La crise de 2008 a-t-elle changé notre regard sur l’économie et notre rapport à l’éthique ?

L’économie est loin de l’altruisme et aujourd’hui toute l’économie des états, est fondée sur la dépense publique mais sans remise en cause et en profondeur des rouages d’une économie capitalistique cupide, orientée sur l’avidité du gain. Il faut donc réinjecter une dose d’altruisme et encourager les initiatives autour du don.

Il faut en profondeur modifier l’état d’esprit d’un monde orienté sur la seule performance, le progrès sans fin et sans limites…

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Auteur Eric LEMAITRE

La crise de 2008

a-t-elle changé le rapport à l’économie et à l’éthique ?

La crise de 2008 résulte en grande partie de la crise des subprimes mais elle est aussi la résultante de facteurs microéconomiques à l’échelle des ménages, des particuliers, des entreprises qui ont emprunté et macroéconomiques à l’échelle des systèmes de régulation de la finance ou de la monnaie et de l’ensemble des organismes prêteurs.

Cette crise est d’abord le fruit d’une déréglementation irréfléchie de la finance, opérée depuis les années 1980.

C’est en effet dans les années 80 que le monde de la finance a fait un lobbying démesuré pour déréguler le capitalisme et lui laisser les coudées franches. Au cours de cette période (années 80) sur un plan strictement économique le courant libéral a ainsi prôné une forme de libéralisation financière.

Dans ce contexte de libéralisation les banques, un grand nombre d’entreprises financières, de grandes banques se sont engouffrés dans cet exercice sans curseur moral et l’attention nécessaire à apporter à cet exercice auprès des personnes les plus fragiles.  Les bonnes pratiques bancaires consistant à peser, à discerner se sont volatilisées dans les années 80 et dans un système de crédit finalement dévoyé, égaré par la cupidité et l’avidité du gain.

L’appétit du gain déconnecté de la vie réelle, du quotidien des gens modestes, a gouverné en quelque sorte le monde bancaire, un monde bancaire qui s’est employé à faire rêver sans appréhender les risques du désenchantement pour toute une population désireuse d’accéder à des conditions matérielles chargées en réalité d’illusions « heureuses ». C’est Joseph Stiglitz économiste américain altermondialiste qui souligna que « la cupidité est le moteur de la finance », cupidité qui pousse finalement les banques à préférer la loterie à l’épargne sage, cette dimension de loterie est illustrée au travers de la dimension spéculative particulièrement prégnante dans le monde bancaire.

C’est donc cette cupidité qui entraina de fait la crise mondiale et par effet de domino entraina le monde dans une crise définitivement dramatique pour bon nombre de personnes, d’entreprises. Ce qui aggrava finalement la pauvreté ou la précarisation d’une grande partie de la population.

Au-delà de l’interprétation des mécanismes qui ont accéléré et précipité une crise majeure, il faut surtout mettre, la loupe sur les drames personnelles que suscite ce genre de crises et de ce point de vue la finance mondiale est souvent froide, aveugle et finalement sans éthique.

– Quelles leçons ont été tirées de cette crise !

Je vais vous décevoir, je ne suis pas sûr que des leçons morales aient été tirées. De plus comme vous le savez l’état français est venu au secours de ses banques comme d’autres nations d’ailleurs. L’état dans son rôle de pompier des finances publiques, est venu en quelque sorte panser, les failles du système bancaire mais ce même Etat se trouve par ailleurs empêcher finalement de réguler, de contrôler, de superviser les mondes bancaires qui sans vergogne et cynisme ont accepté a contrario de vivre sous perfusion au risque de faire écrouler l’économie mondiale.

Pourquoi l’état

serait-il empêché de superviser le système financier ?

La réponse est somme toute simple si l’on contrôle le système bancaire, nous risquons alors de fragiliser l’économie réelle et en outre la vérité est que le monde bancaire ou le capitalisme d’une manière générale tient entre ses mains les nations qui empruntent et se sont largement endettées auprès des organismes financiers. Alors moraliser le monde bancaire est dans un tel contexte extrêmement difficile. Nous prenons conscience que ce système est dévoyé, car la finance n’a pas de couleur morale, elle est en quelque sorte dévoyée, pire corrompue.

Que faudrait-il faire aujourd’hui pour rendre l’économie plus juste et plus éthique ?

Le monde bancaire n’a pas de « valeurs », ce qui est en soi un oxymore paradoxal, sa raison d’être est d’exister à cause de la seule finance, la philanthropie n’est pas sa tasse de thé. Pourtant une banque éthique pourrait bel et bien exister, si sa gouvernance était pilotée par la volonté d’amener plus d’équité pour réduire la précarité et porter un réel intérêt aux personnes les plus pauvres en les accompagnant dans la bonne gestion de leurs revenus.

Mais au-delà Il faudrait injecter de l’altruisme dans l’économie et dans le secteur bancaire, c’est-à-dire considérer la personne, avoir de la considération pour la personne, et s’interroger sur la portée des actes financiers, sur les effets de ses actes, les conséquences qu’ils peuvent augurer.

L’économie devrait en effet être plus juste, plus éthique, préoccupée comme je le rappelais précédemment de ses effets sociaux. Or notre modèle économique est loin du partage, toute l’économie est fondée non sur l’idée de redistribution, de la répartition équitable mais sur celle d’une compétitivité gagnante et profitable. Or il faudrait encourager l’économie du don, de l’altruisme, par exemple avantager ou défiscaliser les banques comme les entreprises qui décident de verser un don à la collectivité pour lutter par exemple contre la pauvreté, la grande précarité.

Il faudrait inciter et encourager le développement vertueux du monde bancaire, encourager les banques qui socialement interviennent pour redistribuer une partie de ses bénéfices au profit d’une lutte contre le mal logement… (Il y a sans doute une quantité d’exemples à imaginer autour de cette notion de don, pour soutenir des initiatives socialement bienveillantes, veillant au bien, veillant au bien-être de son prochain !

Mais soyons cependant justes, puisque en effet et depuis la fin des années 1980, un certain nombre d’institutions spécialisées dans les finances solidaires se sont proposés de développer le microcrédit personnel, la loi Borloo a ainsi accéléré ce processus d’institutionnalisation du micro crédit et de lutte finalement contre la précarisation. Mais à l’heure de la digitalisation bancaire et de la numérisation des services, je crains en réalité que l’on ne vienne aggraver la situation des personnes les plus pauvres. Je rendais dernièrement visite à un ami dans une grande pauvreté, et qui m’indiquait qu’on allait lui transmettre un code pour accéder à son dossier, mais il ne possède ni ordinateur, ni tablette, c’est son entourage, ses proches qui l’aideront à gérer cette situation …. Nous entrons bel et bien avec le monde numérique dans le monde UBU, le monde rocambolesque, symbole du délire du pouvoir et de l’absurdité des hiérarchies bureaucratique et des mondes numériques qui sont à l’aube de blesser les plus démunis en les isolant plus que jamais.

Mais dans les mesures proposées pour changer l’état d’esprit des banques je ne prône pourtant pas la coercition, la contrainte étatique qui peut être aussi dommageable pour la libre entreprise. Tout ceci doit relever du don et encourager le développement vertueux de l’entreprise ne me semble pas avoir été suffisamment développé ou en tout cas suffisamment initié.

– Peut-il y avoir une éthique chrétienne en matière d’économie ? Quelle est-elle ?

L’éthique Chrétienne en matière d’économie est essentiellement orientée sur la conversion de soi. Il n’y a donc pas de postulats chrétiens en matière économique, cela commence par une réforme personnelle. Ainsi un chef d’entreprise qui confesse sa foi chrétienne, doit être juste envers son environnement, ses salariés, ses fournisseurs et appliquer le principe de redevabilité auprès de l’ensemble de ses partenaires ou collaborateurs. Je connais un chef d’entreprise qui verse 10% de ses bénéfices à des œuvres sociales, il s’inscrit dès lors dans cette dimension vertueuse de l’éthique chrétienne en matière économique. Je pense que tout chef d’entreprise devrait avoir gravé dans les principes de sa gouvernance, les propos de l’apôtre Paul : « L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous. Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ; et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d’un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d’honneur, tandis que ceux qui sont honnêtes n’en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait, afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. »

– Concernant l’Ethique sociale et économique que nous enseigne la Bible à ce sujet ?

Je vous renvoie à un article complet que j’ai écrit sur les normes biblique https://deconstructionhomme.com/2018/05/30/vision-urbaine-sociale-et-economique-dans-une-perspective-biblique/ et également à mon essai sur la « Déconstruction de l’homme, critique du système technicien » où très clairement la Bible énonce un certain nombre de normes et de règles concernant la vie sociale, la vie économique. Le Lévitique Chapitre 25 donne des instructions concernant la dimension qui touche au partage. Il y a une attention toute particulière que portent les écritures à la situation des plus précaires… Ainsi la Bible révèle un véritable code de bonne gestion, de gouvernance économique… Si nous lisons les textes d’Exode 23 (v. 10 à 11) et le Lévitique 25.22. Nous avons là un enseignement sur la prévention de la pauvreté. Un théologien évoque à propos de ce livre « Une solution rationnelle que propose le livre du lévitique pour sauver la prospérité d’Israël de l’âpreté au gain, de l’avarice et de la cupidité de ceux qui savent mieux que les autres tirer profit des produits de la grâce auxquels chacun, même le plus endetté, contribue et peut encore contribuer par son activité. Faute de cela, l’or s’accumule dans les coffres, le blé pourrit dans les greniers et il n’y a plus personne pour renforcer les digues le jour où la tempête menace de les emporter. ».

Quel est mon regard sur l’économie d’aujourd’hui ?

 L’économie est loin de l’altruisme évoqué précédemment et aujourd’hui toute l’économie des états, est fondée sur la dépense publique mais sans remise en cause et en profondeur des rouages d’une économie capitalistique cupide, orientée sur l’avidité du gain. Il faut donc réinjecter une dose d’altruisme et encourager les initiatives autour du don.

Il faut en profondeur modifier l’état d’esprit d’un monde orienté sur la seule performance, le progrès sans fin et sans limites car en réalité ce monde économique n’est pas l’économie du réel qui est confronté à l’épuisement de nos ressources les ressources naturelles indispensables à la vie même des populations humaines se sont raréfiées. En ce début du XXIe siècle, l’épuisement des ressources est devenu l’une des questions les plus préoccupantes pour l’avenir de l’humanité. Qu’en est-il ainsi de la durabilité de notre civilisation technologique, si l’on prend en considération l’inadéquation croissante des termes de la relation entre croissance exponentielle et limites de nos ressources ! La mondialisation appelée de ses vœux par le monde néo libéral et progressiste va nous entraîner dans la spirale des grandes catastrophes qui pendent au nez de toutes les nations, car ces nations n’ont pas cherché à œuvrer sur les principes de solidarité, d’altruisme, de vie locale et de subsidiarité.   C’est le philosophe Aristote qui, est à l’origine de la notion de subsidiarité quand il décrit la société organique, « La Cité », « au sein de laquelle s’emboîtent hiérarchiquement des groupes : familles-villages, chacun de ces groupes essayant d’être auto-suffisants ». Il faut ainsi encourager le local comme la seule source d’une société conviviale et solidaire régulée bien entendu par les règles d’un savoir vivre ensemble. Mais ceci peut relever de l’utopie si et j’en suis parfaitement conscient la réforme de cette mentalité ne commence pas par soi !   

 

Faut-il craindre une nouvelle bulle technologique ?

Si Apple est la première entreprise à avoir franchi le cap des 1 000 milliards de dollars, d’autres stars de la tech sont prêtes à lui emboîter le pas : Amazon valait vendredi soir 889 milliards de dollars, Alphabet (la maison mère de Google) 856 milliards, Microsoft 828 milliards et Facebook 513 milliards. À elles cinq, ces entreprises représentent environ 20 % du PIB américain et plus que le PIB de l’Allemagne. L’ensemble des valeurs techs concentrent quant à elles plus de 25 % de la valeur du S&P 500, l’indice qui regroupe les 500 plus grosses entreprises cotées aux États-Unis.

Fin 1999, quelques mois avant l’éclatement de la bulle internet, les cinq plus grandes entreprises en Bourse (Microsoft, General Electric, Cisco, Walmart et Intel) représentaient 15,5 % du PIB américain, rappelle Russ Mould, responsable des investissements pour AJ Bell. « Tous ceux qui possédaient ces actions au plus fort de la bulle ont sérieusement souffert puisqu’ils ont perdu de l’argent sur ces cinq titres au cours des dix années suivantes », note-t-il. Sans prédire un arrêt brutal à l’ascension des stars actuelles du marché, « il est dangereux de penser que ce qui fonctionne actuellement va toujours marcher », affirme-t-il….

Lu sur le site : Lepoint.fr

« Si Apple est la première entreprise à avoir franchi le cap des 1 000 milliards de dollars, d’autres stars de la tech sont prêtes à lui emboîter le pas : Amazon valait vendredi soir 889 milliards de dollars, Alphabet (la maison mère de Google) 856 milliards, Microsoft 828 milliards et Facebook 513 milliards. À elles cinq, ces entreprises représentent environ 20 % du PIB américain et plus que le PIB de l’Allemagne. L’ensemble des valeurs techs concentrent quant à elles plus de 25 % de la valeur du S&P 500, l’indice qui regroupe les 500 plus grosses entreprises cotées aux États-Unis.

Fin 1999, quelques mois avant l’éclatement de la bulle internet, les cinq plus grandes entreprises en Bourse (Microsoft, General Electric, Cisco, Walmart et Intel) représentaient 15,5 % du PIB américain, rappelle Russ Mould, responsable des investissements pour AJ Bell. « Tous ceux qui possédaient ces actions au plus fort de la bulle ont sérieusement souffert puisqu’ils ont perdu de l’argent sur ces cinq titres au cours des dix années suivantes », note-t-il. Sans prédire un arrêt brutal à l’ascension des stars actuelles du marché, « il est dangereux de penser que ce qui fonctionne actuellement va toujours marcher », affirme-t-il…. »

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Sommes-nous arrivés le 2 Août 2018 à un point de non-retour ?

Auteur Eric LEMAITRE

Il y a quelques jours au sein de notre assemblée, un ami anglais évoquait cette image pleine de richesses et de sens, la dimension de cette vision partagée par Graham, avait un caractère spirituel, puisque elle faisait allusion aux « stratégies » de Dieu plus proches des sentiers que celles des autoroutes ou rails à grande vitesse. Dieu n’a jamais aimé les modèles des mégapoles, des industries gigantesques et l’emprise des empires sur les nations.

L’homme en revanche dans sa quête d’être l’égal de Dieu, s’entête à imaginer que son monde est sans limites. Dans un monde qu’il imagine toujours démesuré, sa vocation démiurgique est justement de transgresser les bornes de son environnement naturel, de dépasser les contraintes imposées par la nature, d’enfreindre et d’enjamber toutes les formes de Rubicon qui entraveraient la marche de l’humanité vers le progrès. La folie du progrès s’est alors construite sur l’espoir illusoire d’une humanité dont la mission serait de conquérir un avenir toujours meilleur. Or ce méta récit du progrès commencé  avec les Philosophes des Lumières qui se poursuit avec les idéologies « darwiniennes » et marxistes est aujourd’hui bel et bien récusé par des réalités géopolitiques, climatiques qui contredisent les apports d’une conception évolutive du monde orientée sur la dimension de lendemains toujours meilleurs.

« Cette idée d’un progrès possible » comme le soulignait le philosophe français Jean-François Lyotard, « probable ou nécessaire, s’enracinait dans la certitude que le développement des arts, des technologies, de la connaissance et des libertés serait profitable à l’humanité dans son ensemble », et de poursuivre son propos en soulignant qu’ :« Après ces deux derniers siècles, nous sommes devenus plus attentifs aux signes qui indiquent un mouvement contraire. Ni le libéralisme, économique ou politique, ni les divers marxismes ne sortent de ces deux siècles sanglants sans encourir l’accusation de crime contre l’humanité. »

Or ce 2 Août 2018 est non seulement précédé par une période juillettiste caniculaire, période assez marquante puisque ce mois de juillet fut considéré par les services de Météo France comme le mois le plus chaud depuis 1900 mais le 2 août est celui du basculement d’un monde qui va vivre désormais à crédit.

En effet, l’humanité dans son ensemble sera (nous avons écrit l’article le 31 juillet 2018) le 2 août 2018, confrontée à un problème qualifié de majeur. Nous sommes en effet sur le point de basculer et de connaître une rupture hypothétique ou définitive des ressources. Si rien ne change, nous allons à partir de ce 2 août, vivre à crédit sur le dos d’une planète épuisée par un consumérisme criminel et sauvage, irresponsable et un capitalisme qui ne s’est donné aucunes limites pour exploiter les ressources de la terre afin de donner satisfaction à l’insatiable besoin de nouveautés, exprimée par la totalité de ses consommateurs. En écrivant cet article, nous nous inclurons nous-mêmes dans cette critique, car comme consommateurs, sommes-nous certains d’avoir su donner des limites à nos propres envies ?

La qualification de problématique cruciale pour l’ensemble de l’humanité n’est pas une formule de plus, une exagération résultante d’un cerveau échauffé par l’élévation des températures, non cette qualification de problématique majeure est reconnue par la totalité des experts. Cette question de survie de notre planète puisque il s’agit bien de survie, englobe bien la totalité des grands équilibres qui touchent aux écosystèmes de la terre.

La terre ne pourra pas être en capacité à subvenir à la demande et aux besoins de tous ses habitants. Le productivisme sans conscience vide les ressources naturelles, assèche, pollue, détruit nos écosystèmes, perturbe notre environnement.

Les dérèglements semblent aujourd’hui s’amplifier, pourtant nous n’incriminerons pas l’explosion démographique et comme parfois nous le lisons, l’explosion démographique c’est davantage de consommateurs et donc… » ! Pourtant dans notre propos, soyons très clairs nous récusons en effet cette approche malthusienne des sociétés occidentales qui bien assises dans le confort de leur modernité, pointent les familles nombreuses qui vivent en Afrique ou en Inde et prescrivent des programmes eugénistes.

Or ces programmes mortifères   conduisant à des centaines de milliers d’infanticides et d’avortements sont sources de problèmes sociaux et de drames familiaux. Cependant le monde occidental dans sa course au progrès se contre fiche des conséquences toxiques de ces programmes eugénistes et ce de manière totalement irresponsable. Nos sociétés plongées en effet dans l’opulence matérialiste et dans la course effrénée vers le progrès technique ne remettent pas en cause les options idéologiques liées à la vision progressiste de la vie sociale, elles n’entendent pas faire machine arrière. Notre mode de vie n’est pas ainsi négociable, il est ainsi exclu avec un certain cynisme, d’accueillir les immigrés victimes de nos conquêtes industrielles et de taquiner les humeurs sourcilleuses des dévots du progrès.

Ce 2 Août 2018 nous serons très probablement confrontés à un réel déficit écologique. Pourtant il est encore possible de remettre en cause nos choix en termes de modèles et d’emprunter les sentiers plutôt que les rails à grande vitesse ou autres autoroutes industrielles. Nous pouvons viser le choix d’un redimensionnement de nos échelles de valeurs, la modification de nos périmètres en termes de conquêtes et réduire les espaces pour nous concentrer sur des cultures à hauteur d’hommes respectueux de l’environnement et prenant en compte la dimension de toutes les formes de besoins. Nous pouvons chercher une alternative à la puissance technique dominatrice pour la mettre à contribution et rechercher ensemble la préservation d’une qualité de vie à dimension humaine et cela passe nécessairement par les gestes du quotidien, boire l’eau de notre robinet plutôt que d’acheter des bouteilles d’eau en plastique, acheter des légumes frais plutôt que de consommer des plats cuisinés, faire du covoiturage, inciter la ville ou la commune à léguer des terrains pour favoriser le déploiement des jardins partagés, développer des quartiers qui favorisent les rencontres et les proximités de voisinages pour des échanges de services… Mais ici nous laissons votre plume pour témoigner cette révolution du quotidien à laquelle nous convions tous les lecteurs de notre site….

Sans éveil et résistance de la conscience, nous serons demain soumis aux Robots !

Simone Weil  « Le pire attentat, celui qui mériterait peut-être d’être assimilé au crime contre l’Esprit, qui est sans pardon, s’il n’était probablement commis par des inconscients, c’est l’attentat contre l’attention des travailleurs. Il tue dans l’âme la faculté qui y constitue la racine même de toute vocation surnaturelle. La basse espèce d’attention exigée par le travail taylorisé n’est compatible avec aucune autre, parce qu’elle vide l’âme de tout ce qui n’est pas le souci de la vitesse. Ce genre de travail ne peut pas être transfiguré, il faut le supprimer. »

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La conception idéologique et immanente du « système technicien » est de réduire l’ensemble des individus  à de simples rouages,  en raison de cette vision de la performance rationnelle de la société.

Nous entrons ainsi dans une  logique « d’augmentation progressive de la performance » qui :

  • consacre la technique tout en déconstruisant la dimension relationnelle
  • reconnait l’efficience de « la machine numérique » tout en dévalorisant la spiritualité.

Aussi ces citations de Simone Weil et Georges Bernanos sont oh combien éclairantes sur cette vision métaphysique d’une société qui subrepticement est sur le point d’accepter l’avènement de la  technocratie fruit du fantasme humain de répondre à l’ensemble de ses désirs mais ne réalise pas son prochain esclavage.

Simone Weil  « Le pire attentat, celui qui mériterait peut-être d’être assimilé au crime contre l’Esprit, qui est sans pardon, s’il n’était probablement commis par des inconscients, c’est l’attentat contre l’attention des travailleurs. Il tue dans l’âme la faculté qui y constitue la racine même de toute vocation surnaturelle. La basse espèce d’attention exigée par le travail taylorisé n’est compatible avec aucune autre, parce qu’elle vide l’âme de tout ce qui n’est pas le souci de la vitesse. Ce genre de travail ne peut pas être transfiguré, il faut le supprimer. »

Georges  Bernanos « Dans la lutte plus ou moins sournoise contre la vie intérieure, la Civilisation des machines ne s’inspire, directement du moins, d’aucun plan idéologique, elle défend son principe essentiel, qui est celui de la primauté de l’action. La liberté d’action ne lui inspire aucune crainte, c’est la liberté de penser qu’elle redoute »,

 

Robots, intelligence artificielle et technologies numériques : le rapport annuel sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe

La Commission a publié le 13 juillet son rapport annuel sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe (ESDE). Cette édition 2018 met l’accent sur les nouvelles technologies dont les impacts et enjeux tant économiques et sociaux que juridiques vont révolutionner le marché du travail et la situation sociale. Des défis auxquels il est primordial de s’intéresser dès maintenant pour mieux construire le monde de demain.

Comme le souligne le rapport, le développement technologique est essentiel à l’accroissement de la productivité globale. Mais il remplace également les tâches de routine nécessitant peu de compétences et relève le seuil de compétences de l’employabilité. Alors qu’il n’y a pas de conclusion définitive en ce qui concerne l’étendue possible de l’incidence de la technologie sur l’emploi, les études montrent que ce sont les tâches répétitives de routine qui sont les plus exposées sont à une automatisation partielle ou complète. Selon une étude, 37% à 69% des emplois pourraient être partiellement automatisés dans un proche avenir. L’amélioration de l’éducation et de l’apprentissage tout au long de la vie et l’adéquation aux besoins de notre marché du travail et de nos institutions de protection sociale sont essentielles pour s’adapter à ce monde du travail en pleine évolution.

saulo-mohana-78181-unsplash.jpgLa Commission a publié le 13 juillet son rapport annuel sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe (ESDE). Cette édition 2018 met l’accent sur les nouvelles technologies dont les impacts et enjeux tant économiques et sociaux que juridiques vont révolutionner le marché du travail et la situation sociale. Des défis auxquels il est primordial de s’intéresser dès maintenant pour mieux construire le monde de demain.

Comme le souligne le rapport, le développement technologique est essentiel à l’accroissement de la productivité globale. Mais il remplace également les tâches de routine nécessitant peu de compétences et relève le seuil de compétences de l’employabilité. Alors qu’il n’y a pas de conclusion définitive en ce qui concerne l’étendue possible de l’incidence de la technologie sur l’emploi, les études montrent que ce sont les tâches répétitives de routine qui sont les plus exposées sont à une automatisation partielle ou complète. Selon une étude, 37% à 69% des emplois pourraient être partiellement automatisés dans un proche avenir. L’amélioration de l’éducation et de l’apprentissage tout au long de la vie et l’adéquation aux besoins de notre marché du travail et de nos institutions de protection sociale sont essentielles pour s’adapter à ce monde du travail en pleine évolution.

Lire la suite sur: https://www.actuia.com/actualite/robots-intelligence-artificielle-et-technologies-numeriques-le-rapport-annuel-sur-levolution-de-lemploi-et-de-la-situation-sociale-en-europe-de-la-commission-europeenne-se-centre-sur-la-mutatio/

 

 

Le mariage du secteur bancaire et des GAFA, l’intrusion au coeur de la vie de chaque client et usager

Auteur Eric LEMAITRE

 

La numérisation du secteur bancaire

La numérisation du secteur bancaire est en marche : « La numérisation pousse les banques vers la plus grande transformation de leur histoire », de nombreuses banques se sont d’ores et déjà lancées dans le monde digital. Cette révolution est également inquiétante, elle augure une nouvelle fois une déshumanisation du monde dans lequel nous entrons inévitablement.

Le constat de cette révolution numérique est sans appel, les agences dans le secteur bancaire sont de moins en moins sollicitées, fréquentées. En effet, dans des proportions de plus en plus importantes, les usagers déjà largement familiarisés au monde numérique, ont pris l’habitude, de consulter leurs comptes à partir de leurs écrans tablettes, ordinateurs, smartphone s…

C’est l’organisation de la banque de détail qui a maillé autrefois les territoires qui est remise en cause radicalement. Cette transformation que le monde numérique opère, n’affecte pas seulement le monde bancaire : nous n’évoquerons pas ici la disparition des services dans certaines zones de nos territoires, tels que les services sociaux, la Poste, les points de distribution s alimentaires, les écoles, les maternités etc. qui sont autant d’agoras, de lieux désormais inopérants.

Aujourd’hui le modèle économique bancaire (la banque de détails) est confronté à des crises successives, à une baisse implacable des fréquentations de clientèles.  L’accélération et la conversion de la banque de détails au modèle d’organisation numérique de la banque digitale se sont littéralement imposées.  Cette mutation numérique est un couperet net en matière de nombre d’emplois.  Pourtant le consommateur lambda ne se lamente pas de la disparition de son guichetier, il voit à travers ses opérations effectuées sur son smartphone, un gain de temps extraordinaire, fini pour lui les files d’attente interminable et ses rendez-vous ratés.

Face à ce phénomène touchant les nouvelles pratiques de ses clients, les banques sont conduites à faire évoluer leurs services, elles seront à terme amenées à diminuer physiquement le nombre de succursales. Nous pourrions d’ailleurs parier la disparition prochaine des agences bancaires de proximité. Cette disparition se fera au profit du monde des portables téléphoniques, ces smartphones deviendront ainsi le premier guichet pour bon nombre d’usagers.

Le monde bancaire deviendra digital, c’est l’autre révolution qui est en marche. Le client pourra éventuellement rencontrer son conseiller sur écran avec « Skype », ou échanger avec une intelligence artificielle sur d’éventuels conseils financiers, des transactions ou des demandes de prêts. Les conséquences pour les salariés seront évidemment dramatiques, l’emploi dans le secteur bancaire subira les effets de la numérisation. Cette numérisation de la banque aggravera, accentuera la baisse tendancielle des effectifs déjà connue dans le monde bancaire. Cette tendance mondiale ne touche pas seulement le monde bancaire. La recherche du profit via la numérisation du monde économique n’est que le facteur d’une transformation majeure de nos sociétés : le travail n’est plus ainsi le seul outil de répartition des richesses.

C’est cette fragilité du monde bancaire qui pourrait bien constituer le socle des ambitions des géants du WEB, de leurs velléités à vouloir franchir un nouveau cap dans la gestion des profits en exploitant au mieux les « datas » de leurs clients.

L’intrusion du monde bancaire

dans la vie privée des consommateurs

Les nouveaux services déclinés par les géants du WEB apportés aux consommateurs seront de nature à chambouler la donne des grands équilibres économiques actuels. À terme ces bouleversements seront inévitablement destructeurs de valeurs.

L’autre réalité du monde numérique, c’est celui d’avoir fait émerger un média (le WEB) qui a généré de multiples marchés sans équivalent dans le monde, cassant certains monopoles de la distribution et du commerce physique. Demain, il est à parier que c’est l’ensemble du monde bancaire dans sa forme traditionnelle, qui sera remis en cause.

Ce monde numérique génère dès lors des problématiques nouvelles, typiques parce que nous sommes face à de nouveaux géants mondiaux (Google, Facebook, Apple, Amazon…) qui cumulent des caractéristiques leur conférant un pouvoir sur les marchés économiques sans égal au monde. Les géants du numérique ont ainsi une parfaite maîtrise des algorithmes. La maîtrise  liée à la gestion des data (données sur nos usages, nos opinions, nos humeurs, leur confère à ce jour la détention de données comportementales, touchant à nos représentations, croyances, convictions, sans équivalent dans le monde. Mais le risque à venir, c’est celui du franchissement d’un nouveau « Rubicon », croisant les « data » de notre vie sociale et les « data » de consommations gérées par le monde bancaire.

Il n’est pas inimaginable de concevoir l’émergence au sein même de l’économie numérique de nouvelles alliances, entre les géants du WEB et le secteur bancaire. Les géants de l’Internet ne font plus mystère de leurs ambitions de développement dans les services bancaires et notamment dans le domaine des paiements, de monnaies électroniques (Facebook serait en passe de réfléchir à de nouvelles modalités d’échanges entre consommateurs, permettant aux usagers du réseau social de procéder à des transferts d’argent entre eux). Votre téléphone scanne les codes-barres et peut permettre déjà dans de nombreux pays, d’effectuer des paiements de factures, de les effectuer chez les commerçants. Dans ce monde totalement numérisé à terme, les banques et les opérateurs de téléphonie mobile ne feront plus qu’un dans l’émergence de ce nouveau marché.

Nous le savons bien , les moyens de paiement transitant par la banque est une des sources de revenus du monde bancaire. Comment alors ne pas se saisir pour les géants du WEB, d’une telle aubaine et telle une pieuvre, agripper une nouvelle proie augmentant ainsi sa soif intarissable de puissance et de domination.  La connaissance du client et la possibilité de gérer le risque prédictif le concernant, sont sans doute l’investissement à venir. La capitalisation des données clients pour adapter les services et générer des sources de revenus est sans doute l’autre enjeu.

Comme me le confiait le cadre d’une très grande banque française, le client n’a plus de secret pour sa banque. La monétisation numérisée de nos moyens de paiement (5,9 milliards de transactions par an sont effectuées en France) nous rend soudainement totalement transparent aux yeux de notre banque. Grâce à ses algorithmes en un clic, la banque est en effet en capacité aujourd’hui, d’analyser, de profiler les comptes de ses clients. Le client est mis à nu, effeuillé, la banque sonde les data des achats effectués, l’intégrité et la plénitude du portrait de son client se dessinent.

Sur l’écran, le banquier a immédiatement connaissance des caractéristiques des dépenses et du profil risque que représente le client. La banque croise, analyse, recoupe les données, établit des corrélations, structure les informations touchant les dépenses, les mouvements des comptes. Une véritable intrusion s’organise. Une connaissance fine et détaillée du client se déploie sous les yeux du banquier. Le client devient prévisible, il est possible de le catégoriser, de le caser dans des typologies de client Pépère, client Flambeur, client Prometteur, client sans Avenir.

C’est toute la vie du client qui se confesse devant ses yeux, même si ce dernier s’imagine qu’il n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier. Aucune autre entreprise, comme la banque ne détient ainsi autant de données sur ses clients : revenus, propension à dépenser ou au contraire à épargner, enseignes fréquentées, habitudes alimentaires, dépenses santé. Le client est dévisagé, totalement dévisagé. Dans ce jeu des data, la banque est en mesure d’apprécier les évolutions, les changements intervenus, les rythmes de consommation, y compris l’intime du client ce que lui-même n’oserait confier à ses amis, sa banque, elle en revanche le sait. Le client ne saurait alors tricher, mentir, les demi-vérités n’existent pas pour le banquier.

Le client est en quelque sorte en train de devenir un livre ouvert, un livre que toutes les entreprises aimeraient pouvoir lire, que des organisations étatiques, que les géants du WEB, pourraient bien vouloir sonder, si les mesures touchant à la sécurité des citoyens devaient se développer. D’ores et déjà ces big data bancaires savent localiser les déplacements, les lieux que vous fréquentez, les habitudes, les récurrences de ces achats.

Mais le plus inquiétant est à venir, face à la puissance financière des big data, nous pourrions dans un proche avenir, imaginer sans peine les mariages des majors de la finance mondiale et des entreprises comme Google et Facebook.

Le souci de la connaissance client est un axe de développement primordial pour le secteur bancaire et d’ailleurs cela est aussi vrai pour l’économie numérique, qui peut espérer l’emploi et l’usage des nouvelles formes d’interactivité offertes par les réseaux sociaux. Les mondes des réseaux sociaux et des data exploités dans le secteur bancaire, inévitablement se croiseront.

Dans ce monde déjà dystopique, les partenariats  entre les secteurs bancaires et les géants du WEB se renforcent. La collaboration entre les banques et les géants du numérique, œuvre pleinement en ce sens. Ces collaborations s’appuient sur une nouvelle gouvernance des rapports clients, construite autour d’une feuille de route nécessairement commune celui de la connaissance du client. Mais au-delà des ententes possibles et envisageables, il est tout à fait concevable que les géants du WEB, disposeront demain de leurs propres moyens de paiement comme nous l’avons indiqué en préambule en évoquant cette possibilité par Facebook de permettre à ses internautes de transférer de l’argent numérique entre eux.

Les géants du WEB disposent de moyens financiers colossaux et sont en mesure de déstabiliser les banques traditionnelles, de faire demain irruption non seulement sur les marchés des moyens de paiement mais également de l’épargne.

Notons, pour illustrer notre propos, ce service de paiement en ligne appelé PayPal qui permet de payer des achats, de recevoir des paiements, d’envoyer et de recevoir de l’argent. PayPal a été créé en 1998 par la fusion de deux start-ups : Confinity et X.com. En 2002 PayPal a été racheté par la société eBay pour 1,5 milliard de dollars US, ce rachat était expliqué par l’usage important du site d’enchère lié aux transactions utilisant ce service de paiement en ligne.  Nous voyons bien dès lors l’intrusion de sociétés spécialistes du WEB investissant le monde bancaire et la possibilité immense d’exploiter allégrement les données clients pour augmenter le pouvoir d’informations sur les clients.

Le secteur bancaire est sur le point de connaître  des bouleversements sans précédent quand on sait aujourd’hui à quel point les consommateurs sont devenus si familiers avec l’usage de leur smartphone, dont la convivialité d’usage est devenue si intuitive. Le smartphone devenant à terme le concurrent de la banque de proximité, du guichet bancaire, qui pourrait à terme disparaître. Rappelons ce chiffre, 67 % des détenteurs de smartphone (étude TNS Sofres) se servent de leur téléphone mobile pour effectuer des opérations bancaires. Les Banques se doivent dès lors de suivre en permanence les performances de leurs supports on line de manière à les faire évoluer afin de s’adapter aux nouvelles pratiques consuméristes de leurs clients.

Mais au-delà de la disparition plus que probable du guichet bancaire, le plus inquiétant n’est sans doute pas cette transformation inévitable des modalités de vente, d’achat, d’emprunts bancaires mais bien l’utilisation intrusive des données touchant les comportements de consommation et les croyances des consommateurs. Il deviendrait donc aisé en numérisant les connaissances des comportements et les connaissances des croyances de tracer, de suivre, d’ausculter, de surveiller chaque consommateur. Le consommateur ne devenant ainsi qu’un nombre.

Nous comprenons alors beaucoup mieux la dimension prémonitoire que nous trouvons dans le livre de l’apocalypse 13.17 : « personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom ».

Conclusion

Les variables changent, le monde économique est en train de muter à toute vitesse vers le tout numérique, vers la dématérialisation. Cette mutation se traduisant par moins de travail pour les hommes, plus de systèmes à gérer. Les mutations vécues via ce monde numérique se traduisent ainsi comme un changement de modèle radical, un bouleversement de paradigme, avec des implications sociales équivalentes à celles de la révolution industrielle.

Pour être appréhendé par le plus grand nombre, ce monde en mutation incessante nécessite de nouvelles grilles de lecture, pour les citoyens, les usagers d’un service, les consommateurs. Le numérique n’offre aucune assistance, mais une pléiade de services, en changement permanent, suivant des modes et des tendances, à la merci de marchés à conquérir, ou de parts de marchés.

Que dire de tous ceux qui n’ont pas accès à ce type de services, qui sont donc de facto « exclus » des data. Seront-ils représentés ailleurs ? Comment et par qui ? Pas de téléphone, pas de place de ciné ; pas de courses, pas de commandes ; pas de smartphone lié à un compte, pas de livraisons etc…

Nous parlions dans un précédent article du vol de données, nous reposons la question, tout en voulant bien accepter le bond en avant que constituent toutes ces avancées, il est plus facile aujourd’hui de pirater un téléphone que de cambrioler une banque : avantage ou inconvénient du numérique… ?

Enfin pour terminer cet article, nous aimerions donner une illustration à l’ensemble de notre propos, cette illustration nous vient de Chine. L’état chinois entend en effet utiliser les fameux big data pour mieux évaluer ses citoyens dans leurs actes sociaux et citoyens, leurs bonnes conduites par exemple comme automobiliste, leurs comportements vis-à-vis du parti unique. Sur quelques zones tests la chine met ainsi en place, un dispositif d’évaluation qui permettra aux personnes les mieux évaluées d’accéder à tels ou tels services, d’autoriser ou non ses citoyens à voyager hors de chine. Cette information nous l’avons relevé dans un article écrit dans la revue la Tribune publié le 24 octobre 2016 dont nous vous proposons un extrait :

« Prévu pour 2020, ce dispositif dénommé « Système de crédit social » doit collecter les données des 700 millions d’internautes chinois. Du respect du code de la route aux discours tenus sur les réseaux, tout élément pouvant décrire le comportement d’un citoyen est comptabilisé. Il suffit donc d’un feu rouge grillé pour voir sa note s’abaisser. »

http://www.latribune.fr/economie/international/chine-le-big-data-pour-noter-les-citoyens-et-sanctionner-les-deviants-610374.html

A lire également :

https://www.lesechos.fr/06/03/2018/lesechos.fr/0301383102008_pourquoi-les-frontieres-entre-banques-et-gafa-pourraient-se-brouiller-davantage.htm

 

 

Croissance du marché des IA

 

Le secteur des IA devrait exploser, à mesure qu’il se rend indispensable au fonctionnement de la tech. Ainsi, alors qu’il représentait 4,8 milliards de dollars en 2017, il devrait être multiplié par dix d’ici 2022-2023, avant d’atteindre presque 90 milliards de dollars de revenus générés en 2025, selon Statista.

Source :

https://www.journaldunet.com/solutions/dsi/1210608-statista-previsions-marche-intelligence-artificielle-selon-statista/

Le Marché mondial de la reproduction, à qui profite-t-il ? Et le cas échéant, quels sont les perdants ?

Nous assistons dans notre monde contemporain, à l’émergence probable d’un marché de la vie, de fait à une intensification consumériste touchant à la chosification même de la fécondation. La vie devient alors un bien à consommer, une forme de capital boursier qui fera les joies des actionnaires.

Notre monde sera-t-il celui

de la marchandisation de toute la vie ?

Le marché mondial de la reproduction est une question qui doit nous interpeller. La vie, même devient dans toutes ses dimensions, un objet de catalogue consumériste et de marchandisation.

Nous assistons dans notre monde contemporain, à l’émergence probable d’un marché de la vie, de fait à une intensification consumériste touchant à la chosification même de la fécondation. La vie devient alors un bien à consommer, une forme de capital boursier qui fera les joies des actionnaires.

Avec la fécondation in vitro comme le mentionnent fort bien d’autres lanceurs d’alerte, tout est potentiellement à vendre OU à louer : embryons, gamètes, utérus.

En quelques années notamment dans le monde occidental pays nordiques, anglo saxons, nous assistons à l’émergence de sites Internet proposant la vente de spermes sur catalogues virtuels, les clientes peuvent accéder aisément à ces sites marchands et combiner les caractéristiques des spermes afin de dénicher le potentiel géniteur présentant toutes les garanties génétiques d’un corps idéal et d’un potentiel intellectuel satisfaisant. Puis à partir de la détermination de critères d’achat, voire demain d’un label et d’étoiles attribuées à la future progéniture, de pouvoir effectuer leurs commandes en ligne.

Il n’est pas improbable que ces sites étalent des rayons de gamètes, d’embryons, de spermes. Puis sur ces linéaires de la marchandisation de la vie que soient proposés des écarts de prix selon la marque de la future progéniture, sperme de prix Nobel, sperme de tel ou tel star du show-biz ou du monde du sport. Des différentiels de prix entre garçons et filles, ou entre « géniteurs » selon leur QI, leur aspect physique et la couleur de leur peau, dénotent dès lors un marché potentiellement sauvage. Ce libéralisme a des relents sélectifs d’une société qui primerait la performance, la recherche de l’« enfant parfait », ou du moins indemne de nombreuses affections graves et ceci évoque toute une dimension eugéniste, l’enfant choisi, le sera en regard de critères qui touchent à sa performance éventuelle, l’enfant de facto est réduit à un objet de consommation et non à l’être aimé tel qu’il est.

Dans ce contexte de marché, la vie est devenue une forme de produit commercial. Nous assistons en fait à l’avènement et l’avenir d’une société Eugéniste dont un Père fantôme pourrait engendrer des dizaines de progénitures, des enfants qui plus tard seront en quête d’identité, d’origine mais ne pourront pas taire la souffrance que vivent partout dans le monde les orphelins qui ignorent d’où ils viennent !

Qui sera le grand perdant ?

Pour répondre à cette question, il s’agira incontestablement de l’enfant vulnérable, fragile, souffrant d’un handicap qui ne répondra pas aux normes d’une société qui entendra étalonner un niveau d’exigence consumériste… Ici je veux citer le médecin Laurent Alexandre qui appelle pourtant de ces vœux l’émergence d’un monde transhumaniste mais nous met en garde sur l’engrenage qui touche le monde social à venir…

 

«La Médecine dite prédictive va de plus en plus prévoir et prévenir. La tendance va s’accélérer. Mais le début de la prédiction, c’est quand même de le faire in utero, de sélectionner entre guillemets les bons bébés par rapport aux mauvais. Ça se fera pendant la grossesse comme ça se fait déjà pour le mongolisme. On voit bien qu’on a mis le doigt dans l’engrenage. En Suisse, comme en France ou en Belgique, la quasi-totalité des enfants trisomiques sont avortés, ce qui est stricto sensu de l’eugénisme et de l’eugénisme intellectuel »

 

C’est le philosophe François-Xavier Bellamy qui n’hésite pas à parler d’un « monde où la médecine ne servirait plus à réparer les corps, mais à les mettre au service de nos rêves. Ce n’est plus un acte médical : c’est une prestation technique. La différence est aussi grande, qu’entre greffer un bras à une personne amputée, et greffer un troisième bras sur un corps sain. »

Nous voulons en quelque sorte satisfaire une stérilité sociale et déplacer  les barrières de la nature, en nous fondant sur le recours des avancées techniques de la science.  Or s’adosser à cette dimension technique, pose inévitablement un problème au monde médical. Un monde médical qui passerait d’une médecine réparatrice et de soins à une médecine de prestations de services, une médecine qui résout des envies sociales. La question vertueuse qui est également une question d’éthique, que nous posons dans ces débats, est de savoir si c’est la mission de la médecine de satisfaire des appétences consuméristes ? Puis à force de contourner les limites mêmes de la nature, d’endiguer, de dépasser les frontières du corps, ne serons-nous pas confrontés à d’autres difficultés majeures et toxiques, fragilisant le socle social, la révolte d’enfants devenus adultes qui rejetteront le monde que nous leur avons créé.

Nous ne sommes plus très loin du chaos économique …

« Je crains le jour où la technologie dépassera nos relations humaines. Le monde aura une génération d’idiots  »  

Albert EINSTEIN

James Rickwards Avocat, rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique est l’auteur de deux livres the Death of Money (La mort de l’argent) et Currency Wars (Guerres des devises). Ces livres détaillent de façon très argumentée les conditions de l’effondrement à venir du système économique.

Pour James Rickwards nous assistons à une forme de partage à l’échelle mondiale de programmes financiers et d’interdépendances économiques susceptibles de fragiliser les socles économiques des nations. Les économies développées reposent selon James Rickwards sur des systèmes complexes, de richesses perverties qui sont ainsi en mesure de déplacer un maximum de capitaux des secteurs productifs vers les univers non productifs et plus que jamais de dimension virtuelle. La fragilisation se poursuivra jusqu’à ce que le système social s’effondre. C’est le « sort commun à toutes les civilisations lorsqu’elles ont atteint une phase … » de financiarisation ultime « …de dépendance de haut niveau ».

Les banques ne créent plus ainsi de valeurs et leurs services n’amènent pas nécessairement de plus-value, parfois même leurs services ont été remplacés par de l’extorsion de richesses. L’industrie financière est également en pleine mutation et ce changement tient à l’hyper connectivité. Il faut comprendre toujours selon l’essayiste que plus nous sommes connectés, plus le système de l’interdépendance des organisations financières prend de l’importance, plus on court alors le risque d’un effondrement généralisé et catastrophique qui est le revers d’une économie en réseau et de plus en plus virtuelle.

Qu’est-ce que la Capsologie ?

Notre approche et celle qui concerne notre livre est assez voisine des thèses que nous identifions dans la Capsologie et qui traitent du thème de l’effondrement de la civilisation industrielle. La vision de la capsologie est relativement systémique en abordant les dimensions sociales, écologiques, anthropologiques, économiques, géopolitique, urbanisme, thèmes que nous explorons largement dans notre livre. Mais nous abordons en revanche la dimension théologique absente de cette réflexion globale et pourtant source de la déconstruction de l’homme.

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Ainsi à cette réflexion globale de l’effondrement de notre civilisation, il nous semble nécessaire d’ajouter une autre dimension qui explique de façon quasi prédictive : l’effondrement de la civilisation, un affaissement qui s’explique du fait de la désertion des valeurs morales et de l’abandon de toute référence spirituelle, en réduisant l’homme à la seule dimension d’objet de consommation…

Pour mieux comprendre cette visions de l’effondrement spirituel, nous vous renvoyons à cette excellente définition que nous relevons sur le site Wilkepedia..

Source Wilkepedia : La collapsologie se présente comme une science appliquée et transdisciplinaire faisant intervenir l’écologie, l’économie, l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, la biophysique, la biogéographie, l’agriculture, la démographie, la politique, la géopolitique, l’archéologie, l’histoire, la futurologie, la santé, le droit et l’art2. Cette approche systémique s’appuie sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition, ainsi que sur des travaux scientifiques reconnus1, tels que le rapport Meadows de 1972, les études « A safe operating space for humanity »3 et « Approaching a state shift in Earth’s biosphere »4 publiées dans Nature en 2009 et 2012, ou encore l’article « The trajectory of the Anthropocene: The Great Acceleration »5

Nous vous renvoyons également à ce lien :
http://www.collapsologie.fr/