Actualités, Ecologie, Economie

Sommes-nous arrivés le 2 Août 2018 à un point de non-retour ?

Auteur Eric LEMAITRE

Il y a quelques jours au sein de notre assemblée, un ami anglais évoquait cette image pleine de richesses et de sens, la dimension de cette vision partagée par Graham, avait un caractère spirituel, puisque elle faisait allusion aux « stratégies » de Dieu plus proches des sentiers que celles des autoroutes ou rails à grande vitesse. Dieu n’a jamais aimé les modèles des mégapoles, des industries gigantesques et l’emprise des empires sur les nations.

L’homme en revanche dans sa quête d’être l’égal de Dieu, s’entête à imaginer que son monde est sans limites. Dans un monde qu’il imagine toujours démesuré, sa vocation démiurgique est justement de transgresser les bornes de son environnement naturel, de dépasser les contraintes imposées par la nature, d’enfreindre et d’enjamber toutes les formes de Rubicon qui entraveraient la marche de l’humanité vers le progrès. La folie du progrès s’est alors construite sur l’espoir illusoire d’une humanité dont la mission serait de conquérir un avenir toujours meilleur. Or ce méta récit du progrès commencé  avec les Philosophes des Lumières qui se poursuit avec les idéologies « darwiniennes » et marxistes est aujourd’hui bel et bien récusé par des réalités géopolitiques, climatiques qui contredisent les apports d’une conception évolutive du monde orientée sur la dimension de lendemains toujours meilleurs.

« Cette idée d’un progrès possible » comme le soulignait le philosophe français Jean-François Lyotard, « probable ou nécessaire, s’enracinait dans la certitude que le développement des arts, des technologies, de la connaissance et des libertés serait profitable à l’humanité dans son ensemble », et de poursuivre son propos en soulignant qu’ :« Après ces deux derniers siècles, nous sommes devenus plus attentifs aux signes qui indiquent un mouvement contraire. Ni le libéralisme, économique ou politique, ni les divers marxismes ne sortent de ces deux siècles sanglants sans encourir l’accusation de crime contre l’humanité. »

Or ce 2 Août 2018 est non seulement précédé par une période juillettiste caniculaire, période assez marquante puisque ce mois de juillet fut considéré par les services de Météo France comme le mois le plus chaud depuis 1900 mais le 2 août est celui du basculement d’un monde qui va vivre désormais à crédit.

En effet, l’humanité dans son ensemble sera (nous avons écrit l’article le 31 juillet 2018) le 2 août 2018, confrontée à un problème qualifié de majeur. Nous sommes en effet sur le point de basculer et de connaître une rupture hypothétique ou définitive des ressources. Si rien ne change, nous allons à partir de ce 2 août, vivre à crédit sur le dos d’une planète épuisée par un consumérisme criminel et sauvage, irresponsable et un capitalisme qui ne s’est donné aucunes limites pour exploiter les ressources de la terre afin de donner satisfaction à l’insatiable besoin de nouveautés, exprimée par la totalité de ses consommateurs. En écrivant cet article, nous nous inclurons nous-mêmes dans cette critique, car comme consommateurs, sommes-nous certains d’avoir su donner des limites à nos propres envies ?

La qualification de problématique cruciale pour l’ensemble de l’humanité n’est pas une formule de plus, une exagération résultante d’un cerveau échauffé par l’élévation des températures, non cette qualification de problématique majeure est reconnue par la totalité des experts. Cette question de survie de notre planète puisque il s’agit bien de survie, englobe bien la totalité des grands équilibres qui touchent aux écosystèmes de la terre.

La terre ne pourra pas être en capacité à subvenir à la demande et aux besoins de tous ses habitants. Le productivisme sans conscience vide les ressources naturelles, assèche, pollue, détruit nos écosystèmes, perturbe notre environnement.

Les dérèglements semblent aujourd’hui s’amplifier, pourtant nous n’incriminerons pas l’explosion démographique et comme parfois nous le lisons, l’explosion démographique c’est davantage de consommateurs et donc… » ! Pourtant dans notre propos, soyons très clairs nous récusons en effet cette approche malthusienne des sociétés occidentales qui bien assises dans le confort de leur modernité, pointent les familles nombreuses qui vivent en Afrique ou en Inde et prescrivent des programmes eugénistes.

Or ces programmes mortifères   conduisant à des centaines de milliers d’infanticides et d’avortements sont sources de problèmes sociaux et de drames familiaux. Cependant le monde occidental dans sa course au progrès se contre fiche des conséquences toxiques de ces programmes eugénistes et ce de manière totalement irresponsable. Nos sociétés plongées en effet dans l’opulence matérialiste et dans la course effrénée vers le progrès technique ne remettent pas en cause les options idéologiques liées à la vision progressiste de la vie sociale, elles n’entendent pas faire machine arrière. Notre mode de vie n’est pas ainsi négociable, il est ainsi exclu avec un certain cynisme, d’accueillir les immigrés victimes de nos conquêtes industrielles et de taquiner les humeurs sourcilleuses des dévots du progrès.

Ce 2 Août 2018 nous serons très probablement confrontés à un réel déficit écologique. Pourtant il est encore possible de remettre en cause nos choix en termes de modèles et d’emprunter les sentiers plutôt que les rails à grande vitesse ou autres autoroutes industrielles. Nous pouvons viser le choix d’un redimensionnement de nos échelles de valeurs, la modification de nos périmètres en termes de conquêtes et réduire les espaces pour nous concentrer sur des cultures à hauteur d’hommes respectueux de l’environnement et prenant en compte la dimension de toutes les formes de besoins. Nous pouvons chercher une alternative à la puissance technique dominatrice pour la mettre à contribution et rechercher ensemble la préservation d’une qualité de vie à dimension humaine et cela passe nécessairement par les gestes du quotidien, boire l’eau de notre robinet plutôt que d’acheter des bouteilles d’eau en plastique, acheter des légumes frais plutôt que de consommer des plats cuisinés, faire du covoiturage, inciter la ville ou la commune à léguer des terrains pour favoriser le déploiement des jardins partagés, développer des quartiers qui favorisent les rencontres et les proximités de voisinages pour des échanges de services… Mais ici nous laissons votre plume pour témoigner cette révolution du quotidien à laquelle nous convions tous les lecteurs de notre site….

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