La technologie ce miroir aux alouettes !

 

Emission diffusée  par France Culture

Ecologie : pourquoi la technologie ne nous sauvera pas ?

Dans les messages écologiques des progressistes, il y a une forme de supercherie lamentable et omniprésente dans les discours, celle de considérer que la technologie nous sauvera du naufrage écologique. Or rappelons le : le numérique reste profondément toxique, car ces objets restent des objets jetables par essence et qu’en outre, ils sont énergivores. Alors le rêve d’une écologie digitale et d’une smart écolo city relève d’un pur fantasme !

Face à un « techno-solutionnisme » omniprésent et aux « thurifaires de la technique  » qui promettent de sauver la planète par la technologie, Philippe Bihouix nous rappelle la réalité bien matérielle et consommatrice du numérique et des nouvelles technologies.

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Le monde marchand civilise l’homme via ses nouvelles idoles

Parce que tu dis, Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. Apocalypse 3.17

Nous entrons dans la civilisation de la rationalité indolente qui s’obstine à réduire nos actes et nos gestes à l’expression de données, traduites en codes. Nous subissons  docilement l’injonction des machines prédictives qui ayant apprises de nos comportements finissent pas nous domestiquer et à nous emmener dans la dépendance, la subordination,

Ce qui est ainsi à craindre c’est l’excès de confiance attribuée à l’homme aux objets numériques  qui deviennent les nouvelles idoles, les nouvelles, statuettes idolâtres de notre siècle, car leur ont été conférées cette capacité de ne plus être muettes et de faire appel à l’imaginaire superstitieux, mais d’être interactives et de répondre à l’ensemble des besoins changeant ainsi nos rapports aux autres et au besoin de relationnel.

Nous assistons avec l’IA au développement d’une société qui ampute cette part de gratuité, de don, d’accueil de l’autre, de ses capacités et ressources qui permet l’expression de tout notre être. Peu à peu les interstices de la vie relationnelle sont vampirisées par l’ère numérique qui nous détournent de toute vie relationnelle.

Comprenons bien que nous assistons à l’émergence d’une société marchande qui entend redéfinir l’anthropologie, prétendant ainsi civiliser l’homme prédateur en l’anesthésiant via la consommation des objets numériques, lui assurant paix et sécurité en lui faisant miroiter un âge d’or d’un monde augmenté, autonome et s’auto déterminant.

De la mécanisation agricole à l’Intelligence artificielle ?

Lorsque nous pensons technologie, c’est à tort que nous l’associons à l’environnement des grandes métropoles urbaines. Or c’est bien l’environnement rural qui est aujourd’hui largement impacté par les transformations technologiques qui sont en passe de modifier le milieu agricole. L’image archaïque du semeur d’Emile ZOLA est une image surannée, dépassée. Une frange de l’agriculture appelée à se développer s’équipe d’ores et déjà d’outils sophistiqués qui font rentrer l’agriculture dans l’ère du numérique.

Des outils sophistiqués comme l’intelligence artificielle [le deep learning, dispositif de calculs permettant d’interpréter des informations], contribueront à l’amélioration des rendements agricoles à l’optimisation des flux associés aux travaux de semences dans les champs, mais également à la prévention des contaminations agricoles.

L’agriculture vit sans doute la plus importante mutation de son histoire, après celle du tracteur apparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale

“Le spectacle de la machine qui produit du sens dispense l’homme de penser.”

Auteur Eric LEMAITRE

Lorsque nous pensons technologie, c’est à tort que nous l’associons à l’environnement des grandes métropoles urbaines. Or c’est bien l’environnement rural qui est aujourd’hui largement impacté par les transformations technologiques qui sont en passe de modifier le milieu agricole. L’image archaïque du semeur d’Emile ZOLA est une image surannée, dépassée. Une frange de l’agriculture appelée à se développer s’équipe d’ores et déjà d’outils sophistiqués qui font rentrer l’agriculture dans l’ère du numérique.

Des outils sophistiqués comme l’intelligence artificielle [le deep learning, dispositif de calculs permettant d’interpréter des informations], contribueront à l’amélioration des rendements agricoles à l’optimisation des flux associés aux travaux de semences dans les champs, mais également à la prévention des contaminations agricoles.

L’agriculture vit sans doute la plus importante mutation de son histoire, après celle du tracteur apparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans le monde agricole, les technologies drones, GPS, « Smart Ferme », Intelligence Artificielle, et bientôt les tracteurs sans chauffeur, envahissent subrepticement et d’ores et déjà, les champs.  De sa ferme connectée ou de son smart phone, l’agriculteur pilotera ses puissantes « machines high-tech » assistée d’une « enceinte IA » qui lui fournira les recommandations et les solutions pour un désherbage efficace, la juste dose de fongicide ou un ensemencement optimisé. Les évolutions technologiques qui gagnent en agriculture connaissent un renouveau grâce aux avancées de la recherche en robotique, en technologie de l’information et satellitaire.

Les défis de l’agriculture du XXIe siècle

Les défis du XXIème siècle, que doit affronter le monde agricole sont multiformes, pluriels. Il y a tout d’abord celui de la fameuse transition écologique. Les innovations technologiques autoriseront en effet dans la prochaine décennie une agriculture de plus en plus raisonnée moins dévorante en termes de consommation chimique, moins vorace également en termes de coûts d’énergie.

Puis il y a ce défi numérique qui va impacter considérablement et probablement transformer le monde agricole, les conditions mêmes de son exploitation. Depuis moins d’une décennie, un bouleversement agricole majeur est véritablement en train de s’opérer, une nouvelle révolution après celle du passage à une agriculture mécanique puis celle qui touche à la dimension ‘chimique’, le monde numérique va également modifier et métamorphoser littéralement « les rapports avec le sol ».

Si la révolution mécanique de l’agriculture avait en quelque sorte reconfiguré l’éco système sol- homme-machine, avec la numérisation progressive enveloppant le monde agricole, c’est bien l’ensemble de la gestion de l’information qui conduira inévitablement à repenser le métier de l’agriculteur et à refonder en quelque sorte l’agriculture de demain. Le développement de l’intelligence artificielle fondés sur le recueil de données en temps réel et l’analyse prédictive, amèneront l’agriculture à une disruption avec les techniques que l’on rangera définitivement parmi les pratiques ancestrales ou médiévales. Nonobstant, ne risque-t-on, pas si cette agriculture sophistiquée est conduite à devenir hyper technicienne, d’aliéner la part du « paysan jardinier » respectueux d’un environnement profondément enraciné dans l’humain ? N’y aurait-il pas en revanche un juste équilibre à trouver entre ce « paysan jardinier » et « l’agritech » ?

Il ne fait pas de doute que les outils numériques amélioreront sans doute la compétitivité des agriculteurs et leurs conditions de travail, mais ces mêmes outils soulèvent parfois dans le monde agricole quelques réserves, un certain scepticisme. Des agriculteurs que nous avons interrogés, confessent ne plus vivre décemment de leur métier. « Cette technologie de haute précision qui leur est promise, contribuera-t-elle réellement, à améliorer une qualité de vie ? » s’interroge, Hervé agriculteur dans le département de l’Aisne qui doute de l’avenir concernant l’exploitation à moyen terme de sa ferme.  Jean-Marie Agriculteur dans le département de la Drôme questionne ces bouleversements technologiques ; il fait valoir « le besoin de cette relation homme et terre » au fond le risque peut être finalement une disparition pure et simple de la compétence de l’agriculteur supplanté par celle de la machine agricole devenue pensante et bien plus efficiente.

Certes ces nouvelles technologies numériques couplées à ces autres technologies satellitaires, feront entrer littéralement l’agriculture dans le monde de la technoscience. Avec l’intelligence artificielle c’est une agriculture prédictive, précise « au grain près » et seront ainsi en mesure de prévoir ce qui va se passer dans leurs champs »

Avec l’apparition des fermes connectées, c’est également le monde paysan dans son ensemble, qui voit tous ses fondements bouleversés et y compris dans ce rapport de l’homme avec la nature, dont l’agriculteur est l’incontournable interface.

Les questionnements

Cependant, l’enthousiasme que suscite la fascination pour le monde numérique n’est pas sans questionnement et nous renvoie à cette réflexion de Charles Péguy sur l’outil. « Un respect de l’outil, et de la main, ce suprême outil (la main). – Je perds ma main à travailler, disaient les vieux. Et c’était la fin des fins. ». Dans ce texte Charles Péguy évoque l’outil comme le prolongement de la main mais un outil qui ne l’efface pourtant pas, ne la gomme pas, la main intelligente de l’homme demeurant son formidable instrument, ce qui nous renvoie au propos de Jean-Marie, paysan dans la Drôme qui voit dans la technique du Deep Learning, une couche supplémentaire qui lui aliène cette relation à la terre.

De fait, les modifications fondamentales de l’agriculture contemporaine touchent bien au passage d’un outil dominé par la main de l’homme à l’homme dominé par son outil, cet outil du nouveau monde numérique qui est en passe de commander le geste de sa main. Or face aux mutations prochaines, à l’avènement d’une technologie toute puissante, nous ferions bien de réfléchir à cette réflexion de Charles de Foucault « C’est quand l’homme abandonne le sensible que son âme devient démente. ».

Dans les contextes technologiques des mutations qui touchent le monde agricole et aussi loin que porte ma mémoire d’enfant d’agriculteur, je me souviens arpenter avec mon Père ou mon Grand-Père les sillons tracés par la herse, tirée par un cheval de trait. La ferme de mes grands parents occupait à l’époque, dans les années 60, plus d’une dizaine de salariés, la ferme vivante, fourmillait, grouillait de tous ces bruits qui faisaient alors la vie du monde paysan. La mécanisation agricole était à ses débuts, elle soulageait la pénibilité des travaux des champs et au fil du temps allait prendre le relais du collier du cheval.

Le contraste saisissant  

La force mécanique était en marche et allait révolutionner le monde agricole, modifiant considérablement le récit dépeint par Emile Zola, décrivant le travail des « semeurs » dans les champs dans ce fameux roman ethnologique « la Terre ». Émile Zola au début de ce roman, évoquait la figure de Jean qui prenant une poignée de blé, d’un geste, à la volée, jetait la semence, alternant sa marche de pauses pour reprendre le souffle nécessaire à cet effort continu. Puis Émile Zola poursuivant son récit indiquait que de toutes parts on semait : « il y avait un autre semeur à gauche, à trois cents mètres, un autre plus loin, vers la droite ; et d’autres, d’autres encore s’enfonçaient en face, dans la perspective fuyante des terrains plats. C’étaient de petites silhouettes noires, de simples traits de plus en plus minces, qui se perdaient à des lieues. Mais tous avaient le geste, l’envolée de la semence, que l’on devinait comme une onde de vie autour d’eux. La plaine en prenait un frisson, jusque dans les lointains noyés, où les semeurs épars ne se voyaient plus ».

Formidable récit où l’humain est ici largement décrit dans la dimension du geste, il ne s’agit pourtant pas d’exprimer un regret nostalgique mais ici de souligner le changement de paradigme où le paysan ce « cul-terreux, cet amoureux de la terre » comme le disait mon grand-père, n’est plus désormais cet « aménageur paysagiste et nourricier » auquel il fut longtemps confiné. Quel immense fossé, disruption de l’histoire agricole, entre le geste de Jean décrit par Zola dont le semoir était noué sur le ventre, cheminant dans les labours, avec ce mouvement continu pour lancer sa semaille et ce monde du progrès agricole dont la justesse de la distribution de la semence est pilotée, guidée aujourd’hui « au grain près » par le GPS.

L’objectif de ces guidages assistés par GPS est ainsi, bel et bien d’optimiser et de rentabiliser les passages des tracteurs sillonnant les parcelles de terres. Toutefois ces évolutions, questionnent malgré tout, l’avenir de l’agriculture dépendante de ces nouveaux outils qui certes arrachent l’homme de la corvée du sol mais l’asservissent en inspectant sans doute demain et de manière intrusive son activité.

Ensemencer ainsi la terre ne relève plus du geste aléatoire, mais d’un geste mécanisé, devenu totalement rationnel. Le contraste est dès lors saisissant entre le travail de Jean au milieu du XIXème siècle et ses semailles, et aujourd’hui l’activité de Jean au début du XXIème, dont le semoir est guidé par un système satellitaire. Mais certains paysans veulent résister à cette agriculture qui va jusqu’à tracer et demain contrôler le geste agricole, les intrants et la gestion de l’ensemencement au sein des parcelles de terres. « L’ouragan technologique » est bel et bien en marche dans le monde agricole mais n’est-elle pas finalement, en même temps de condamner les paysans dont les surfaces d’exploitations sont trop petites pour être capables d’absorber les investissements que suppose une telle révolution numérique.

L’assistance de l’IA

Au-delà des technologies GPS, prétexte pour décrire la révolution en cours, d’autres technologies continueront la transformation du milieu agricole comme l’intelligence artificielle, la digitalisation, les drones, les « smart ferme », le tracteur autonome. L’analyse qualitative des champs, le diagnostic fin de l’exploitation, l’anticipation des risques pour la préserver des menaces de contamination sont un des enjeux de l’agriculture de demain.

Le recours à l’intelligence artificielle permettra ainsi de poursuivre cette course bénéfique ou furieuse et frénétique du « progrès », et renforcera l’avancée de la technoscience dans le monde agricole. Les algorithmes seront au service de l’agriculteur qui pourra s’appuyer sur les savants calculs de ses logiciels pour analyser rigoureusement la santé des sols, diagnostiquer les contagions ou les contaminations possibles, mais également combattre les proliférations bactériennes, en comptant sur l’automatisation des réponses idoines apportées par les logiciels et ces fameuses machines apprenantes, afin de gagner en performance. Les nouveaux calculateurs numériques, les puissants algorithmes, reconnaissance d’images et vision numérique apporteront de nouveaux outils de contrôle, d’identification concernant l’état mais également les besoins des champs et dans un temps court. Il n’est dès lors pas contestable que la vertu des algorithmes sera de contribuer à détecter puis prévenir les menaces ou les périls agricoles de demain comme les mutations génétiques nuisibles qui seront les problématiques de demain.

Pour Dominique Agriculteur [ingénieur des mines ingénieur des Mines et docteur en philosophie ] dans les Ardennes,

« l’IA, comme la mécanisation, peut avoir des effets très utiles, en particulier pour sortir de l’agriculture chimique, avec toutes ses conséquences sur la santé des populations même si je crois que l’alimentation industrielle, avec ses procédés et ses conservateurs, est plus nocive que la simple culture chimique. Ainsi, il n’est pas contestable que Les robots « désherbeurs », par exemple, le binage autoguidé, l’inspection des parcelles par les drones, sont, en soi, de bonnes choses. Mais ces inventions ne sont pas toujours faites dans un esprit qualitatif visant à réduire la seule pénibilité ».

Aussi, ce qui serait ici en cause selon Dominique ce serait l’idée d’une machine au seul service de la performance technique, et non au service de l’homme, un outil injonctif, obligeant l’agriculteur et non un outil coopératif facilitant le travail de la terre.

La ferme manœuvrée par la puissance des algorithmes.

Le GPS sera à terme couplé à de multiples capteurs et signaux qui envahiront demain les champs. Ces capteurs auront pour fonction de recueillir de multiples données.  Grâce à l’implémentation d’une nouvelle architecture électronique, les tracteurs d’une nouvelle génération manœuvreront avec une très grande précision. Dotés de cette technologie de conduite assistée, ces engins « de troisième type » communiqueront avec les véhicules autonomes se coordonneront par exemple avec des moissonneuses-batteuses, elles-mêmes pilotées de façon automatique.

Les drones au moyen de caméras numériques, effectueront les cartographies des sols. Les données ainsi cartographiées seront ensuite transmises à des serveurs informatiques que l’on appelle les cloud ou encore l’infonuagique. Ces données « récoltées » seront scrutées, brassées, analysées minutieusement par les algorithmes.  L’analyse de ces données va de facto faciliter les décisions éclairées, appuyées sur d’importants corpus de datas, « écossés » par les dispositifs de calculs au moyen d’algorithmes sophistiqués. Ainsi, les « agritechs » seront dotés de toutes les informations nécessaires pour faire des choix déterminants : date de semence, de récolte ou d’ajout d’entrants phytosanitaires, proportionnant et adaptant les irrigations… Les algorithmes savamment, absorberont les informations et guideront les choix des traitements, leurs dosages, leurs ajustements équilibrés selon les parcelles de terres à prioriser.

Interrogés sur ces mutations du monde agricole ; d’autres agriculteurs partagent une lecture positive de ce changement de paradigme technologique qui s’offre à l’agriculture contemporaine « Comment ne pas être séduit par les avancées technologiques quand les équipementiers agricoles détectent les origines des pannes à distance et font intervenir les techniciens dans les meilleurs délais, tout cela est séduisant voire mêmes très intéressant, voire également les propositions développées pour anticiper les risques de contaminations agricoles et ce afin de protéger nos parcelles de terres. Nous avons aujourd’hui une réponse via le web à l’ensemble des problèmes traversés par l’agriculture, c’est une révolution de nos systèmes de productions qui est en cours et nous sommes plutôt favorables à ce type d’évolutions »   

Or, dans ces contextes, aurons-nous encore besoin demain dans la « Smart Ferme ou la Smart Farms » de superviseurs humains pour contrôler un tel dispositif technique qui pourrait être à terme contrôlé par la machine elle-même, machine gérant de multiples données et embarquant de multiples capteurs ?    

Pourtant pondérant la fascination que nous pourrions avoir face au développement de l’IA , Hubert Defrancq dirigeant des établissements Laforge, indique que si « la machine deep learning,  est en effet infiniment supérieure à l’homme  quant à ses capacités de calcul, et elle le démontre en battant au jeu de GO le meilleur joueur au monde, devra être capable de comprendre pourquoi la plante verte est plus claire et de fait pourrait vous induire en erreur en vous préconisant d’ajouter de l’azote à votre plante alors qu’il lui faudrait plutôt drainer ou irriguer pour quelle puisse absorber l’azote disponible».

Les scenarii de l’Agriculture de demain

Pourtant dans les dix prochaines années, la production alimentaire devra faire face à une croissance démographique toujours plus importante, alors que la quantité de terres cultivables tendra à diminuer en raison de l’artificialisation des sols et des menaces climatiques. L’agriculture sera aussi face à un autre impondérable la ressource en eau plus limitée.

Partout dans le monde, de nombreuses initiatives mobilisent l’intelligence artificielle pour lutter contre la pollution des écosystèmes, le risque climatique. Et effectivement dans ces contextes de bouleversement de nos écosystèmes, les discours promouvant le recours à l’IA, au « deep learning » dans le monde agricole, ne manquent pas. Mais il apparaît plus que nécessaire au-delà, de discours pro ou anti technique, de mesurer les conséquences nocives ou bénéfiques de la montée en puissance des « techno-sciences » dans l’agriculture.

Il est dès lors devenu inéluctable que l’agriculture se transforme, pour mieux gérer la consommation issue des exploitations agricoles et éviter la dilapidation des ressources.

Pourtant il ne faudrait surtout pas imaginer que la technologie soit la seule alternative pour endiguer les menaces, car la consommation technique peut aussi s’avérer toxique, les machines sont condamnées à l’obsolescence et génèrent d’autres formes de pollutions après leurs usages.

De fait et à la lecture de la colonisation technologique inévitable et engagée dans le monde agricole, deux scenarii sont possibles. Soit, nous voyons à terme l’émergence d’un entrepôt industriel en lieu et place de la ferme abritant drones, robots et autres automates avec en fin de compte la disparition de l’agriculteur amoureux de sa terre ou bien nous aurons un agriculteur préservant sa dimension dans un écosystème équilibré maîtrisant les outils garant de l’harmonie humaine dans son appel à cultiver et à entretenir le sol !

Il me semble important de prendre en compte le risque dystopique mais probable de l’industrialisation agricole dans sa dimension extrême qui aura pour effet de dépeupler définitivement les villages du fait d’une déshumanisation totale en abdiquant le soin de laisser à la machine d’œuvrer à sa place…

Nous rejoignons ainsi Gilles Babinet vice-président du conseil national du numérique qui avance un point de vue prudent concernant l’IA : « avec l’émergence de l’intelligence artificielle, le risque serait que ce ne soient plus nos auxiliaires, mais bien que ce soit nous qui en soyons devenus les auxiliaires ».  Or il importe pour l’agriculteur de ne pas se transformer en auxiliaire de sa machine, n’est-ce pas le sociologue français Jean Baudrillard penseur de l’innovation sociale, penseur de la modernité qui dans l’un de sens propos indiquait que :

“Le spectacle de la machine qui produit du sens dispense l’homme de penser.”

mais ce n’est pas le progrès technique qui devrait nous alarmer et nous amener à méditer sur les usages de l’intelligence artificielle, mais notre propre rapport à la technologie, autrement dit, notre probable dépendance et notre fascination pour ses nouveaux pouvoirs

Réflexion sur l’Intelligence artificielle

Réflexion de Maxime GEORGEL

à propos de l’Intelligence Artificielle 

L’écart et même le fossé entre le niveau actuel d’instruction et celui des générations passées est désastreux. Notre époque a réussi le double exploit, par la sur-spécialisation des savoirs académiques, d’accumuler une quantité de savoir collectif immense et de diminuer en même temps le savoir individuel : rares sont ceux qui ont une vision d’ensemble, ils se confient plutôt en des experts et bientôt aux Intelligences Artificielles et démontrent la maxime de Suétone : chacun préfère plutôt croire que juger (De Vita Beata). Cet exploit nous permet d’être arrogant en regardant ces « anciens ignorants et illettrés » tout en ne leur arrivant pas à la cheville.
Placer ainsi notre savoir dans des communautés d’experts et dans des clouds ne nous rendra au final pas plus intelligents, même pas collectivement. Car la pensée humaine, dans son unité, est loin d’être comparable à la société humaine et encore moins à une pseudo-intelligence artificielle. Si l’on utilise l’IA ainsi, on aboutira surtout à une BR : une Bêtise Réelle.
J’ai pu constater ce fossé au cours de mes lectures ces dernières années. Mon livre préféré de philo ? Le premier tome d’une introduction à la philo… destinée au lycéen des années 50. Ou alors quand j’ai réalisé que les 5 volumes d’histoire de France que je m’apprêtais à lire s’intitulaient « Histoire de France racontée à mes petits enfants ». Ou encore lorsqu’au Cameroun j’ai pu feuilleter ces anciens manuels français de littérature, pour une filière équivalent à notre Bac pro où l’on pouvait voir une étude approfondie de plus de 50 auteurs classiques français, en commençant par Clément Marot, le huguenot célèbre pour sa versification des Psaumes de David. Ou encore lorsque j’ai ouvert ce manuel d’histoire de France de CM1 des années 50 alors que je visitais un ami près d’Aix-en-Provence. Ou encore quand j’ouvre ces théologies systématiques du XVIIème-XVIIIème et que je réalise avec douleur que probablement aucun théologien de nos jours n’aurait pu écrire un seul de ces volumes.
Soyez-en conscients : oui nous savons lire aujourd’hui et oui nous accomplissons des prouesses technologiques inédites, mais ce n’est pas parce que la société, par ses experts sur-spécialisés, dans laquelle nous vivons fait cela que nous sommes plus intelligents au niveau individuel. Bien au contraire.
On m’a dit une fois qu’il était désormais impossible de devenir un polymathe, ces savants de la Renaissance qui étaient érudits dans tous les domaines. Je pense aujourd’hui que c’est faux. S’il est vrai que la somme des connaissances humaines est aujourd’hui trop grande pour être maîtrisée par un seul homme, il est toutefois possible d’atteindre un niveau moyen entre la précision académique et l’exposition populaire, avec la rigueur du premier mais le bon sens et le jugement synthétique du second. Comme l’a dit Aristote, l’homme éduqué libéralement peut juger des arguments, et un esprit ouvert est capable de traverser les disciplines et de voir l’unité de la connaissance sans tomber dans des simplifications bon marché et des généralisations excessives. C’est l’ambition que j’ai pour moi et mes enfants, si Dieu m’en donne.
Un dernier mot au sujet de Dieu et de l’Eglise justement. On sera étonné d’apprendre que le chapitre 2 de la discipline des églises réformées à l’époque de Calvin concerne l’instruction et les écoles. Autrement dit, l’Eglise considérait que l’éducation des enfants était une question de discipline d’Église ! Et que ce sujet était tellement important qu’il fallait le traiter dès le début (il y a 14 chapitres à ce document disciplinaire). Pourquoi cela ? Car l’instruction, dans toute la Bible (qui ne sépare pas, je le pense, morale et savoir), est une tâche qui incombe aux parents et aux familles et non à l’État. L’Eglise étant une famille de familles, c’est à elle d’agir ici. Je ne veux pas dire par cela que les parents ont pour devoir de mettre leurs enfants dans des écoles chrétiennes ou de leur faire école à la maison (même si cela me semble être des choix éducatifs excellents).
L’éducation et la santé de l’Eglise sont intimement liées. C’est le monde de Dieu que les sciences étudient, c’est en étant des créateurs à l’image du Créateur que les arts glorifient Dieu, c’est par les lettres et les sciences que s’est faite la Réforme. Nous n’aurons pas de réveil durable (c’est-à-dire de Réforme) de notre pays sans révolution de l’éducation.

« L’abolition de l’homme? » de CS LEWIS

L’avertissement que CS Lewis nous livre un véritable pamphlet contre ces idéologies mortifères qui se moquent du bien, de la morale transmise (son livre est écrit dans les contextes du Nazisme. « L’abolition de l’homme » est rédigé pendant la seconde guerre mondiale, sans que pour autant le nazisme soit nommé ). Le livre de CS LEWIS,  n’a pas pris une seule ride dans les contextes de la vacuité de notre modernité : cette modernité qui tente de nous affranchir  de toute valeur, en refusant de soumettre nos découvertes scientifiques à des normes morales universelles. Depuis des siècles, ce mouvement de déconstruction s’est accéléré en quelques décennies, tend toujours plus à dénaturer l’homme et pour reprendre l’expression de CS LEWIS à l’abolir, abolir l’homme dans ce qu’il a d’unique et de sacré.

« Nous faisons des hommes sans cœur et attendons d’eux vertu et hardiesse. Nous tournons l’amour en dérision et sommes choqués de trouver des traîtres parmi nous. » 
C.S. Lewis

 Le Livre  court mais magistral,  [Livre de 90 pages] nous entraîne dans une dimensions prophétique  dense…. Ce livre est destiné à nous tous, à n’importe qui d’entre nous, à ceux qui remettent en question l’idée d’une morale universelle qui transcende l’histoire.

Le livre est écrit en réponse à une phrase malheureuse que l’écrivain britannique a trouvée dans un manuel scolaire, C.S. Lewis la soumet à l’analyse et il y décèle une vision du monde qui nie toute valeur objective. CS LEWIS [1898-1963]  s’interroge sur ces valeurs que nous léguons au monde et de ce monde futur qui se prépare …

Pour CS LEWIS, une nouvelle tragédie se dessine depuis plusieurs siècles sur le continent Européen. L’homme démiurgique en raison de sa puissance technicienne a aujourd’hui la capacité de soumettre toute la nature à sa volonté, il a, grâce au développement technique, la possibilité que la création dont il n’est pas l’auteur lui soit ordonnée.  L’homme dans sa vanité cherche de plus en plus à s’en affranchir. « Or maîtriser la nature et la mettre au service de l’homme est une chose, mais cette situation aboutie, paradoxalement, au contrôle de l’homme ».

Ainsi; pour CS LEWIS, il est essentiel de bannir la relativité des idées morales,  de transmettre une vérité solide pour ne pas subir demain le diktat des désirs qui franchissent le Rubicon après le déni de toute morale universelle .

« En un mot, l’ancienne éducation était une sorte de propagation – des hommes transmettant l’humanité à des hommes – la nouvelle n’est que propagande »

Dans cette optique, l’écrivain et universitaire britannique, auteur du monde de Narnia considère la nécessité de former les cœurs, ce qui passe par l’acquisition de sentiments, d’une vraie sensibilité à l’autre. « Vouloir faire des hommes durs, des hommes sans cœur« , c’est selon CS LEWIS, conduire le monde et notre jeunesse à la tyrannie des propagandes futures.

L’analyse qu’entreprend CS LEWIS; le conduit à débusquer comme à démasquer les sinistres conséquences d’un rejet de toute morale. Ce livre magistral, se termine par la description prémonitoire et apocalyptique de l’instant où l’homme fera de lui-même la matière de ses propres inventions et manipulations.

« Il y a quelque chose qui unit la magie et la science appliquée tout en les séparant toutes les deux de ce que les siècles précédents appelaient la ″sagesse″. Pour les sages d’autrefois, le problème essentiel était de mettre l’âme en conformité avec la réalité, et les moyens d’y parvenir étaient principalement la connaissance, l’autodiscipline et la vertu. Pour la magie, aussi bien que pour la science appliquée, le problème principal est de soumettre la réalité aux désirs humains ; et la solution est une technique ; dans la mise en pratique de cette dernière, toutes les deux sont disposées à faire des choses considérées jusqu’alors comme repoussante et impies –comme déterrer et mutiler les morts . »

L’avertissement que CS Lewis nous livre un véritable pamphlet contre ces idéologies mortifères qui se moquent du bien, de la morale transmise (son livre est écrit dans les contextes du Nazisme. « L’abolition de l’homme » est rédigé pendant la seconde guerre mondiale, sans que pour autant le nazisme soit nommé ). Le livre de CS LEWIS,  n’a pas pris une seule ride dans les contextes de la vacuité de notre modernité : cette modernité qui tente de nous affranchir  de toute valeur, en refusant de soumettre nos découvertes scientifiques à des normes morales universelles. Depuis des siècles, ce mouvement de déconstruction s’est accéléré en quelques décennies, ce mouvement comme un ouragan  tend toujours plus à dénaturer l’homme et pour reprendre l’expression de CS LEWIS à l’abolir, abolir l’homme dans ce qu’il a d’unique et de sacré.

« Les professeurs ne façonnaient pas l’homme selon un modèle choisi. Ils transmettaient ce qu’ils avaient reçu ; l’enseignant initiait le jeune néophyte au mystère de l’humain qui les recouvrait l’un et l’autre de sa majesté. (. . .) Cela change désormais. Les valeurs ne sont plus que de simples phénomènes naturels. Dans le cadre du conditionnement, on s’efforce de produire chez l’élève des jugements de valeur. (. . .) Ils [les pédagogues] savent comment produire une conscience et décident quel genre de conscience ils veulent produire. Eux-mêmes se situent en dehors, au-dessus …. Les conditionneurs vont par conséquent devoir choisir quel genre de Tao artificiel ils veulent, pour des raisons qui leur sont propres, produire dans l’espèce humaine. Ils pousseront les autres à agir, ils seront créateurs de motivations. Mais d’où tireront-ils eux-mêmes leurs motifs d’agir ? »

Dans les contextes du transhumanisme, ce livre est à lire de toute urgence….

La fin de l’ancien monde annonce t-elle celle de nos démocraties ?

Charles Éric de Saint Germain est Philosophe, il est l’auteur de la défaite de la raison et fut invité par l’église réformée de Reims à Science Po pour aborder les fondements de l’autorité dans des contextes de crise de la démocratie.

Résumé de la Conférence du Philosophe Charles Eric de Saint Germain auteur de la défaite de la Raison

Rappelons que l’épitre aux Romains souligne que toute autorité vient de Dieu, lui seul en est la source.  L’autorité fut fondée dans la dimension de la transcendance qui s’enracine dans la tradition. Or nous rappelle Charles Éric le monde moderne se caractérise par le délitement de toute référence à la tradition qui conduit de fait comme le souligne également la Philosophe Anah Arendt. Anah Arendt n’évoque-t-elle pas la fin ou la disparition de l’autorité dans le monde moderne, en raison de toute absence de repères forgés par la dimension de la transcendance qui légitimerait dès lors l’autorité.

L’autorité est une forme de pouvoir mais un pouvoir qui s’inscrit dans la dimension relationnelle qui n’est de fait pas exclusivement verticale, l’autorité c’est également faire avec mais non contre, la violence ou la contrainte imposée d’en haut,  est ainsi le contraire du véritable pouvoir.

Sans la dimension relationnelle, et celle finalement qui touche à la transcendance (ce pouvoir je ne le détiens pas, je n’en suis pas le possesseur, il m’a été confiée, il est d’essence divine), les pouvoirs seront fragiles, contestables car sans ancrage, sans enracinement, sans référence à une relation mais également à un droit naturel qui fonde la société. Le monde s’en trouve dès lors livré à lui-même. Or c’est bien l’autorité de droit divin, si celle-ci est bien comprise et non instrumentalisée qui peut apportée en réalité une solution à la crise de l’autorité que vit la démocratie de nos jours.

La perte du sens de la transcendance pour Anah Arendt comme le souligne Charles Éric, rend de fait nos démocraties ingouvernables car après s’être débarrassées du sacré, ces mêmes démocraties ont perdu la légitimité de gouverner et de s’appuyer sur la protection de conduites traditionnelles, de traditions transmises qui constituent les socles élémentaires et fondamentaux du vivre ensemble.

Ainsi les valeurs du monde moderne avec notamment l’esprit des lumières (les philosophes), ont contribué au fil de l’eau à affaiblir l’autorité. Ces valeurs ont transformé de fond en comble, les relations que nous entretenons avec nous-même et avec les autres.

Les raisons de ce délitement de l’autorité mais pas seulement, nous les trouvons dans les œuvres respectives de Pic de la Mirandole qui indiqua que le créateur n’a fait grâce à l’homme que celle de s’affirmer comme son propre maître et de conquérir par sa volonté, la place qu’il voudra occuper au sein du monde réel.  Un pas de plus sera franchi avec Descartes qui explique qu’il dépend de l’homme de s’établir « comme maître et possesseur de la nature » ce qui marqua avec Descartes une rupture de l’autorité de la tradition, en remettant en cause les principes de la liberté de conscience de ce qui pourrait être tenu pour vrai. Ainsi avec les philosophes des Lumières, l’homme va se concevoir et ce que souligne Charles Éric comme une puissance créatrice achevant sa nature par l’éducation et construisant un nouveau destin. Nouveau destin si j’ose ici l’écrire via une puissance technologique qui n’a ni curseur, ni bornes.

Note de Eric LEMAITRE 

Dans ces contextes Yascha Mounk, professeur de théorie politique à Harvard, dans son livre Le Peuple contre la démocratie (L’Observatoire, 2018) déclara que : « Pour la première foisla plus ancienne et puissante démocratie du monde a élu un président qui n’hésite pas à exprimer publiquement son dédain pour les principes constitutionnels les plus élémentaires ». Or n’est-ce pas ici l’annonce d’un déclin d’une certaine forme de tradition (la prise en compte des contre pouvoirs, celle des conseillers qui équilibrent l’exercice du pouvoir). N’est ce donc pas le crépuscule avancé d’un pouvoir qui outrepasse ou enjambe les contre-pouvoirs, les corps intermédiaires.

Ce pouvoir aujourd’hui qui entend basculer dans ce nouveau monde post-humaniste, niant l’existence d’un récit qui a fondé notre histoire, l’histoire y compris contemporaine. Or en réduisant les manifestations qui contestent le pouvoir, à un phénomène exclusivement populiste, le président prend en réalité le risque de saper et de remettre en question la démocratie qui justement s’exprime par le peuple.  Il est ainsi paradoxal que les symboles érigés au début du quinquennat soient ceux de la verticalité, mais si cette verticalité ne puisse pas ses sources dans la tradition et la transcendance, cette verticalité risque bien de se dissoudre dans une forme d’autoritarisme, qui ne serait plus alors l’autorité souhaitée par le même peuple qui le conteste.

Le transhumanisme c’est quoi au juste ?

La civilisation du laisser faire, le nouvel âge d’or, le monde sans limites, la civilisation sans curseur ou tout demain deviendra possible [Lire ce manifeste transhumaniste : https://iatranshumanisme.com/wp-content/uploads/2015/10/le-transhumanisme-prochaine-c3a9tape-de-la-civilisation.pdf ] ….  Une vidéo à voir pour comprendre les enjeux du post humanisme !

https://www.youtube.com/watch?time_continue=112&v=s1341NL7RdY

L’utopie des cryptomonnaies !

Ecouter le podcast de France Culture…

https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-leco/la-valeur-de-la-monnaie-44-leldorado-bitcoin#xtor=EPR-2-%5BLaLettre02052019%5D

Aujourd’hui, nous nous penchons sur les projets politiques, parfois contradictoires, des cryptomonnaies. Lors de sa création, au lendemain de la crise financière, le bitcoin entendait fonder un nouvel ordre monétaire, affranchi de l’Etat et des banques… Dix ans plus tard, les monnaies virtuelles semblent avoir été rattrapées par le monde de la finance et les devises de protestation sont devenues pour beaucoup des instruments de spéculation. Alors, quelle société la révolution des cryptomonnaies fera-t-elle finalement advenir ?

La naissance officielle du bitcoin, en 2009, fait immédiatement suite à la crise financière de 2008. Dans un contexte de défiance vis à vis du système bancaire et financier, le bitcoin apparaît donc d’emblée comme un projet d’alternative monétaire. (Odile Lakomski-Laguerre)

Le téléphone portable

Auteur Didier MARTZ

Philosophe

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« Objets inanimés, avez vous donc une âme ? » s’interrogeait le poète Alphonse de Lamartine et moi-même en regardant mon téléphone portable. Certes bien utile puisque dans 99,99 % des cas, il sert à se demander où l’un et l’autre se trouve, si il est arrivé, s’il va arriver et si il a pensé à prendre le pain. On va me rétorquer que néanmoins, il peut s’avérer salutaire dans le 0,01 % qui reste, notamment lorsque nous sommes pris dans une avalanche ou perdus en mer, ce qui est fréquemment le cas sur la place d’Erlon à Reims ou la place Ducale à Charleville-Mézières.

Bon, ne persiflons pas. Le téléphone portable rend de nombreux services et l’humanité trouve là, comme dans l’automobile et le réfrigérateur, un aboutissement heureux. L’un et l’autre participe de ce mouvement général d’équipement et de suréquipement des individus pour prévenir les risques et surtout leur rendre la vie plus facile. Voiture, véhicules de toutes sortes, machine à laver, sécher, essuyer, repasser, téléphone, télévision, ordinateur, tout un monde d’objets vient progressivement s’interposer entre l’homme et la réalité, réalité si dure et si contraignante. Comme les béquilles aident l’individu accidenté à marcher, ces objets nous permettent de nous libérer et deviennent une sorte de prolongement du corps humain au point que nous ne pouvons plus nous en passer.

C’est encore plus net pour le téléphone portable. Il est dans la poche, dans le sac, sur le cœur et, sinon dans la main, toujours à portée de main. Le plus souvent, il est collé à l’oreille donnant à l’individu une allure de penseur de Rodin sans la pensée ou bien encore il est relié à la dite oreille par un cordon ombilical visible ou invisible qui nous relie à nous-mêmes. Le téléphone est sinon un supplément d’âme au moins un supplément de corps.

Il n’est ni une prothèse destinée à remplacer artificiellement un organe qui a été enlevé ou une fonction défaillante comme la prothèse de hanche, ni une orthèse qui  assiste une structure articulaire ou musculaire défaillante. La fonction créant l’organe, le téléphone porté est un organe nouveau qui s’inscrit dans l’évolution de l’espèce. Avec les progrès de la miniaturisation, gageons qu’il sera prochainement incorporé. L’homme se sera ainsi affranchi un peu plus des contraintes naturelles qui pèsent sur lui.

Mais comme l’invention du bateau contient son naufrage possible, l’homme recule en avançant. En se libérant par les objets, il accroît sa dépendance aux objets, finit par prendre l’accessoire pour l’essentiel, les vessies pour des lanternes.

Et, si l’on veut y regarder de près, notez que dans le temps même où vous pensez vous rapprocher des autres et du monde entier par une communication ubi et orbi, tous azimuts, grâce au téléphone porté et autre ordinateur, de fait vous tenez les autres et le monde à distance, en faisant l’économie d’une communication proche, impliquante, la communication qui oblige à une présence totale.

Par un spectaculaire passage du sens propre au sens figuré, l’autre est ainsi « tenu en respect », garder à distance, pour l’empêcher de bouger par l’arme efficace du téléphone.

Ainsi va le monde.

Un deuxième Ouvrage de Eric LEMAITRE en préparation : Publication fin 2019 ou 2020

La perfectibilité de l’espèce humaine est l’impensé majeur d’une métaphysique et d’une nouvelle anthropologie qui se dessine à l’aune des avancées prodigieuses de l’univers technoscientifique.

Si le mouvement transhumaniste apparaît comme récent, le courant s’inscrit en réalité dans la mémoire latente de l’humanité comme le récit d’une conquête contre la mort et d’une lutte s’opposant à la finitude de l’espèce humaine !

Auteur : Eric LEMAITRE

Quelle anthropologie

à l’heure du transhumanisme ?

Anthropologie

« La révolution véritablement révolutionnaire se réalisera non pas dans la société, mais dans l’âme et la chair des êtres humains. » Aldous Huxley

Première partie  

La perfectibilité de l’espèce humaine est l’impensé majeur d’une métaphysique et d’une nouvelle anthropologie qui se dessine à l’aune des avancées prodigieuses de l’univers technoscientifique.

Si le mouvement transhumaniste apparaît comme récent, le courant s’inscrit en réalité dans la mémoire latente de l’humanité comme le récit d’une conquête contre la mort et d’une lutte s’opposant à la finitude de l’espèce humaine !

Les origines du transhumanisme

***L’homme déchu, une triple rupture***

  • Définir simplement le transhumanisme
  • Le transhumanisme ses origines
  • Le transhumanisme, une histoire enfouie

Le transhumanisme : Une nouvelle anthropologie

*** Le détournement de l’homme***

  • Critique de l’essentialisme et de la sacralisation de la vie
  • L’homme machine [Le monisme]
  • La dénaturation du Vivant ?
  • De l’homo-Sapiens à l’homo cyborg

Le transhumanisme : Portrait de l’homme augmenté

*** L’homme augmenté : la dissociation du lien social *** 

  • Matérialiste
  • Narcissique
  • Technoscientifique
  • Consumériste
  • Eugéniste

Deuxième partie  

Changer techno scientifiquement l’être humain plutôt que de le changer via la religion, l’éducatif ou le politique est la nouvelle dynamique qui fonde aujourd’hui la civilisation humaine.  L’amélioration de l’homme passera par la civilisation technique et l’hybridation homme machine qui le domestiquera et l’asservira…

 L’empreinte technique dans la civilisation de l’homme augmenté

*** La faillite de l’homme augmenté ***

  • La civilisation transhumaniste
  • L’empreinte technique dans la civilisation de l’homme augmenté
  • Le phénomène de la croissance technicienne [Jacques ELLUL]

L’Intelligence artificielle ou le rêve de l’hybridation Homme Machine

*** De l’anthropologie de l’émancipation à L’homme machine ***

  • Qu’est-ce l’intelligence artificielle [Le deep learning] ?
  • Hybridation Homme / Machine
  • Les enjeux et menaces

Troisième partie

 

La dernière partie du livre sera un plaidoyer pour retrouver le sens du prochain

Quelle anthropologie pour demain où notre devoir de résilience 

*** L’âme et le prochain ***

  • Les constats d’une vie déchue
    • L’homme a un besoin vital de vie relationnelle
    • Vivre la proximité
    • Pour conclure