Pourquoi rapprocher Gnose et transhumanisme …

Il existe une quasi convergence partagée entre nombreux penseurs ou philosophes qui au cours de cette décennie ont rapproché le transhumanisme et la gnose et je vous incite ici à vous procurer le livre de Stephane B auteur du livre  » de la gnose au transhumanisme » qui résume parfaitement cette proximité quasi idéologique entre les transhumanistes et les gnostiques des premiers siècles.

Pour résumer la gnose notamment la gnose dite dualiste, celle-ci se définit comme une façon  d’appréhender le corps, la vie humaine, l’environnement terrestre pareillement à une prison dont l’homme devrait se libérer pour y trouver son salut .

C’est le Philosophe Jean-Michel BESNIER qui souligne finalement l’aspiration des transhumanistes semblablement à celle des gnostiques  à cette volonté prégnante de s’échapper de l’enfermement que constitue le monde réel qui cadenasse en quelque sorte l’homme, le séquestre dans une forme de prison  :

« Pourquoi le corps est-il maltraité dans nombre de traditions philosophiques  ? Essentiellement parce qu’il est le signe de la passivité en l’humain. Il représente ce que le hasard de la naissance nous impose comme un donné non négociable et avec lequel il nous faut composer, l’existence durant. Ceux qu’on nomme aujourd’hui les transhumanistes ne veulent pas se résoudre à cette fatalité : convaincus que les sciences et les techniques peuvent satisfaire toutes nos aspirations, ses propagandistes multiplient les annonces d’une mutation de l’humain. »

Ainsi la gnose issue du christianisme, jugeait le corps comme une création loupée, le cosmos à la fois inachevé  et  manqué  car soumise à une irrésistible dégradation. Les humains selon cette théologie dérivée d’une pensée chrétienne mal comprise, en sont réduits à n’être  que des créatures précaires et mortels.

Seule la connaissance c’est-à-dire la gnose  peut révéler à l’homme sa nature spirituelle  et le délivrer du corps façonné par un Dieu imparfait, et lui permettre de le libérer de la chair et de l’âme,

Pour les gnostiques notre salut tient de fait au refus de ce monde ce qui les rapproche de facto à cette conception transhumaniste qui refuse elle aussi l’encerclement du corps, la finitude ontologique.

Le transhumanisme prend dès lors inévitablement sa filiation et sa source dans l’imaginaire gnostique. Ainsi le transhumanisme, nouvelle gnose moderne, est un combat contre l’altérité sous ses formes dérivées, le vieillissement et la mort, la finitude et l’encerclement du corps, la sexualité et la dialectique des identités du genre.

Pour poursuivre et approfondir prochainement cette réflexion sur la gnose et le transhumanisme, nous avons sollicité Etienne OMNES pour approfondir les origines de la gnose et ses similitudes avec le mouvement transhumaniste.. ce sera donc à suivre …. et à lire sur ce site :

https://deconstructionhomme.com/2019/03/26/le-transhumanisme-la-nouvelle-gnose/

 

 

Babel : l’IA peut-elle abattre les barrières linguistiques ?

Du mythe de la tour de Babel à la conception de l’espéranto, l’humanité a toujours rêvé d’une communication universalisée. À défaut d’inventer une nouvelle langue, l’intelligence artificielle se met au service de la traduction automatique. L’IA peut-elle abattre les barrières linguistiques et reformer ainsi Babel ?

Du mythe de la tour de Babel à la conception de l’espéranto, l’humanité a toujours rêvé d’une communication universalisée. À défaut d’inventer une nouvelle langue, l’intelligence artificielle se met au service de la traduction automatique. L’IA peut-elle abattre les barrières linguistiques et reformer ainsi Babel ?

Dès les origines de l’informatique moderne, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les informaticiens se sont engagés dans le développement de nouvelles formes de communication en donnant naissance aux langages de programmation.

De nos jours, les géants des nouvelles technologies mettent l’intelligence artificielle au service de la traduction. À défaut de créer une langue unique, le projet est bien de traduire toutes les langues instantanément de sorte qu’elles ne fassent plus obstacle à la communication universelle.

Alors, l’intelligence artificielle va-t-elle véritablement effacer les barrières linguistiques ? Échappera-t-on à l’enfermement sur soi-même et aux particularismes ? Le plurilinguisme finira-t-il par nous être implémenté pour enfin faire régner la concorde et la fraternité ?

 

Lire la suite sur France Culture et surtout écouter le PODCAST …..

https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/guerillas-linguistiques-44-de-babel-a-google-traduction-vers-un-nouveau-langage-universel#xtor=EPR-2-%5BLaLettre21032019%5D

Transhumanisme : Un conte prophétique

Je tiens ici à remercier Stéphane B pour ce texte qu’il m’a transmis…

Je vous propose la lecture d’un conte absolument glaçant qui pourrait bien préfigurer l’avenir d »un age d’or promis par le transhumanisme… A lire et à partager

Stéphane est l’auteur d’un livre remarquable particulièrement documenté que je vous encourage à lire ….

De la Gnose au Transhumanisme de Stéphane B.

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Stéphane m’a transmis ce  conte, un récit qui est une dystopie particulièrement intrigante préfigurant l’âge d’or du transhumanisme et son projet particulièrement funeste de totalisation du monde…

Je vous renvoie également au Blog de Stéphane, particulièrement documenté…

https://lafrancechretienne.wordpress.com

je vous propose de lire ce petit récit imaginaire qui a été rédigé sur la base de discours prononcés par des financiers et de riches entrepreneurs lors de séminaires informatiques. Il s’agit d’un dialogue hyperbolique entre un milliardaire du secteur numérique et l’un de ses jeunes collaborateurs zélé. Les prénoms des protagonistes sont tirés d’un film des années 2000.

Le jeune homme entra dans le bureau du grand patron :

« Bonsoir Gary, vous m’avez fait appeler ?

– Oui, Milo, je ne pouvais pas me permettre de te parler tout à l’heure, devant la presse. Les masses ne sont pas prêtes pour entendre ce que je vais te dire. Ouvre bien tes oreilles, car je ne t’en parlerais plus jamais par la suite.

– Vous voulez me parler du nouveau prototype de cyborg ?

– C’est bien plus que cela. Il s’agit de notre système de croyance. J’ai remarqué chez toi une grande volonté et des qualités indéniables pour aller jusqu’au bout du projet.

– Merci Gary.

– Ne me remercie pas encore. La plupart des gens ne comprennent pas notre réelle motivation. Nous allons bientôt les soumettre à notre intelligence artificielle, grâce aux incommensurables progrès du deep learning et de ses applications.

– Vous parlez de cette fameuse puce implantée dans le cerveau qui permettrait de lire jusqu’à 100 mots à la minute ?

– Oui, en effet, mais cela va bien au-delà de ce que tu pourrais croire. Nous attendons ce moment depuis des siècles. Nous savions que de générations en générations nous parviendrons à écarter, peu à peu, les gêneurs.

– Qui sont ces gens ? demanda Milo d’un air interrogateur.

– Je parle de ceux qui vénèrent l’homme Dieu, lança Gary en levant un index menaçant devant lui. Pendant plusieurs siècles, ses paroles ont fédéré de nombreux adeptes. Nos ennemis nous ont empêché d’atteindre le Grand Œuvre, mais, notre heure approche à grand pas, s’exalta Gary en balançant soudainement les bras en arrière à la manière d’un empereur tyrannique. Ah ! Rome nous a joué des tours, mais, ceci ne sera bientôt qu’un souvenir. Où sont les saints des siècles précédents ? Je n’en vois plus aucun. C’est pourquoi je me réjouis de jour en jour, dit-il en fixant un point au plafond.

– Vous parlez de Jésus-Christ et de son Église ? demanda naïvement Milo.

– Ne prononce plus jamais ce nom devant moi. Ai-je bien été clair ? hurla Gary en tapant du poing sur la table.

– Oui, répondit Milo en baissant la tête devant cette violence qu’il n’aurait jamais pu concevoir.

– Alors, ouvre bien grands tes oreilles, siffla Gary en le fixant à la manière d’un serpent venimeux. D’ici quelques mois, nous allons proposer les premiers implants. Les offres commerciales et les spots publicitaires vont se succéder pour vanter les mérites de cette sublime invention, dit Gary en pointant un doigt sur sa poitrine. Ils voudront tous avoir notre produit dans leur tête, lança-t-il en plaçant ses index sur les tempes en plissant les paupières. Ils voudront accéder à toutes les ressources de l’internet et nous allons leur offrir ce rêve. Ils ne s’imaginent même pas que nous pourrons les surveiller jour et nuit, et, pourquoi pas, leur envoyer n’importe quel genre de données dans le cerveau. Le bruit sera permanent dans leur tête et nous leur permettrons de dormir seulement lorsque nous le voudrons. Ah, ah, ah, ah, s’exclama Gary. La plupart des gens vont suivre bêtement le mouvement. Nous aurons alors une armée de cyborgs en mesure d’effectuer gratuitement toutes sortes de tâches.

– Oui, j’ai vaguement entendu parler de ce projet, dit Milo d’une voix embarrassée.

– Après le succès de notre puce, les gens se bousculeront dans nos agences pour se faire greffer de nouveaux membres. Ils voudront avoir une force herculéenne. Ils voudront savoir viser comme des tireurs d’élite, lança Gary en mimant un homme tenant un revolver. Certains voudront même devenir des samouraïs ou des ninjas, des peintres, des pianistes ou ne sais-je quoi d’autre. Ce sera la folie à tous les étages, rigola Gary en brandissant ses poings sur les côtés à la manière d’un tribun fou.

– D’accord, répondit Milo en regardant une balle de golf posée sur la moquette blanche.

– Et c’est pour bientôt, lança Gary qui s’écoutait parler. Mais, la dernière phase, et c’est la plus importante, pourra enfin venir. Nous proposerons l’amélioration ultime, notre projet le plus secret. La grande transgression, souffla Gary en plaçant ses poings devant lui à la manière d’un boxeur enragé. Ils nous offriront leur libre-arbitre pour se prosterner devant notre lumière, ma lumière, siffla Gary. Nous leur vendrons des pouvoirs surhumains pour que la bête qui dort en eux se réveille enfin, s’esclaffa-t-il à la manière d’un psychopathe. Ils se prendront pour des êtres supérieurs, des élus. Ils n’auront plus besoin ni des commandements de l’homme Dieu, ni de son église, rigola Gary en marmonnant. Nous aurons le contrôle absolu des âmes et ce sera la fin de l’humanité, telle qu’on la connaît, cracha Gary en se tournant face à Milo qui semblait vouloir disparaître. Ai-je été clair, gamin ?

– Oui, Gary, balbutia Milo en regardant ses pieds.

– Alors, je compte sur toi pour la prochaine présentation de notre nouveau produit. Je veux que tu sois excellent. Nous avons besoin de toi Milo, continua Gary en s’approchant trop près de lui.

– Milo leva les yeux. Il respira profondément pour essayer de reprendre ses esprits. Il essaya de se concentrer pour être en mesure de prononcer son discours. Il se racla la gorge et se lança enfin. Les travailleurs du numérique doivent accepter de s’améliorer pour être en mesure de travailler au rythme de la machine. Un cadre rendu supérieur par notre technologie est un facteur de motivation pour son équipe. L’innovation est exaltante, dit Milo sans toutefois avoir l’air convaincu de ses propos. Notre entreprise ouvre les portes du monde de demain. Nos produits sont la voie du futur qui mènent vers l’âge rêvé.

– Stop ! Lança Gary d’un air agacé. Je t’ai déjà dit qu’on ne disait pas l’âge rêvé. Cette expression ne veut rien dire, grimaça-t-il. Nous parlons de l’âge d’or, je te le répète encore une fois : … l’âge d’or ! dit-il en ponctuant cette phrase d’un geste menaçant. Dans cette nouvelle ère de l’homme augmenté, nous pourrons régner à la manière des pharaons et des empereurs grâce à la force et à la puissance qui se dégagera de la technologie. Les réfractaires n’y pourront rien. Ce sera la disparition du travail, la fin des aides sociales, l’insalubrité et les maladies pour ceux qui refuseront de s’incliner devant nous, souffla Gary. Son haleine tiède semblait donner des hauts le cœur à Milo.  Une partie des surnuméraires, ces inutiles, rejoindront nos rangs, reprit Gary de plus belle. Quant aux autres, tu sais que nous aurons besoin de compost humain. Ceux-là feront l’affaire pour embellir nos jardins. L’intelligence artificielle aura raison de la stupidité naturelle. N’est-ce pas, Milo, lança Gary d’un air étrange.

– Nos produits, dit Milo d’une voix chevrotante, sont la voie du futur qui mène vers l’âge d’or. Milo suait à grosses gouttes. Chaque consommateur, reprit-il d’une voix angoissée, aura la possibilité de se connecter à notre monde virtuel. Il y aura du bonheur pour tous. L’avenir de l’homme tient dans notre nouveau produit révolutionnaire. Vous serez comme des dieux et… Milo n’en pouvait plus. Une vive émotion sembla le submerger. Des larmes coulèrent le long de ses joues. Ce fut le point de non-retour. Il ne supportait plus cette folie et cette sourde cruauté. Sans regarder Gary, il s’élança vers la porte du bureau et disparut soudainement en la faisant claquer derrière lui.

Gary attrapa un club de golf pour le fracasser sur la photo de son équipe sur laquelle on y voyait Milo portant un diplôme de meilleur employé du mois. Après s’être calmé, il sortit un téléphone de son tiroir et composa un numéro spécial. La presse devrait bientôt annoncer le décès de Milo suite à un accident de la route. »

L’homme domestiqué

Il est là, calé sur la banquette bleu-roi à côté de la fenêtre donnant sur le quai D. Alors que je pénètre dans ce compartiment du TER n° 17 757 à la gare de Paris-Bercy — une première — je ne me souviens pas qu’il ait daigné lever les yeux pour observer qui entrait. Je ne sais même pas s’il m’a vu franchir la porte, tellement il est plongé dans son monde.

Cheveux noirs mi-longs, légèrement bouclés, il est vêtu d’un sweat gris et d’un jean, baskets aux pieds, un casque vissé sur la tête. Il a les yeux fixés et rivés sur son écran d’ordinateur, comme si un fil invisible les empêchait de s’en détourner.

Marc BRUNET est un vieil ami de plus de 40 ans, oui cela compte… Sans aucune expérience de ce genre d’aventure, Marc s’est élancé dans un périple déconnecté de tout ce qui le reliait à son monde, de Valence pour rallier Erevan en vélo couché, capitale de l’Arménie, ce qui n’est pas en soi banal. Il a atteint son objectif après plus de 6 000 km en autonomie et à travers 13 pays, dont un pays qui n’existe pas, même pas sur Google Map c’est dire, dormant sous la tente dans les forêts d’Ukraine ou dans les champs de Géorgie. Ce voyage s’inscrivait aussi dans une démarche de solidarité afin de récolter des dons pour la réhabilitation de l’école maternelle de Chirakamout.  Il a écrit un livre   « J’irai manger des khorovadz » où il relate ce voyage insolite riche de mille anecdotes écrit dans un style fluide et plein d’humanité à conseiller. https://www.babelio.com/livres/BRUNET-Jirai-manger-des-khorovadz/1109735

Marc Récemment me transmit ce texte qui évoquait une rencontre qui traduit ce que ce site partage, de l’urgence de nous rencontrer dans le réel….

Marc BRUNET

    COÏNCIDENCES…

Il est là, calé sur la banquette bleu-roi à côté de la fenêtre donnant sur le quai D. Alors que je pénètre dans ce compartiment du TER n° 17 757 à la gare de Paris-Bercy — une première — je ne me souviens pas qu’il ait daigné lever les yeux pour observer qui entrait. Je ne sais même pas s’il m’a vu franchir la porte, tellement il est plongé dans son monde.

Cheveux noirs mi-longs, légèrement bouclés, il est vêtu d’un sweat gris et d’un jean, baskets aux pieds, un casque vissé sur la tête. Il a les yeux fixés et rivés sur son écran d’ordinateur, comme si un fil invisible les empêchait de s’en détourner. Peut-être 17-18 ans, un visage de poupon innocent, contrastant avec sa barbe qui s’émancipe. L’accoudoir de gauche n’est pas abaissé, car l’embonpoint du jeune homme l’oblige à déborder de sa place. Son manteau noir est posé négligemment sur le côté. Le rideau rouge illumine le temps maussade et l’ambiance.

Au travers de la vitre, je devine un passager affolé hélant le contrôleur. Celui-ci lui donne rapidement quelques explications soutenues par d’amples gestes, avant de gonfler ses joues et porter à ses lèvres ce petit instrument désuet et suranné encore en vigueur à l’heure du tout virtuel, alors que ce train était inconnu sur l’ordinateur du guichetier et même auprès de l’assistance téléphonique. Disponible uniquement sur internet. Comme par magie, un sifflement strident provoque le départ du convoi. Nous allons passer plus de cinq heures — rançon de la SNCF pour emmener mon vélo depuis Paris à Lyon, plus une heure pour rejoindre Valence — dans cet huis clos, presque face à face. Mais le jeune homme ne va pas bouger :

5 h sans se lever, 5 h sans manger, sans boire, quasiment sans lever les yeux.
5 h sans prêter attention au monde extérieur.

Par curiosité, je jette un coup d’œil sur son écran pour découvrir ce qui le fascine à ce point. Le reflet du soleil m’en empêche. Deuxième tentative quelques minutes plus tard : pas de doute, c’est un jeu vidéo.

Drôle de coïncidence : je suis justement en train de lire l’ouvrage d’Éric Lemaître « La déconstruction de l’homme ». Et je tombe sur ce passage :

« Une génération qui, à regret, confond la vraie vie et la vie virtuelle, les symboles et le réel, une génération qui se déconnecte de tout rapport à la transcendance […]  Or nous prenons conscience que cet univers numérique est de nature à créer une forme de fascination et de vampirisation sur la vie des humains, en les rendant addicts, dépendants » On ne pouvait trouver une illustration plus pertinente du propos !

Quelques instants avant notre arrivée, je scrute discrètement ses yeux. Ils sont hagards, vitreux, son regard est complètement embrumé par cette réalité virtuelle. Son monde. Ce n’est pas le mien. Mon rêve est ailleurs.
Il se rend compte que nous atteignons le terminus, alors quelques minutes avant l’entrée en gare il range ses affaires. Puis une fois son ordinateur fermé il se précipite sur un autre écran : son téléphone. Il prépare ensuite un petit rouleau de feuilles séchées pour l’envelopper dans un papier fin, faisant fi du texte imprimé en grandes lettres figurant sur la boite d’où il extrait sa dose « fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage ».
Je le retrouve sur le quai, cette fois-ci avec des écouteurs qui ont remplacé le casque, branchés à son smartphone engoncé dans une poche. Connecté à lui-même, déconnecté des autres, reconnecté à son monde.Je ne sais pas si c’est une génération à la dérive, mais probablement un jeune en perte de repères. Ce n’est peut-être pas complètement de sa faute.
Quel est son rêve dans la vie ? Comment se voit-il à 2, 3 ans ? Je ne le saurai pas.
Mais je sais que son comportement m’encourage et me motive encore plus pour mes interventions dans les écoles et les lycées, pour essayer d’extraire ses semblables du virtuel et les connecter au réel, leur insuffler l’envie de rêves.Et quand je découvre ce que des enfants de 8 ans ont écrit après mon passage dans une école : « Ce que j’ai retenu, c’est qu’on a beaucoup de chance ; grâce à toi tu m’as donné envie de faire le tour du monde », je me dis que c’est déjà une première étape et qu’il y a encore de l’espoir.

Bernanos et la technique

Extrait du Livre la France contre les Robots : Texte de Bernanos , un texte vigoureux ! La Technique prétendra tôt ou tard former des collaborateurs acquis corps et âme à son Principe, c’est-à-dire qui accepteront sans discussion inutile sa conception de l’ordre, de la vie, ses Raisons de Vivre. Dans un monde tout entier voué à l’Efficience, au Rendement, n’importe-t-il pas que chaque citoyen, dès sa naissance, soit consacré aux mêmes dieux ? La Technique ne peut être discutée, les solutions qu’elle impose étant par définition les plus pratiques. Une solution pratique n’est pas esthétique ou morale. Imbéciles ! La Technique ne se reconnaît-elle pas déjà le droit, par exemple, d’orienter les jeunes enfants vers telle ou telle profession ? N’attendez pas qu’elle se contente toujours de les orienter, elle les désignera. Ainsi, à l’idée morale, et même surnaturelle, de la vocation s’oppose peu à peu celle d’une simple disposition physique et mentale, facilement contrôlable par les Techniciens.

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Version imprimable de Bernanos et la technique

Georges Bernanos

La France contre les robots
(1947)
extrait du chapitre VII

Quand la société impose à l’homme des sacrifices supérieurs aux services qu’elle lui rend, on a le droit de dire qu’elle cesse d’être humaine, qu’elle n’est plus faite pour l’homme, mais contre l’homme. Dans ces conditions, s’il arrive qu’elle se maintienne, ce ne peut être qu’aux dépens des citoyens ou de leur liberté ! Imbéciles, ne voyez-vous pas que la civilisation des machines exige en effet de vous une discipline chaque jour plus stricte ? Elle l’exige au nom du Progrès, c’est-à-dire au nom d’une conception nouvelle de la vie, imposée aux esprits par son énorme machinerie de propagande et de publicité. Imbéciles ! comprenez donc que la civilisation des machines est elle-même une machine, dont tous les mouvements doivent être de plus en plus parfaitement synchronisés ! Une récolte exceptionnelle de café au Brésil…

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La Déconstruction de l’homme : un ouvrage collectif sur les enjeux du transhumanisme

Avatar de pepscafePEP'S CAFE !

« La Déconstruction de l’homme » : un livre écrit par des chrétiens, qui n’est pas destiné aux seuls chrétiens, mais « aux hommes et femmes de bonne volonté »…

Alors que nous venons de fêter l’incarnation de Dieu, lequel s’est exposé et abaissé en se faisant homme et en demeurant parmi nous, à l’occasion de Noël, « La Déconstruction de l’homme » est un livre événement réjouissant.

Il s’agit d’un ouvrage collectif sur les enjeux du transhumanisme (l’homme voulant « s’augmenter » par la technologie et « se faire Dieu », avec une seule loi : « No limit » ), réalisé – c’est une première – à l’initiative et sous la direction d’un évangélique, Eric Lemaître(1), socio-économiste et auteur principal associé à d’autres contributeurs. Commencé en 2016 et achevé en 2017, il est paru aux Editions La Lumière le 12 octobre 2018. 

Eric, avec lequel je suis entré en contact l’an dernier, grâce à Alain…

Voir l’article original 1 176 mots de plus

«Le monde du packaging doit engager sa mue, se dépouiller de son enveloppe »

Je suis chargé de cours dans une école d’ingénieurs et pendant de longues années, je me suis inscrit dans les politiques consuméristes en enseignant à mes élèves les politiques packaging mais depuis trois années et sans doute par souci de cohérence, je les invite à comprendre que l’emballage est appelé à terme à disparaître des gondoles des enseignes.   De fait pour chaque famille de produit, j’invite les élèves ingénieurs  à imaginer d’autres alternatives, à penser définitivement l’abandon du packaging. Alors dans les scenarii proposés, les solutions ne manqueraient pas, à savoir l’abandon du plastique et l’option orientée sur des matériaux biodégradables ou bien le retour de la toile de jute, à des solutions de type consigne, mais c’est également le retour du bidon. De fait en amont il faut imaginer une transformation de la distribution mais une distribution au plus proche des lieux de vie. Les épiceries en vrac à taille humaine sans robot, devront ainsi engager leur offre, se réinventer en proposant des bacs de distribution, des containers en inox.  Partout en France mais également en Europe, de nouveaux lieux d’épiceries en vrac s’ouvrent et deviennent de véritables lieux d’échanges où les consommateurs peuvent aussi rencontrer régulièrement les agriculteurs et les producteurs.

‘La déconstruction de l’homme’ Deuxième édition…

 Nous vous annonçons la sortie de la seconde édition du livre la déconstruction de l’homme.

Commandez-le maintenant en ligne sur Lulu au prix de 25 euros TTC.

L’essai  a été préfacé par

le Philosophe Bertrand Vergely …   

Cette seconde édition a été enrichie d’une troisième partie intitulée Alternatives. Cette troisième partie, décrit comment il est possible et quel est le chemin pour faire face à « l’ouragan » technologique ! Nous avons également introduit l’ouvrage par une note de lecture pour expliquer les motivations qui nous ont conduits à écrire cet essai ! D’autres textes enfin complètent la précédente édition décrivant les dimensions des mutations technologiques et l’accélération des processus qui coloniseront l’ensemble de notre vie sociale.

Cette seconde édition a été préfacée par le Philosophe Bertrand Vergely auteur de l’essai « Transhumanisme la grande Illusion »

Nous vous produisons ci-dessous un extrait de sa préface ! 

Si, l’homme ludique se réjouit de l’avènement de ce nouveau monde, Éric Lemaître et son équipe  introduisent une question : avec le dispositif qui est en train de se mettre en place, n’assiste-t-on pas à l’émergence d’un nouveau dispositif d’oppression et plus précisément de l’un des  dispositifs d’oppression sans doute le plus redoutable que l’humanité ait jamais connu ?

     Dans cet univers de combinaisons à l’infini qui est en train de se mettre en place, l’être humain est-il libre ? N’est-il pas l’otage, le jouet, le prisonnier des fabricants et des vendeurs de machines à jouer, à connecter, à combiner ?

     En outre, vivre, est-ce passer son temps à jouer, à combiner, à connecter ? Jouer, soit. Mais jouer quoi ? Combiner, soit, mais combiner quoi ? Connecter, soit, mais connecter quoi ? S’il n’y a pas de sens dans ce que ‘on vit est-on libre ? N’est-on pas prisonnier du vide ?

     La postmodernité veut nous faire croire qu’en déconstruisant l’homme nous allons être plus libres et  plus humains. Est-on vraiment plus humain quand l’homme a volé en éclats  et qu’il ne reste que ses miettes ? Ce qui libère l’homme est-ce la mort de l’homme ? N’est-ce pas ce qui se passe quand, comme le dit Pascal, l’homme passe l’homme ? Ce passionnant et imposant travail nous invite à nous poser cette question et à la poser à notre temps.