Ce blog associe des hommes et des femmes issus des sciences sociales et sciences dures alertés par les changements sociétaux et technologiques en cours.
C’est ce qui s’appelle se prendre une sacrée soufflante! Dans un ouvrage mené comme une charge de cavalerie, Pierre Dumont et Denis de Kergorlay, deux hommes réputés pour leur modération, respectivement entrepreneur et président du Cercle de l’Union Interalliée, se livrent à un réquisitoire accablant contre l’un des mirages les plus répandus de notre époque: celui des éoliennes. Avec la rigueur de la logique et des enchaînements implacables, ils démontrent le coût insensé pour la collectivité de ces moulins à vent d’un nouveau genre.
EXCLUSIF – Dans un livre accablant, Pierre Dumont et Denis de Kergorlay dénoncent la multiplication de ces moulins à vent qui défigurent nos paysages et plombent notre économie. Ils accusent les pouvoirs publics d’une faiblesse coupable, et le lobby éolien de cynisme. Le Figaro Magazine publie quelques extraits de ce réquisitoire à lire d’urgence.
C’est ce qui s’appelle se prendre une sacrée soufflante! Dans un ouvrage mené comme une charge de cavalerie, Pierre Dumont et Denis de Kergorlay, deux hommes réputés pour leur modération, respectivement entrepreneur et président du Cercle de l’Union Interalliée, se livrent à un réquisitoire accablant contre l’un des mirages les plus répandus de notre époque: celui des éoliennes. Avec la rigueur de la logique et des enchaînements implacables, ils démontrent le coût insensé pour la collectivité de ces moulins à vent d’un nouveau genre.
Les risques de l’éolien
Dans cet article du figaro dont nous reproduisons ici un extrait Les auteurs de ce réquisitoire implacable expliquent comment des écolos dogmatiques sont parvenus à imposer ces moulins à vents d’un nouveau genre dans l’opinion publique.
Or pour les auteurs de ce livre le prix à payer de ce leurre écologique est exorbitant – tant sur des aspects économique, sanitaire, tant sur les turbulences associés à nos éco-systèmes…
Nous publions un extrait de cet article implacable et nous nous vous invitons à poursuivre cette lecture sur le blog du figaro !
Les passages sur l’impéritie des pouvoirs publics et sur la corruption des élus locaux sont éloquents. La puissance du lobby éolien fait froid dans le dos: elle est à l’origine d’innombrables dénis de démocratie dans nos campagnes, nos montagnes et nos bords de mer. Mais le combat n’est pas perdu. Car l’Espagne n’a pas le monopole des don Quichottes.
L’occultation systématique du risque sanitaire par le lobby éolien et ses organes officiels n’est pas sans rappeler les dénis tout aussi péremptoires des grandes marques de tabac ou de Bayer-Monsanto… dont on peut – hélas! – apprécier les résultats. Car pour ces cas révélés, il y a bien eu mort d’homme.
Un exemple? Pour s’opposer à l’augmentation de cinq cents à mille mètres de la distance minimum entre une éolienne et une habitation, les promoteurs éoliens et leur syndicat ont toujours nié le moindre risque mécanique inhérent aux éoliennes. Pas de chance pour eux: le 1er janvier 2018, une éolienne de soixante-deux mètres, pesant 260 tonnes, s’est effondrée à Bouin, en Vendée, au passage de la tempête Carmen. L’installation avait pourtant été placée «en position de sécurité», les pales parallèles au sens du vent et la nacelle bloquée. En 2016 et 2017, quatre éoliennes se sont effondrées dans des régions différentes, à cause de systèmes de régulation aérodynamique défectueux. D’autres accidents sont provoqués par des arrachements de pales, des incendies ou explosions des nacelles, ou projection, à plusieurs centaines de mètres, de blocs de glace en période hivernale…
L’Académie de médecine observe que se développe chez les riverains de ces installations un «syndrome des éoliennes»
Comme l’affirme l’Académie de médecine, se développe ici et là, chez les riverains des installations, ce que les médecins nomment un «syndrome des éoliennes», regroupant un ensemble de symptômes très divers. Ils peuvent être:
– «généraux», comme les troubles du sommeil, la fatigue, les nausées ;
– neurologiques, comme les céphalées, les acouphènes, les troubles de l’équilibre, les vertiges ;
– psychologiques, comme le stress, la dépression, l’irritabilité, l’anxiété, les difficultés de concentration, les troubles de la mémoire ;
– endocriniens, comme la perturbation de la sécrétion d’hormones stéroïdes ;
– cardio-vasculaires, comme l’hypertension artérielle, les maladies cardiaques ischémiques, la tachycardie ;
– socio-comportementaux, comme la perte d’intérêt pour autrui, l’agressivité, la baisse des performances professionnelles, les accidents et arrêts de travail, l’obligation de déménager, la dépréciation immobilière.
Certes, tous les riverains des éoliennes ne sont pas sujets à tous ces symptômes à la fois. Mais il suffit de constater leur apparition, dans un nombre significatif de cas, pour établir que l’installation d’éoliennes près des habitations constitue bel et bien un risque sanitaire, et qu’au titre du principe de précaution, tout devrait être fait pour qu’il ne se manifeste pas.
Où s’arrêter ? Faut-il interdire une trop grande ressemblance des robots avec les humains ? Qui doit poser les limites ? Raja Chatila, qui préside au sein de l’IEEE une initiative internationale pour « les considérations éthiques dans l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes », plaide pour un « code éthique », car « tout ce qui peut être fait n’est pas bon. Seule la protection des données personnelles fait aujourd’hui l’objet d’une régulation. Or, dans la communauté des chercheurs, certains n’ont pas conscience que leurs travaux peuvent être dangereux ».
Cette régulation doit venir« avant tout des citoyens », estime, de son côté, Véronique Aubergé, qui lance un appel pour que le débat ne reste pas « entre les mains des chercheurs, des entreprises ou des politiques qui font les lois. Les scientifiques ne peuvent pas dire ce qui est bien ou mal. Le débat doit devenircollectif ».A Grenoble, la chercheuse ouvre son laboratoire à « toutes les personnes confrontées à l’IA dans leur métier ou leur vie afin qu’ils puissent venir échanger sur ces travaux ».
Ce n’est pas tout. Le rapport que l’être humain entretient avec son environnement n’est plus similaire à celui du passé. Aux préoccupations habituelles du quotidien local succède la peur panique d’un lendemain généralisé. Et si tout disparaissait ? Et si tout n’était plus qu’une question de temps avant que l’homme ne mette fin à ses jours ? Et si le fait d’avoir inventé la bombe atomique lui faisait prendre conscience qu’il n’est rien comparé au reste de l’univers ?
L’article est extrait du blog QUADERNI lire la suite : https://journals.openedition.org/quaderni/770#bodyftn1
Assurément le monde est en train de changer, tout semble aller vraiment plus vite. Et pour ne prendre que l’exemple des États-Unis, il est clair que la fin du XIXe et le XXe siècles ne ressemblent en rien au temps précédents. Un changement d’échelle a eu lieu. Que ce soient avec l’industrie des chemins de fers et l’ouverture de la première ligne transcontinentale, la conquête de l’ouest et la fièvre de l’or, les premiers puits de pétrole et le développement de l’automobile, la mise en service du télégraphe et l’amélioration des moyens de communication, ou la mécanisation et la rationalisation des moyens de production, le constat est toujours le même : la société des hommes est entrée dans une nouvelle ère. Les conflits ne sont plus semblables : de la guerre de Sécession à la Seconde guerre mondiale, l’écart est effectivement énorme.
Ce n’est pas tout. Le rapport que l’être humain entretient avec son environnement n’est plus similaire à celui du passé. Aux préoccupations habituelles du quotidien local succède la peur panique d’un lendemain généralisé. Et si tout disparaissait ? Et si tout n’était plus qu’une question de temps avant que l’homme ne mette fin à ses jours ? Et si le fait d’avoir inventé la bombe atomique lui faisait prendre conscience qu’il n’est rien comparé au reste de l’univers ? Ce message, les Américains auront l’occasion de l’entendre encore et encore, nombre de savants cherchant à alerter l’opinion publique sur des sujets que la science n’avait pourtant pas l’habitude de traiter jusqu’ici.
S’il ne fallait en retenir qu’un parmi tous ceux que le devenir de la planète inquiète, ce serait sans doute Norbert Wiener (1894-1964). Ce mathématicien de génie a très mal vécu l’horreur de la Seconde guerre mondiale. Comme beaucoup de ses compatriotes, il n’imaginait pas jusqu’à quel point l’homme de science est capable de détruire son prochain. Hiroshima et Nagasaki : deux noms qui, aujourd’hui encore avec les atrocités nazies, hantent la mémoire collective. Wiener (qui refuse de participer au projet de la bombe atomique) veut éviter que l’histoire ne se répète, auquel cas, l’humanité ne s’en relèverait pas. Ce scientifique de renom n’hésite pas à réutiliser ce qu’il a élaboré du temps où l’armée américaine cherchait à lutter efficacement contre l’aviation allemande, en 1943. La manière avec laquelle il entend alors gérer le problème n’a rien d’habituel, car plutôt que de se concentrer uniquement sur l’objectif à atteindre, comme le veut la procédure, Wiener cherche à mettre au point un engin de tir antiaérien capable d’anticiper les moindres faits et gestes de l’adversaire. Le dispositif mis en place a pour objectif de prédire le comportement du pilote et de sa machine avant même de connaître la position de la cible à atteindre. Ainsi, l’ennemi est considéré comme un simple calcul qu’il faut résoudre au plus vite. L’idée est de s’appuyer sur une base probabiliste afin de limiter au maximum la part d’inconnue que comporte une telle équation.
Point de départ d’une nouvelle technique essentiellement basée sur l’échange d’information, la guerre a ainsi fini par engendrer un nouveau rapport homme-machine. En 1948, Wiener donne un nom à ce rapport particulier après en avoir longtemps discuté avec d’autres de ses collègues.
2N. Wiener, Cybernetics : or Control and Communication in the Animal and the Machine, Paris, Herman (…)
Ce sera la « cybernétique ». Il le justifie dans l’introduction de son premier livre : « Nous avons décidé d’appeler la totalité du domaine de la théorie du contrôle et de la communication, aussi bien pour la machine que chez l’animal, du nom de cybernétique, que nous formons à partir du grec χυβερνήτης ou pilote. »2. Jugé trop pointu par certains côtés, l’ouvrage n’en demeure pas moins fondateur d’une discipline basée sur la communication et la régulation des messages. Sachant que Wiener considère ici comme vivant ce qui est susceptible de générer une information. Tout juste accorde-t-il à ses semblables la faculté de traiter les messages complexes. L’homme, cet animal comme les autres, n’échappe donc pas à la règle. En effet, qu’importe la nature de celui que l’on a en face de soi, pourvu qu’il nous réponde afin que nous puissions à nouveau lui adresser un message en retour, corrigé par l’apport d’information reçue : c’est le principe de la rétroaction. Il existe un lien de causalité circulaire entre l’échange continu d’information et le rapport stimulus-réponse, lequel est différent du simple réflexe conditionné puisque l’émetteur-récepteur, homme ou machine, est capable d’adapter en temps réel son comportement en fonction de l’environnement.
13Avec Wiener, le paradigme cybernétique paraît se suffire à lui-même. C’est l’information qui prime sur les moyens de communication en tant que tels. Entre-temps, la guerre froide a débuté. Un climat de peur et de délation s’installe. Les milieux intellectuels, politiques et artistiques sont touchés. Tout le monde surveille tout le monde
« La cité rationnelle » comme l’écrit Jacques ELLUL, a une forme utopique, le meilleur des mondes, celle de l’égrégore, l’égrégore qui est une collectivité universelle bienveillante, pour tous, la bienveillance du communisme numérique en quelque sorte.
Dans cette cité numérique mais en réalité « dystopique », le pire des mondes, nous devenons les objets d’un système technicien nous liant tous aux projets d’une société virtuelle et déshumanisante. Cet égrégore ne fait plus de l’homme un être incarné dont il conviendrait de prendre soin, un être d’abord de relations, mais fait de lui, une matière connectée à d’autres matières.
L’insistance concernant la critique du système technicien peut étonner, parfois agacer mon lecteur mais n’a pas d’autres objectif que d’enfoncer en quelque sorte le clou. La révolution technique est en effet à mon sens totale, elle vient comme absorber, consommer, l’identité de l’homme dans l’ensemble des composantes liées à son humanité, sa vie sociale et culturelle. Je rentrais en effet hier d’un enterrement, ce sont des moments qui paradoxalement vous ramènent souvent à la vie, à la vraie vie et sur le trottoir que j’empruntais, une jeune femme avait ses yeux rivés sur l’écran et avançait d’un pas rapide mais sans prendre garde à son environnement, j’ai dû m’écarter face à son indifférence tant elle semblait absorber sans doute, par les textos lus et je lui fis remarquer que la vraie vie était ailleurs mais pas dans les écrans …
L’homme est ainsi comme environné, ingéré puis envoûté par la technique… N’est-ce pas Jacques ELLUL qui partagea son scepticisme vis-à-vis de la technique en déclarant ceci :
« Je me méfie totalement de tout le mouvement utopiste, car il n’évitera pas le piège de la reconstruction de la cité rationnelle et parfaite, c’est-à-dire où la Technique sera Tout et en Tous. ».
« La cité rationnelle » comme l’écrit Jacques ELLUL, a une forme utopique, le meilleur des mondes, celle de l’égrégore, l’égrégore qui est une collectivité universelle bienveillante, pour tous, la bienveillance du communisme numérique en quelque sorte.
Dans cette cité numérique mais en réalité « dystopique », le pire des mondes, nous devenons les objets d’un système technicien nous liant tous aux projets d’une société virtuelle et déshumanisante. Cet égrégore ne fait plus de l’homme un être incarné dont il conviendrait de prendre soin, un être d’abord de relations, mais fait de lui, une matière connectée à d’autres matières : smartphone, tablette, montre digitale, carte à puce et demain qui sait son propre corps connecté…
J’ose ici le proclamer que l’humanité qui a voulu l’égalité avec Dieu est en passe de vivre « la honte prométhéenne » en ce sens qu’après avoir créé son Golem, fasciné par sa créature, il lui cède en quelque sorte son âme en nous partageant une perplexité, il a été capable d’être l’auteur de quelque chose qui le dépasse désormais, sans comprendre que lui-même fut aussi créé de peu inférieur à Dieu.
L’homme démiurgique finit en fin de compte par adorer sa propre créature. Finissant ainsi par gommer Dieu, déclarant même sa mort. L’humanité a pris sa revanche, elle a enfin chassé Dieu de sa cité, elle est sur le point d’adorer une nouvelle idole et de reconstruire un monde idéalisé, un nouvel EDEN, un nouveau monde célébrant le progrès, signant en quelque sorte la fin d’une partie de son humanité… Voilà ce que nous pouvons appeler « la honte prométhéenne » que décrivit fort bien le philosophe Allemand Günther Anders.
Ainsi comme l’écrit Bernard Charbonneau dans un texte que nous avons récemment publié sur ce blog,
« Il nous faut le temps d’oublier l’ancien Dieu pour nous en fabriquer un nouveau et recréer totalement l’univers à son image. La Totalité sur terre : depuis l’alpha du réel jusqu’à l’oméga du vrai ? Nous n’aurons de cesse que nous ne l’ayons atteinte. Voilà l’entreprise raisonnable dans laquelle l’âge de raison a engagé l’humanité. »
Enfin la révolution numérique, ce phénomène brutal et massif se déploie aujourd’hui sous nos yeux comme une véritable déferlante, phénomène qui est sur le point de remodeler la société de demain. Sa dynamique propre et la vitesse à laquelle elle s’étend sont de nature à rebattre toutes les cartes de la vie et de l’organisation sociale. Chaque révolution industrielle s’est enfin de compte, accompagnée autrefois d’une restructuration de la vie sociale, chaque révolution industrielle a imposé une forme de réadaptation de la vie et des rapports aux autres.
La rapidité avec laquelle les innovations du monde numérique s’étale aujourd’hui ne laissera dès lors aucun répit, d’où une désorientation sociale et psychologique qui sera sans précédent dans l’histoire. Le monde numérique est en train de casser les repères culturels qui avaient été à présent les nôtres ; le nouveau monde qui se déploie sous nos yeux est sur le point d’être recomposée avec de nouvelles règles, de nouveaux codes, une nouvelle normalisation, de nouvelles oligarchies (les scientistes) dont les projets autour de la technicité sont de nature à fragiliser, à déconstruire l’homme, à renverser les valeurs, les tables de l’ancien monde, leurs hiérarchies, leurs institutions.
Enfin pour conclure une grande partie du livre est consacrée à cette dimension « Qu’est-ce que l’homme ? » Nous traitons largement de l’anthropologie Chrétienne, je vous invite notamment à découvrir le texte de Gérald PECH un authentique bijou théologique … merci de m’avoir lu et surtout de lire ce livre « La déconstruction de l’homme »!
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Initialement publié sur Les Amis de Bartleby : Versioin imprimable de L’IA pour nous Jean-Philippe Qadri L’IA pour nous (Inédit, été 2018) ? Il nous faut le temps d’oublier l’ancien Dieu pour nous en fabriquer un nouveau et recréer totalement l’univers à son image. La Totalité sur terre : depuis l’alpha du réel jusqu’à l’oméga du vrai ?…
Un excellent article que je vous recommande chers lecteurs…
Il nous faut le temps d’oublier l’ancien Dieu pour nous en fabriquer un nouveau et recréer totalement l’univers à son image. La Totalité sur terre : depuis l’alpha du réel jusqu’à l’oméga du vrai ? Nous n’aurons de cesse que nous ne l’ayons atteinte. Voilà l’entreprise raisonnable dans laquelle l’âge de raison a engagé l’humanité.
Bernard Charbonneau, Prométhée réenchaîné, 2001, p. 67.
Je me méfie totalement de tout le mouvement utopiste, car il n’évitera pas le piège de la reconstruction de la cité rationnelle et parfaite, c’est-à-dire où la Technique sera Tout et en Tous.
Jacques Ellul, le Système technicien, 1977, p. 286.
Le 8 septembre 2017, Cédric Villani, mathématicien et député LREM de l’Essone, est chargé par le Premier ministre Édouard Philippe de conduire la mission sur la mise en œuvre d’une stratégie française et européenne…
Voilà qui est rassurant ! Faute de savoir qui nous sommes, nous allons enfin savoir avec précision où nous sommes. On sait que la localisation géographique d’un individu est devenue aujourd’hui une préoccupation « majeure ». Elle supplante même la préoccupation de sa santé. En effet, si l’on suit une conversation par téléphone portable, elle commence en général par « t’es où ?» plutôt que par « Comment ça va ? ». On me dira que c’est là la conséquence de la mobilité croissante des individus. Pas si sûr, car lorsqu’on y regarde de près la prétendue mobilité dont on nous rebat les oreilles n’est pas aussi fréquente que cela. C’est ce que j’appelle l’effet « mobile-homme » ou l’homme mobile-immobile proche du « mobil-home », la maison à roulettes dont l’argument de vente principal tient dans la possibilité qu’elle offre d’être déplacée alors que dans les faits 90 % d’entre elles restent immobiles !
Didier Martz
Philosophe
425* – Le GPS
GALILEO est le GPS européen. Un système de positionnement doté de quelques 30 satellites qui coûte quelques 4 milliards d’euros et concerne environ 200 millions d’européens. Il est destiné à plusieurs utilisations. J‘en retiens une en particulier souvent mise en avant pour vanter les mérites de ce nouveau système : la possibilité pour les gens de se localiser avec une précision de l’ordre de 1 mètre (nettement meilleure que le GPS classique qui fournit une précision de 20m).
Voilà qui est rassurant ! Faute de savoir qui nous sommes, nous allons enfin savoir avec précision où nous sommes. On sait que la localisation géographique d’un individu est devenue aujourd’hui une préoccupation « majeure ». Elle supplante même la préoccupation de sa santé. En effet, si l’on suit une conversation par téléphone portable, elle commence en général par « t’es où ?» plutôt que par « Comment ça va ? ». On me dira que c’est là la conséquence de la mobilité croissante des individus. Pas si sûr, car lorsqu’on y regarde de près la prétendue mobilité dont on nous rebat les oreilles n’est pas aussi fréquente que cela. C’est ce que j’appelle l’effet « mobile-homme » ou l’homme mobile-immobile proche du « mobil-home », la maison à roulettes dont l’argument de vente principal tient dans la possibilité qu’elle offre d’être déplacée alors que dans les faits 90 % d’entre elles restent immobiles !
Revenons au guidage par satellite, GPS ou Galiléo. Après la mort de Dieu maintes et maintes fois annoncée, le monde désenchanté et la crise des valeurs, l’homme s’est senti perdu. Fort heureusement, le GPS est venu à son secours. Automobiliste, il lui permet de retrouver facilement le chemin de sa boulangerie ou celui l’école de ses enfants (c’est l’usage majoritaire du GPS dans un périmètre de 500 mètres). Piéton, il peut enfin sur l’écran de son téléphone portable se déplacer sur les trottoirs de la ville sans risque d’erreur.
Voilà un grand progrès qui illustre, si l’on veut bien l’entendre, la logique du monde technicien dont la raison profonde est l’intensification des moyens sans souci des fins et du sens. Il suffit de poser la question du « pourquoi ?» de ses productions pour mesurer l’inutilité radicale de la plupart d’entre elles et sombrer dans un abîme de non-sens.
De plus, l’objet technique n’est pas neutre. Le GPS, comme beaucoup d’autres, accentue la rupture du lien social et isole l’homme en le repliant sur sa machine. Alors que l’être humain, sans doute depuis toujours, a demandé à un autre être humain son chemin, géographique ou spirituel, pour qu’il guide ses pas. Car l’homme doit toujours pouvoir penser qu’il peut se perdre, que le monde est incertain. C’est ce qui permet l’adresse à l’autre et l’exercice possible d’une liberté.
Certes, il sait désormais en permanence où il est mais s’offre aussi au regard de tous : à chaque fois qu’il allume son téléphone mobile ou son GPS, on peut savoir où il est. Transparence totale, il abandonne ainsi un autre élément constitutif de sa personne : le secret.
Didier Martz, philosophe
Mercredi 26 Septembre 2019
Dix ans de chroniques « Ainsi va le monde » à retrouver bientôt en livre.
Etienne Klein s’interroge sur le sens du progrès si la promesse de l’homme bionique ne comporte pas en soi l’absurdité et évoque la honte prométhéenne … La honte prométhéenne a été défini par le philossophe Günther Anders comme « la honte qui s’empare du « honteux » (« beschämend ») devant l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même fabriquées ». L’homme crée des programmes informatiques comme l’intelligence artificielle qui le dépasse et l’humilie aujourd’hui. L’intelligence artificielle fascine, stupéfie, voir même hypnotise l’humanité en regard des prouesses techniques qu’elle peut accomplir mais terrorise également l’homme.
Le transhumanisme est-il un progrès ?
Le philosophe des sciences Etienne Klein s’interrogeait sur le sens du progrès si la promesse de l’homme bionique ne comportait finalement pas en soi l’absurdité. Le philosophe évoquait la dans une conférence, la honte prométhéenne … La honte prométhéenne a été défini par le philosophe Günther Anders comme « la honte qui s’empare du « honteux » (« beschämend« ) devant l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même fabriquées ». L’homme crée ainsi des programmes informatiques comme l’intelligence artificielle qui le dépasse et l’humilie aujourd’hui. L’intelligence artificielle fascine, stupéfie, hypnotise voir même envoûte l’humanité en regard des prodiges et des prouesses techniques qu’elle peut accomplir mais potentiellement le terrorisera également en généralisant la reconnaissance faciale, le « tracking » des individus .
L’homme expérimente ainsi et à travers ses propres créations comme une forme d’aliénation de lui même, une perte de sa propre identité, comme ayant perdu une part ou la totalité de son humanité, lorsque il se sent comme dépassé, pire, submergé par sa propre création qui l’anéantit , le prive de sa dimension ontologique. L’homme ayant perdu tout lien et toute relation avec une dimension qui le transcende, se sent comme, déboussolé puis désarçonné de créer des produits qui seront amenés demain à le dépasser et à l’anéantir du fait qu’il est renoncé lui même à croire qu’il fut créé…. L’absurdité d’avoir songé que lui n’est que le fruit d’un assemblage hasardeux capable d’engendrer au travers de sa propre science son Golem !
Le mérite de ce livre collectif, n’est pas seulement de diagnostiquer avec lucidité les maux qui nous menacent. C’est aussi de proposer des solutions concrètes et d’apporter des remèdes. Bergson disait déjà que ce qui est condamnable dans le progrès technique, ce n’est pas tant la technique en elle-même que le déséquilibre qui risque toujours de s’instaurer entre la puissance matérielle dont l’homme dispose (le corps) et sa croissance morale et spirituelle (l’âme). Tout se passe comme si l’âme de l’homme était devenue trop petite dans un corps démesurément trop grand pour elle. Ce à quoi nous invitait Bergson, c’était dès lors à donner au progrès technique un « supplément d’âme » qui puisse permettre à l’homme de reprendre le contrôle de ses instruments. Il faut, disait-il dans Les deux sources de la morale et de la religion, que « la mécanique soit animée par un mystique ». Mais quelle « mystique » pourrait-elle enrayer ce désir de toute-puissance qui est au cœur de la technique, et qui nous amène à craindre que tout ce qui est techniquement faisable soit un jour réalisé, comme l’affirme la règle de Gabor ? Éric Lemaître puise dans sa foi chrétienne, qui anime et vitalise toute sa pensée, le remède à cette volonté de puissance : seule une « éthique de la non puissance » (pour reprendre une expression d’Ellul) peut mettre fin à ce fantasme de toute puissance….
Notre civilisation sera-t-elle demain, celle des machines dominée par la puissance financière lobotomisant les esprits pour asservir nos âmes ?
Déconstruction de l’homme, mutations, singularité technique, transhumanisme, nouvelle anthropologie, économie virtuelle, totalitarisme du Web, modification génétique, eugénisme.
Cet ouvrage collectif associe des hommes et des femmes issus des sciences sociales et sciences dures alertés par les changements en cours.
L’ouvrage vient de paraître (12 octobre 2018) aux Editions La Lumière et peut directement être commandé en ligne sur Lulu au prix de 23 euros HT. Il sera prochainement disponible sur Amazon et d’autres plateformes marchandes en ligne.
Le dépliant promotionnel A5 peut être téléchargé ici.
Je vais donc partir du problème de la place croissante qu’occupent les robots dans notre monde quotidien. Le premier choc passé, nous sommes désormais tous accoutumés à suivre au téléphone les instructions de voix préenregistrées, à obéir dans notre voiture au bip nous ordonnant d’accrocher notre ceinture de sécurité, ou à exécuter les tâches demandées par l’écran tactile de nos distributeurs d’argent. De plus en plus, nous obéissons aux injonctions des machines.
Ce sont là de petites habitudes qui se sont immiscées dans notre vie quotidienne, et qui nous ont rapidement accoutumés à vivre en partenariat avec elles. Un pas supplémentaire a été franchi avec l’apparition des robots ménagers, tels ces robots-aspirateurs qui reniflent toute la surface de notre appartement en notre absence.
Mais tout ceci n’est rien à côté du monde peuplé d’androïdes dont on prédit qu’ils seront bientôt chargés d’accompagner nos vieillards, de garder nos enfants, de combattre l’ennemi, d’assister les grands blessés, de garder les prisons, de conduire nos voitures, de surveiller les musées, de régler la circulation, avant qu’ils ne se démocratisent en compagnons de notre vie quotidienne, veillant sur notre sommeil et notre bonne humeur, réglant nos tâches administratives tout en se souciant de notre hygiène corporelle et de notre équilibre diététique.
Ils pourront recruter le personnel en sélectionnant les CV, ou être membres de conseils d’administration. Un jour viendra peut-être où l’on pourra épouser son robot, suite logique de ce concubinage pour le meilleur et pour le pire…
L’imagination des chercheurs couplée au capitalisme intelligent n’a guère de limite dès lors qu’il s’agit de fantasmer un monde allégé nous libérant au maximum technologique possible des contraintes matérielles et corporelles qui nous enchaînent au monde.
Il sera facile toutefois de montrer alors que cette libération se retourne dialectiquement en asservissement, que des chaînes ont été échangées pour d’autres et que viendra un jour où s’élèvera un autre horizon, celui où il faudra se libérer de la technologie elle-même. Mais tel n’est pas mon propos ici. J’aimerais plutôt attirer l’attention sur le fait qu’aucune de ces machines n’est éthiquement neutre. Aucune thèse n’est à mon sens plus fausse et plus malfaisante que la thèse de la neutralité éthique dela technique qu’on entend régulièrement : « les outils sont moralement neutres ou indifférents, c’est l’usage qu’on en fait qui est bon ou mauvais ». Les outils font partie d’un système – Jacques Ellul l’a suffisamment montré, et de façon convaincante –, et le système façonne les gens qui y sont intégrés, les obligeant à partager les normes et valeurs qui le sous-tendent : rien n’est neutre là-dedans. Certes, utiliser un robot aspirateur nous débarrasse d’une corvée, et on dira que c’est bien, d’un point de vue simplement utilitaire : on a l’impression que, pris isolément, c’est un simple outil nous débarrassant d’une corvée répétitive. Mais même dans un cas aussi anecdotique, les choses ne sont pas si simples. Car ce qu’on appelle « corvées » participe en réalité à notre rapport au monde, à la manière dont nous sommes connectés à notre environnement le plus direct. Imaginons un instant que toutes les tâches ménagères soient désormais assumées par des robots : quel type d’humains fabriquerions-nous ?
Des humains déconnectés d’un monde qu’ils n’habitent plus, des humains qui n’auraient plus à lutter contre l’usure, la salissure ou la dégradation des choses… Des humains ayant repoussé le cours naturel du monde, ayant en quelque sorte immunisé leur existence face aux cycles immuables des processus vitaux. Le robot aspirateur a donc un impact anthropologique qui n’a rien de neutre, malgré les apparences.
La question n’est pas de faire l’éloge des corvées, naturellement, d’autant que l’humanité trouve toujours le moyen de les faire exécuter par des plus dépendants que soi. Mais il s’agit de mettre en évidence la signification de quelque chose d’aussi apparemment insignifiant que les corvées quotidiennes, qui recèlent en réalité toute une éthique de notre rapport au monde. On voit en quoi la thèse, ou le lieu commun, de la neutralité éthique de la technique est fondamentalement erronée.
Il n’y a évidemment aucune intention mauvaise à utiliser un aspirateur-robot ; mais cet usage n’est pas éthiquement neutre pour autant, puisqu’il porte en germe l’idée d’une humanité découplée de l’inertie propre de la vie, qui est, aussi, usure et dégradation ; d’une humanité qui serait affranchie de ce que Hannah Arendt appelait le travail (mais elle est la seule à l’appeler ainsi ; je l’appelle « corvées »), c’est-à-dire l’ensemble des activités nées de la nécessité de tenir tête aux « cycles perpétuels de la nature8 » qui toujours menacent notre monde de corruption. Poussé à la limite, l’usage généralisé de ces libérateurs de corvées dessine le projet d’une humanité hors-sol, flottant confortablement au-dessus d’un monde dématérialisé et insipide.
Nous n’en sommes certes pas là, mais tel est bien le monde qu’on nous prépare, le monde auquel on nous accoutume peu à peu. Ce techno-monde robotisé avance tout seul, par capillarité ou par logique systémique, petits pas par petits pas, sans que personne ne l’ait réellement voulu, alors même que chacun y contribue chaque jour sans le savoir. Chaque achat d’un objet technologique vaut comme acquiescement tacite à un projet qui n’a été le dessein de personne mais que nous n’avons plus le choix de ne pas vouloir, alors même qu’il détermine nos existences comme jamais. Nous alimentons le système, alors que personne ne nous a jamais demandé si c’est bien là le système que nous voulions, si c’est bien le mode de vie que nous souhaitions pour nous-mêmes et nos enfants. Nous n’avons donc aucune emprise éthique sur nos modes de vie, alors que ce sont eux qui conditionnent le plus notre existence.
Certes, à chaque nouvelle mise sur le marché, on se préoccupe de l’innocuité éthique de la nouvelle invention, on crée des commissions pour garantir le respect informatique de nos vies privées et on veille à ce que la sécurité des usagers finaux soit garantie. Mais voici le problème : alors même que les règlements éthiques bourgeonnent, on ne peut plus traiter de la question éthique fondamentale, de la question de savoir si c’est bien là le monde que nous voulons, un monde peuplé de robots ; si ce mode de vie est bien celui que nous choisirions, un mode de vie fait d’interactions avec des cerveaux programmés ; si cette société est bien celle que nous souhaiterions, une société où l’on abandonne les plus vulnérables – vieillards, enfants, malades – aux machines, parce qu’on n’a pas le temps de s’en occuper. Voilà donc une illustration spectaculaire du formidable paradoxe éthique sous lequel nous vivons : dans le respect éthique scrupuleux des droits individuels, on nous prépare un monde qui est peut-être éthiquement détestable. Et ce paradoxe a quelque chose de tragique, dès lors qu’on nous nous présente l’avancée de ce monde technologique comme inéluctable.
Alors que le GIEC a rendu son rapport ce lundi 8 octobre 2018 sur les effets d’un réchauffement de 1,5 °C des températures mondiales, soulignant notamment la distorsion des équilibres vitaux résultant du réchauffement climatique. Réchauffement climatique dont la source ou l’une des sources, est bien d’origine anthropique résultant d’une activité industrieuse toujours croissante.
Dans ces contextes de dérèglement climatique, rappelons-nous ou remémorons-nous ce texte magistral de Ivan Illich écrit en 1973, texte qui tonnait comme une forme d’alarme, un avertissement sans appel. Ivan Illich dans un livre grave « La convivialité » s’inquiétait alors, 45 ans plus tôt, des pollutions urbaines qui envahissaient la ville de Mexico. Ivan Illich écrivait ceci « La terre est notre demeure et voici que l’homme menace sa demeure ».
En 1973 le propos de l’auteur du livre « La convivialité » n’avait pas pris cette ampleur planétaire que connait aujourd’hui le rapport du GIEC publié voici quelques jours et remettant en cause nos modèles de croissance !
Or je reste stupéfait par les commentaires des hommes ou femmes épousant les idéologies progressistes qui ont relayé le rapport de ce groupe d’experts qui est une émanation de l’Organisation météorologique mondiale, et ces mêmes progressistes de se joindre ainsi aux propos alarmistes du GIEC, lançant la même alerte mais nullement ne remettent en question et en profondeur, le système technicien coupable aujourd’hui de fragiliser nos éco systèmes.
Ivan Illich s’insurgeait déjà en 1973 contre la perversion de l’outil et le déterminisme du progrès technologique qui a malmené notre terre (j’emploie le terme de déterminisme à dessein, dans le sens où la technologie contribue largement à façonner nos modes de vie). Ce déterminisme technologique qui est donc en vogue, soutenu par l’idéologie du progrès et les tenants d’un transhumanisme, en appelle au développement des outils services pour augmenter les bienfaits du confort, réduisant toutes la corvéabilité, source de fatigue ou de charges, pour l’homme, mais qui paradoxalement engendre son isolement et saccage les sols.
Comme le soulignait une thèse de doctorat, « La prise de conscience d’une crise environnementale majeure ainsi que la numérisation croissante de nos modes de vie ne constituent-ils pas deux éléments saillants des transformations actuelles de notre société ». Or qui osera comprendre que la nature du lien entre ces deux facettes de notre société doit sérieusement nous questionner sur les enjeux écologiques des technologies numériques qui à terme seront de nature à perturber les écosystèmes humains comme ceux concernant la faune et la flore .
Pour l’essayiste Ivan Illich, l’industrialisation du monde et notre modèle économique sont responsables de la dégradation de l’environnement. Le problème n’est pas la démographie mais bien la surabondance de consommation, la délectation que nous avons de consommer les biens. Nous sommes dispendieux et si insouciants entraînes par la folie du progrès, le dérèglement dément de ce néo libéralisme sauvage qui nous invite à posséder ce qui n’est pas nécessaire en réalité à notre existence et à la relation entre les hommes.
Ainsi comme l’écrit Ivan Illich « la surabondance oblige chacun à dépenser plus d’énergie, et l’outil destructeur dégrade sans bienfait cette énergie ».
Selon l’auteur de l’essai sur la Convivialité, la seule solution à la crise écologique serait que nous prenions soin des uns et des autres. « Une telle inversion de vue réclame de qui l’opère du courage intellectuel. En effet pour Ivan Illich, celui qui défendrait un tel point de vue, s’exposerait aux plus virulentes et violentes critiques, insinuant notre obscurantisme et absence totale d’éclairage. « Il sera traité d’obscurantiste opposé à l’école, au savoir et au progrès »
Ainsi la restauration d’un rééquilibrage de notre environnement, de notre habitat (oïkos en grec) de notre « maison » dépendra de la capacité que nous aurons à résister selon Ivan illich contre « la progressive matérialisation des valeurs, leur transformation en tâches techniques ».