L’entretien

Maxence a 24 ans, après une enfance en Charente maritime, passionné de science et de cinéma, il a commencé ses études d’ingénieur à l’ENSMA (École nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique) après une école préparatoire au lycée Montagne à Bordeaux. Souhaitant explorer également une autre passion, le cinéma, il fait une formation en audiovisuel et digital durant 2 ans à Rouen. Durant cette période, il a réalisé plusieurs courts métrages. Après ses études il est parti au Canada durant un an dans le cadre d’un Permis Vacance-Travail avant de rentrer sur Paris et de travailler actuellement pour un web Magazine dédié à la finance. Maxence rêvait de créer une émission de podcast qui résultait de sa volonté, d’associer puis de lier ses deux passions que sont la science et l’audiovisuel. Maxence m’a joint et m’a proposé une première émission, j’en ai accepté l’augure et l’intérêt, ma confiance que nous pouvions en tirer le meilleur parti pour informer.

Le Covid-19 est un virus cyborg qui se propage aussi vite dans les corps que sur les écrans

Le confinement encourage plus que jamais les gens à lire et à consommer davantage de contenu sur internet, il accélère ainsi la transition numérique. Bien que beaucoup d’entre nous lisent sur papier, parce que nous disposons d’une bibliothèque conséquente à la maison, beaucoup d’autres utilisent des livres électroniques, passent des milliers d’heures sur des plateformes et s’habituent à utiliser Zoom, WhatsApp ou Siri pour communiquer. J’ai le sentiment que, tout comme il y a actuellement moins de recherches menées pour guérir le cancer qu’il y a un mois, parce que tous les efforts sont concentrés sur le SRAS-CoV-2, il y aura aussi des industries qui recevront moins de fonds que d’autres. Et celles qui en percevront le plus seront celles qui seront liées aux plateformes et aux algorithmes. 

Ainsi, alors que ma fiction Les Orphelins imagine un avenir actuellement peu probable, mon essai Contre Amazon prend soudainement un caractère presque prophétique. Dans cet essai j’attire l’attention sur le danger que représente l’accumulation de données et de ressources de la multinationale de Jeff Bezos. Alors qu’il était déjà l’homme le plus riche du monde avant cette crise, le capital qu’accumule sa société lors de cette urgence pandémique mondiale, tant sur le plan économique que sur celui des données, est hors-norme.  

Amazon est maintenant bien plus puissante que toute autre marque, société ou entreprise au monde, voire même dans l’histoire. Tout comme la pandémie, il est un acteur mondial ; et ce n’est pas un hasard si son histoire sur les vingt-cinq dernières années coïncide exactement avec celle du concept de viralité. 

Crise

nous n’avons pas affaire à une crise passagère mais à ce qu’on appelle un phénomène structurel. Dire qu’un phénomène structurel est un fait de structure ne nous fait guère avancer. On avancera un peu plus avec son antonyme : un phénomène structurel n’est pas conjoncturel. Par exemple, le chômage du fait de sa permanence n’est plus – si tant est qu’il l’ait été – conjoncturel mais bien structurel, inscrit dans la structure ou société. C’est-à-dire comme un élément étroitement lié voire indispensable au fonctionnement de la société. Ainsi, le chômage n’est pas le produit de dérèglements passagers d’une économie, ni le fruit d’une mauvaise gestion politique mais un phénomène lié étroitement à la société

L’écroulement

« La Reine Corona[1] », ni bière mexicaine, ni cigare de havane, mais un virus auréolé d’une couronne mortuaire, est venue un beau matin, de l’année 2020, début janvier, jouer à Chamboule tout, remettre les pendules à l’heure avant notre changement d’horaire pour signaler l’heure d’été. Au-delà du péril écologique annoncé depuis quelques années, ce n’est pas un rayon de soleil un peu plus chaud ou brûlant qui a eu raison de nous, mais une bactérie pathogène avec sa létalité qui en s’infectant dans l’organisme humain lui a causé viscéralement les pires dommages. L’humanité subit maintenant son joug, ne sachant à ce jour comment conjurer le sort, s’en défaire, ne sachant comment cautériser les blessures parfois mortelles que la Reine inflige à ses sujets humains.

Le son du silence

Dans ces temps où la nature reprend ces droits, où gazouillent les oiseaux au dehors ; dans nos cités et villages et qu’étrangement nous écoutons, il nous faut aujourd’hui reprendre et reposséder le temps d’exprimer de ce qui semble échapper aux sons divertissants ou lancinants qui émanent de nos écrans, de nos postes de télévisions, il nous faut questionner le silence intérieur pour comprendre ce qu’il est, écouter le vide en forme de Dieu, à l’intérieur de chacun. Il nous faut imposer le silence pour retrouver aussi le sens de l’autre, le rapport aux autres comme le bruissement, doux et léger de la parole divine. Le silence n’est pas nécessairement une négation de la parole, je pense que le silence est comme une suspension, un temps d’arrêt, une pause pour retrouver un chemin de réflexion, nous évitant l’égarement ou bien de nous perdre. Je vous invite au travers de ce texte à une forme finalement de méditation, une suspension, une trêve parmi tous les bavardages qui nous sont déclinés à longueur de nos journées par nos médias abasourdis par la tempête et le chaos qui viennent de frapper notre monde.

1 4 5 6 7 8 44