Gender un changement de paradigme, l’analyse des contextes…

Le genre un changement de paradigme

La société postmoderne (occidentale) est marquée par l’éviction de la transcendance, cette éviction du référentiel autour d’un rapport à la transcendance a un effet accélérateur sur la promotion d’une déconstruction des stéréotypes, sur la promotion parallèlement de nouvelles conceptions sociales autour de nouveaux modèles pensant aujourd’hui la modernité : le transhumanisme et le genre.

Le genre, qui dans ses extrêmes COMME l’idéologie Queer prône la plasticité de l’identité sexuelle, son interchangeabilité, conduit à une forme de confusion, de tohu-bohu des repères jusqu’alors normés construit au fil de l’histoire sexuée Hommes et Femmes dans leurs rôles, leurs complémentarités et leurs singularités.

Cette déconstruction n’est pas selon nous, la résultante d’une doctrine savamment orchestrée qui nous serait imposée ; elle est en réalité l’émanation de plusieurs constats, constats qui ont certainement façonné une nouvelle anthropologie et une idéologie qui participent de cette déconstruction. Quels sont alors ces constats ?

  • L’uniformisation
  • L’égalitarisme
  • La liberté d’être indéterminée
  • Le relativisme
  • L’obsession de rester libres
  • Le consumérisme des biens à celui de la marchandisation des corps
  • La désincarnation du réel (la déprise sociale, la relation non incarnée)
  • L’éviction de la transcendance
  • La disparition de la figure de la mère
  • La disparition de la figure du Père

L’uniformisation.

La mondialisation est un processus économique d’universalisation des échanges s’est accompagnée d’une uniformisation des modes de consommation, des comportements culturels. Les métissages, les brassages qui sont en soi positifs et sont source de fécondité ont aussi subi la dictature d’un modèle de consommation qui au fil de matraquages promotionnels, publicitaires, fabriquent nos perceptions et représentations, conditionnant des attitudes, des pratiques de consommation.

Cette uniformisation devient plus visible aujourd’hui et par capillarité façonne subrepticement, inexorablement le monde.

Ce processus envahit toutes les sphères de la consommation et toutes les dimensions sociales, culturelles de notre monde.

Avec cette uniformisation qui gagne le monde, il n’est pas étonnant que la lecture de la culture devienne alors plus globale, moins signifiante… Au fond il est à craindre à terme que l’indifférenciation ne fabrique que des miroirs de semblables, que l’altérité ne fasse plus sens.

Une forme de conformisme social à laquelle participe la mondialisation, se dessine, glissant vers un narcissisme individuel, la volonté d’une promotion de l’individu, de son image.  Dans cette culture consumériste, ou l’on vante l’individu, il faut vanter la prévalence du conformisme, de la performance et effacer la différence. En me conformant à des modèles de consommation, lissés   je ne rencontre plus l’autre dans sa singularité. Comme le rappelle mon ami Alain LEDAIN et co-auteur de notre livre « Masculin-Féminin faut-il choisir ? », s’inspirant de l’écrivain Philosophe Emmanuel Mounier « Aucune communauté (nationale, associative, ecclésiale…) n’est possible dans un monde où il n’y a plus de prochain mais seulement des semblables qui ne se regardent pas. Chacun y vit dans une solitude et ignore la présence de l’autre : au plus appelle-t-il « ses amis » quelques doubles de lui-même, en qui il puisse se satisfaire et se rassurer. […]

Dans ce processus de lissage, d’uniformisation qui n’est pas nouveau, nous passons comme le décrit le livre de la Genèse (premier livre de La Bible) du monde de Babel (la fameuse tour), une seule langue, une seule ville, un seul type de matériau (la brique) à celui de Babylone le monde uniforme des marchands de bonheur qui atomise, formate ou pire lobotomise les esprits en fabriquant les illusions d’un paradis artificiel.

Pour François Xavier Bellamy « l’uniformisation nous laisse imaginer que si tout est partout identique, notre liberté n’aurait plus alors de frontières », notre marche, nos déplacements ne seraient plus alors entravés, à rebours de l’image d’un monde fait de reliefs et de défis à relever, où la rencontre avec le prochain, et non son semblable, donne de la saveur aux rencontres.

Quels que soient les convictions qui sont les nôtres, nos sensibilités culturelles, sociales, religieuses, politiques, etc. prenons conscience qu’il y a une forme d’emprise mondialiste, une forme d’universalisme d’un prêt-à-penser, d’un prêt à consommer aseptisé, qui nivelle les différences culturelles, lisse et codifie les comportements…

L’égalitarisme

L’égalitarisme, ce souci prégnant hier, de réparer les injustices, aujourd’hui de corriger ce que la nature a fait.

L’égalitarisme qui finit par dissoudre les cultures, arase les singularités, gomme les spécificités des identités qui caractérisent les êtres humains, jusqu’à nous dire finalement que la femme c’est n’importe quel homme. L’égalitarisme efface toute idée de l’autre dans sa dimension d’altérité et nous conduit à ce troisième constat…

La liberté d’être indéterminé

La Liberté d’être indéterminé (une vision ASEXUEE) est à rebours de l’altérité (vision sexuée). L’altérité qui est la condition de tout émerveillement.

Or pour François Xavier BELLAMY que je cite à nouveau « L’altérité est la condition de tout émerveillement, il faut donc que tout ne soit pas identique pour que mon attention, trouve de quoi s’étonner La liberté d’être indéterminée est le fantasme de notre civilisation d’aujourd’hui« . C’est cette liberté d’indétermination qui va influer toute une conception de l’homme et sur laquelle s’articule le socle de l’idéologie Queer.

Le relativisme

Pour les relativistes « il n’existe aucune vérité absolue ». Le relativisme c’est appeler bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien, c’est confondre comme les hommes de Ninive au temps de Jonas, la droite de sa gauche.

On peut même à l’instar de Benoît XVI évoquer « une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs. »

L’obsession de rester libre emmurée dans le monde virtuel

A cette liberté d’indétermination de l’être humain, je relève une autre problématique : celle qui touche la dimension de toutes nos relations … Notre obsession de rester libre … Cette obsession de liberté finit paradoxalement par nous murer (sur nos tablettes numériques), nous évitant alors d’entrer dans la relation incarnée…

Nous vivons, je crois, une immense bizarrerie : notre monde court vers l’indifférenciation, l’uniformisation qui gomme les frontières mais atomise les relations, les solidarités, la rencontre du prochain (le syndrome de Babel, rassemblons-nous dans la même ville ou le même continent virtuel). Dans ce continent virtuel, nous sommes comme alors tentés de nous enfermer dans nos univers, à ne plus incarner une relation réelle, dans un monde réel qui est caractérisé par la rencontre du prochain, dans un face à face fécond…

Sixième constat : Du consumérisme à la marchandisation du corps humain

Nous l’observons, nous dérapons vers une société où le tout consumérisme dicte et soumet la nature à des impératifs économiques.

Ce dérapage de la dictature économique, nous en avons eu la récente illustration à travers la proposition de deux sociétés du numérique d’encourager leurs employées de congeler leurs ovocytes Google, Apple. J’imagine que beaucoup parmi vous ont pu être choqués par ce glissement de nos sociétés consuméristes vers la marchandisation de l’être humain. Alors que file l’horloge biologique, Google Facebook et Apple pourraient ainsi subventionner demain la congélation des cellules reproductrices de leurs employées, afin de rendre ces femmes finalement corvéables à leurs métier et leur permettre de faire carrière.

Or c’est une boîte de pandore qui s’ouvre une nouvelle fois vers la commercialisation possible des ovocytes humains, en incitant les mères à le devenir le plus tard possible pour ne pas interrompre la belle carrière qui leur est promise et ce au nom de l’égalité femmes/hommes.

la déprise sociale, le repli sur soi, la désincarnation du lien social.

Etranges, n’est-ce pas justement ces mondes de la consommation qui nous poussent à une forme de déprise sociale, à nous replier sur nous-mêmes en nous rendant addictifs d’une société de consommation de plus en plus éthérée et de plus en plus virtuelle.

Nous vivons dans un monde désincarné où les rapports entre individus se dématérialisent : Nous prenons l’habitude de communiquer via les SMS, les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…)  Parallèlement, nous perdons le contact avec la nature. En fait, nous sommes dans une époque de grand mépris pour les corps et l’homme se donne bien souvent des projets qui dénient le réel. Il convient pourtant de se réconcilier avec lui.  La vraie culture doit ancrer l’homme dans la réalité et l’amener à fuir l’« hyper-connexion » et « l’hyper-virtualité » qui fatiguent les esprits. »

Nous entrons finalement dans un univers social désincarné, dont le projet social funeste est de nous libérer des stéréotypes culturels, une société qui s’ouvrira inévitablement à un technicisme et à la technologie numérique appuyé par des idéologies qui croient nous affranchir des contingences de la nature.

Dans ces contextes d’une société éloignée du réel, Jacques ATTALI fait valoir que nous nous séparerons à terme de la procréation. Nous entrons selon l’essayiste dans l’apologie de la liberté individuelle.

Toujours pour Jacques Attali, « nous allons inexorablement vers une humanité unisexe, sinon qu’une moitié aura des ovocytes et l’autre des spermatozoïdes, qu’ils mettront en commun pour faire naître des enfants, seul ou à plusieurs, sans relation physique, et sans même que nul ne les porte. Sans même que nul ne les conçoive si on se laisse aller au vertige du clonage ». Ce n’est ni plus ni moins que « le meilleur des mondes » décrit par Aldous Huxley.

L’éviction de la transcendance

Ce dernier constat est la négation de la transcendance, la promotion d’une religion laïciste,  « l’homme devient la mesure de toutes choses, plus rien ne peut mesurer l’homme… » ? L’homme débarrassé de toute idée et toute référence à un Créateur auquel il aurait à rendre compte.

Au nom d’une idéologie égalitariste, nous passons d’une conception anthropologique d’un homme et d’une femme semblables, différents mais aussi complémentaires vers une forme de société postmoderne transhumaniste qui veut réparer la conception sexuée. Accomplir enfin le fantasme de l’humanité qui non seulement prétend à l’indétermination mais aspire à se libérer de toutes les contingences imposées par la nature.

Pour conclure notre propos et rappelé par l’un de mes amis philosophe, citons ici le mythe de l’androgyne dans Le Banquet de Platon, mythe d’une humanité autosuffisante et rebelle que Zeus a puni en séparant les êtres humains originels en deux, pour diminuer leurs forces concurrençant celle des dieux. Nier la sexualité revient à nier sa propre insuffisance et rêver d’autosuffisance sur la base d’une liberté toute puissante en apparence, mais en réalité, impuissante parce que fantasmée et faisant l’économie du réel qu’elle nie plutôt que de s’y confronter. Se confronter au réel, c’est se confronter à ses propres limites, à ses propres insuffisances.

L’égalité forcenée qui conduit à « la perte du pouvoir maternel ».

La révolution anthropologique s’inscrit dans une réinvention de la nature et dans ce projet d’ectogenèse, concerne l’identité même de la femme, « la perte du pouvoir maternel » comme l’écrit Laetitia Pouliquen (Auteur du livre, Femme 2.0, Féminisme et transhumanisme, quel avenir pour la femme). Nous sommes dans des contextes d’évolution générale de la société où la femme d’une manière générale est incitée à devenir un homme comme les autres.

Les changements en cours, et notamment transhumanistes, peuvent s’associer à une évolution des marqueurs identitaires, et engager un réajustement des équilibres biologiques, des différences entre l’homme et la femme.

Ainsi le monde scientiste, numérique, le cyborg dans lequel nous avons basculé, est de nature à muter le rapport au mystère et à l’altérité en offrant à la femme de nouvelles perspectives, en la faisant évoluer dans une nouvelle dimension de transmutation, une nouvelle expérience de la matière autorisant la fécondation hors de l’utérus féminin.

Avec ce projet de fécondation hors de l’utérus féminin, il ne s’agit ni plus ni moins que :

de modifier le corps de la femme

de prôner la liberté morphologique, de rendre la liberté à son corps,

de dépasser pour les transhumanistes, les mythes biologiques,

d’enjamber les barrières biologiques de manière radicale,

de donner enfin la possibilité à la femme de vivre une vie débarrassée des contraintes sociales

L’appareil génital destiné à porter un enfant est finalement vu dans l’idéologie cyborg et chez les transhumanistes comme une forme d’assujettissement qui ne permet pas à la femme de vivre pleinement son projet social.

Cette idéologie de l’égalité absolue libérée du prisme de la différence sexuée, des contraintes du corps de par les apports que lui offriront demain les évolutions de la science, pousseront la femme à être finalement n’importe quel homme. Cette dimension de la représentation de la femme vécue dans cette perspective idéologique et scientifique est de fait une inversion des représentations féministes passées, elle ne conduit ni plus ni moins qu’à l’effacement même de la femme en termes d’identité.

La nouvelle idéologie féministe fondant en quelque sorte l’incitation de la femme à devenir n’importe quel homme, ôte finalement à la femme toute dimension touchant son altérité, sa différence. Il en résulte alors pour la femme une perte de la complémentarité, une perte des fonctions qui permettent l’imbrication harmonieuse des identités quand elles évoluent dans la concordance. Une harmonie qui a été en effet pervertie depuis la chute de l’homme et de la femme rendant parfois impossible cette complémentarité épanouissante.

La disparition de la figure paternelle 

Lors de la construction de notre identité dans notre petite enfance, nous avons tous besoin de repère, de représentation de garçon vis-à-vis de son père, de fille vis-à-vis de sa mère. Nous avons également besoin de nous identifier vis-à-vis de l’autre sexe, mais il est difficile de se construire en garçon si on n’a pas d’homme autour de soi et de fille si on a pas de mère. De plus, les relations parentales sont triangulaires, ce qui permet de défusionner avec la mère en s’identifiant à l’autre sexe

Le contact de l’enfant s’opère en premier lieu dans l’utérus de la mère, c’est la dimension maternelle qui est prégnante pour l’enfant à naitre qui entend le cœur et la voix de sa mère. C’est cette fonction matrice, qui est à la fois source nourricière, protection et réceptacle de vie qui vont jouer un rôle déterminant dans le processus de vie de l’enfant et de contact en premier lieu avec la vie que lui transmet la mère. Très vite la mère représente l’abri, la sécurité, la protection, la chaleur, l’affection, la fusion, la compréhension La mère représente l’amour.

Le rôle du père est essentiel, en ce sens qu’il intervient dans cette fonction de séparation (il coupe le cordon ombilical), « d’expulsion du sein maternel », de distinction, de différenciation. Le père doit éduquer ses enfants dans le sens étymologique du mot  » educare  » : faire sortir, tirer dehors, conduire au-dehors avec soin, mettre debout.

La fonction du père est de séparer l’enfant de la mère. Il doit s’interposer entre la mère et l’enfant pour permettre à l’enfant de développer son identité en dehors de la symbiose maternelle et rappeler à la mère qu’elle est aussi une femme, une amante, un être de plaisir, non seulement un être de devoir généreux. Si la mère représente l’amour fusionnel, le père représente les limites, les frontières, la séparation psychologique.

L’enfant a besoin de sentir toute l’attention de la mère pour découvrir sa puissance. Mais il a aussi besoin des interdits de son père pour connaître ses limites et apprendre à faire attention aux autres. L’enfant apprend, par sa mère, qu’il est au centre de l’univers, de son univers ; il doit apprendre, par son père, qu’il existe d’autres univers avec lesquels il devra collaborer pour survivre et s’épanouir. Un psychiatre rapporte que l’enfant doit apprendre à se situer à mi-chemin entre l’attitude du chat et du chien. « Le chat se croit le maître en voyant tout ce que son  » esclave  » fait pour lui, alors que le chien perçoit son propriétaire comme son maître parce qu’il est capable de tout faire pour lui ».

La présence du père permet d’éviter d’être fasciné par des modèles, mais si cette figure est absente, alors le garçon va partir à la recherche de cette construction virile

Le dépassement des limites de la finitude

 Plus cette humanité se soumet à la nécessité de la Technique (terme que j’emprunte à Jacques Ellul), de l’organisation sociale, de l’accès au « bonheur matériel » moins elle évoque le besoin de religion. L’homme n’a plus besoin du secours de Dieu puisqu’il peut compter sur la science conquérante- pour vivre sur de nouvelles idéologies pour prétendre au confort, au bien vivre.

Nous entrons comme le définissait Julian Sorell Huxley, biologiste et père de l’eugénisme (1887-1975) dans une forme de transhumanisme dépassant les limites de la finitude que lui impose notamment la mort.

Nous prenons ainsi conscience du fantasme de l’humanité et de la perversion auxquelles conduisent de telles aspirations, une telle utopie mêlant idéologies de libération du corps et nouveaux pouvoirs qui par enchantement augmentent les capacités cognitives et physiologiques de l’homme en lui greffant de nouveaux attributs. N’allons-nous pas finalement vers une société démiurgique ?

Il est intéressant de noter le sens étymologique de démiurge totalisant dont la racine grec est démiourgos   comprenant le mot « démos », désignant «le peuple » et de «ergos», « travail », le mot signifiant artisan ou fabricant. Le transhumanisme évoqué apparait comme le reflet d’un Démiurge qui traduit la parfaite synthèse conjuguant à la fois le travail sur la matière (la puissance technique) et de l’esprit totalisant !

Toutes les dimensions cognitives de l’être humain ajoutées artificiellement (possibilité d’augmenter la mémoire, capacité de calcul…) sont mécaniquement en route…

technology-3358837_1920Si de manière très humaniste est présenté par les techno scientifique le projet de réparer les dysfonctionnements cognitifs du cerveau via la mise en place d’un implant  visant à mieux traiter la maladie de Parkinson, la dépression, ou la maladie d’Alzheimer, dans un premier temps, quel pourrait être le second temps ?  Un deuxième palier de l’avancée scientifique qui serait demain et pourquoi pas, d’augmenter les autres capacités cognitives de l’être humain, améliorer son champ de vision, ses connaissances, sa maîtrise des langues, sa capacité de calcul ou son raisonnement … L’article est de fait à lire pour prendre conscience des nouvelles dérives d’une techno science sans curseur !

https://usbeketrica.com/article/mon-inquietude-humain-devienne-de-plus-en-plus-stupide

BABYLONE la civilisation du nombre

Comme l’ont écrit l’éminent spécialiste d’assyriologie Jean Botéro et le philosophe des sciences Roger Caratini, la civilisation Babylonienne était de plus, “très en pointe dans de nombreux domaines, capables d’édifier des ouvrages démontrant ainsi une haute maîtrise technique comme en témoigne la construction des grands bâtiments babyloniens, la réalisation de gigantesques travaux de canalisation”.

C’est au sein de cette civilisation sumérienne que l’idée d’un État qui dirige, contrôle, planifie, bureaucratise, naquit. Cette dernière comprenait un nombre important de “scribes calculateurs” qui constituaient l’essentiel des « fonctionnaires », le personnel bureaucratique et administratif de la cité mésopotamienne. Soulignons auprès de notre lecteur que les Babyloniens furent en outre les premiers à payer des taxes et des impôts, ce qui tend à démontrer l’organisation sophistiquée et administrative de la cité près de 3500 ans avant Jésus-Christ.

Un système administratif et bureaucratique fondé sur le contrôle qui n’envie rien à celui qui caractérise la modernité de notre époque qui est entré dans une nouvelle dimension normative et formelle, plus liberticide que jamais.   

La civilisation du nombre.

Si aujourd’hui notre monde au cours de ce XXI siècle, est entré dans une nouvelle révolution industrielle, celle de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle, cette dernière nous amènera probablement à basculer des rapports sociaux aux personnes vers des rapports sociaux aux choses; déshumanisant l’homme en le réduisant à un nombre, un numéro (de compte, attribué dès la naissance avec toutes les données administratives de la personne, par exemple)…

Cependant la mathématisation du monde s’est largement accentuée puis développée au XXe siècle et a désormais un impact indéniable sur toute la vie humaine .  

Cette mathématisation de notre monde au XXème siècle puis la révolution numérique au XXIème siècle modifieront probablement en profondeur et structurellement toute la vie sociale. Cette révolution civilisationnelle est sans doute une mutation comparable à la révolution agricole (période néolithique) qui a permis aux hommes de sortir des premiers âges de l’humanité marquée par le nomadisme, la chasse et la cueillette pour les faire entrer dans une civilisation urbaine et davantage codifiée.

Ainsi la première révolution agricole au quatrième millénaire avant notre ère et sa transition vers un environnement radicalement différent, vit l’apparition des premières villes, la maîtrise de l’écriture et des nombres mais également les premières administrations, la première bureaucratie. La maîtrise de l’écriture et des chiffres a progressivement modifié notre lecture du monde, a façonné littéralement nos univers. Avec l’apparition de la bureaucratie, l’historien Yuval Noah Harari indiquait dans la Homo Sapiens que “l’homme a cessé de penser en humain pour penser en comptable, en bureaucrate” et que dire aujourd’hui ?.

Plusieurs millénaires plus tard, nous avons également assisté à l’émergence des révolutions industrielles (charbon, pétrole, électricité), dont l’impact successif et majeur a totalement métamorphosé et réorganisé la société, les rapports sociaux et humains déstructurant notamment le socle traditionnel d’une société qui était davantage à hauteur d’hommes. De nouvelles mutations sont encore en cours de nos jours , nous faisant passer d’un monde de la matière, à un monde plus “dématérialisé” et virtuel, déshumanisant.

Un nouveau paradigme se déroule sous nos yeux, et est en passe de modifier l’ensemble des règles politiques, sociales, géopolitiques techniques. Ainsi en quelques millénaires, nous sommes également passés du quatrième millénaire (le néolithique) marqué par la science des nombres, au monde de l’économie numérique. Cette  autre révolution en marche, bouleverse à nouveau l’ensemble des rapports humains, transformant les règles sociales. Ces règles seront marquées par la prégnance considérable de l’économie numérique et marchande sur la sphère sociale, la gouvernance du monde, et sur les modes de vie.

Cette révolution numérique sans précédent nous fera entrer dans une nouvelle configuration sociale, une mise en réseau planétaire de l’humanité. Cette mise en réseau aboutira à la conversion de toutes les data de consommation qui comprendront toutes les informations sociales voire sociétales sur les milliards d’individus, des informations en données chiffrables. Cette nouvelle révolution “atomisera” ainsi les hommes en les isolant, en les aliénant sans doute et en les transformant en unités de valeurs, c’est à dire en données numériques.

Cette civilisation sera dès lors celle du nombre. Or l’histoire de l’humanité montrait selon nous, déjà plusieurs siècles plus tôt, les prémices de cette civilisation, Babylone la science des nombres.

Pour comprendre la dimension énigmatique qui entoure la civilisation babylonienne décrite par l’apôtre Jean, il me semblait important de s’intéresser à la révolution néolithique, la civilisation sumérienne, et à la ville de Babylone (la porte des dieux), la fameuse cité antique de Mésopotamie (fin du IVème millénaire – 3500 ans avant Jésus-Christ).

La révolution néolithique conduisit à une mutation culturelle et sociale favorisée par la science des nombres

La transition de tribus et communautés de chasseurs cueilleurs vers l’agriculteur et la sédentarisation au quatrième millénaire avant notre ère plaça l’humanité sur le chemin d’une nouvelle vie sociale, urbaine et culturelle. Cette révolution s’est peu à peu caractérisée en effet par le développement sédentaire sans précédent, qui fut aussi une véritable révolution sur le plan de la pensée théorique. Cette révolution singulière est à la fois caractérisée par la maîtrise des sciences techniques et celles de la science des nombres.

Cette science des nombres favorisa notamment le traitement des données sans précédent. Cette science permit l’éclosion et le développement, d’un appareil d’état complexe, des économies de commerce, de structures administratives et politiques centralisées, de formalismes bureaucratiques. La première manifestation éclatante de toute la période néolithique s’est accomplie au cours des 3000 ans avant notre ère dans les villes sumériennes du Proche-Orient, dont l’émergence inaugure la fin du Néolithique préhistorique et le commencement de l’ère historique.

De nombreuses fouilles et explorations archéologiques autour du bassin sumérien couvrant une vaste plaine parcourue par le Tigre  et l’Euphrate, bordée, au sud-est, par le golfe persique ont permis de découvrir et de mettre à jour une civilisation prodigieusement avancée sur le plan mathématique, et dont on ignorait pour beaucoup la dimension sophistiquée des formules algébriques.

Babylone était l’aboutissement, l’épilogue d’une culture fondée sur la maîtrise du nombre, une mégapole également marchande, rayonnant sur l’ensemble de la Mésopotamie. Babylone fut aussi une ville aux proportions gigantesques, aux monuments grandioses, aux systèmes de canalisation élaborés, et également,  une ville religieuse polythéiste.

Babylone en Mésopotamie était en effet une cité extrêmement avant gardiste sur le plan de l’abstraction mathématique; les tables trigonométriques n’avaient pas de secret pour les Sumériens babyloniens.  

Yuval Noah Harari professeur d’histoire Israélien auteur de Sapiens une brève histoire de l’humanité mentionne à ce propos que “Les scribes anciens apprirent non seulement à lire, mais aussi à utiliser les catalogues des dictionnaires, des calendriers, de formulaires et des tableaux. Ils étudièrent et assimilèrent des techniques de catalogage, de récupération et de traitement de l’information …”

Comme l’ont écrit l’éminent spécialiste d’assyriologie Jean Botéro et le philosophe des sciences Roger Caratini, la civilisation Babylonienne était de plus, “très en pointe dans de nombreux domaines, capables d’édifier des ouvrages démontrant ainsi une haute maîtrise technique comme en témoigne la construction des grands bâtiments babyloniens, la réalisation de gigantesques travaux de canalisation”.

C’est au sein de cette civilisation sumérienne que l’idée d’un État qui dirige, contrôle, planifie, bureaucratise, naquit. Cette dernière comprenait un nombre important de “scribes calculateurs qui constituaient l’essentiel des « fonctionnaires », le personnel bureaucratique et administratif de la cité mésopotamienne. Soulignons auprès de notre lecteur que les Babyloniens furent en outre les premiers à payer des taxes et des impôts, ce qui tend à démontrer l’organisation sophistiquée et administrative de la cité près de 3500 ans avant Jésus-Christ.

Un système administratif et bureaucratique fondé sur le contrôle qui n’envie rien à celui qui caractérise la modernité de notre époque qui est entré dans une nouvelle dimension normative et formelle, plus liberticide que jamais.   

Pour revenir à la cité mésopotamienne, les Sumériens Babyloniens entre autres, ont conçu l’écriture cunéiforme pour écrire leurs lois. C’est de cette écriture que d’autres sociétés se sont inspirées. Ils ont en outre maîtrisé de nombreuses techniques et ont notamment inventé la roue. Les sumériens babyloniens ont également maîtrisé l’association, la combinaison du cuivre et de l’étain pour obtenir du bronze. Nous devons à cette civilisation sumérienne le calendrier de 12 mois et 30 jours, le cadran solaire.

L’historien Jean Bottéro dans le livre Babylone et la Bible[1] relate les caractéristiques de la vie sociale et politique du régime totalitaire qui caractérisait la cité babylonienne. Hammurabi qui fut le sixième roi de Babylone est connu pour avoir écrit le Code de Hammurabi, l’un des textes de lois les plus anciens jamais retrouvés. Ce roi était à la tête de l’économie entière du Pays, « et dans sa correspondance », nous indique Jean Bottéro, « ce roi surveillait tout, décidait de tout, il était aussi le juge suprême, suppléé par des juges professionnels délégués ». Le libéralisme économique ne caractérisait pas en effet les règles de fonctionnement de l’Etat.

La culture du nombre caractéristique de la civilisation babylonienne

Dans son livre remarquable “les mathématiques de Babylone” de Roger Caratini, le Philosophe des sciences, décrit que des centaines de milliers de tablettes, de briques recouvertes de signes cunéiformes mises au jour par les archéologues sont en réalité des supports de textes dont on a découvert qu’ils étaient de caractère mathématique et concernaient plus particulièrement l’arithmétique et l’algèbre des équations. C’est notamment Thureau-Dangin assyriologue, archéologue qui joua un rôle majeur dans l’étude du sumérien qui s’est attelé à découvrir le système de numération assyro babylonien, fondé sur le système sexagésimal.

Le système sexagésimal, est un système de fraction particulièrement sophistiqué (60 est le nombre le plus petit à compter autant de diviseurs). Le système sexagésimal est l’origine certaine de numérations que nous employons aujourd’hui dans les mesures des arcs de circonférences, des angles et des temps, et leurs dérivés en astronomie et géographie. Ce système numérique étonnant, est basé sur le 60 d’où 60 minutes, 60 secondes et le cercle de 360 degrés.

Le mathématicien australien Daniel Mansfield a fait part récemment en 2017, de son admiration et son enthousiasme quant à la qualité des formules trigonométriques, des formules logarithmes, des racines cubiques, des valeurs de fonctions exponentielles découvertes sur les tables d’argile, évoquant « des travaux mathématiques qui font preuve d’un génie indubitable ». Celles-ci ont même selon le professeur de potentielles applications qui pourraient bien concerner notre époque en raison de la grande précision de ces formules.

Nous pouvons en conclure comme l’écrit[2] Roger Caratini que « le calcul faisait institutionnellement partie de la culture numéro-babylonienne tout comme l’apprentissage de l’écriture au même titre que la religion chez les Egyptiens ».

C’est ainsi que tout la vie sociale était régie par les mathématiques babyloniennes et leurs fameuses tables trigonométriques. La vie sociale parfaitement organisée et bureaucratique, s’articulait autour d’un dispositif de numération témoignant d’un formalisme et d’une structuration sociale sans égal à l’époque.

« Les mathématiques de Babylone »

Dans la Bible, le livre de Daniel évoque le savoir et les connaissances  avancées des sages de Babylone. Toute la période suméro-babylonienne, était liée à la divination et l’astrologie, les sciences astronomiques de l’époque étant indissociablement liées à l’astrologie.

Nous ne pouvons également ni imaginer, ni soupçonner à quel point les Babyloniens étaient une société particulièrement avancée. Nous suspectons à peine   comme le décrit le professeur de mathématiques, Daniel Mansfield, l’immense savoir qui caractérisait la cité mésopotamienne dans le domaine trigonométrique… Les Babyloniens théoriciens et pères fondateurs de la science des « Nombres » faisaient preuve en effet d’un haut niveau combinatoire, ils étaient entre autres les créateurs d’un système algébrique  particulièrement élaboré, singulièrement sophistiqué.

Ils avaient découvert entre autres une résolution des équations de premier degré de la forme ax + b =0 et des équations de second degré en partant d’une formule que connaissent en principe nos Lycéens, ils étaient en quelque sorte les initiateurs de l’algèbre des équations.

Les dernières découvertes ont de plus démontré que 1500 ans avant les Grecs, les mathématiciens vivant à Babylone maîtrisaient le calcul des angles et des distances comme nous l’indiquions précédemment.  Les architectes babyloniens utilisaient probablement un système de mesure des relations entre distances et angles pour construire leurs bâtiments, leurs temples, leurs palais et leurs canaux.

Et ce, quinze siècles avant Hipparque de Nicée, le mathématicien et astronome, tenu jusqu’ici comme le seul inventeur de la trigonométrie. Babylone en avance sur son temps, est ainsi la cité science des nombres, préfigurant la civilisation des mathématiques ou la mathématisation du monde. Or quand l’apôtre Jean évoque Babylone, il ne fait nullement référence à l’usage des mathématiques, en revanche il parle bien d’une économie du nombre, d’un marqueur numérique comme d’une empreinte indélébile qui rend corvéables ceux qui achètent et vendent. Du fait des brassages culturels entre le monde hellénistique et l’Orient, cette image de Babylone tendrait à démontrer l’empreinte mathématique, la mémoire scientifique laissée par la cité dans l’ensemble de l’empire romain.

La Babylone mésopotamienne « civilisation du nombre », préfiguration du monde algorithmique qui régira la civilisation moderne et son économie.

A tout point de vue, Babylone la civilisation mésopotamienne, la cité science des nombres, préfigurait notre monde contemporain, la nouvelle Babylone qui se dessine au XXIème siècle de notre ère est celle de la science des algorithmes numériques.

Les algorithmes numériques sont consacrés à la résolution de problèmes arithmétiques, puis ont été formalisés avec l’avènement de la logique mathématique. C’est en effet l’apparition de l’outil informatique et sa logique binaire (0;1) qui a permis la mise en œuvre des algorithmes. Toute l’économie numérique contemporaine s’appuie sur l’outil informatique, celui-ci produisant des fonctions et des valeurs trigonométriques en ayant recours à des bibliothèques de codes mathématiques. Le parallèle entre le monde moderne et l’histoire scientifique de Babylone la sumérienne nous semble de facto saisissant !

Ainsi de la trigonométrie au monde des algorithmes nous découvrons que le monde mathématique, a considérablement influencé les époques, sera à nouveau déterminante pour notre futur.    

La science mathématique, l’émergence d’un modèle occulte devant permettre à l’homme de reculer indéfiniment ses limites

Concernant le développement des mathématiques depuis l’époque suméro-babylonienne, comment alors ne pas rappeler le propos quasi prémonitoire du Philosophe Condorcet qui écrivait plusieurs millénaires plus tard, dans le livre « Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain » : « la science mathématique est l’émergence d’un modèle devant permettre à l’homme de reculer indéfiniment ses limites « L’invention (et donc, le progrès) est une combinaison nouvelle d’idées disponibles ».

Ici est la clef du progrès. L’arithmétique en offre le modèle : « Sa fécondité consiste dans le « moyen heureux de représenter tous les nombres avec un petit nombre de signes, et d’exécuter par des opérations techniques très simples, des calculs auxquels notre intelligence, livrée à elle-même, ne pourrait atteindre. C’est là le premier exemple de ces méthodes qui doublent les forces de l’esprit humain, et à l’aide desquelles il peut reculer indéfiniment ses limites, sans qu’on puisse fixer un terme où il lui soit interdit d’atteindre ».

Nous prenons conscience alors que la société Babylonienne quatre millénaires avant Jésus-Christ avait su tirer parti de cette science des nombres pour bâtir une civilisation finalement moderne et avant gardiste “doublant les forces de l’esprit humain” et “reculant indéfiniment ses limites”..

Depuis et plusieurs millénaires plus tard, la révolution numérique a commencé, elle relève bien plus que d’une innovation majeure, d’un événement technique fascinant, cette révolution touchera en réalité toute la vie sociale d’abord en la décryptant puis en l’organisant. Si le lien social à l’heure numérique est « fabriqué » par les ordinateurs, la numérisation du monde franchira un nouveau pas, en emmagasinant toutes les données concernant notre vie, notre quotidien puis en contrôlant une vie sociale intégralement numérisée. Graduellement et par capillarité, nous sommes sur le point de transférer notre vie à un nombre.

Le premier pas semble avoir été franchi avec l’intelligence artificielle qui est devenue une ressource “ensorcelante”, suppléant les limites de l’être humain en termes de calcul, de prédictions. Le “dataïsme”  nouvelle religion des données est ainsi en passe de devenir la nouvelle dévotion virtuelle de l’homme relayant demain les religions surnaturelles de la Babylone Mésopotamienne. Nous voyons ainsi sur Face Book, des hommes et des femmes plus nombreux à consulter les prédictions numériques qui dessinent le passé ou l’avenir des individus assoiffés de connaissance d’eux mêmes.  Les cartomanciennes sont en passe de disparaître, remplacées par la fulgurance de ces nouveaux devins ou voyants numériques.

Nous sommes sur le point de lui échanger une partie de notre être à ce monde numérique, à qui nous léguons de l’information sur nous-même ;  croyant gagner la liberté, la fluidité, la facilité, le gain de temps. Or nous sommes sur le point de lui céder notre vie, notre âme, et ce : contre un nombre, afin de pouvoir acheter ou vendre pour un bonheur fugace, une satisfaction éphémère. Nous serons ainsi dépossédés de nous même, entrant dans un univers d’aliénation, où l’objet numérique prendra le pouvoir sur l’être.

Avec le monde numérique nous accédons à un monde « serviciel » et dématérialisé où tout est construit pour offrir la plus large palette de services, donnant l’illusion de combler la totalité des besoins dérivés de l’être humain, l’ensemble de ses désirs.

Au-delà de la marchandisation numérique des biens et des services, nous voyons le jour d’un nouveau commerce ; c’est aujourd’hui la marchandisation de tous les processus vitaux qui représente une nouvelle phase de la mondialisation et de la globalisation – concernant au premier chef le corps. C’est en effet Bernard Chazelle mathématicien et informaticien, professeur à Princeton, qui indiquait lors d’une séance inaugurale au Collège de France:    » Le grand défi est que biologistes, physiciens et informaticiens travaillent ensemble pour bâtir des ponts entre l’algorithmique et les processus du monde vivant. »

Ainsi l’ensemble des univers économiques mais également le monde du vivant sont aujourd’hui impactés par le phénomène numérique. De la matière à la vie, des biens aux services, du commerce, à la presse, de l’agriculture  à la santé, c’est désormais des pans entiers de l’économie, du divertissement et du vivant qui deviennent numériques.

De nouveaux modèles d’affaires émergent, portés par de puissants effets de réseau; l’exploitation des données à grande échelle, bousculent désormais l’information les réglementations, les relations humaines et notre modèle social. Et tout cela s’opère bien souvent par l’intermédiaire de notre téléphone portable, où en nous connectant à un “réseau” internet. Nous sommes ainsi suivis, scrutés, tracés et étudiés de près pour connaître nos habitudes d’achats, de consommation, de lecture, de fréquentation etc…tout cela dans le but de vendre ( des biens et des informations, des publicités et des espaces de communication pour des annonceurs …).  

Le monde numérique génère dès lors des problématiques nouvelles, typiques parce que nous sommes face à de nouveaux géants mondiaux (Google, Facebook, Apple, Amazon…) qui cumulent des caractéristiques leur conférant un pouvoir sur les marchés économiques sans égal au monde. Les géants du numérique ont ainsi une parfaite maîtrise des algorithmes. La maîtrise liée à la gestion des data (données sur nos usages, nos opinions, nos humeurs, leur confère à ce jour la détention de données comportementales, touchant à nos représentations, croyances, convictions, sans équivalent dans le monde. Mais le risque à venir, c’est celui du franchissement d’un nouveau « Rubicon », croisant les « data » de notre vie sociale et les « data » de consommations gérées par le monde bancaire.

Les livres de la Bible, notamment le livre de l’Apocalypse ainsi que le le livre de Daniel de caractère largement prophétique, évoquent à plusieurs reprises la ville de Babylone. Le dernier livre écrit par l’apôtre Jean fait ainsi mention de la dimension marchande et mondialiste de cette entité et mentionne une caractéristique : “le nombre”.

Babylone, clairement dans le livre de l’Apocalypse, rayonne sur toute la surface de la terre, la ville est assise sur les grandes eaux, le sens des grandes eaux nous est révélé dans le même livre de l’Apocalypse au chapitre 17, verset 15 : « Les eaux que tu as vues où la prostituée est assise, ce sont les peuples et des foules et des nations, et des langues. »

Babylone est une entité dominatrice qui soumet l’ensemble de l’humanité, assujettit  les peuples, gouverne les foules, tyrannise les nations. Véritable empire consumériste, universaliste, absorbant les autres cultures, Babylone s’empare de toute l’organisation économique mondiale. Rappelons à cette effet et dans ce monde dystopique que le monde numérique se traduira par une mise en réseau planétaire de l’humanité. Ce sont clairement les intentions exprimées par la société Google et Facebook. L’internet n’était-il pas appelé déjà le 6e continent, tant son étendue était immense, sa taille virtuelle dépasse déjà toute étendue connue…

Dans ce contexte le livre Homo Deus laisse une conclusion magistrale, qui questionne l’ensemble de l’humanité. Une question simple que je fais profondément mienne. L’auteur Yuval Noah Harari nous interroge sur un choix celui de la conscience ou de l’intelligence à l’ère des data, des algorithmes, d’une science toute puissante … ? Il questionne et met en évidence ses doutes sur les scenarii du futur de cette brève histoire de l’avenir. : “Qu’adviendra-t-il de la société, de la politique et de la vie quotidienne quand des algorithmes non conscients mais hautement intelligents nous connaîtront mieux que nous ne nous connaissons ?”

Ce livre “Homo Deux” de Yuval Noah Harari est le pendant de son premier livre “Homo Sapiens” lorsque l’homme découvre l’écriture et organise le monde à partir de la codification des données, les fameuses tables trigonométriques. 6000 années plus tard nous utilisons des tablettes avec cette science qui converge selon les mots de l’historien, “sur un dogme universel suivant lequel les organismes vivants sont des algorithmes et la vie se réduit au traitement des données”… ainsi l’intelligence sans âme finit-elle par se “découpler de la conscience”, cette science sans la conscience pour plagier Rabelais ne deviendra-t-elle dès lors que ruine de l’âme, ruine de l’humanité…

Si l’homme ne se ressaisit pas et si sa conscience ne se laisse pas interpeller,  les écritures prédisent les lamentations des marchands au moment où cette entité s’écroulera, “tous ceux qui ont fait commerce avec [Babylone] se lamenteront ”.

Telle sera la fin de Babylone, la cité de la science du nombre. Cependant comme me l’écrivait un ami “Puisse notre spiritualité ne pas se dissoudre dans le numérique, dans le divertissement et les plaisirs du  consumérisme. Il est temps de prôner le caractère unique et irremplaçable de chaque individu, de résister à la puissance totalisante du nombre, de sortir de Babylone…” Or n’oublions pas pour conclure, le propos de Victor Hugo indiquant que  «Le monde”, œuvre de Dieu, est le canevas de l’homme. Tout borne l’homme” Or ajouta Victor Hugo   “rien n’arrête l’homme. Il réplique à la limite par l’enjambée, l’impossible est une frontière toujours reculante. ».

[1] Babylone et la Bible entretiens avec Hélène Monsacré Editions Pluriel page 193

[2] Les mathématiques de Babylone de Roger CARATINI page 156 (Paragraphe Naissance de la pensée théorique)

Eric LEMAITRE

Comment des robots apprennent en observant les gestes des humains….

Mise au point du premier système d’apprentissage qui peut enseigner à un robot à accomplir une tâche en observant simplement les actions d’un humain.

 

Mise au point du premier système d’apprentissage qui peut enseigner à un robot à accomplir une tâche en observant simplement les actions d’un humain.

Ce système est ainsi capable de transmettre et d’enseigner à un robot comment reproduire les gestuelles d’un être humain. Pour en savoir plus nous vous invitons à vous reporter à l’article en cliquant sur le lien faisant référence à cette avancée de la Techno-Science.

https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/robotique-intelligence-artificielle-robots-apprennent-observant-humains-71324/

« Êtes-vous prêts à vivre dans un monde piloté par l’Intelligence artificielle ? » 

Oui vous avez bien lu l’annonce de cette conférence …. Le titre de ce symposium laisse augurer que nous entrons bel et bien dans un changement de paradigme puisqu’il s’agit ni plus ni moins que l’entrée dans un nouveau monde piloté par un « Système technicien » s’adossant à de puissants algorithmes régulant demain l’organisation sociale de notre humanité. Mais il est évident que Cédric Villani et Laurence Devilliers tenteront de démystifier et de désacraliser les craintes qui accompagnent le développement de l’IA en nous familiarisant et en nous habituant peu à peu à leur entrée dans notre monde. Une telle approche est à peu près semblable à cette parabole de la grenouille qui au fur et à mesure s’est habituée à tellement apprécier le bain d’une eau douce qu’à la fin ses muscles ramollis ne lui ont pas donné la faculté de réagir face à l’avènement d’une menace que l’on veut présenter comme sans risques.

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L’EPITA est une école spécialisée dans le génie informatique, elle forme ses élèves dans les domaines des technologies et des systèmes d’information. EPITA lance en 2018 un cycle de conférences. Le 7 juin l’établissement organise une conférence TIC et géopolitique avec ce titre « Êtes-vous prêts à vivre dans un monde piloté par l’Intelligence artificielle ? Entre science et fiction, découvrez comment l’IA va changer nos vies et les rapports entre les grandes puissances. »

Deux personnalités seront invitées à débattre sur ce thème Cédric Villani, ex-médaillé Fields – la médaille Fields couronne les travaux de chercheurs mathématiciens – et Laurence Devilliers, Professeure à l’université Paris Sorbonne et chercheuse au Laboratoire d’informatique du CNRS. Le titre même de la conférence laisse augurer que nous entrons bel et bien dans un changement de paradigme puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de l’entrée dans un nouveau monde piloté par un « Système technicien » s’adossant à de puissants algorithmes régulant demain l’organisation sociale de notre humanité. Mais il est évident que Cédric Villani et Laurence Devilliers tenteront de démystifier et de désacraliser les craintes qui accompagnent le développement de l’IA en nous familiarisant et en nous habituant peu à peu à leur entrée dans notre monde. Une telle approche est à peu près semblable à cette parabole de la grenouille qui au fur et à mesure s’est habituée à tellement apprécier le bain d’une eau douce (la marmite, lieu de ce bain, reposait sur une cuisinière dont le feu était allumé) qu’à la fin ses muscles ramollis ne lui ont pas donné la faculté de réagir face à l’avènement d’une menace que l’on veut présenter comme sans risques.

http://blogs.ionis-group.com/epita/2018/05/annonce-conference-tic-geopolitique-juin-2018-Laurence-Devillers-Cedric-Villani-intelligence-artificielle-paris.html

Google ne s’interdit pas d’être maléfique…

 

http://www.frandroid.com/marques/google/505684_google-ne-veut-plus-sinterdire-detre-malefique

Au début des années 2000, Google était connu pour suivre le motto « Don’t be evil » (littéralement : « ne soyez pas malfaisant ») au point de l’inscrire dans le code de conduite de l’entreprise.

Avec la création d’Alphabet comme société-mère de Google, cette devise est devenue « Do the right thing », que l’on peut traduire par « faire ce qu’il faut » ou « choisir la bonne chose à faire », une pensée un peu plus positiviste.

Début mai, Google a revu une nouvelle fois son code de conduite.

Une Vision du progrès partagée par Sylvain Tesson

Sylvain TESSON. – On peut opposer deux stratégies au temps. Celle du moustique qui s’offre une orgie de sang et de lumière ou bien celle de la tortue à la longévité sacrificielle. L’homme pourrait choisir une voie médiane, alternant accélérations et pauses létales. Mais depuis que nous sommes gouvernés par les machines, c’est l’accélération qui prime. Avec la massification et la numérisation, elle est le fait social de notre temps. L’accélération est efficace en cas de danger (demandez aux gazelles de l’Afrique). Mais elle peut être néfaste (voyez Franz Reichelt, de la Belle Époque, qui s’était jeté de la tour Eiffel avec un mauvais parachute). Dans l’accélération sociale, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un prédateur à nos trousses et le vide devant nous. Nous sommes des gazelles qui nous jetons de la tour Eiffel en disant: «Le monde change, il faut s’adapter» !

Le figaro 

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/01/21/31003-20180121ARTFIG00202-sylvain-tesson-depuis-que-nous-gourvernes-par-des-machines-c-est-l-acceleration-qui-prime.php

ENTRETIEN Avec Luc Tesson  – Longtemps, il fut l’écrivain de l’aventure et des chemins de traverse. Il les aime toujours, qu’ils soient noirs ou blancs de neige. Mais au fil de ses écrits, Sylvain Tesson ouvre aussi la trace des voyages intérieurs. Et du haut de ses parois, s’affirme en observateur acéré de notre époque pressée. Avec sa manière unique de disposer des mots, il donne au Figaro sa vision du «progrès». L’accélération du temps ou «l’augmentation» de l’homme ne le fascinent pas. Et pour lui la nostalgie n’est pas un si vilain défaut.

LE FIGARO. –La question cruciale de notre époque n’est-elle pas celle de notre rapport au temps, alors que son accélération est portée au rang de vertu suprême, qu’il s’agisse de se déplacer, de communiquer ou, plus généralement, de vivre.

Sylvain TESSON. – On peut opposer deux stratégies au temps. Celle du moustique qui s’offre une orgie de sang et de lumière ou bien celle de la tortue à la longévité sacrificielle. L’homme pourrait choisir une voie médiane, alternant accélérations et pauses létales. Mais depuis que nous sommes gouvernés par les machines, c’est l’accélération qui prime. Avec la massification et la numérisation, elle est le fait social de notre temps. L’accélération est efficace en cas de danger (demandez aux gazelles de l’Afrique). Mais elle peut être néfaste (voyez Franz Reichelt, de la Belle Époque, qui s’était jeté de la tour Eiffel avec un mauvais parachute). Dans l’accélération sociale, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un prédateur à nos trousses et le vide devant nous. Nous sommes des gazelles qui nous jetons de la tour Eiffel en disant: «Le monde change, il faut s’adapter» !

Le tout en le faisant sur Instagram…

Phénomène inédit, l’accélération est un outil de communication. Quand un événement survient, plutôt que de nous retirer dans une grotte pour l’analyser, on expulse un commentaire. C’est une bonne méthode de domestication collective de permettre à tout le monde – à moi le premier – de dire n’importe quoi à tout moment. Cela permet d’éviter les thèses dangereuses. S’il y avait eu Twitter aux siècles passés, les Encyclopédistes n’auraient pas préparé les Lumières ni Marx écrit Le Capital. On serait plus tranquilles! Notons que tout ce vocabulaire du «ressenti», du «retour», du «contenu» appartient au lexique du haut-le-cœur.

Chroniques Radio les prochaines lois bioéthiques

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Nous sommes les témoins d’un changement dans la manière de naître, Eric est interviewé par Laurence de Radio Vie FM. Il s’interroge sur ces mutations en cours et questionne notre propre conscience. A écouter….

Les enjeux éthique du vieillissement

Dans un avis rendu public le 17 mai 2018, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pointe les enjeux éthiques du vieillissement, spécialement les risques d’exclusion sociale.

Les auteurs de l’avis dénoncent une forme de dénégation collective vis-à-vis des personnes âgées dépendantes qui peut se traduire par une maltraitance, une exclusion sociale et même une ghettoïsation de celles-ci.

Le texte rappelle que le nombre de personnes âgées dépendantes en France, supérieur au million en 2010, est estimé à 1.5 million en 2030. Les personnes vivant en EHPAD dont l’âge moyen est aujourd’hui de 85 ans, se trouvent, dans bon nombre de cas, « mis à l’écart » et « exclus de fait de la société ». Chez les personnes âgées de 75 ans et plus, le taux de suicide est le double de la moyenne nationale (30 pour 100 000 comparé à 14.9).

Le CCNE appelle à une prise de conscience sur la manière dont notre société considère les aînés et pointe également les media qui, selon lui, jouent un rôle de « déformation ou de désinformation » en ne faisant pas état de « la réalité des personnes fragiles ».

Parmi les recommandations formulées par le CCNE, on retrouve des préconisations proches de celles exposées dans des rapports parlementaires récents.

  • Un soutien plus systématique aux proches et aux aidants dans l’accompagnement du vieillissement, condition sine qua non du maintien à domicile.
  • Le développement de nouvelles formes de bénévolat pour matérialiser les solidarités entre ceux qui bénéficient de la santé et ceux qui souffrent de maladie ou de handicap et leurs proches.
  • Le développement de dynamiques intergénérationnelles entre bien portants et personnes malades ou handicapées, entre jeunes et personnes âgées, entre actifs ayant un emploi, personnes sans emploi et retraités…

 

Suite au vote de la loi de l’adaptation de la société au vieillissement entrée en vigueur en janvier 2016, le gouvernement avait installé, en février dernier, une commission pour prévenir la maltraitance chez les personnes âgées ou handicapées.

https://www.alliancevita.org/2018/05/avis-ccne-enjeux-ethiques-vieillissement/