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« L’abolition de l’homme? » de CS LEWIS

« Nous faisons des hommes sans cœur et attendons d’eux vertu et hardiesse. Nous tournons l’amour en dérision et sommes choqués de trouver des traîtres parmi nous. » 
C.S. Lewis

 Le Livre  court mais magistral,  [Livre de 90 pages] nous entraîne dans une dimensions prophétique  dense…. Ce livre est destiné à nous tous, à n’importe qui d’entre nous, à ceux qui remettent en question l’idée d’une morale universelle qui transcende l’histoire.

Le livre est écrit en réponse à une phrase malheureuse que l’écrivain britannique a trouvée dans un manuel scolaire, C.S. Lewis la soumet à l’analyse et il y décèle une vision du monde qui nie toute valeur objective. CS LEWIS [1898-1963]  s’interroge sur ces valeurs que nous léguons au monde et de ce monde futur qui se prépare …

Pour CS LEWIS, une nouvelle tragédie se dessine depuis plusieurs siècles sur le continent Européen. L’homme démiurgique en raison de sa puissance technicienne a aujourd’hui la capacité de soumettre toute la nature à sa volonté, il a, grâce au développement technique, la possibilité que la création dont il n’est pas l’auteur lui soit ordonnée.  L’homme dans sa vanité cherche de plus en plus à s’en affranchir. « Or maîtriser la nature et la mettre au service de l’homme est une chose, mais cette situation aboutie, paradoxalement, au contrôle de l’homme ».

Ainsi; pour CS LEWIS, il est essentiel de bannir la relativité des idées morales,  de transmettre une vérité solide pour ne pas subir demain le diktat des désirs qui franchissent le Rubicon après le déni de toute morale universelle .

« En un mot, l’ancienne éducation était une sorte de propagation – des hommes transmettant l’humanité à des hommes – la nouvelle n’est que propagande »

Dans cette optique, l’écrivain et universitaire britannique, auteur du monde de Narnia considère la nécessité de former les cœurs, ce qui passe par l’acquisition de sentiments, d’une vraie sensibilité à l’autre. « Vouloir faire des hommes durs, des hommes sans cœur« , c’est selon CS LEWIS, conduire le monde et notre jeunesse à la tyrannie des propagandes futures.

L’analyse qu’entreprend CS LEWIS; le conduit à débusquer comme à démasquer les sinistres conséquences d’un rejet de toute morale. Ce livre magistral, se termine par la description prémonitoire et apocalyptique de l’instant où l’homme fera de lui-même la matière de ses propres inventions et manipulations.

« Il y a quelque chose qui unit la magie et la science appliquée tout en les séparant toutes les deux de ce que les siècles précédents appelaient la ″sagesse″. Pour les sages d’autrefois, le problème essentiel était de mettre l’âme en conformité avec la réalité, et les moyens d’y parvenir étaient principalement la connaissance, l’autodiscipline et la vertu. Pour la magie, aussi bien que pour la science appliquée, le problème principal est de soumettre la réalité aux désirs humains ; et la solution est une technique ; dans la mise en pratique de cette dernière, toutes les deux sont disposées à faire des choses considérées jusqu’alors comme repoussante et impies –comme déterrer et mutiler les morts . »

L’avertissement que CS Lewis nous livre un véritable pamphlet contre ces idéologies mortifères qui se moquent du bien, de la morale transmise (son livre est écrit dans les contextes du Nazisme. « L’abolition de l’homme » est rédigé pendant la seconde guerre mondiale, sans que pour autant le nazisme soit nommé ). Le livre de CS LEWIS,  n’a pas pris une seule ride dans les contextes de la vacuité de notre modernité : cette modernité qui tente de nous affranchir  de toute valeur, en refusant de soumettre nos découvertes scientifiques à des normes morales universelles. Depuis des siècles, ce mouvement de déconstruction s’est accéléré en quelques décennies, ce mouvement comme un ouragan  tend toujours plus à dénaturer l’homme et pour reprendre l’expression de CS LEWIS à l’abolir, abolir l’homme dans ce qu’il a d’unique et de sacré.

« Les professeurs ne façonnaient pas l’homme selon un modèle choisi. Ils transmettaient ce qu’ils avaient reçu ; l’enseignant initiait le jeune néophyte au mystère de l’humain qui les recouvrait l’un et l’autre de sa majesté. (. . .) Cela change désormais. Les valeurs ne sont plus que de simples phénomènes naturels. Dans le cadre du conditionnement, on s’efforce de produire chez l’élève des jugements de valeur. (. . .) Ils [les pédagogues] savent comment produire une conscience et décident quel genre de conscience ils veulent produire. Eux-mêmes se situent en dehors, au-dessus …. Les conditionneurs vont par conséquent devoir choisir quel genre de Tao artificiel ils veulent, pour des raisons qui leur sont propres, produire dans l’espèce humaine. Ils pousseront les autres à agir, ils seront créateurs de motivations. Mais d’où tireront-ils eux-mêmes leurs motifs d’agir ? »

Dans les contextes du transhumanisme, ce livre est à lire de toute urgence….

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