Le grand penseur de l’écologie : Bernard Charbonneau …

Auteur Bernard Charbonneau

L’Émeute et le Plan

(1968)

Le monde où nous vivons se caractérise par deux aspects superficiellement contradictoires, mais profondément liés : un désordre et un ordre extrêmes. Des sociétés libérales où les religions et les morales traditionnelles sont contestées au nom de la liberté de l’individu coexistent avec des régimes totalitaires. Et à l’intérieur même des sociétés industrielles de type occidental, le désordre contraste avec l’ordre. Tandis que la critique et l’imagination poussées jusqu’au bout mettent en cause la raison et le langage dans le domaine littéraire, dans le domaine scientifique la logique la plus rigoureuse règne, et elle s’exprime dans un langage mathématique encore plus abstrait et contraignant que l’ancien. Les vérités religieuses et morales qui avaient jusqu’ici fondé les sociétés sont mises en cause à la fois par les progrès des sciences et le besoin de liberté, les mœurs semblent infiniment plus libres que dans le passé ; mais le conformisme recule au moment où les mœurs s’uniformisent ; et si l’enfant et la femme s’émancipent de la famille, ils n’en sont que d’autant plus soumis à l’État ou au métier.

L’ordre industriel progresse dans le chaos qu’il engendre ; comme une armée disciplinée s’avance dans la nuée des explosions et des ruines, notre société avance en détruisant les équilibres naturels ou sociaux. Dans la France du pouvoir personnel et de la technocratie, les événements de mai ont fait éclater ce contraste au grand jour. D’une part le renforcement de l’État, le Plan sous le signe des ordinateurs, de l’autre le vide et la négation : la révolte pure ; jamais émeute ne fut aussi irrationnelle dans une société aussi rationnelle. Mais si de Gaulle aboutit aux barricades, les barricades ramènent à de Gaulle.

L’ordre et le désordre sont liés, comme la thèse à l’antithèse. En prenant pour exemple la crise de mai, je vais maintenant m’efforcer de montrer comment, et pourquoi ….

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https://lagrandemue.wordpress.com/2018/06/18/lemeute-et-le-plan/#more-1286

Science fiction et Transhumanisme : ‘La Musique du Sang’ de Greg Bear

Greg Bear est un romancier de science-fiction américain, un romancier d’anticipation du futur puisqu’il écrit un livre qui sera publié en 1985, intitulé la « Musique du Sang » un roman qui reçut plusieurs prix littéraires couronnant des œuvres de science-fiction.

Le roman de science-fiction met en scène un chercheur généticien qui invente des ordinateurs biologiques à l’échelle d’une cellule humaine, ce qui pourrait s’apparenter aujourd’hui à l’ensemble des études et des procédés de fabrication, de manipulations de structures physiques, biologiques et de systèmes matériels à l’échelle du nanomètre.

Le roman écrit par Greg Bear est de fait bel et bien un roman d’anticipation du futur et qui touche en quelque sorte à l’ingénierie moléculaire et l’incorporation de matériaux nanotechnologiques qui s’appliqueront demain au corps humain.

Le chercheur en génétique est menacé par son entreprise de licenciement après sa découverte inquiétante, le généticien (docteur folamour) décide alors de s’implémenter, d’injecter et d’incorporer ces ordinateurs de la taille d’une cellule humaine, dans son propre corps après sa rupture de contrat avec son laboratoire.

Ce généticien qui dans le roman de Greg Bear est appelé Vergil Ulam est myope, après avoir inoculé ce qui s’apparente aujourd’hui à un « micro » système informatique nommé noocyte; constate qu’il est guéri de sa myopie, il est conduit à être tenté d’injecter dans sa peau ses créations informatiques, ces noocytes, puis il fait au fil de ses injections le constat, d’une augmentation de sa puissance, de sa toute puissance.

Puis peu à peu ses inventions noocytes se substituent à son corps biologique. Les « perfusions » répétées de ces systèmes sont sur le point de muter, d’opérer une transformation radicale de son corps, celles-ci métamorphosent son être tout entier, un peu comme dans le roman de Kafka, il se transforme en une forme de « vermine monstrueuse », de bête immonde, une galaxie de noocytes conscients d’eux-mêmes. Le corps devient au fur et à mesure un système embarqué avec des éléments matières qui interagissent d’elles-mêmes, avec le monde qui les environne et en impactant tout le milieu naturel avec lequel ces noocytes sont en contact.

Le roman montre que finalement ces cellules métamorphosées commencent peu à peu à manipuler leur environnement et c’est une véritable pandémie qui gagnera le monde. Le romancier Greg Bear théorise ces galaxies de mondes noocytes comme des éléments qui dans un monde dystopique anéantissent le vivant, l’humanité devenue impuissante avec une création qui lui a littéralement échappé.

De fait et au-delà d’un roman qui décrit un monde finalement transhumaniste qu’il est prégnant, que l’incorporation, l’injection de matériaux nanotechnologiques notamment ce que l’on appelle les nanoparticules engendreront demain des inquiétudes évidentes. Les applications qui seront permises du fait de la maîtrise de systèmes matériels biologiques à l’échelle du nanomètre, légitiment les appréhensions les plus prudentes.

La vision dystopique et cauchemardesque du Romancier américain nous renvoie de fait à l’ensemble des réflexions que nous partageons concernant la folie transhumaniste qui rêve d’amélioration de l’être, si certes, le scénario entrevu par Greg Bear différera de  ce qui est sorti de l’imaginaire de l’auteur du « Sang de la musique », il n’en demeure pas moins que la symphonie  transhumaniste montre bel et bien la perversion ontologique susceptible d’être engendrée en combinant matière et vivant en visant l’augmentation de l’homme et en réduisant le vivant à de vulgaires pièces de lego. Et si ces micro pièces technologiques d’un étrange puzzle biologique infiniment petit ne venaient pas finalement à dompter demain l’homme ?

Le programme biométrique des enjeux funestes

L’identification biométrique connait un essor mondial, considérable et notamment dans un grand nombre de Pays Asiatiques, les brevets biométriques déposés en Chine, au Japon, en Corée témoignent d’un intérêt manifeste pour ce type de technologie, mais l’identification biométrique enregistre également un regain d’intérêt sur l’ensemble de la planète.

Que ce soit pour les tablettes numériques, les cartes bancaires avec empreinte digitale, les smartphones, les voitures, la sécurisation des paiements sur Internet, le paiement dans les cantines scolaires, la biométrie connaît partout dans le monde un développement sans précédent, un développement spectaculaire. Ainsi l’analyse des portefeuilles de brevets est révélatrice de l’essor considérable de ces technologies de par le monde, des technologies qui couvrent de multiples domaines et sphères de la vie sociale allant de la reconnaissance faciale et vocale, à l’empreinte digitale et l’Iris de l’œil. Ce développement phénoménal n’est pas sans nous interroger sur les conséquences en termes d’entraves possible sur nos libertés ? 

L’identification biométrique connait un essor mondial, considérable et notamment dans un grand nombre de Pays Asiatiques, les brevets biométriques déposés en Chine, au Japon, en Corée témoignent d’un intérêt manifeste pour ce type de technologie, mais l’identification biométrique enregistre également un regain d’intérêt sur l’ensemble de la planète.

Que ce soit pour les tablettes numériques, les cartes bancaires avec empreinte digitale, les smartphones, les voitures, la sécurisation des paiements sur Internet, le paiement dans les cantines scolaires, la biométrie connaît partout dans le monde un développement sans précédent, un développement spectaculaire. Ainsi l’analyse des portefeuilles de brevets est révélatrice de l’essor considérable de ces technologies de par le monde, des technologies qui couvrent de multiples domaines et sphères de la vie sociale allant de la reconnaissance faciale et vocale, à l’empreinte digitale et l’Iris de l’œil. Ce développement phénoménal n’est pas sans nous interroger sur les conséquences en termes d’entraves possible sur nos libertés ?

Plusieurs Pays dans le monde ont mis en place des dispositifs biométriques, notamment le Japon. Faire aujourd’hui des achats au Japon, ne nécessitera plus à terme l’usage de cartes bancaires, les Japonais n’auront désormais, plus nécessairement besoin de taper un code, il leur suffira de présenter à un scan leurs mains et leurs yeux, ce en ayant recours à un dispositif associant des bases de données et des technologies très avancées d’authentification biométrique. Au Canada[1] Depuis le 31 juillet 2018, les ressortissants des différents pays européens devront se soumettre au prélèvement de leurs données biométriques pour obtenir un permis de travail, un permis d’études, un visa de visiteur ou encore la résidence permanente. Seuls les ressortissants des pays exemptés de visa pour visiter le Canada n’ont pas à se soumettre au prélèvement de leurs données biométriques comme le mentionne le gouvernement Canadien.

Le dispositif biométrique peut être également étendu à l’échelle de tous les habitants, ce qui est ainsi le cas en Inde qui a mis en place un système d’identification de la population basé sur la biométrie, ce système est appelé Aadhaar. Ce dispositif biométrique est administré par l’Unique Identification Authority of India. Le système comprend un numéro d’identification national à 12 chiffres associés à chaque personne en plus de données biométriques, incluant la photographie des iris, la photographie du visage et les empreintes digitales. Le projet intègre également des données, comme le nom, le sexe, la date et le lieu de naissance.

Le programme Indien Aadhaar est le seul projet d’identification numérique étatique qui ne prend pas appui sur des registres d’état civil. Or ce projet biométrique Indien qui détient les données personnelles de plus de 1,13 milliard de citoyens et résidents pourrait bien s’avérer à terme être un dispositif discriminatoire, en effet ces informations biométriques sont toutes stockées dans des bases de données centralisées, qui sont ensuite rendues accessibles à une longue liste d’agences gouvernementales qui peuvent consulter ces informations pour administrer les services publics mais également enquêter sur les personnes voire les exclure ou les poursuivre si leurs opinions, leurs religions ne sont pas conformes à celles promues par l’Etat.

Rappelons que depuis la prise de pouvoir du premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi, les chrétiens sont persécutés en toute impunité et sont de plus en plus victimes de violences comme le rappelle l’ONG Portes Ouvertes. Le mouvement nationaliste hindou cherche à éliminer toute expression religieuse qui ne relève pas de la foi hindoue et veut faire de l’Inde une nation hindoue d’ici 2021. Qu’en sera-t-il demain dans les autres états du monde si les opinions ou les convictions que vous partagez ne sont pas celles promues par les nations dont vous êtes les résidents ? Votre empreinte biométrique laissée, vous permettra aisément d’être identifiée et d’être poursuivie, si on les croise avec les données que vous laissez sur l’ensemble des réseaux sociaux ou bien celles que vous laissez lors de vos achats de livres, déplacements dans les lieux surveillés par les Etats Nations….

[1] https://www.canada.ca/fr/immigration-refugies-citoyennete/campagnes/biometrie.html

Clés de lecture pour lire l’essai ‘La déconstruction de l’homme’

L’essai « La déconstruction de l’homme » énonce une analyse critique des mythes qu’entretiennent ces nouvelles idéologies touchant à ce soi-disant « nouveau monde » !

Les critiques s’adressent à ce monde marchand, ces nouvelles croyances et démarches normatives qui impactent toutes les sphères de la vie sociale :

Le transhumanisme en tant que système scientiste qui vise à modifier le réel,
Le progressisme en tant que système culturel et politique qui vise à réformer les esprits pour les préparer au nouveau monde et à une nouvelle conception du récit anthropologique concernant l’homme.
Le consumérisme qui nous invite à consommer pour exister et nous conduit peu à peu à une domestication par les objets et à leurs injonctions permanentes
Le technicisme bureaucratique (le château décrit par Kafka) qui vise à formater et à faire rentrer la vie sociale dans un monde de normes, normes consommées par l’Intelligence artificielle, ce nouveau despote prétendant être au service de l’humain.

 

L’ouvrage

« La déconstruction de l’homme »

vient de paraître (12 octobre 2018)

Commandez-le maintenant en ligne sur Lulu au prix de 23 euros HT.

 

L’auteur Éric LEMAITRE

Père de famille, marié avec Sabine, Éric LEMAITRE est Rémois, socio économiste de profession, Enseignant à l’ESI Reims, de confession chrétienne.

Éric a également contribué à lancer le courant pour une écologie humaine au sein de sa propre région. Est également le coauteur avec Alain Ledain et d’autres auteurs de deux ouvrages, l’un sur le concept de genre « Masculin/féminin faut-il choisir » éditions FAREL, l’autre « Vers une société de l’uniformisation » Editions Ethique Chrétienne.

À la fois au travers de sa vie sociale et de ses engagements personnels en tant que blogueur (Son site : https://deconstructionhomme.com/), Éric a été largement sensibilisé par les questions qui touchent autour de la technique. En raison de sa vie professionnelle impactée par les mutations associées à l’économie numérique, et de la conviction que le monde virtuel est sur le point de façonner la vie sociale, Éric a entrepris l’écriture avec le concours de Gérald Pech et de plusieurs amis issus des sciences dures et des sciences sociales, d’un essai très ambitieux pour dénoncer ces nouvelles idéologies contemporaines et hors sol progressisme, transhumanisme, …) qui puisent leurs sources dans la philosophie des lumières  ou dans la croyance du progrès sans fin, le récit d’une vie toujours meilleure, le mythe d’un avenir aux « lendemains qui chantent ».

Présentation du livre par Etienne OMNES

Notre époque est déterminée par un objet philosophique que l’on appelle la Technique. La Technique (décrite par Jacques Ellul dans son livre « La Technique ou l’enjeu du siècle » écrit dans les années 50) est cette démarche de rationalisation et de mathématisation du monde au profit d’une plus grande efficacité et d’une plus grande force pour l’être humain. Le sommet de cette Technique est le transhumanisme, une démarche qui vise à améliorer l’être humain par la technologie, quitte à en transgresser toutes les limites comme la mort. Voilà le principal objet du livre d’Éric Lemaître : cette technique omniprésente, qui sert aujourd’hui de dieu et sauveur à notre civilisation.

Il procède donc en deux parties : 1. Les fondements philosophiques de la déconstruction : une présentation plutôt complète du « système technicien » au travers du phénomène transhumaniste. 2. Les révolutions de la déconstruction : Éric décrit aspect par aspect chaque domaine atteint par la Technique, et comment il est redéfini par celle-ci, et comment y répondre.

Globalement, le livre peut être défini comme une suite d’essais indépendants, qui explorent méthodiquement l’empreinte de la Technique et des idéologies progressistes, sur notre monde et à tous les étages de la vie et toutes les dimensions anthropologiques, culturelles, sociales, économiques… Je conseille d’ailleurs de le lire lentement, pour bien s’imprégner de ce qui est écrit. Le livre n’est pas fait pour le gobage…

Note de l’auteur Eric LEMAITRE

La critique engagée vis-à-vis de l’idéologie transhumaniste, progressiste et du système technicien 

L’essai « La déconstruction de l’homme » énonce en effet une analyse critique des mythes qu’entretiennent ces nouvelles idéologies touchant à ce soi-disant « nouveau monde » !

Les critiques s’adressent à ce monde marchand, ces nouvelles croyances et démarches normatives qui impactent toutes les sphères de la vie sociale :

  • Le transhumanisme en tant que système scientiste qui vise à modifier le réel,
  • L’idéologie du progrès en tant que système culturel et politique qui vise à réformer les esprits pour les préparer au « nouveau monde » et à une nouvelle conception du récit anthropologique concernant l’homme.
  • Le consumérisme qui nous invite à consommer pour exister et nous conduit peu à peu à une domestication par les objets et à leurs injonctions permanentes
  • Le technicisme bureaucratique (le château décrit par Kafka) qui vise à formater et à faire rentrer la vie sociale dans un monde de normes, normes consommées par l’Intelligence artificielle, ce nouveau despote prétendant être au service de l’humain.

Cette critique peut étonner, parfois agacer le lecteur mais n’a pas d’autres objectifs que d’enfoncer en quelque sorte le clou. La révolution est à la fois culturelle (conditionnement des esprits), idéologique (une croyance aveugle d’un progrès qui ne viendrait pas seulement soulager l’homme mais augmenter toutes ses facultés) et technique (les objets qui nous divertissent et nous détournent du sens de l’autre).

Cette révolution comme nous le rappelions précédemment à la fois idéologique et techniciste est en effet à notre sens totale, elle vient comme absorber, consommer, l’identité de l’homme dans l’ensemble des composantes liées à son humanité, sa vie sociale et culturelle. Je vous invite à lire ce livre dont la dimension inédite réside dans une lecture à l’aune de ce que nous enseigne la Bible à propos de l’homme. Qu’est-ce que l’homme pour que tu souviennes de lui… ? Psaume 8.

Rentrant d’un enterrement, ce sont des moments qui paradoxalement vous ramènent souvent à la vie, à la vraie vie, je croisais sur le trottoir étroit, une jeune femme qui avait ses yeux rivés sur l’écran et avançait d’un pas rapide mais sans prendre soin de regarder à son environnement, j’ai dû m’écarter de ce trottoir étroit face à l’indifférence de cette jeune personne, à la fois pressée et absorbée sans doute, par les textos lus. Je lui fis remarquer avec humour que la vraie vie était ailleurs, ni dans les écrans l’absorbant, ni dans son monde virtuel la vampirisant, car elle a bien failli bousculer le réel …

L’homme est ainsi comme environné, ingéré puis envoûté par la technique… N’est-ce pas Jacques ELLUL qui partagea son scepticisme vis-à-vis de la technique en déclarant ceci :

« Je me méfie totalement de tout le mouvement utopiste, car il n’évitera pas le piège de la reconstruction de la cité rationnelle et parfaite, c’est-à-dire où la Technique sera Tout et en Tous. ».

« La cité rationnelle » comme l’écrit Jacques ELLUL, a une forme utopique, le meilleur des mondes, celle de l’égrégore. L’égrégore est une collectivité universelle bienveillante, pour tous, la bienveillance elle s’est exprimée au travers du communisme numérique qui en quelque sorte vous happe puis vous enveloppe avec ses promesses de facilité et vie sans effort, parfois de gratuité mais vous rend dépendant à son objet.

Dans cette cité numérique mais en réalité dystopique, le pire des mondes, nous devenons les objets d’un système technicien nous liant tous aux projets d’une société virtuelle et finalement déshumanisante. Cet égrégore ne fait plus de l’homme un être incarné dont il conviendrait de prendre soin, un être d’abord de relations, mais fait de chacun, une matière connectée à d’autres matières : Smart Phone, tablette, montre digitale et sans doute demain biopucé….

Éric dans son livre « La déconstruction de l’homme » ose le proclamer : l’humanité qui a voulu l’égalité avec Dieu est en passe de vivre « la honte prométhéenne » en ce sens qu’après avoir créé son Golem, fasciné par sa créature, il lui cède en quelque sorte son âme en nous partageant une perplexité, il a été capable d’être l’auteur de quelque chose qui le dépasse désormais, sans comprendre que lui-même fut aussi « créé de peu inférieur à Dieu ».

L’homme démiurgique finit en fin de compte par adorer sa propre créature.

Finissant ainsi par gommer Dieu, déclarant même sa mort. L’humanité a pris sa revanche, elle a enfin chassé Dieu de sa cité, le même homme qui fut au commencement de son existence chassé du jardin. Cette humanité iconoclaste est en passe d’adorer une nouvelle idole produit de sa création, de reconstruire un monde idéalisé, un nouvel EDEN, un nouveau monde célébrant le progrès, signant en quelque sorte la fin d’une partie de son identité… Voilà ce que nous pouvons appeler « la honte prométhéenne » que décrivit fort bien le philosophe Allemand Günther Anders.

Ainsi comme l’écrivait Bernard Charbonneau penseur de l’écologie ami de Jacques ELLUL

« Il nous faut le temps d’oublier l’ancien Dieu pour nous en fabriquer un nouveau et recréer totalement l’univers à son image. La Totalité sur terre : depuis l’alpha du réel jusqu’à l’oméga du vrai ? Nous n’aurons de cesse que nous ne l’ayons atteinte. Voilà l’entreprise raisonnable dans laquelle l’âge de raison a engagé l’humanité. ».

Toute la pensée de Bernard Charbonneau est marquée par la dimension de l’écologie et sans doute par une écologie qui replace l’idée d’un homme réellement libre et non le sujet d’une « société des individus », individus qui seraient en somme incapables de prendre leurs distances avec l’emballement d’un monde collectif structurant et organisant la vie sociale et qui anéantit en réalité les libertés.

En définitive la révolution numérique, ce phénomène brutal et massif se déploie aujourd’hui sous nos yeux comme une véritable déferlante, phénomène qui est sur le point de remodeler la société de demain. Sa dynamique propre et la vitesse à laquelle elle s’étend sont de nature à rebattre toutes les cartes de la vie sociale.

Chaque révolution industrielle s’est enfin de compte, accompagnée autrefois d’une restructuration de la vie sociale, chaque révolution industrielle a imposé une forme de réadaptation de la vie et des rapports aux autres. La rapidité avec laquelle les innovations du monde numérique s’étalent aujourd’hui ne laissera dès lors aucun répit, d’où une désorientation sociale et psychologique qui sera sans précédent dans l’histoire. Le monde numérique est en train de casser les repères culturels qui avaient été à présent les nôtres ; le nouveau monde qui se déploie sous nos yeux est sur le point d’être recomposée avec de nouvelles règles, de nouveaux codes, une nouvelle normalisation, de nouvelles oligarchies (les scientistes) dont les projets autour de la technicité sont de nature à fragiliser, à déconstruire l’homme, à renverser les valeurs, les tables de l’ancien monde, leurs hiérarchies, leurs institutions. Ainsi nous faisons notre le propos du Philosophe Éric Sadin un des meilleurs penseurs majeurs du numérique et de son effets et conséquences sur nos vies et nos sociétés : « allons-nous accepter, au nom de la croissance, de voir s’instituer, par le fait de ces systèmes, un dessaisissement de notre faculté de jugement, une marchandisation intégrale de la vie ainsi qu’une extrême rationalisation de tous les secteurs de la société ?[1] »

Enfin pour conclure une grande partie du livre « La déconstruction de l’homme » est consacrée à cette dimension anthropologique « Qu’est-ce que l’homme ? » le livre toutefois, ne s’enferme pas dans un tableau noir, le livre offre une feuille de route préconisant un autre chemin à emprunter et les moyens d’une résilience face aux mutations promises par le nouveau monde. Le livre nous propose ainsi de revenir aux sources bibliques, de découvrir avec étonnement des préconisations parfaitement applicables au sein même de notre modernité…

Merci de nous avoir lus et surtout de lire ce livre « La déconstruction de l’homme » ! N’hésitez pas en parler autour de vous et à inviter vos amis à se le procurer….

http://www.lulu.com/shop/eric-lema%C3%AEtre/la-d%C3%A9construction-de-lhomme/paperback/product-23845055.html

[1] Extrait de l’interview de Éric SADIN par le figaro Magazine http://premium.lefigaro.fr/vox/economie/2018/10/26/31007-20181026ARTFIG00370-l-intelligence-artificielle-est-un-assaut-antihumaniste.php Publié le 26/10/2018

Teilhard de Chardin, une figure philosophique du transhumanisme/

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Teilhard de Chardin, scientifique théologien et philosophe français, insistait dans ses différents livres et notamment dans Le Phénomène humain, du caractère inéluctable du progrès de l’évolution, celle-ci s’achèvera selon lui « lorsque les consciences, mises en réseau les unes avec les autres, créeront de facto, une sorte de super-être. » Ce sera, selon le théologien, le point ultime de l’humanité.

Pour Teilhard de Chardin, le christianisme est la religion du progrès, la religion de l’évolution. Toute son oeuvre et son intuition seront marquées par le désir d’un progrès qui s’accomplit dans une figure qui se voudrait Christique (Nous employons ici figure, car la pensée de Teilhard nous semble très éloigné de celle que nous renvoie les évangiles, Christ nous est présenté plutôt comme celui qui s’incarne et épouse la finitude de l’homme pour manifester la grandeur de Dieu, l’église qui est son corps n’est pas l’humanité dans son ensemble mais le peuple de ceux qui ont accepté la dimension de la croix et ce qu’elle symbolise) .

Teilhard de Chardin, percevait l’évolution technique comme une démarche qui doit conduire au « bien général de tous les hommes » et « rendre communément les hommes plus sages et plus habiles. »

Pour le théologien la planète est destinée immanquablement à s’unifier :

« Il est inévitable qu’un processus d’unification se trouve amorcé, marqué de proche en proche par les étapes suivantes : totalisation de chaque opération par rapport à l’individu ; totalisation de l’individu par rapport à lui-même ; totalisation enfin des individus dans le collectif humain. »

N’est-ce pas ce que l’on perçoit de nos jours, de ce processus de maillage totalisant mis en oeuvre via le WEB, même si Teilhard de Chardin évoquait un processus harmonieux qui relève plutôt de l’amour, il n’en demeure pas moins que l’intuition du Théologien est intéressante dans l’optique d’un univers numérique fondé sur les connexions multiples, et le projet d’un égrégore numérique.

Teilhard de Chardin percevait enfin la technique comme le facteur ultime de  de l’ascension vers le « Point Oméga », le point ou s’achève le développement de la complexité et de la conscience vers lequel se dirige l’univers.   Par analogie avec la pensée de Teilhard,  la conception transhumaniste défendue par la société Google, devrait de facto nous rendre capable de communiquer entre nous. Ce qui sera rendu possible avec les outils de la techno science nous reliant désormais à l’intelligence artificielle. Nous sommes sur le point de fait par les réseaux de connexions de former un seul et même esprit. C’est un peu ce que Teilhard de Chardin tentait d’expliquer, en évoquant le point Oméga qui représente, selon le théologien, le point ultime du développement de la conscience, vers lequel se dirige l’univers en assemblant la totalité des consciences humaines.

Pour une analyse complète de l’oeuvre de Teilhard et du rapport entretenu avec le transhumanisme, nous vous renvoyons à l’excellent blog : LES AMIS DE BARTLEBY
https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2018/10/23/jean-philippe-qadri-pierre-teilhard-de-chardin-un-affligeant-florilege/

Eric SADIN : L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle….

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Article Extrait du Figaro….

http://premium.lefigaro.fr/vox/economie/2018/10/26/31007-20181026ARTFIG00370-l-intelligence-artificielle-est-un-assaut-antihumaniste.php

Écrivain et philosophe, Éric Sadin est l’un des penseurs majeurs du numérique et de son impact sur nos vies et nos sociétés. Il est invité à donner des conférences dans le monde entier et ses livres sont de plus en plus lus et commentés. Son dernier essai La Vie algorithmique. Critique de la raison numérique (L’échappée, 2015) a rencontré un accueil enthousiaste de la part de la critique et du public. Il vient de publier L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle. Anatomie d’un antihumanisme radical(L’échappée, 2018).


FIGAROVOX.- Dans votre livre, L’intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle, vous abordez le mouvement de numérisation intégrale du monde. En quoi assiste-t-on à un «changement de statut des technologies numériques»?

Éric SADIN.- Ce qui caractérise l’intelligence artificielle, c’est que c’est une puissance d’expertise qui ne cesse de se perfectionner. Ses systèmes auto-apprenants sont capables d’analyser des situations toujours plus variées et de nous révéler des états de fait dont certains étaient ignorés à notre conscience. Et ils le font à des vitesses qui dépassent sans commune mesure nos capacités cognitives. C’est pourquoi nous vivons un changement de statut des technologies numériques: elles ne sont plus seulement destinées à nous permettre de manipuler de l’information à diverses fins, mais à nous divulguer la réalité des phénomènes au-delà des apparences. En cela, ces systèmes computationnels sont dotés d’une singulière et troublante vocation: énoncer la vérité. La technique se voit attribuer des prérogatives inédites: éclairer de ses lumières le cours de notre existence. C’est là le fait majeur.

En quoi l’intelligence artificielle fait-elle advenir un «nouveau régime de vérité»?

Les systèmes d’intelligence artificielle sont appelés à évaluer une multitude de situations de tous ordres. Ce qui caractérise les résultats de leurs analyses, c’est qu’ils ne se contentent pas de produire une exactitude supposée, mais recouvrent une valeur de vérité dans la mesure où c’est dans le sens des conclusions arrêtées qu’il faut ensuite engager des actions correspondantes. Voilà ce qui distingue l’exactitude de la vérité: la première prétend restituer un état objectif supposé, alors que la seconde appelle, par le seul principe de son énonciation, à s’y conformer par des gestes concrets. Car toute vérité énoncée recouvre in fine une dimension performative.

La complémentarité homme-machine est une fable.

En ce sens, nous vivons le «tournant injonctif de la technique». Il s’agit là d’un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité qui voit des techniques nous enjoindre d’agir de telle ou telle manière. Et cela ne s’opère pas de façon homogène, mais s’exerce à différents degrés. Cela peut aller d’un niveau incitatif, dans une application de coaching sportif suggérant tel complément alimentaire par exemple, à un niveau prescriptif, dans le cas de l’examen de l’octroi d’un emprunt bancaire, ou dans le secteur du recrutement qui use de robots numériques et de «chatbots» afin de sélectionner les candidats.

Alors, on argue de la fable de la «complémentarité homme-machine». En réalité, plus le niveau de l’expertise automatisée se perfectionnera et plus l’évaluation humaine sera marginalisée. Et cela va jusqu’à atteindre des niveaux coercitifs, emblématiques dans le champ du travail, qui voit des systèmes édicter à des personnes les gestes à exécuter. Le libre exercice de notre faculté de jugement se trouve remplacé par des protocoles destinés à orienter et à encadrer nos actes. Voit-on la rupture juridico-politique qui est en train de s’opérer?

N’êtes-vous pas dans le catastrophisme en professant une vision aussi sombre des technologies? Après tout, les luddites du XIXe siècle tenaient le même discours…

Vu l’ampleur des incidences présentes et futures de l’intelligence artificielle, il serait temps de nous défaire de la sempiternelle et infructueuse opposition mettant en vis-à-vis les «inquiets» et les «enthousiastes». Ce mode de perception a le grand défaut de nous enfermer dans une vision restreinte des choses et mobilise bien trop nos affects. Pour ma part, je ne me reconnais nullement dans ce «catastrophisme», en revanche je m’attelle à analyser de près les phénomènes majoritairement structurants. Et le fait décisif auquel nous sommes en train d’assister, ce n’est rien de moins que le dessaisissement, à grande vitesse, de notre autonomie de jugement et de notre faculté à nous déterminer librement relativement au cours de nos destins individuels et collectifs.

Que répondez-vous à ceux qui soulignent qu’on ne peut pas lutter contre le sens de l’histoire, et que si nous ne nous mettons pas à l’intelligence artificielle, d’autres pays qui n’ont pas les mêmes scrupules que nous (la Chine par exemple), s’y mettront et nous domineront?

Derrière l’IA, c’est l’imposition du primat de l’impératif économique sur toute autre considération.

L’intelligence artificielle représente, depuis le début des années 2010, l’enjeu économique jugé le plus décisif et dans lequel il convient d’investir massivement. Outre les entreprises, ce sont également les États qui mobilisent tous les moyens nécessaires en vue de se situer aux avant-postes ; chacun faisant désormais de cet objectif une grande cause nationale. Aux premiers rangs desquels les États-Unis et la Chine. De son côté, Emmanuel Macron entend faire de la France un «hub mondial de l’IA» et «attirer les meilleurs chercheurs étrangers». Comme il est entendu qu’«il ne faut pas rater le train de l’histoire», les investissements s’opèrent dans la plus grande précipitation. À tel point que Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au Numérique, dit comprendre que «certains préfèrent avancer sur les technologies d’abord et réfléchir ensuite»! Vu la portée des conséquences, il est au contraire impératif que ces questions fassent l’objet de débats à la hauteur des enjeux, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Car ce qui est à l’œuvre avec les développements incessants de l’IA, c’est l’imposition du primat de l’impératif économique sur toute autre considération. Le technoloibéralisme aura réussi à faire croire que ces développements s’inscrivent dans le «cours naturel des choses» et à imposer la rhétorique de l’inéluctable. La question qui nous revient est finalement celle-ci: allons-nous accepter, au nom de la croissance, de voir s’instituer, par le fait de ces systèmes, un dessaisissement de notre faculté de jugement, une marchandisation intégrale de la vie ainsi qu’une extrême rationalisation de tous les secteurs de la société? Car au-delà de tous les discours, ce sont là les conséquences majeures de l’exploitation croissante de l’IA. Pour ma part, je crois qu’au nom des principes qui nous fondent, nous ne devons pas nous résoudre à cette vision hygiéniste et utilitariste du monde, et plus encore, nous devons nous y opposer.

 LIRE LA SUITE SUR http://premium.lefigaro.fr/vox/economie/2018/10/26/31007-20181026ARTFIG00370-l-intelligence-artificielle-est-un-assaut-antihumaniste.php

Éoliennes: le grand vent de la colère

C’est ce qui s’appelle se prendre une sacrée soufflante! Dans un ouvrage mené comme une charge de cavalerie, Pierre Dumont et Denis de Kergorlay, deux hommes réputés pour leur modération, respectivement entrepreneur et président du Cercle de l’Union Interalliée, se livrent à un réquisitoire accablant contre l’un des mirages les plus répandus de notre époque: celui des éoliennes. Avec la rigueur de la logique et des enchaînements implacables, ils démontrent le coût insensé pour la collectivité de ces moulins à vent d’un nouveau genre.

EXCLUSIF – Dans un livre accablant, Pierre Dumont et Denis de Kergorlay dénoncent la multiplication de ces moulins à vent qui défigurent nos paysages et plombent notre économie. Ils accusent les pouvoirs publics d’une faiblesse coupable, et le lobby éolien de cynisme. Le Figaro Magazine publie quelques extraits de ce réquisitoire à lire d’urgence.

C’est ce qui s’appelle se prendre une sacrée soufflante! Dans un ouvrage mené comme une charge de cavalerie, Pierre Dumont et Denis de Kergorlay, deux hommes réputés pour leur modération, respectivement entrepreneur et président du Cercle de l’Union Interalliée, se livrent à un réquisitoire accablant contre l’un des mirages les plus répandus de notre époque: celui des éoliennes. Avec la rigueur de la logique et des enchaînements implacables, ils démontrent le coût insensé pour la collectivité de ces moulins à vent d’un nouveau genre.

Les risques de l’éolien 

Dans cet article du figaro dont nous reproduisons ici un extrait Les  auteurs de ce réquisitoire implacable expliquent comment des écolos dogmatiques sont parvenus à imposer ces moulins à vents d’un nouveau genre dans l’opinion publique.

Or pour les auteurs de ce livre le prix à payer de ce leurre écologique est exorbitant – tant sur des aspects économique, sanitaire, tant sur les turbulences associés à nos éco-systèmes…

Nous publions un extrait de cet article implacable et nous nous vous invitons à poursuivre cette lecture sur le blog du figaro ! 

Les passages sur l’impéritie des pouvoirs publics et sur la corruption des élus locaux sont éloquents. La puissance du lobby éolien fait froid dans le dos: elle est à l’origine d’innombrables dénis de démocratie dans nos campagnes, nos montagnes et nos bords de mer. Mais le combat n’est pas perdu. Car l’Espagne n’a pas le monopole des don Quichottes.

L’occultation systématique du risque sanitaire par le lobby éolien et ses organes officiels n’est pas sans rappeler les dénis tout aussi péremptoires des grandes marques de tabac ou de Bayer-Monsanto… dont on peut – hélas! – apprécier les résultats. Car pour ces cas révélés, il y a bien eu mort d’homme.

Un exemple? Pour s’opposer à l’augmentation de cinq cents à mille mètres de la distance minimum entre une éolienne et une habitation, les promoteurs éoliens et leur syndicat ont toujours nié le moindre risque mécanique inhérent aux éoliennes. Pas de chance pour eux: le 1er janvier 2018, une éolienne de soixante-deux mètres, pesant 260 tonnes, s’est effondrée à Bouin, en Vendée, au passage de la tempête Carmen. L’installation avait pourtant été placée «en position de sécurité», les pales parallèles au sens du vent et la nacelle bloquée. En 2016 et 2017, quatre éoliennes se sont effondrées dans des régions différentes, à cause de systèmes de régulation aérodynamique défectueux. D’autres accidents sont provoqués par des arrachements de pales, des incendies ou explosions des nacelles, ou projection, à plusieurs centaines de mètres, de blocs de glace en période hivernale…

L’Académie de médecine observe que se développe chez les riverains de ces installations un «syndrome des éoliennes»

Comme l’affirme l’Académie de médecine, se développe ici et là, chez les riverains des installations, ce que les médecins nomment un «syndrome des éoliennes», regroupant un ensemble de symptômes très divers. Ils peuvent être:

– «généraux», comme les troubles du sommeil, la fatigue, les nausées ;

– neurologiques, comme les céphalées, les acouphènes, les troubles de l’équilibre, les vertiges ;

– psychologiques, comme le stress, la dépression, l’irritabilité, l’anxiété, les difficultés de concentration, les troubles de la mémoire ;

– endocriniens, comme la perturbation de la sécrétion d’hormones stéroïdes ;

– cardio-vasculaires, comme l’hypertension artérielle, les maladies cardiaques ischémiques, la tachycardie ;

– socio-comportementaux, comme la perte d’intérêt pour autrui, l’agressivité, la baisse des performances professionnelles, les accidents et arrêts de travail, l’obligation de déménager, la dépréciation immobilière.

Certes, tous les riverains des éoliennes ne sont pas sujets à tous ces symptômes à la fois. Mais il suffit de constater leur apparition, dans un nombre significatif de cas, pour établir que l’installation d’éoliennes près des habitations constitue bel et bien un risque sanitaire, et qu’au titre du principe de précaution, tout devrait être fait pour qu’il ne se manifeste pas.

Intelligence artificielle : « Les scientifiques ne peuvent pas dire ce qui est bien ou mal »

EXTRAIT du Monde.fr lire la suite de l’article :

https://www.lemonde.fr/festival/article/2018/10/24/intelligence-artificielle-les-scientifiques-ne-peuvent-pas-dire-ce-qui-est-bien-ou-mal_5373739_4415198.html

Où s’arrêter ? Faut-il interdire une trop grande ressemblance des robots avec les humains ? Qui doit poser les limites ? Raja Chatila, qui préside au sein de l’IEEE une initiative internationale pour « les considérations éthiques dans l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes », plaide pour un « code éthique », car « tout ce qui peut être fait n’est pas bon. Seule la protection des données personnelles fait aujourd’hui l’objet d’une régulation. Or, dans la communauté des chercheurs, certains n’ont pas conscience que leurs travaux peuvent être dangereux ».

Cette régulation doit venir « avant tout des citoyens », estime, de son côté, Véronique Aubergé, qui lance un appel pour que le débat ne reste pas « entre les mains des chercheurs, des entreprises ou des politiques qui font les lois. Les scientifiques ne peuvent pas dire ce qui est bien ou mal. Le débat doit devenircollectif ». A Grenoble, la chercheuse ouvre son laboratoire à « toutes les personnes confrontées à l’IA dans leur métier ou leur vie afin qu’ils puissent venir échanger sur ces travaux ».

 

Le nouveau rapport homme-machine.

Ce n’est pas tout. Le rapport que l’être humain entretient avec son environnement n’est plus similaire à celui du passé. Aux préoccupations habituelles du quotidien local succède la peur panique d’un lendemain généralisé. Et si tout disparaissait ? Et si tout n’était plus qu’une question de temps avant que l’homme ne mette fin à ses jours ? Et si le fait d’avoir inventé la bombe atomique lui faisait prendre conscience qu’il n’est rien comparé au reste de l’univers ?

L’article est extrait du blog QUADERNI lire la suite : https://journals.openedition.org/quaderni/770#bodyftn1

Assurément le monde est en train de changer, tout semble aller vraiment plus vite. Et pour ne prendre que l’exemple des États-Unis, il est clair que la fin du XIXet le XXsiècles ne ressemblent en rien au temps précédents. Un changement d’échelle a eu lieu. Que ce soient avec l’industrie des chemins de fers et l’ouverture de la première ligne transcontinentale, la conquête de l’ouest et la fièvre de l’or, les premiers puits de pétrole et le développement de l’automobile, la mise en service du télégraphe et l’amélioration des moyens de communication, ou la mécanisation et la rationalisation des moyens de production, le constat est toujours le même : la société des hommes est entrée dans une nouvelle ère. Les conflits ne sont plus semblables : de la guerre de Sécession à la Seconde guerre mondiale, l’écart est effectivement énorme.

Ce n’est pas tout. Le rapport que l’être humain entretient avec son environnement n’est plus similaire à celui du passé. Aux préoccupations habituelles du quotidien local succède la peur panique d’un lendemain généralisé. Et si tout disparaissait ? Et si tout n’était plus qu’une question de temps avant que l’homme ne mette fin à ses jours ? Et si le fait d’avoir inventé la bombe atomique lui faisait prendre conscience qu’il n’est rien comparé au reste de l’univers ? Ce message, les Américains auront l’occasion de l’entendre encore et encore, nombre de savants cherchant à alerter l’opinion publique sur des sujets que la science n’avait pourtant pas l’habitude de traiter jusqu’ici.

S’il ne fallait en retenir qu’un parmi tous ceux que le devenir de la planète inquiète, ce serait sans doute Norbert Wiener (1894-1964). Ce mathématicien de génie a très mal vécu l’horreur de la Seconde guerre mondiale. Comme beaucoup de ses compatriotes, il n’imaginait pas jusqu’à quel point l’homme de science est capable de détruire son prochain. Hiroshima et Nagasaki : deux noms qui, aujourd’hui encore avec les atrocités nazies, hantent la mémoire collective. Wiener (qui refuse de participer au projet de la bombe atomique) veut éviter que l’histoire ne se répète, auquel cas, l’humanité ne s’en relèverait pas. Ce scientifique de renom n’hésite pas à réutiliser ce qu’il a élaboré du temps où l’armée américaine cherchait à lutter efficacement contre l’aviation allemande, en 1943. La manière avec laquelle il entend alors gérer le problème n’a rien d’habituel, car plutôt que de se concentrer uniquement sur l’objectif à atteindre, comme le veut la procédure, Wiener cherche à mettre au point un engin de tir anti­aérien capable d’anticiper les moindres faits et gestes de l’adversaire. Le dispositif mis en place a pour objectif de prédire le comportement du pilote et de sa machine avant même de connaître la position de la cible à atteindre. Ainsi, l’ennemi est considéré comme un simple calcul qu’il faut résoudre au plus vite. L’idée est de s’appuyer sur une base probabiliste afin de limiter au maximum la part d’inconnue que comporte une telle équation.

Point de départ d’une nouvelle technique essentiellement basée sur l’échange d’information, la guerre a ainsi fini par engendrer un nouveau rapport homme-machine. En 1948, Wiener donne un nom à ce rapport particulier après en avoir longtemps discuté avec d’autres de ses collègues.

  • 2 N. Wiener, Cybernetics : or Control and Communi­cation in the Animal and the Machine, Paris, Herman (…)

Ce sera la « cybernétique ». Il le justifie dans l’introduction de son premier livre : « Nous avons décidé d’appeler la totalité du domaine de la théorie du contrôle et de la communication, aussi bien pour la machine que chez l’animal, du nom de cybernétique, que nous formons à partir du grec χυβερνήτης ou pilote»2. Jugé trop pointu par certains côtés, l’ouvrage n’en demeure pas moins fondateur d’une discipline basée sur la communication et la régulation des messages. Sachant que Wiener considère ici comme vivant ce qui est susceptible de générer une information. Tout juste accorde-t-il à ses semblables la faculté de traiter les messages complexes. L’homme, cet animal comme les autres, n’échappe donc pas à la règle. En effet, qu’importe la nature de celui que l’on a en face de soi, pourvu qu’il nous réponde afin que nous puissions à nouveau lui adresser un message en retour, corrigé par l’apport d’information reçue : c’est le principe de la rétroaction. Il existe un lien de causalité circulaire entre l’échange continu d’information et le rapport stimulus-réponse, lequel est différent du simple réflexe conditionné puisque l’émetteur-récepteur, homme ou machine, est capable d’adapter en temps réel son comportement en fonction de l’environnement.

13Avec Wiener, le paradigme cybernétique paraît se suffire à lui-même. C’est l’information qui prime sur les moyens de communication en tant que tels. Entre-temps, la guerre froide a débuté. Un climat de peur et de délation s’installe. Les milieux intellectuels, politiques et artistiques sont touchés. Tout le monde surveille tout le monde

GPS : l’homme doit toujours pouvoir penser qu’il peut se perdre….

Voilà qui est rassurant ! Faute de savoir qui nous sommes, nous allons enfin savoir avec précision où nous sommes. On sait que la localisation géographique d’un individu est devenue aujourd’hui une préoccupation « majeure ». Elle supplante même la préoccupation de sa santé. En effet, si l’on suit une conversation par téléphone portable, elle commence en général par « t’es où ?» plutôt que par « Comment ça va ? ». On me dira que c’est là la conséquence de la mobilité croissante des individus. Pas si sûr, car lorsqu’on y regarde de près la prétendue mobilité dont on nous rebat les oreilles n’est pas aussi fréquente que cela. C’est ce que j’appelle l’effet « mobile-homme » ou l’homme mobile-immobile proche du « mobil-home », la maison à roulettes dont l’argument de vente principal tient dans la possibilité qu’elle offre d’être déplacée alors que dans les faits 90 % d’entre elles restent immobiles !

Didier Martz 

Philosophe

425* – Le GPS

GALILEO est le GPS européen. Un système de positionnement doté de quelques 30 satellites  qui coûte quelques 4 milliards d’euros et concerne environ 200 millions d’européens. Il est destiné à plusieurs utilisations. J‘en retiens une en particulier souvent mise en avant pour vanter les mérites de ce nouveau système : la possibilité pour les gens  de se localiser avec une précision de l’ordre de 1 mètre (nettement meilleure que le GPS classique qui fournit une précision de 20m).

Voilà qui est rassurant ! Faute de savoir qui nous sommes, nous allons enfin savoir avec précision nous sommes. On sait que la localisation géographique d’un individu est devenue aujourd’hui une préoccupation « majeure ». Elle supplante même la préoccupation de sa santé. En effet, si l’on suit une conversation par téléphone portable, elle commence en général par « t’es où ?» plutôt que par « Comment ça va ? ». On me dira que c’est là la conséquence de la mobilité croissante des individus. Pas si sûr, car lorsqu’on y regarde de près la prétendue mobilité dont on nous rebat les oreilles n’est pas aussi fréquente que cela. C’est ce que j’appelle l’effet « mobile-homme » ou l’homme mobile-immobile proche du « mobil-home », la maison à roulettes dont l’argument de vente principal tient dans la possibilité qu’elle offre d’être déplacée alors que dans les faits 90 % d’entre elles  restent immobiles !

Revenons au guidage par satellite, GPS ou Galiléo. Après la mort de Dieu maintes et maintes fois annoncée, le monde désenchanté et la crise des valeurs, l’homme s’est senti perdu. Fort heureusement, le GPS est venu à son secours. Automobiliste, il lui permet de retrouver facilement le chemin de sa boulangerie ou celui l’école de ses enfants (c’est l’usage majoritaire du GPS dans un périmètre de 500 mètres). Piéton, il peut enfin sur l’écran de son téléphone portable se déplacer sur les trottoirs de la ville sans risque d’erreur.

Voilà un grand progrès qui illustre, si l’on veut bien l’entendre, la logique du monde technicien dont la raison profonde est l’intensification des moyens sans souci des fins et du sens. Il suffit de poser la question du « pourquoi ?» de ses productions pour mesurer l’inutilité radicale de la plupart d’entre elles et sombrer dans un abîme de non-sens.

De plus, l’objet technique n’est pas neutre. Le GPS, comme beaucoup d’autres, accentue la rupture du lien social et isole l’homme en le repliant sur sa machine. Alors que l’être humain, sans doute depuis toujours, a demandé à un autre être humain son chemin, géographique ou spirituel, pour qu’il guide ses pas. Car l’homme doit toujours pouvoir penser qu’il peut se perdre, que le monde est incertain. C’est ce qui permet l’adresse à l’autre et l’exercice possible d’une liberté.

Certes, il sait désormais en permanence où il est mais s’offre aussi au regard de tous : à chaque fois qu’il allume son téléphone mobile ou son GPS, on peut savoir où il est. Transparence totale, il abandonne ainsi un autre élément constitutif de sa personne : le secret.

Didier Martz, philosophe

Mercredi 26 Septembre 2019

Dix ans de chroniques « Ainsi va le monde » à retrouver bientôt en livre.