises de protestation sont devenues pour beaucoup des instruments de spéculation. Alors, quelle société la révolution des cryptomonnaies fera-t-elle finalement advenir ?

La naissance officielle du bitcoin, en 2009, fait immédiatement suite à la crise financière de 2008. Dans un contexte de défiance vis à vis du système bancaire et financier, le bitcoin apparaît donc d’emblée comme un projet d’alternative monétaire. (Odile Lakomski-Laguerre)

‘La déconstruction de l’homme’ Deuxième édition…

 Nous vous annonçons la sortie de la seconde édition du livre la déconstruction de l’homme.

Commandez-le maintenant en ligne sur Lulu au prix de 25 euros TTC.

L’essai  a été préfacé par

le Philosophe Bertrand Vergely …   

Cette seconde édition a été enrichie d’une troisième partie intitulée Alternatives. Cette troisième partie, décrit comment il est possible et quel est le chemin pour faire face à « l’ouragan » technologique ! Nous avons également introduit l’ouvrage par une note de lecture pour expliquer les motivations qui nous ont conduits à écrire cet essai ! D’autres textes enfin complètent la précédente édition décrivant les dimensions des mutations technologiques et l’accélération des processus qui coloniseront l’ensemble de notre vie sociale.

Cette seconde édition a été préfacée par le Philosophe Bertrand Vergely auteur de l’essai « Transhumanisme la grande Illusion »

Nous vous produisons ci-dessous un extrait de sa préface ! 

Si, l’homme ludique se réjouit de l’avènement de ce nouveau monde, Éric Lemaître et son équipe  introduisent une question : avec le dispositif qui est en train de se mettre en place, n’assiste-t-on pas à l’émergence d’un nouveau dispositif d’oppression et plus précisément de l’un des  dispositifs d’oppression sans doute le plus redoutable que l’humanité ait jamais connu ?

     Dans cet univers de combinaisons à l’infini qui est en train de se mettre en place, l’être humain est-il libre ? N’est-il pas l’otage, le jouet, le prisonnier des fabricants et des vendeurs de machines à jouer, à connecter, à combiner ?

     En outre, vivre, est-ce passer son temps à jouer, à combiner, à connecter ? Jouer, soit. Mais jouer quoi ? Combiner, soit, mais combiner quoi ? Connecter, soit, mais connecter quoi ? S’il n’y a pas de sens dans ce que ‘on vit est-on libre ? N’est-on pas prisonnier du vide ?

     La postmodernité veut nous faire croire qu’en déconstruisant l’homme nous allons être plus libres et  plus humains. Est-on vraiment plus humain quand l’homme a volé en éclats  et qu’il ne reste que ses miettes ? Ce qui libère l’homme est-ce la mort de l’homme ? N’est-ce pas ce qui se passe quand, comme le dit Pascal, l’homme passe l’homme ? Ce passionnant et imposant travail nous invite à nous poser cette question et à la poser à notre temps.

Collapsologie : Sommes-nous à l’aube de l’effondrement de nos sociétés ?

« Une société basée sur les concepts de « simplicité, solidarité et résilience », composée de communautés locales. « Recréer du lien dans notre société, c’est absolument indispensable, du lien entre nous, du lien avec nos émotions »

La collapsologie, une théorie sur la fin de notre société qui a la cote

Notre civilisation serait sur la voie de l’effondrement selon les collapsologues. Une solution: tisser du lien entre humains. 19h30 /2 min. / hier à 19:30
Un nouveau concept a fait son apparition dans le monde francophone, la collapsologie, soit l’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle. Popularisé par Pablo Servigne, ce discours est entré dans le débat public.

La fin du monde est annoncée et il faut se préparer à l’après. Ce discours constitue l’idée centrale de la collapsologie, l’étude de l’effondrement de nos différents systèmes, qu’ils soient alimentaires, énergétiques ou sanitaires.

Le néologisme a été inventé par l’ingénieur agronome français Pablo Servigne et l’écoconseiller belge Raphaël Stevens, qui ont rédigé plusieurs ouvrages sur la question, dont « Une autre fin du monde est possible », paru l’an dernier.

>> Lire:  « Une autre fin du monde est possible », le livre qui redonne du courage

Au coeur du discours des collapsologues figurent la crise environnementale et les limites de la croissance économique. Le point de non-retour aurait été atteint. L’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle – c’est-à-dire dépendante des énergies fossiles – aura lieu entre 2020 et 2030, affirment les collapsologues, ne croyant pas à la possibilité d’une transition écologique.

Vers une nouvelle société et davantage de liens

Est-ce une vision apocalyptique de notre avenir? Pour Gabriel Salerno, assistant-doctorant au sein de la faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne, les éléments principaux de la collapsologie empruntent davantage à une interprétation cyclique. Car pour ceux qui tiennent ce discours, l’effondrement annoncé permettra aux hommes et femmes de construire ensemble une nouvelle société.

« Une société basée sur les concepts de « simplicité, solidarité et résilience », composée de communautés locales. « Recréer du lien dans notre société, c’est absolument indispensable, du lien entre nous, du lien avec nos émotions », explique Pablo Servigne dans une de ses vidéos à succès diffusées sur internet.

« Le pouvoir de ces récits réside dans le fait de chercher à créer un futur que l’on désire, de pousser dans une direction, pas tant de prévoir ce qu’il va se passer », analyse Gabriel Salerno au 19h30. La collapsologie ne constitue ainsi pas une théorie comme par exemple celle sur l’effondrement de la civilisation maya, précise le chercheur. Il s’agit plutôt d’un discours ancré dans le présent.

Une discipline balbutiante

Mêlant écologie, économie, psychologie et bien d’autres disciplines, la collapsologie est qualifiée de balbutiante par ses propres auteurs. Une discipline balbutiante qui suscite des critiques.

Le concept d’effondrement – commun à toutes ces branches – suffit-il à construire une nouvelle discipline scientifique? La collapsologie constitue-t-elle un discours réactionnaire? Enlève-t-elle son aspect politique à l’écologie? Pousse-t-elle les habitants de la planète à baisser les bras?

« Aujourd’hui, nous sommes des pantins rattachés au système par des fils dont nous sommes dépendants pour nous mouvoir et exister. Ces fils sont l’industrie agroalimentaire, les banques, internet, etc. S’ils se cassent, on meurt. Il faut donc apprendre dès aujourd’hui à se débrouiller sans », déclarait en décembre dernier Pablo Servigne lors d’une conférence à Paris, soulignant avant tout l’aspect préventif de sa démarche.

>> Les explications du professeur Dominique Bourg:

Reportage TV: Chloé Steulet

Adaptation web: Tamara Muncanovic

L’Argent texte de Charles Peguy

Ce texte est une longue citation de ce livre étonnant d’acuité et d’actualité, écrit en 1913.

Ce texte est une longue citation de ce livre étonnant d’acuité et d’actualité, écrit en 1913.

Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles ensemble et toutes les autres puissances matérielles ensemble et d’un seul mouvement et d’un même mouvement ont reculé sur la face de la terre. Et comme une immense ligne elles ont reculé sur toute la ligne. Et pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est maître sans limitation ni mesure. Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul en face de l’esprit.

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« Le croira-t-on, nous avons été nourris dans un peuple gai. Dans ce temps-là un chantier était un lieu de la terre où des hommes étaient heureux. Aujourd’hui un chantier est un lieu de la terre où des hommes récriminent, s’en veulent, se battent ; se tuent.

De mon temps tout le monde chantait. (Excepté moi, mais j’étais déjà indigne d’être de ce temps-là.) Dans la plupart des corps de métiers on chantait. Aujourd’hui on renâcle. Dans ce temps-là on ne gagnait pour ainsi dire rien. Les salaires étaient d’une bassesse dont on n’a pas idée. Et pourtant tout le monde bouffait. Il y avait dans les plus humbles maisons une sorte d’aisance dont on a perdu le souvenir. Au fond on ne comptait pas. Et on n’avait pas à compter. Et on pouvait élever des enfants. Et on en élevait. Il n’y avait pas cette espèce d’affreuse strangulation économique qui à présent d’année en année nous donne un tour de plus. On ne gagnait rien ; on ne dépensait rien ; et tout le monde vivait.

Il n’y avait pas cet étranglement économique d’aujourd’hui, cette strangulation scientifique, froide, rectangulaire, régulière, propre, nette, sans une bavure, implacable, sage, commune, constante, commode comme une vertu, où il n’y a rien à dire, et où celui qui est étranglé a si évidemment tort.

On ne saura jamais jusqu’où allait la décence et la justesse d’âme de ce peuple ; une telle finesse, une telle culture profonde ne se retrouvera plus. Ni une telle finesse et précaution de parler. Ces gens-là eussent rougi de notre meilleur ton d’aujourd’hui, qui est le ton bourgeois. Et aujourd’hui tout le monde est bourgeois.

Nous croira-t-on, et ceci revient encore au même, nous avons connu des ouvriers qui avaient envie de travailler. On ne pensait qu’à travailler. Nous avons connu des ouvriers qui le matin ne pensaient qu’à travailler. Ils se levaient le matin, et à quelle heure, et ils chantaient à l’idée qu’ils partaient travailler. A onze heures ils chantaient en allant à la soupe. En somme c’est toujours du Hugo ; et c’est toujours à Hugo qu’il en faut revenir : Ils allaient, ils chantaient. Travailler était leur joie même, et la racine profonde de leur être. Et la raison de leur être. Il y avait un honneur incroyable du travail, le plus beau de tous les honneurs, le plus chrétien, le seul peut-être qui se tienne debout. C’est par exemple pour cela que je dis qu’un libre penseur de ce temps-là était plus chrétien qu’un dévot de nos jours. Parce qu’un dévot de nos jours est forcément un bourgeois. Et aujourd’hui tout le monde est bourgeois.

Nous avons connu un honneur du travail exactement le même que celui qui au Moyen Age régissait la main et le cuir. C’était le même conservé intact en dessous. Nous avons connu ce soin poussé jusqu’à la perfection, égal dans l’ensemble, égal dans le plus infime détail. Nous avons connu cette piété de l’ouvrage bien faite poussée, maintenue jusqu’à ses plus extrêmes exigences. J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cuir, et de la même main, que ce même peuple avait taillé ses cathédrales.

Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ? Comment a-t-on fait, du peuple le plus laborieux de la terre, et peut-être du seul peuple laborieux de la terre, du seul peuple peut-être qui aimait le travail pour le travail, et pour l‘honneur, et pour travailler, ce peuple de saboteurs, comment a-t-on pu en faire ce peuple qui sur un chantier met toute son étude à ne pas en fiche un coup. Ce sera dans l’histoire une des plus grandes victoires, et sans doute la seule, de la démagogie bourgeoise intellectuelle. Mais il faut avouer qu’elle compte. Cette victoire.

Il y a eu la révolution chrétienne. Et il y a eu la révolution moderne. Voilà les deux qu’il faut compter. Un artisan de mon temps était un artisan de n’importe quel temps chrétien. Et sans doute peut-être de n’importe quel temps antique. Un artisan d’aujourd’hui n’est plus un artisan.

 Dans ce bel honneur de métier convergeaient tous les plus beaux, tous les plus nobles sentiments. Une dignité. Une fierté. Ne jamais rien demander à personne, disaient-ils. Voilà dans quelles idées nous avons été élevés. Car demander du travail, ce n’était pas demander. C’était le plus normalement du monde, le plus naturellement réclamer, pas même réclamer. C’était se mettre à sa place dans un atelier. C’était, dans une cité laborieuse, se mettre tranquillement à la place de travail qui vous attendait. Un ouvrier de ce temps-là ne savait pas ce que c’est que quémander. C’est la bourgeoisie qui quémande. C’est la bourgeoisie qui, les faisant bourgeois, leur a appris à quémander. Aujourd’hui dans cette insolence même et dans cette brutalité, dans cette sorte d’incohérence qu’ils apportent à leurs revendications il est très facile de sentir cette honte sourde, d’être forcés de demander, d’avoir été amenés, par l’événement de l’histoire économique, à quémander. Ah oui ils demandent quelque chose à quelqu’un, à présent. Ils demandent même tout à tout le monde. Exiger, c’est encore demander. C’est encore servir.

Ces ouvriers ne servaient pas. Ils travaillaient. Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre d’un honneur. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant le salaire. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les connaisseurs ni pour les clients du patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même. Une tradition, venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales.

Et encore c’est moi qui en cherche si long, moi dégénéré. Pour eux, chez eux il n’y avait pas l’ombre d’une réflexion. Le travail était là. On travaillait bien.

 Il ne s’agissait pas d’être vu ou pas vu. C’était l’être même du travail qui devait être bien fait. Et un sentiment incroyablement profond de ce que nous nommons aujourd’hui l’honneur du sport, mais en ce temps-là répandu partout. Non seulement l’idée de faire rendre le mieux, mais l‘idée, dans le mieux, dans le bien, de faire rendre le plus. Non seulement à qui ferait le mieux, mais à qui en ferait le plus, c’était un beau sport continuel, qui était de toutes les heures, dont la vie même était pénétrée. Tissée. Un dégoût sans fond pour l’ouvrage mal fait. Un mépris plus que de grand seigneur pour celui qui eût mal travaillé. Mais l’idée ne leur en venait même pas.

Tous les honneurs convergeaient en cet honneur. Une décence, et une finesse de langage. Un respect du foyer. Un sens du respect, de tous les respects, de l’être même du respect. Une cérémonie pour ainsi dire constante. D’ailleurs le foyer se confondait encore très souvent avec l’atelier et l’honneur du foyer et l’honneur de l’atelier était le même honneur. C’était l’honneur du même lieu. C’était l’honneur du même feu. Qu’est-ce que tout cela est devenu. Tout était un rythme et un rite et une cérémonie depuis le petit lever. Tout était un événement ; sacré. Tout était une tradition, un enseignement, tout était légué, tout était la plus sainte habitude. Tout était une élévation, intérieure, et une prière, toute la journée, le sommeil et la veille, le travail et le peu de repos, le lit et la table, la soupe et le bœuf, la maison et le jardin, la porte et la rue, la cour et le pas de porte, et les assiettes sur la table.

Ils disaient en riant, et pour embêter les curés, que travailler c’est prier, et ils ne croyaient pas si bien dire. Tant leur travail était une prière. Et l’atelier un oratoire.

Tout était le long événement d’un beau rite. Ils eussent été bien surpris, ces ouvriers, et quel eût été, non pas même leur dégoût, leur incrédulité, comme ils auraient cru que l’on blaguait, si on leur avait dit que quelques années plus tard, dans les chantiers, les ouvriers, – les compagnons, – se proposeraient officiellement d’en faire le moins possible ; et qu’ils considéreraient ça comme une grande victoire. Une telle idée pour eux, en supposant qu’ils la pussent concevoir, c’eût été porter une atteinte directe à eux-mêmes, à leur être, ç’aurait été douter de leur capacité, puisque aurait été supposer qu’ils ne rendraient pas tant qu’ils pouvaient. C’est comme de supposer d’un soldat qu’il ne sera pas victorieux.

Eux aussi ils vivaient dans une victoire perpétuelle, mais quelle autre victoire. Quelle même et quelle autre. Une victoire de toutes les heures du jour dans tous les jours de la vie. Un honneur égal à n’importe quel honneur militaire. Les sentiments mêmes de la garde impériale.

Et par suite ou ensemble tous les beaux sentiments adjoints ou connexes, tous les beaux sentiments dérivés et filiaux. Un respect des vieillards ; des parents, de la parenté. Un admirable respect des enfants. Naturellement un respect de la femme. (Et il faut bien le dire, puisqu’aujourd’hui c’est cela qui manque tant, un respect de la femme par la femme elle-même.) Un respect de la famille, un respect du foyer. Et surtout un goût propre et un respect du respect même. Un respect de l’outil, et de la main, ce suprême outil. – Je perds ma main à travailler, disaient les vieux. Et c’était la fin des fins. L’idée qu’on aurait pu abîmer ses outils exprès ne leur eût pas même semblé le dernier des sacrilèges. Elle ne leur eût pas même semblé la pire des folies. Elle ne leur eût pas même semblé monstrueuse. Elle leur eût semblé la supposition la plus extravagante. C’eût été comme si on leur eût parlé de se couper la main. L’outil n’était qu’une main plus longue, ou plus dure, (des ongles d’acier), ou plus particulièrement affectée. Une main qu’on s’était faite exprès pour ceci ou pour cela. Un ouvrier abîmer un outil, pour eux, c’eût été, dans cette guerre, le conscrit qui se coupe le pouce.

 On ne gagnait rien, on ne vivait de rien, on était heureux. Il ne s’agit pas là-dessus de se livrer à des arithmétiques de sociologue. C’est un fait, un des rares faits que nous connaissions, que nous ayons pu embrasser, un des rares faits dont nous puissions témoigner, un des rares faits qui soit incontestable.

Notez aujourd’hui, au fond, ça ne les amuse pas de ne rien faire sur les chantiers. Ils aimeraient mieux travailler. Ils ne sont pas en vain de cette race laborieuse. Ils entendent cet appel de la race. La main qui démange, qui a envie de travailler. Le bras qui s’embête, de ne rien faire. Le sang qui court dans les veines. La tête qui travaille et qui par une sorte de convoitise, anticipée, par une sorte de préemption, par une véritable anticipation s’empare d’avance de l’ouvrage fait. Comme leurs pères ils entendent ce sourd appel du travail qui veut être fait. Et au fond ils se dégoûtent d’eux-mêmes, d’abimer les outils. Mais voilà, des messieurs très bien, des savants, des bourgeois leur ont expliqué que c’était ça le socialisme, et que c’était ça la révolution. »

Largent, Charles Péguy,

 

Pour une économie de proximité ….

Auteur Eric LEMAITRE

La mondialisation a agi comme un mirage, une forme de chimère nous laissant penser à une croissance exponentielle et infinie or la libéralisation des échanges de biens, de capitaux et des hommes, conjuguée à un environnement envahi de plus en plus par la dimension du gain à tout prix a inévitablement favorisé les délocalisations massives du monde industriel à forts capitaux, vers les pays à plus faible coût de main-d’œuvre. Ce monde nous a ainsi entraînés vers des circuits longs, a jeté à la périphérie bon nombre d’activités économiques, entraînant une polarisation et une concentration des capitaux qui déséquilibrent les écosystèmes de nos territoires notamment nos bourgs ruraux. Nous sommes ainsi passés d’un rapport à la personne, à l’économie des masses, du sacré à la matérialité, du bien être à la consommation débridée.

Les années 60

Ce constat m’a de fait plongé dans mes souvenirs d’enfant, un enfant de la campagne, un enfant du monde rural, je me souviens que nous avions une maison et un grand jardin, nos parents nous avaient confiés un lopin, une parcelle de leur jardin afin d’y cultiver nos carottes, nos radis et tomates. Nos parents souhaitaient nous transmettre l’amour de la terre et des plantes. Nous avions peu de déchets et aucune consommation d’emballage, le seul emballage que nous consommions était le papier paraffiné du boucher qui nous emballait la viande. Notre lait nous allions le chercher à la ferme dans des bidons et l’eau nous étions nombreux dans le village à le puiser au puits. Nous étions à deux mille lieues de cette société hyper consommatrice qui est venu finalement entacher, souiller une qualité de vie.

Dans ce même village, il y avait plusieurs corps de métiers, un charpentier, un forgeron, des épiciers, une boulangerie, un cordonnier et bien entendu des fermiers, plusieurs fermiers, éleveurs ou cultivateurs. Nos villages étaient peuplés, la vie était animée, aucun habitant ne connaissait non plus le chômage, non la vie de notre village n’était pas l’ennui, n’anéantissait pas non plus nos rêves d’enfants épris de liberté. A ce propos personne ne semble souligner finalement que ces années-là, ces années 60, nul n’éprouvait dans les villages le non-emploi. La terre de ces villages produisait une qualité de vie et de véritables richesses, ces richesses étaient humaines, les églises étaient aussi pleines le dimanche à la messe.

Dans ces villages, la vie sociale conduisait à nous mêler, riches et pauvres, il n’y avait pas de différences, nous avions les mêmes terrains de jeux, les mêmes centres d’intérêt. « On ne gagnait rien, on ne vivait de rien, on était heureux. Il ne s’agit pas là-dessus de se livrer à des arithmétiques de sociologue. C’est un fait, un des rares faits que nous connaissions, que nous ayons pu embrasser, un des rares faits dont nous puissions témoigner, un des rares faits qui soit incontestable »[1]. Notre monde était celui de la proximité, or en quelques décennies, nous sommes entrés dans une forme de nouveau modèle sociale, une mutation qui subrepticement est venue bouleverser les conditions de la vie dans nos campagnes.

Le bouleversement  

Nos villages se sont dépouillés des richesses artisanales, dépeuplés de ces métiers, les artisans ont disparu, les épiciers ont été absorbés par les géants de la distribution qui se sont installés à la périphérie des villes, les paysans n’ont plus vécu largement de leurs revenus, devenus entre-temps les sujets des contraintes imposés par le marché Européen et aujourd’hui pour beaucoup d’entre eux ne vivent plus de leurs ressources.  Il y a à nouveau, ces mots prophétiques de Charles Péguy[2] qui résonnent en moi et qui illustrent les sentiments qui me traversent à propos des mutations de ce nouveau monde et de son Dieu Mamon « Il y a eu la révolution chrétienne. Et il y a eu la révolution moderne. Voilà les deux qu’il faut compter. Un artisan de mon temps était un artisan de n’importe quel temps chrétien. Et sans doute peut-être de n’importe quel temps antique. Un artisan d’aujourd’hui n’est plus un artisan. »

Dans ces contextes, l’évolution du monde de l’éducation porte aussi cette responsabilité de détourner les élèves talentueux en leur enseignant comme une forme de régression, de recul honteux d’embrasser les carrières orientées sur les savoir-faire manuels. Les élèves peu doués étaient finalement orientés dans ces classes dites de transition. Ces élèves en classe de transition, furent préparés à des métiers que l’on ne voulait plus honorer. Certains parents dans leur amour-propre n’auraient pas aimé une orientation dans cet univers des manuels persuadés qu’il n’y avait pas là d’avenir social pour leurs enfants ni de valorisation possible de leur talent. Le système éducatif est ainsi responsable d’une mise en distanciation des élites et des hommes et des femmes qui forment ce que l’on a communément appelé le « peuple » Ce monde élitiste mais dévoyé a brisé le lien, la relation pour créer des classes, ceux qui réussissent et ceux que « l’on croise dans les gares »[3].

Nous avons été gagnés par les mirages de l’argent, de l’économie du gain, de la compétitivité, de la performance, de la conquête mondiale. Cette économie-là a mis de la distance en s’éloignant définitivement de la dimension de l’humain, en mettant également à l’écart la proximité où les ressources locales constituaient l’essentiel des richesses. Ces richesses locales qui promouvaient un échange garantissant les équilibres de nos écosystèmes.

Or ce sont nos écosystèmes qui ont été abîmés par l’industrialisation des multinationales, la mondialisation, les idéologies du progrès, le consumérisme et ses miroirs qui ont désenchanté finalement la socialité des villages, de ces bourgs à taille humaine.

La tendance du monde moderne épris d’argent, de consommation et de progrès technologique, le porte naturellement vers une globalisation croissante, écartant l’être humain de tout rapport à la proximité, de toute agora, tout enracinement à sa terre mais aussi à ses humus, lui faisant miroiter les appâts d’un bien-être ancré dans la seule et suffisante matérialité s’enfermant dans la consommation individualiste devenue  aujourd’hui virtuelle, cette  consommation qui apparaît  comme étant la principale responsable de nos maux comme une empreinte toxique abîmant le milieu humain et toute un pan de l’écologie humaine.

La remise en cause

Or après avoir chéri l’économie mondiale, les pouvoirs publics remettent en cause les modèles qui sont venus conditionner les nouvelles habitudes qui ont dessiné à ce jour nos modes de vie. Or le discours politique qui nous enjoint à vivre un autre modèle, nous ordonne d’adopter d’autres mœurs, ne passe pas, ce discours-là est rejeté. L’orientation proposée, celui de la transition énergétique est tout simplement décalée par rapport au modèle économique qui s’est installé via l’invasion consumériste, qui s’est aujourd’hui profondément amarrée dans les univers de notre vie sociale et éducative.

Le refus de se laisser entraîner dans une forme de renonciation de l’aisance sociale tient sans doute de ce décalage entre les paradoxes et les signaux transmis par une élite totalement déconnectée du réel et qui elle-même n’est absolument pas prête à embrasser le modèle qu’elle nous propose. C’est ce décalage qui est devenu insupportable pour les gens pauvres, ceux qui vivent dans la précarité, ceux qui ont été mis à distance et se déplacent avec leur voiture émettrice de pollutions, alors que leurs élites au pouvoir se déplacent en grosses cylindrées pour rejoindre la préfecture de Paris en pleine manifestation des gilets jaune sans avoir fait eux-mêmes usage du bus pour assurer leur déplacement. Le contraste est ici saisissant et interpellant et conduit à encore davantage d’incompréhension entre le « faites ce que je vous dis et ne faites pas ce que je fais » !

Pourtant les élus politiques qui se sont engagés dans une réflexion sur l’élaboration d’un nouveau modèle de développement face à l’urgence écologique, n’ont absolument pas tort. Mais il nous semble que l’absence d’exemplarité et de vécus témoignés n’amènera pas les changements nécessaires. Les changements nécessitent des réformes structurelles et culturelles, de la pédagogie mais aussi la renonciation à l’envahissement de la technologie dans nos espaces de vie. Le changement est aussi un changement de comportement de nos élites dont les paradoxes de vie, ne témoignent pas de cohérence et d’intégrité morale et ne donnent pas envie d’adhérer à leurs programmes. Ma mère me disait toujours que l’exemple vient d’en haut et nécessairement je pense à la personne de Christ qui est venu pour servir et non être servi. L’enseignement évangélique de ce point de vue devrait inspirer nos élites qui se laissent griser, puis caressés par l’amour de la richesse et du pouvoir. Jésus a su résister aux propositions du diable, à ce monde de la toute-puissance et de l’argent facile. Jacques ELLUL évoquait dans ses discours la nécessité de fuir l’emprise du monde, celle de l’argent facile. Jacques ELLUL en 1946 dans la revue le semeur et dans un livre à paraître en Janvier 2019 estimait qu’«il convient que l’homme ait le strict nécessaire pour vivre (et il faut lutter pour que tous les hommes l’obtiennent), mais il faut que l’homme cesse d’avoir pour idéal de toujours gagner plus et vivre dans plus de confort. On peut être assuré que lorsque l’abondance totale régnera, l’homme connaîtra la plus grande tentation de reniement de Dieu qu’il n’a jamais connue. D’autant plus qu’il faut savoir à quel prix l’homme achètera cette abondance. [4] »

Les incohérences de ces nouveaux programmes écologiques

Or il me semble qu’il existe une forme d’incohérence entre le discours hypertechnologique promouvant l’avènement d’un monde pollué par les drones, les IA, les automates, les robots et la transition écologique à laquelle ce monde nouveau nous appelle. Il ne va donc pas de soi de conduire une idéologie de progrès et des programmes qui fondent l’espérance sur le progrès technique sans curseur. Il ne va pas de soi d’aller vers une transition écologique sans la fonder sur une économie respectueuse de l’homme et de son écosystème. Il ne va pas de soi de fonder la transition énergétique sans renonciation aux tentations et aux sirènes de la monétisation de la vie, de la modernité et sa consommation de masse. Il me semble qu’aucun programme en soi de transformation du monde n’est en réalité possible, sans conversion du cœur, sans éveil de la conscience.

L’économie de proximité est à notre sens à rebours d’un environnement qui appellerait à la modernisation de la vie sociale qui s’articulerait sur une aspiration à toujours posséder plus de technologie.

Oui à une économie de proximité affranchie de l’idéologie matérialiste

Il est urgent de revenir à la dimension de la proximité, la proximité affranchie de l’idéologie matérialiste, de revenir à la seule liberté contre la logique des mondes virtuels, de la marchandisation de la vie et du pouvoir de l’argent. Il est enfin urgent de reconstruire la proximité, d’abord en revenant à ses origines fondées sur la dimension du lien, du face-à-face, de l’économie fondée sur l’échange, la relation et dans sa dimension économique, revenir à des circuits courts sans intermédiation complexe.

Or oui, il est nécessaire d’endiguer les excès des pollutions émanant des activités consuméristes et polymères qui ont recours à l’usage des fossiles savamment enterrés par la nature et que l’homme s’est employé en quelques décennies à déterrer pour satisfaire ses nouveaux besoins. Or le monde économique est tenaillé par son envie de croissance et sa crainte de ne plus fonder son espérance dans une croissance exponentielle qui le conduira tôt ou tard face à un mur infranchissable, car les ressources ne sont pas épuisables dans cette croyance d’un progrès technologique qui n’aurait pas de fin.

Cette mutation majeure demandera du temps car elle dépend aussi pour partie de l’évolution du cœur, de nos attitudes et de nos gestes incarnés dans le quotidien. Mais il s’agit, sur le long terme, de promouvoir non un programme idéologique mais d’encourager l’initiative à la plus petite échelle, celle par exemple de la commune ou de l’intercommunalité.  Il faut en effet non seulement encourager une économie de proximité mais surtout une économie de subsidiarité favorisant des initiatives humaines et non en les barrant par le poids des palissades administratives. Ne bridons ni nos maires, ni la petite entreprise, ni les citoyens épris de socialité et qui entendent être libérés des carcans et du joug de la bureaucratie tatillonne et déshumanisée. A ce propos il conviendrait aussi d’humaniser nos administrations et de réapprendre le lien avec le citoyen, d’être là aussi en proximité et non correspondre avec l’administration sur ses sites internet, ce qui ajoute encore de la distance et ceci devient insupportable.

L’économie qui permette d’éviter au maximum la mise en distance des activités sociales, professionnelles, familiales et de privilégier la vie économique strictement locale, la consommation et le recours aux services et produits locaux, de faire  renaître les activités artisanales honorées par un système éducatif, de remettre en cause les conceptions promues par Adam Smith qui promouvaient la parcellisation et l’hyper spécialisation des tâches amenant plus tard l’avènement d’une société robotique. L’efficacité économique a été au détriment de l’humain, mais qui veut l’entendre et le comprendre. A ce propos, même Adam Smith prit conscience des travers d’une activité réduite à l’hyper spécialisation, ainsi l’économiste confessait qu’« Un homme qui passe toute sa vie à remplir un petit nombre d’opérations simples, […] n’a pas lieu de développer son intelligence ni d’exercer son imagination à chercher des expédients pour écarter des difficultés qui ne se rencontrent jamais ; il perd donc naturellement l’habitude de déployer ou d’exercer ces facultés et devient, en général, aussi stupide et aussi ignorant qu’il soit possible à une créature humaine de le devenir ; l’engourdissement de ses facultés morales le rend non seulement incapable de goûter aucune conversation raisonnable ni d’y prendre part, mais même d’éprouver aucune affection noble, généreuse ou tendre et, par conséquent, de former aucun jugement un peu juste sur la plupart des devoirs même les plus ordinaires de la vie privée. Quant aux grands intérêts, aux grandes affaires de son pays, il est totalement hors d’état d’en juger, et à moins qu’on n’ait pris quelques peines très particulières pour l’y préparer… »[5]

L’économie de proximité ne peut dès lors fonctionner sans redonner du sens à l’artisanat la subsidiarité, à l’intelligence locale, aux maires et à leurs habitants libérés des carcans de l’administration qui paralysent les initiatives capables d’apporter des solutions locales aux plus proches des besoins des habitants. L’économie de proximité est une économie de l’écoute des besoins non pour viser le désir mais le bien-être attaché au bien commun, l’économie de proximité est celle de l’humain et de l’intelligence qu’il peut produire dans ses relations et dans son travail. Il est temps non de développer non un programme mais d’éveiller une prise de conscience et de susciter l’initiative des hommes et non d’imposer des idéologies sans rencontrer la personne et de l’amener ainsi au changement consenti et volontaire.

[1] Citation du livre écrit en 1913 par Charles Péguy « L’argent »

[2] Citation du livre écrit en 1913 par Charles Péguy « L’argent »

[3] Dans une gare, on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien » Le Président de la république : Emmanuel Macron

[4] Citation de Jacques Ellul extraite d’un livre posthume à paraître en Janvier 2019 « Vivre et Penser la Liberté » aux Edition Labor et Fides (L’extrait est page 235)

[5] Extrait  Les causes de la richesse des nations https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Smith_-_Recherches_sur_la_nature_et_les_causes_de_la_richesse_des_nations,_Blanqui,_1843,_II.djvu/454

Schumpeter Joseph (1883-1950)

Joseph Schumpeter fut un des plus brillants économistes de sa génération, auteur de nombreux essais, particulièrement connu pour ses théories concernant les fluctuations économiques (les phases conjoncturelles d’expansion, de récession, de décroissance), le concept de destruction créatrice et sa pensée concernant les ressorts touchant l’ensemble des dimensions affectant l’innovation. Il est l’auteur d’une « Histoire de l’analyse économique », parue en 1954. Le traité d’économie « Histoire de l’analyse économique » constitue encore de nos jours un essai référence.

Dans un autre essai publié en 1939, « le cycle des affaires » précédant donc son histoire de l’analyse économique, Joseph Schumpeter explique que le progrès technique est au cœur même de l’économie.  Les innovations, ces forces motrices de l’économie, engendrent des évolutions souvent majeures ; disruptives, ainsi selon Joseph Schumpeter une innovation de rupture résultant d’une prouesse technologique, d’un progrès technique considérable, voire scientifique, entraînera simultanément un essaim de nouvelles évolutions ou débouchés techniques, des innovations qui vont être comme par enchaînement, portée  par une découverte majeure ou une évolution de type saut technologique (comme par exemple : Les nanotechnologies, le numérique, de nouvelles molécules pour traiter des maladies de type cancer…) .

La pensée de Joseph Schumpeter a été largement influencée par l’économiste Kondratiev mais également par deux figures de la philosophie : Nietzche (le nihilisme, la destruction des valeurs), Karl Marx (le discours sur la dialectique du progrès, préparant le chemin utopique de la grande révolution sociale).

Dans la vision partagée par Joseph Schumpeter l’innovation est sans conteste, le force motrice de la croissance économique, Schumpeter va même faire usage d’une image pour illustrer sa pensée, en utilisant les termes de « Ouragan perpétuel» ce qui peut conduire selon l’économiste à un renversement de la table, ou impliquer des destructions, des destructions qui peuvent par ailleurs être spectaculaires affectant tous les types d’organisations sociales, entrepreneuriales, créant de véritables chamboulement au sein même des sociétés. Ces innovations qui chahutent les marchés, peuvent être enclenchés par l’émergence de nouvelles technologies, de nouveaux débouchés (résultant de nouveaux comportements sociaux), de nouveaux matériaux, de nouvelles thérapies (molécules), de nouvelles méthodes d’organisation du travail.

Citation de Joseph Schumpeter

« L’impulsion fondamentale qui enclenche la machine capitaliste et la garde en mouvement vient des nouveaux consommateurs, des nouvelles marchandises, des nouvelles méthodes de production et de transport, des nouveaux marchés et des nouvelles formes d’organisation industrielle que crée l’entreprise capitaliste »

Si certes la destruction créatrice résulte bien de l’innovation, si cette destruction est provoquée par l’émergence de nouveaux concepts technologiques.  Il convient d’analyser l’emprise sociale l’ampleur des effets de ses différents marqueurs, notamment l’empreinte laissée par les technologies de rupture tels que l’IA qui laissera en fin de compte, de moins en moins de place aux salariés et amènera inéluctablement à une vie sociale déshumanisée.

L’émergence de l’économie numérique a certes créé de nouveaux emplois tels que les codeurs, les programmeurs, les informaticiens mais l’informatisation a détruit au total beaucoup plus d’emplois qu’elle en a créé en réalité. L’économie des GAFA sera de nature à fragiliser demain le tissu social et de destructions écologiques, alors qu’elle prétendra servir ceux qui veulent nous conduire vers la transition écologique qui est pourtant nécessaire.

L’ouragan technologique risque bel et bien de se traduire par une destruction des écosystèmes sociaux et des grands équilibres fondés sur la socialisation des rapports et des liens tissés dans le monde réel dont on pressent aujourd’hui le choc avec les mondes hors sols que nous renvoient les politiques déconnectées des réalités tenant à la pauvreté, à la précarité et à la paupérisation des hommes et des femmes qui ne savent plus comment finir leur fin de mois et d’autres comment commencer leur début de mois .

Robot vers la disparition du travail humain ?

La profession est décrite comme l’une des plus menacées par l’automatisation. Un fait qui conduit les cabinets d’expertise-comptable à se recentrer sur le conseil et la relation client…. Un article à lire : https://www.lemonde.fr/campus/article/2017/04/27/la-guerre-des-comptables-et-des-robots-aura-t-elle-lieu_5118931_4401467.html

La guerre des comptables et des robots aura-t-elle lieu ?

                                Adrien de Tricornot

« Les entreprises les plus en pointe ont pris depuis plusieurs années le virage vers le numérique, grâce à des logiciels liés à des plates-formes de gestion en ligne (technologies Software as a service), principalement proposés par de grands cabinets. « Ces solutions permettent aux entreprises de tenir elles-mêmes une comptabilité directement mise à jour, accessible sur tous les canaux, comme une tablette, par exemple. Ce sont désormais les entreprises clientes qui saisissent leurs pièces comptables, et non plus notre cabinet, et elles peuvent même automatiser cette tâche si elles disposent d’un outil de facturation et de vente intégré à leur comptabilité », explique Pierre d’Agrain, associé du cabinet ExCo A2A, à Toulouse, membre du sixième réseau d’expertise-comptable en France.

Dans ce schéma, les cabinets sont dans une nouvelle relation avec leurs clients. Ils ne facturent plus des heures de saisie des pièces comptables par leurs salariés, mais un abonnement à la plate-forme. Leurs salariés se recentrent donc sur la gestion des informations, leur analyse, ou la relation avec les clients, des tâches à plus forte valeur ajoutée et plus intéressantes : « Rien ne remplacera le fait d’écouter les clients et de les conseiller », fait valoir M. d’Agrain. Pour lui, les robots, s’ils prendront leur part, en allégeant les tâches les plus répétitives et en fluidifiant la tenue des comptes, ne remplaceront pas les experts-comptables.

Les moins qualifiés impactés

L’impact sur l’emploi est néanmoins réel : il concerne surtout les profils les moins qualifiés, de niveau bac ou inférieur, chargés de la saisie des pièces comptables. Mais aussi les métiers d’experts : détachés désormais d’une partie de leurs tâches, ils peuvent servir un portefeuille de clients plus large. « On a besoin de moins d’effectifs, on peut faire de la croissance sans recruter », témoigne Pierre d’Agrain.

Le mouvement n’en est qu’à ses débuts. D’abord parce que les solutions numériques de saisie vont gagner du terrain auprès des PME. Mais aussi parce que de nouvelles évolutions se préparent : le développement de la blockchain, chaîne de paiement sécurisée sur Internet qui est utilisée pour le bitcoin, la monnaie numérique, laisse augurer que chaque transaction effectuée soit simultanément inscrite dans les comptabilités des parties prenantes.

A la faveur de la robotisation et du développement de l’intelligence artificielle, la profession a en ligne de mire le fast closing (la clôture rapide des comptes) : alors qu’actuellement, les grandes entreprises mettent plusieurs mois à publier leurs comptes certifiés de l’année précédente, ces délais devraient considérablement se raccourcir.

Si les innovations à l’œuvre bouleversent les métiers, elles devraient permettre, selon l’Ordre des experts-comptables, d’empêcher l’irruption de nouveaux acteurs désireux de concurrencer les cabinets traditionnels ou d’imposer leurs outils. « Nous sommes menacés par l’automatisation, mais pas par l’ubérisation », assure Dominique Jourde, pour qui les tentatives d’intermédiaires Web de se glisser, sur le modèle d’Uber, entre les cabinets comptables et leurs clients restent aujourd’hui « très marginales ».

L’escroquerie de la blockchain

La technologie à l’origine du bitcoin est présentée comme un possible remède à tous les maux, de la pauvreté à la famine en passant par le cancer. Mais, derrière un discours de décentralisation et de liberté numérique, la blockchain cache une course aux profits pour une minorité.

Continuer à lire … « L’escroquerie de la blockchain »

Clés de lecture pour lire l’essai ‘La déconstruction de l’homme’

L’essai « La déconstruction de l’homme » énonce une analyse critique des mythes qu’entretiennent ces nouvelles idéologies touchant à ce soi-disant « nouveau monde » !

Les critiques s’adressent à ce monde marchand, ces nouvelles croyances et démarches normatives qui impactent toutes les sphères de la vie sociale :

Le transhumanisme en tant que système scientiste qui vise à modifier le réel,
Le progressisme en tant que système culturel et politique qui vise à réformer les esprits pour les préparer au nouveau monde et à une nouvelle conception du récit anthropologique concernant l’homme.
Le consumérisme qui nous invite à consommer pour exister et nous conduit peu à peu à une domestication par les objets et à leurs injonctions permanentes
Le technicisme bureaucratique (le château décrit par Kafka) qui vise à formater et à faire rentrer la vie sociale dans un monde de normes, normes consommées par l’Intelligence artificielle, ce nouveau despote prétendant être au service de l’humain.

 

L’ouvrage

« La déconstruction de l’homme »

vient de paraître (12 octobre 2018)

Commandez-le maintenant en ligne sur Lulu au prix de 23 euros HT.

 

L’auteur Éric LEMAITRE

Père de famille, marié avec Sabine, Éric LEMAITRE est Rémois, socio économiste de profession, Enseignant à l’ESI Reims, de confession chrétienne.

Éric a également contribué à lancer le courant pour une écologie humaine au sein de sa propre région. Est également le coauteur avec Alain Ledain et d’autres auteurs de deux ouvrages, l’un sur le concept de genre « Masculin/féminin faut-il choisir » éditions FAREL, l’autre « Vers une société de l’uniformisation » Editions Ethique Chrétienne.

À la fois au travers de sa vie sociale et de ses engagements personnels en tant que blogueur (Son site : https://deconstructionhomme.com/), Éric a été largement sensibilisé par les questions qui touchent autour de la technique. En raison de sa vie professionnelle impactée par les mutations associées à l’économie numérique, et de la conviction que le monde virtuel est sur le point de façonner la vie sociale, Éric a entrepris l’écriture avec le concours de Gérald Pech et de plusieurs amis issus des sciences dures et des sciences sociales, d’un essai très ambitieux pour dénoncer ces nouvelles idéologies contemporaines et hors sol progressisme, transhumanisme, …) qui puisent leurs sources dans la philosophie des lumières  ou dans la croyance du progrès sans fin, le récit d’une vie toujours meilleure, le mythe d’un avenir aux « lendemains qui chantent ».

Présentation du livre par Etienne OMNES

Notre époque est déterminée par un objet philosophique que l’on appelle la Technique. La Technique (décrite par Jacques Ellul dans son livre « La Technique ou l’enjeu du siècle » écrit dans les années 50) est cette démarche de rationalisation et de mathématisation du monde au profit d’une plus grande efficacité et d’une plus grande force pour l’être humain. Le sommet de cette Technique est le transhumanisme, une démarche qui vise à améliorer l’être humain par la technologie, quitte à en transgresser toutes les limites comme la mort. Voilà le principal objet du livre d’Éric Lemaître : cette technique omniprésente, qui sert aujourd’hui de dieu et sauveur à notre civilisation.

Il procède donc en deux parties : 1. Les fondements philosophiques de la déconstruction : une présentation plutôt complète du « système technicien » au travers du phénomène transhumaniste. 2. Les révolutions de la déconstruction : Éric décrit aspect par aspect chaque domaine atteint par la Technique, et comment il est redéfini par celle-ci, et comment y répondre.

Globalement, le livre peut être défini comme une suite d’essais indépendants, qui explorent méthodiquement l’empreinte de la Technique et des idéologies progressistes, sur notre monde et à tous les étages de la vie et toutes les dimensions anthropologiques, culturelles, sociales, économiques… Je conseille d’ailleurs de le lire lentement, pour bien s’imprégner de ce qui est écrit. Le livre n’est pas fait pour le gobage…

Note de l’auteur Eric LEMAITRE

La critique engagée vis-à-vis de l’idéologie transhumaniste, progressiste et du système technicien 

L’essai « La déconstruction de l’homme » énonce en effet une analyse critique des mythes qu’entretiennent ces nouvelles idéologies touchant à ce soi-disant « nouveau monde » !

Les critiques s’adressent à ce monde marchand, ces nouvelles croyances et démarches normatives qui impactent toutes les sphères de la vie sociale :

  • Le transhumanisme en tant que système scientiste qui vise à modifier le réel,
  • L’idéologie du progrès en tant que système culturel et politique qui vise à réformer les esprits pour les préparer au « nouveau monde » et à une nouvelle conception du récit anthropologique concernant l’homme.
  • Le consumérisme qui nous invite à consommer pour exister et nous conduit peu à peu à une domestication par les objets et à leurs injonctions permanentes
  • Le technicisme bureaucratique (le château décrit par Kafka) qui vise à formater et à faire rentrer la vie sociale dans un monde de normes, normes consommées par l’Intelligence artificielle, ce nouveau despote prétendant être au service de l’humain.

Cette critique peut étonner, parfois agacer le lecteur mais n’a pas d’autres objectifs que d’enfoncer en quelque sorte le clou. La révolution est à la fois culturelle (conditionnement des esprits), idéologique (une croyance aveugle d’un progrès qui ne viendrait pas seulement soulager l’homme mais augmenter toutes ses facultés) et technique (les objets qui nous divertissent et nous détournent du sens de l’autre).

Cette révolution comme nous le rappelions précédemment à la fois idéologique et techniciste est en effet à notre sens totale, elle vient comme absorber, consommer, l’identité de l’homme dans l’ensemble des composantes liées à son humanité, sa vie sociale et culturelle. Je vous invite à lire ce livre dont la dimension inédite réside dans une lecture à l’aune de ce que nous enseigne la Bible à propos de l’homme. Qu’est-ce que l’homme pour que tu souviennes de lui… ? Psaume 8.

Rentrant d’un enterrement, ce sont des moments qui paradoxalement vous ramènent souvent à la vie, à la vraie vie, je croisais sur le trottoir étroit, une jeune femme qui avait ses yeux rivés sur l’écran et avançait d’un pas rapide mais sans prendre soin de regarder à son environnement, j’ai dû m’écarter de ce trottoir étroit face à l’indifférence de cette jeune personne, à la fois pressée et absorbée sans doute, par les textos lus. Je lui fis remarquer avec humour que la vraie vie était ailleurs, ni dans les écrans l’absorbant, ni dans son monde virtuel la vampirisant, car elle a bien failli bousculer le réel …

L’homme est ainsi comme environné, ingéré puis envoûté par la technique… N’est-ce pas Jacques ELLUL qui partagea son scepticisme vis-à-vis de la technique en déclarant ceci :

« Je me méfie totalement de tout le mouvement utopiste, car il n’évitera pas le piège de la reconstruction de la cité rationnelle et parfaite, c’est-à-dire où la Technique sera Tout et en Tous. ».

« La cité rationnelle » comme l’écrit Jacques ELLUL, a une forme utopique, le meilleur des mondes, celle de l’égrégore. L’égrégore est une collectivité universelle bienveillante, pour tous, la bienveillance elle s’est exprimée au travers du communisme numérique qui en quelque sorte vous happe puis vous enveloppe avec ses promesses de facilité et vie sans effort, parfois de gratuité mais vous rend dépendant à son objet.

Dans cette cité numérique mais en réalité dystopique, le pire des mondes, nous devenons les objets d’un système technicien nous liant tous aux projets d’une société virtuelle et finalement déshumanisante. Cet égrégore ne fait plus de l’homme un être incarné dont il conviendrait de prendre soin, un être d’abord de relations, mais fait de chacun, une matière connectée à d’autres matières : Smart Phone, tablette, montre digitale et sans doute demain biopucé….

Éric dans son livre « La déconstruction de l’homme » ose le proclamer : l’humanité qui a voulu l’égalité avec Dieu est en passe de vivre « la honte prométhéenne » en ce sens qu’après avoir créé son Golem, fasciné par sa créature, il lui cède en quelque sorte son âme en nous partageant une perplexité, il a été capable d’être l’auteur de quelque chose qui le dépasse désormais, sans comprendre que lui-même fut aussi « créé de peu inférieur à Dieu ».

L’homme démiurgique finit en fin de compte par adorer sa propre créature.

Finissant ainsi par gommer Dieu, déclarant même sa mort. L’humanité a pris sa revanche, elle a enfin chassé Dieu de sa cité, le même homme qui fut au commencement de son existence chassé du jardin. Cette humanité iconoclaste est en passe d’adorer une nouvelle idole produit de sa création, de reconstruire un monde idéalisé, un nouvel EDEN, un nouveau monde célébrant le progrès, signant en quelque sorte la fin d’une partie de son identité… Voilà ce que nous pouvons appeler « la honte prométhéenne » que décrivit fort bien le philosophe Allemand Günther Anders.

Ainsi comme l’écrivait Bernard Charbonneau penseur de l’écologie ami de Jacques ELLUL

« Il nous faut le temps d’oublier l’ancien Dieu pour nous en fabriquer un nouveau et recréer totalement l’univers à son image. La Totalité sur terre : depuis l’alpha du réel jusqu’à l’oméga du vrai ? Nous n’aurons de cesse que nous ne l’ayons atteinte. Voilà l’entreprise raisonnable dans laquelle l’âge de raison a engagé l’humanité. ».

Toute la pensée de Bernard Charbonneau est marquée par la dimension de l’écologie et sans doute par une écologie qui replace l’idée d’un homme réellement libre et non le sujet d’une « société des individus », individus qui seraient en somme incapables de prendre leurs distances avec l’emballement d’un monde collectif structurant et organisant la vie sociale et qui anéantit en réalité les libertés.

En définitive la révolution numérique, ce phénomène brutal et massif se déploie aujourd’hui sous nos yeux comme une véritable déferlante, phénomène qui est sur le point de remodeler la société de demain. Sa dynamique propre et la vitesse à laquelle elle s’étend sont de nature à rebattre toutes les cartes de la vie sociale.

Chaque révolution industrielle s’est enfin de compte, accompagnée autrefois d’une restructuration de la vie sociale, chaque révolution industrielle a imposé une forme de réadaptation de la vie et des rapports aux autres. La rapidité avec laquelle les innovations du monde numérique s’étalent aujourd’hui ne laissera dès lors aucun répit, d’où une désorientation sociale et psychologique qui sera sans précédent dans l’histoire. Le monde numérique est en train de casser les repères culturels qui avaient été à présent les nôtres ; le nouveau monde qui se déploie sous nos yeux est sur le point d’être recomposée avec de nouvelles règles, de nouveaux codes, une nouvelle normalisation, de nouvelles oligarchies (les scientistes) dont les projets autour de la technicité sont de nature à fragiliser, à déconstruire l’homme, à renverser les valeurs, les tables de l’ancien monde, leurs hiérarchies, leurs institutions. Ainsi nous faisons notre le propos du Philosophe Éric Sadin un des meilleurs penseurs majeurs du numérique et de son effets et conséquences sur nos vies et nos sociétés : « allons-nous accepter, au nom de la croissance, de voir s’instituer, par le fait de ces systèmes, un dessaisissement de notre faculté de jugement, une marchandisation intégrale de la vie ainsi qu’une extrême rationalisation de tous les secteurs de la société ?[1] »

Enfin pour conclure une grande partie du livre « La déconstruction de l’homme » est consacrée à cette dimension anthropologique « Qu’est-ce que l’homme ? » le livre toutefois, ne s’enferme pas dans un tableau noir, le livre offre une feuille de route préconisant un autre chemin à emprunter et les moyens d’une résilience face aux mutations promises par le nouveau monde. Le livre nous propose ainsi de revenir aux sources bibliques, de découvrir avec étonnement des préconisations parfaitement applicables au sein même de notre modernité…

Merci de nous avoir lus et surtout de lire ce livre « La déconstruction de l’homme » ! N’hésitez pas en parler autour de vous et à inviter vos amis à se le procurer….

http://www.lulu.com/shop/eric-lema%C3%AEtre/la-d%C3%A9construction-de-lhomme/paperback/product-23845055.html

[1] Extrait de l’interview de Éric SADIN par le figaro Magazine http://premium.lefigaro.fr/vox/economie/2018/10/26/31007-20181026ARTFIG00370-l-intelligence-artificielle-est-un-assaut-antihumaniste.php Publié le 26/10/2018

Carlie Weinreb 11 ans intervient dans des conférences et séminaires dédiés à la fiscalité. Il y a quelques jours, elle a proposé à l’OCDE de réfléchir à une taxe pour les robots.

Une déshumanisation du monde s’organise sous nos yeux, et pire, l’économie virtuelle qui se dessine sera destructrice d’emplois. Les algorithmes et la robotisation vont révolutionner le monde de l’emploi, en affaiblissant la dynamique et les ressorts qui construisent le travail humain. Quand de nombreux salariés n’ accéderont pas à un emploi pour subvenir aux besoins de leur famille, les conséquences pourraient être d’une extrême gravité et de facto avec des conséquence sociales qui seraient de nature à fragiliser l’être humain…

«Faut-il alors taxer les robots?»

Tel était le thème annoncé pour clotûrer une conférence consacrée à la régulation de la concurrence fiscale – notamment dans la mondialisation – organisée par l’ONG canadienne Tax Coop, à l’OCDE, l’organisation internationale chargée de la coopération des politiques économiques. Pour cet évènement, rapporte L’Obs, les meilleurs fiscalistes du monde étaient de la partie. Lorsque la conférence touche à sa fin, c’est une jeune experte canadienne de… 11 ans qui prend la parole. Carlie Weinreb récite sa présentation devant un public attentif – dont font partie ses parents.

Ou bien mettre un curseur avant que la machine ne vienne à dominer définitivement l’être humain …. ?

Lire la suite sur le figaro :http://premium.lefigaro.fr/decideurs/expertise/2018/10/07/33005-20181007ARTFIG00037-une-conferenciere-de-11-ans-preconise-de-taxer-les-robots.php