Un essai magistral sur le transhumanisme

  Vient de paraître aux Edition LIBRINOVA

  un Essai magistral sur le Transhumanisme

Transhumanisme : La conscience mécanisée

https://www.librinova.com/auteur/lemaitre-eric-1

 

Couverture - Eric Lemaitre - 1À la suite d’un premier ouvrage intitulé « la déconstruction de l’homme », Éric LEMAITRE socio-économiste et enseignant à l’école supérieure des Ingénieurs de Reims, signe un magistral essai théologique et philosophique sur le transhumanisme. Cet essai sonne comme un avertissement prophétique et prévient ses contemporains sur le combat titanesque qui est en jeu, qui est de nature à mettre en péril la conscience humaine.

« L’émergence d’un messie technologique adviendra certainement dans un monde qui ne semble pas avoir totalement compris qu’une crise majeure des consciences est en cours. Cette crise est celle des consciences asséchées, une crise aussi cataclysmique que celle qui concerne le climat. Cette crise majeure affectera la dimension relationnelle. Elle provoquera la désocialisation créant le délitement de toute la communauté humaine ». Éric LEMAITRE

À l’instar de Fabrice Hadjadj, Éric fait sien ce propos tenu par le philosophe et qui nous dépeint le monde à venir.

“Les transhumanistes veulent que l’homme devienne Dieu tandis que les chrétiens ont, au contraire, un Dieu qui s’est fait homme”. Au fond, je pense que l’affrontement entre ces deux pensées va être celui du siècle ».

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Ce qu’ils ont pensé de l’essai Transhumanisme : La conscience mécanisée écrit par Éric LEMAITRE

 

Didier Martz Philosophe se confessant comme athée auteur du livre la Tyrannie du Bienvieillir et préfacier du livre écrit par Éric LEMAITRE.

« Transhumanisme : la conscience mécanisée ». La lecture du livre d’Éric Lemaître oblige à entrer dans un dialogue dont on ne sort pas forcément indemne. Mais penser c’est risquer. Disons-le d’emblée : le livre d’Éric Lemaître sur la ‘‘conscience mécanisée’’

Anna Geppert Professeure des Universités, Paris Sorbonne

Ces dernières années, les ouvrages se sont multipliés sur ces sujets. Mais le livre que nous avons entre les mains est un cadeau offert à nos contemporains. Il participe au débat concernant les effets des ‘‘progrès’’ technologiques fulgurants dont nous sommes témoins. Certains s’émerveillent, se voient déjà tout puissants, universellement savants, immortels. D’autres s’inquiètent des menaces qui pèsent, sur nous, sur la nature trafiquée, sur la société hypercontrôlée, sur l’homme dit ‘‘augmenté’’, mais en réalité diminué, amputé dans son humanité. Éric nous remet ces interrogations dans la seule perspective qui, finalement, a du sens : celle de la foi. Lorsque, dans leur orgueil, les hommes se détournent de Dieu, les ténèbres emplissent leurs cœurs. Ils font alors leur propre ruine : « Ces soi-disant sages sont devenus fous. » (Rm 1,22).

Transhumanisme ; La conscience mécanisée

Couverture - Eric Lemaitre - 1

Préface du Philosophe Didier Martz  

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Peut-être vous souvenez-vous de cette publicité destinée une fois encore à faire acheter un produit dont le besoin n’est pas avéré : « Vous en rêviez, Sony l’a fait ». Une version adaptée du slogan dirait aujourd’hui : « vous en rêviez, le transhumanisme l’a fait ». Ou le fera. Et de quoi rêviez-vous ? D’en finir avec la maladie, avec la vieillesse et pourquoi pas, d’en finir avec la mort ! Selon l’idéologie transhumaniste, ce n’est plus un rêve, mais un espoir et bientôt ou déjà une réalité.

C’est le rêve de toute l’humanité depuis qu’elle est humanité. Eric Lemaître en fait ici l’histoire. Depuis l’épopée de Gilgamesh, des aventures mythologiques de la déesse Calypso, de la légende de la fontaine de Jouvence jusqu’aux produits de la cosmétique contemporaine, ce ne sont que variations sur un même fondement anthropologique : durer, « persévérer dans son être » (Spinoza). Dans tous les cas, il s’agit de jeunesse retrouvée, d’immortalité conquise. Et la science-fiction n’est pas en reste qui décrit des sociétés et des vies sans fin, des héros qui ne meurent pas, des hommes mutants mi-machines, mi-hommes.

Adieu mythes, légendes et utopies, maintenant la réalité rattrape la fiction. Jusqu’à présent et depuis toujours, la réparation thérapeutique était le maître mot de la médecine. On tentait de rétablir l’harmonie du corps avec plus ou moins de bonheur. Les progrès aidant, nous sommes toujours mieux soignés, nous vivons plus longtemps, en bonne santé relative. Médicaments, vaccins, prothèses, greffes d’organe, de cœur et de rein, implants de toutes sortes… sont devenus monnaie courante.

Forte de ces constats et des espérances qu’elle suscite, une certaine philosophie ou idéologie, en l’occurrence le transhumanisme, pose que l’humanité est au seuil de la plus grande transformation de son histoire. Grâce à l’union des biotechnologies et des nanotechnologies, des sciences de l’information (robotique et informatique) et des sciences cognitives, ce qu’on appelle les NBIC, l’homme pourra enfin s’affranchir des limites assignées au corps. Ses capacités physiques et mentales vont être sublimées. Et le dispenseront bientôt de souffrir, de vieillir, de mourir et même des inconvénients de la naissance.

Élucubrations ? Délires ? Affabulations ? Pas du tout ! Éric Lemaître montre que nous sommes bien au-delà des quelques exemples donnés ici. On ne se contente plus de réparer l’homme, on améliore ses capacités, on les augmente. Un nouveau profil d’être humain se dessine, hybridation entre la machine et l’organisme, mélange de chair et de matériau, de nerf et de câble, d’os et de plastique… L’être humain est en passe de dépasser sa condition néoténique, sa condition d’être humain inachevé. Enfin il franchit l’assignation à résidence que lui imposait la nature. Éric Lemaître, loin d’y voir une suite logique de l’évolution des espèces, y voit au contraire une rupture anthropologique majeure qui conduirait à terme à la disparition de l’humanité.

Mais pourquoi ne pas s’en réjouir ? Pourquoi ne pas se réjouir de la fin des douleurs, souffrances et autres angoisses de mort, des lamentations sur « la vie trop courte… » ? Bien sûr, cette évolution suscite des inquiétudes qu’on retrouve au moment des grandes mutations. Période d’acculturation, génératrice de cet effroi qu’éprouvait Blaise Pascal à l’orée du monde nouveau qui se profilait. Ici c’est une humanité nouvelle qui se profile, un déplacement au travers de l’humanité, une trans-humanité et un trans-humain.

Mais pourquoi s’inquiéter de ce qui répond au désir fondamental de chaque être de « durer », désir jusque-là entravé par la maladie et la perspective de la mort[1] ; qui répond au désir tout aussi fondamental de s’échapper comme le voulait Platon de la prison de son corps, ce « tombeau de l’âme » ; et qui enfin permet de donner un sens à la vie jusque-là considérée comme absurde au regard de la finitude de l’être humain.

Bref, aux perspectives offertes par le transhumanisme l’homme voit son champ des possibles s’élargir, l’espoir demeurer. Maintenant, il n’y a plus de « limite à la validité du ticket. »[2]

Pour le contrarier, un certain point de vue s’exprime pour dire que somme toute l’homme est subjugué. Séduit et asservi, il est sous le joug. La pression à rester jeune et en forme devient alors tyrannique[3], doucereusement tyrannique. Et le voilà confronté à « toutes les passions d’un vaisseau qui souffre » (Baudelaire).[4]

Et quand bien même ? « Au nom de quoi » pouvons-nous le dissuader de ce à quoi il aspire ? Au nom de quelle valeur supérieure ? Pourquoi ne céderait-il pas aux sirènes ? Certes il est des servitudes volontaires confortables au point, comme disait Tocqueville, de nous éviter l’effort de penser. Et alors ?

Pourtant c’est à cet effort que nous invite Éric Lemaître, une invitation à penser. Car les enjeux sont vitaux. Et la tâche n’est pas facile. Car il s’agit bien d’aller à l’encontre d’une idéologie qui va dans le sens des vœux les plus profonds de l’humanité : vivre jeune, longtemps, en bonne santé. Et ceci au nom du Bien, du Bien de l’humanité. Et contre le Bien on ne peut rien même si l’on sait qu’il peut nous conduire aux pires catastrophes.

Pourtant, l’auteur avec courage pose ce qui est en jeu et le risque que court l’humanité, notamment « perdre conscience », et de nous proposer une issue pour la retrouver. Plus qu’une issue, un salut.

Ici, dans cette préface deux hommes se rencontrent, l’auteur et le préfacier. Le cas n’est pas surprenant. Il est de ceux qu’offrent parfois les hasards de la vie. Pas si hasardeuse en fait, car tous deux sont « portés d’un même dessein »[5] : le souci de l’homme. Pourtant, « l’un croit au ciel, l’autre n’y croit pas », l’un est socioéconomiste chrétien, l’autre philosophe athée si tant est qu’on puisse coller des étiquettes définitives. Mais qu’importe, « qu’importe, comme le dit Aragon, comment s’appelle cette clarté sur leur pas, que l’un fût de la chapelle, et l’autre s’y dérobât »[6]. Or cette clarté, c’est la conscience. C’est en effet la conscience selon Éric Lemaître qui est en question, la conscience comme enjeu spirituel, la conscience et le cœur.

Nos deux hommes se rejoignent sur l’insolence d’une société mercantile qui pousse les individus à l’individualisme, à la consommation, une société qu’il faut bien nommer capitaliste et néolibérale dont la vocation pléonexique, via la Silver Économie, est d’accumuler. Ils se rejoignent aussi sur la domination d’une raison instrumentale qui se soucie des moyens plutôt que des fins. Et se rejoignent encore sur l’interposition des objets techniques qui éloignent toujours plus l’homme du réel et le rendent dépendant, hétéronome (Illitch).

Sans doute se rejoignent-ils aussi sur l’idée que dans cette logique le monde va à sa perte tant sociale qu’économique et écologique et qu’il faudrait garder à l’esprit ce que disait Paul Valéry au sortir de la Première Guerre mondiale que « les civilisations sont mortelles » et surtout, ajoutait-il, qu’il avait fallu beaucoup de science – et de morale ! – pour en arriver là.

Beaucoup de science en effet, dominée par la raison instrumentale elle, pour reprendre l’expression d’Éric Lemaître, « mécanise la conscience » et désenchante le monde. Enchantement par lequel le sens vient au monde, ou plutôt du sens vient au monde. Privé de sens, profitant du « vide de la pensée » (Arendt), il se délite et se met à la merci de n’importe quelles forces. Éric Lemaître renvoie à la Bible et au Léviathan, figure symbolique, « qui avale les âmes » abusées par la promesse transhumaniste. Elle donne l’illusion que l’on peut se passer de Dieu alors que c’est la croyance en Dieu qui peut donner du sens et offrir une planche de salut.

Ici Éric Lemaître et moi-même, se séparent-ils ? On connait la réticence du philosophe athée à accepter une transcendance de quelque ordre qu’elle soit. Surtout depuis qu’il a signé avec Nietzsche la mort de Dieu. Aussi s’il y a une planche de salut qui nous sortirait de cette logique délétère ce n’est pas du côté de Dieu qu’il se tourne, mais du côté, en bon matérialiste, d’un système qui fracture le réel avec son cortège de dégradations et d’abandons sur le plan social et climatique. Cependant, il est probable que l’auteur ne soit pas ici en désaccord avec cette idée.

Divergence ? Sans doute, mais peut-être pas complètement, car si Dieu est mort la transcendance demeure. Dieu n’est pas mort, il a seulement disparu. Concession du matérialiste ? Non, juste le constat que l’homme ne cesse de produire des valeurs qui par nature dépasse les conditions de son existence. Il n’y a pas de « condition anarchique » (Lordon), d’an-arké, d’absence de fondement axiologique dans les sociétés. Ces valeurs transcendantes, mais immanentes à l’homme (Ferry) ont cette particularité de relier les êtres humains entre eux, de former des communautés qui se réfèrent à des valeurs qui les dépassent, mais immanentes, car produites par eux-mêmes. Parmi elles, l’Homme comme le souligne Éric Lemaître.

Relier, re-ligere, de la religion cet « humanisme transcendantal » conserve l’esprit, l’idée d’un lien de communauté entre les hommes. Ici, « celui qui croit au Ciel et celui qui n’y croit pas » se rejoignent, car chacun a le « souci » de l’homme, de l’Autre comme valeur universelle.

Et Éric Lemaître d’inviter à ouvrir son cœur et à aimer parce que s’il est bien une valeur universelle, c’est celle-là. L’amour – la Philia et l’Agapè des Grecs – est de nature à donner encore du sens lorsque dans les sciences et les techniques, le droit et même la morale, il a « mis les bouts ».

Le transhumanisme, dans sa manière, à côté des désordres qui le travaille, n’est jamais qu’un des éléments d’une logique qui conduit à la liquidation de l’humanité. Alors contre les forces « diaboliques » (de dialobos, qui sépare) reste l’amour, bien fragile devant cette révélation, l’Apocalypse. « Aime et fais ce tu veux » disait Saint Augustin, peut-être le moyen de retrouver du sens, car ajoutait-il, « de cette racine, rien ne peut sortir de mauvais» … ce qui n’empêche pas les erreurs!

« Transhumanisme : la conscience mécanisée ». La lecture du livre d’Éric Lemaître oblige à entrer dans un dialogue dont on ne sort pas forcément indemne. Mais penser c’est risquer.

Didier Martz, philosophe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1]Paul Eluard, Le dur désir de durer, Œuvres complètes t. II Gallimard, La Pléiade, 1946

[2] Allusion au livre de Romain Gary, Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, Gallimard, 1975

[3]Michel Billé et moi-même avons rencontré cette difficulté et les oppositions qu’elle suscite en nous attaquant au « Bienvieillir », idéologie que nous jugeons tyrannique in La tyrannie du Bienvieillir, Michel Billé, Didier Martz, Éditions ERES, 2018

[4] Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, EPI Grands Écrivains, 1984.

[5]Depuis la fable L’ours et L’amateur de jardins de La Fontaine.

[6]Louis Aragon, « La Rose et le Réséda », La Diane française, Éditions Seghers, 1944

PMO, « Du « transidentitaire » à l’enfant-machine »

Je viens de publier un nouvel essai ; Transhumanisme : La conscience mécanisée … J’aborde dans ce nouvel ouvrage, les thèses que vous déclinez…

Avatar de les amis de bartlebyLes Amis de Bartleby

Version imprimable de l’entretien avec Fabien Ollier

Pièces et main-d’œuvre

Du « transidentitaire » à l’enfant-machine

Voici un entretien avec Fabien Ollier, à propos de son livre L’Homme artefact.
Indistinction des sexes et fabrique des enfants (Éditions QS ?),
précédé de rappels et considérations sur le sujet. 

Depuis la parution de notre Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme, en septembre 2017 (Éditions Service compris), nous voyons des volées d’ouvrages tournant dans l’air du temps, autour du même sujet, s’abattre sur les tables des librairies. Peut-être avons-nous mis à jour un puzzle de faits et d’explications qui, une fois assemblés, saute aux yeux avec la force de l’évidence et de la surprise, contraignant dès lors ceux qui l’ont vu à y penser et à en parler. Et il en sera ainsi tant que l’humain, le vivant politique dans son milieu vivant, sera une cause disputée, et non un produit de…

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Les enfants cobayes modifiés par CRISPR Cas9

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Source : Alliance Vita :

Bébés CRISPR : Les inquiétudes se confirment

L’affaire des premiers bébés génétiquement modifiés par CRISPR-Cas9, nés en novembre 2018, ne cesse de se compléter d’informations alarmantes. Cette expérimentation a abouti à la naissance de deux fillettes, véritables cobayes de la technique qui les a créées.

Lors de son annonce, qui avait suscité une réprobation mondiale, le scientifique à l’origine de cette grave transgression, He Jiankui, expliquait avoir franchi cette ligne rouge car il poursuivait l’hypothèse de « rendre ces bébés résistants au VIH », en désactivant un gène, le gène CCR5. Ce gène code, notamment, pour un récepteur placé sur des cellules du système immunitaire (les lymphocytes). Or, le virus VIH utilise justement ce récepteur pour pénétrer ces cellules et les infecter.

Peu après, des voix se sont élevées pour dénoncer ce qui semble être les réelles intentions de cet apprenti-sorcier. Il souhaitait expérimenter l’impact de cette modification sur les facultés cognitives, car ce même gène CCR5 pourrait être impliqué dans les facultés d’apprentissage, ce qui n’est qu’une supposition.

Rapidement, et face au tollé mondial suscité, les revues scientifiques avaient refusé de publier l’étude, car le scientifique avait enfreint des règles éthiques et déontologiques. Si bien que ce document a été tenu relativement secret. Mais il semblerait que JAMA (Journal of the American Medical Association) soit actuellement en train de l’étudier, et l’aurait confié à de nombreux experts, y compris à George Church de la Harvard Medical School. Mais est-ce aux revues scientifiques de faire « la police » des transgressions éthiques ? Des experts ont demandé à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de se pencher sur ce grave problème. L’OMS a créé un groupe d’experts et élaboré l’idée d’une hotline pour signaler toute tentative de fabrication de bébés génétiquement modifiés.

Une journaliste de la MIT Technology Review a pu se procurer le document d’origine et l’a transmis à quelques experts. Leurs conclusions, présentées en 12 points, sont accablantes. Les questions soulevées sont multiples. Elles concernent, par exemple, la liberté et le consentement éclairé des parents ; n’ont-ils pas été contraints, tenus dans l’ignorance des enjeux, manipulés ? Mais aussi les données tenues secrètes, comme les noms des personnes impliquées (spécialistes de la fécondation in vitro, obstétriciens) ne sont pas mentionnés. Pourquoi ? Etaient-ils au courant de ce qu’ils faisaient ? Et bien entendu, ces experts dénoncent les nombreux biais scientifiques, une fraude à la réglementation de la procréation assistée etc.

Le document de He Jiankui démontrait déjà que ces embryons génétiquement modifiés étaient des « mosaïques », c’est-à-dire que d’autres mutations que celles ayant motivé l’expérience se sont produites à d’autres endroits du génome, de manière différente d’une cellule embryonnaire à l’autre, ce qui rend les conséquences imprévisibles.

Ces enfants, nés de bricolages procréatifs, sont pris en otage de leur mode de conception, et en payent le prix. Il est urgent de mettre un coup d’arrêt mondial à ces transgressions, qui ne sont même plus des essais sur l’homme, mais des essais d’homme.

En ouvrant la voie à la création d’embryons transgéniques pour la recherche, la loi bioéthique française alimenterait cette transgression. Il est encore temps pour les sénateurs, qui examineront cette loi en janvier 2020, de revenir sur cette mesure.

La mécanisation de l’humanité est en cours…

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Des scientifiques

viennent de créer les premiers neurones bioniques au monde

Derrière les prouesses technologiques, il est nécessaire d’avoir toujours une lecture circonspecte….

Pour la toute première fois, des chercheurs ont réussi à créer des neurones artificiels sur des puces de silicium qui agissent comme si c’était la réalité. Il s’agit d’une réalisation majeure qui laisse beaucoup de place aux dispositifs médicaux qui peuvent guérir les maladies chroniques. Elles sont très petites et nécessitent incroyablement peu d’énergie pour fonctionner, elles sont donc adaptées aux implants médicaux. Le potentiel est énorme.

Les neurones artificiels sont quelque chose qui était attendu depuis longtemps et maintenant qu’ils sont enfin là, les possibilités sont infinies ! Elle ouvre d’énormes possibilités pour toutes sortes de dispositifs médicaux qui pourraient changer des vies à jamais, voire les sauver. Nous entrons dans une nouvelle ère de la médecine.

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Des scientifiques viennent de créer les premiers neurones bioniques au monde

Guerre et Paix : les nouveaux maîtres du Monde

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Auteur Eric LEMAITRE

Le XXe siècle a été le témoin de tragédies meurtrières. Témoins de ces désastres, les deux guerres mondiales qui ont agrégé ensemble des pertes humaines, avoisinant, 77 millions de morts, sans doute beaucoup plus. Ces fléaux apocalyptiques ont laissé une empreinte indélébile dans la mémoire de l’humanité y compris dans la suite des générations. Les commémorations entretiennent depuis la mémoire de ces fléaux dévastateurs. Les nations dominantes ont longtemps cru que l’arme atomique suffisait à paralyser définitivement les intentions bellicistes, mais pour combien de temps ? Comme pour effacer les ravages de leurs conquêtes ; ces mêmes nations se sont ensuite engouffrées dans une autre forme de colonisation du monde, celle des affaires, du business, du commerce. Un commerce pacifique, mais qui s’en prend aujourd’hui aux ressources de la Terre. Après s’en être pris à la chair de l’homme, le monde s’en prend désormais à la Terre comme pour achever ce cycle infernal commencé avec Caïn[1] le forgeron devenu meurtrier de son frère. Mais pour échapper à de nouveaux conflits sanglants et destructeurs, la technologie savante s’est inventé l’arme fatale capable d’éloigner d’éventuelles nations farouches tentées d’en découdre à nouveau.  Fort d’un arsenal atomique capable d’éliminer l’humanité, les états se sont investis par la suite sur d’autres champs de conquêtes, imaginant sans doute plus subtil de s’employer à posséder l’âme des hommes, plutôt que d’écraser les corps.

Ensuite de quoi, je suis persuadé que l’arme atomique est en soi dépassée ; cette arme destructrice qui en voulant imposer la terreur ou une simple menace ne constitue plus une arme stratégique suffisamment puissante et dissuasive. La machine soi-disant pensante est en réalité cette nouvelle arme à la fois dissuasive et offensive qui permettra demain de régner sur les peuples et avec ce monde hyperconnecté de contrôler y compris la folie humaine. Le but de ce système est bien in fine de soumettre les peuples, un but qui est en fin de compte commun avec le milieu belliqueux qui emploie la force guerrière pour imposer ou imprimer sa loi. S’il est vrai que la machine pensante n’a pas finalement l’aspect coercitif que revêt la force mécanique d’une division militaire, il n’en demeure pas moins que la finalité de l’IA sera la même ; discipliner les peuples puis les contraindre en manipulant les âmes. Nonobstant la stratégie pour atteindre ce but passera par le divertissement, les gens seront sommés de se distraire, mais cela ne leur sera pas imposé puisque c’est l’habitude addictive qui les conduira à la servitude.

La Silicon Valley de l’oncle Sam’s ou celle de « l’Empire du Milieu » ont ainsi un seul rêve, ce rêve n’est pas celui de conquérir des territoires, mais bien d’exercer leur emprise sur les consciences. L’enjeu est d’assujettir les comportements et d’habiter les âmes plutôt que d’envahir les espaces géographiques. Le nouvel affrontement qui se livre de cette façon au sein même de notre postmodernité relève davantage d’une conquête de la conscience de l’homme, plutôt que la mise au pas, des nations subissant le joug de l’oppresseur. Chers amis les nouveaux maîtres du monde sont bien les algorithmes qui orientent la vie des consommateurs qui n’ont pas eu besoin ni de la terreur ni des armes de guerre pour imposer leurs lois et asservir les peuples. La technologie des algorithmes est la nouvelle artillerie numérisée au service de l’ambition des Silicon Valley pour imposer son joug et son système digital afin de civiliser l’homme prédateur et assurer un règne de « volupté », de « paix » et de « sécurité ». Mais pour combien de temps ?

[1] Le mot hébreu : קין Qáyin signifie « javelot », mais aussi par métonymie « forgeron ». Ce qui nous rapproche ici au Mythe de Prométhée.

La P.M.A. ou la folie de la toute puissance génétique

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Dans cette chronique, je ne vais pas revenir sur des arguments déjà connus et qui concernent la disparition de la figure du Père qui me semble en effet être un aspect dévastateur de ce fameux projet de loi concernant entre autre la PMA.  ici j’entends plutôt engager une autre réflexion sur la dimension perverse et nocive concernant cette technique de procréation qui rejoint le projet faustien celui pensé par Méphistophélès.

Comme une forme de cohérence, je ne veux pas ici vous cacher ma désapprobation contre toutes les formes de P.M.A, que ce soit pour les couples infertiles comme pour les femmes seules ou autres formes de vie conjugale choisie par les femmes. Je suis opposé à la P.M.A pour de multiples raisons essentiellement morales et spirituelles. Je crois que la technique réparatrice est manifestement dangereuse quand elle est appelée à être au service des fantasmes humains, au risque que celle-ci ne vienne à chosifier la vie et en produire des formes délétères.

La vie selon moi doit être engendrée naturellement et nous ne saurions dès lors enjamber les limites qui nous sont données par le verdict de la nature. L’autre raison de mon apposition à la PMA est bien cette dimension d’eugénisme sous-tendue. Accepter la procréation médicalement assistée, c’est accepter la possibilité de choisir les candidats embryons les plus conformes à nos aspirations. Ce n’est donc plus accueillir la vie comme un don mais c’est la manifestation et l’aspiration de répondre à un besoin, un besoin certes légitime, mais un besoin qui n’est plus l’accueil de la vie comme un don.

Nous le savons aujourd’hui la création biotechnologique d’une post-humanité n’est plus techniquement impossible, mais son éventualité fait surgir, dans l’espace même des débats et controverses sur les fondements et les fins, nombre de questions philosophiques, métaphysiques, théologiques, morales et politiques. Je doute que les parlementaires aient sérieusement réfléchi aux implications de ces questions, désireux avant tout de répondre à l’immédiat, ce mal qui caractérise notre post modernité, sans se projeter sur les conséquences à terme de leurs choix. L’orientation politique de nos jours n’est plus la recherche du bien commun mais elle vise surtout la satisfaction des corporatismes de tout poil sans se soucier des conséquences délétères de projets de lois fantasmes qui se moquent des lois naturelles.

 Il est fascinant d’observer l’humanité déraisonnable se laisser comme absorbé par l’auto transformation toute puissante dominée par l’idéologie du « tout génétique » une frénésie de conquête du génome pour réparer, sélectionner, modifier. Cette nouvelle idéologie génétique questionne la morale universelle.  C’est en effet la toute-puissance génétique qui s’exprime aujourd’hui, celle qui veut répondre aux fantasmes et aux désirs rendus impossibles par la nature. Avec l’illusion du transhumanisme messianique, nous annonçant la bonne nouvelle du salut par les « nouvelles technologies » exauçant ou assouvissant les rêves jadis impossibles. Tout ce qui est techniquement possible dans ce monde de la morale relative, de la zone grise, n’est pas toujours moralement souhaitable. Dès lors il nous faut éviter de hâter et précipiter ce mouvement vers une barbarie savante et technicisée qui oublie que l’homme est un être fini, que son véritable bonheur n’est pas la réalisation des désirs improbables. Croire que la technique savante est à notre service et ne plus la mettre sous la coupe de la morale, de ce TAO, de cette voie universelle décrite par C.S Lewis, nous rendra déraisonnables et nous conduira en fin de compte à la folie destructrice des gens capricieux.

Au delà du Transhumanisme, vers l’intelligence augmentée / Joël De Rosnay

Teilhard de Chardin, scientifique théologien et philosophe français, insistait dans ses différents livres, et notamment dans « Le Phénomène humain », sur le caractère inéluctable du progrès de l’évolution qui s’achèvera, selon lui, vers une transhumanité « lorsque les consciences, mises en réseau les unes avec les autres, créeront de facto, une sorte de super-être.». Cette mise en réseau des consciences, s’appelle la noosphère, la sphère de tous les esprits connectés, mais le concept est également développé par le chimiste russe Vladimir Vernadsky. Pour Teilhard la noosphère sera le point ultime de l’humanité. Elle représente la fin des cycles de développements ; d’une succession de phases de développement de la création, de l’ère minérale, à celle du vivant pour s’achever dans la dimension d’une conscience unique, un macro organisme planétaire, une entité consciente, une forme de symbiose reliant toutes les consciences entre elles. Nous assistons à une accélération phénoménale des évolutions technologiques qui rendent probable l’avènement d’une méga structure vivante, une forme de métabolisme de l’humanité connectant toute notre humanité dans un nouveau éco-système comme le décrit Joël de Rosnay…

FAUT-IL ENCORE CROIRE AU BIG BANG ?

FAUT-IL ENCORE CROIRE AU BIG BANG ?

Vous me direz Étrange ce site ne traite que des questions anthropologique et voilà que l’on aborde une question cosmologique … Mais je trouve cependant très intéressant de poser cette question sur nos origines et de la manière dont les idéologies s’emparent des scenarri touchant l’origine même de l’univers… or aujourd’hui ce sont les théories de l’évolution qui nous ont été imposées par la doxa de  nos manuels scolaires, mais voilà que les appréhensions des origines de la vie sont infiniment plus complexes. Même la théorie darwinienne bat de l’aile, les failles de cette théorie sont abordées dans l’excellent ouvrage publiée dans la collection Plon écrit par Didier Raoult Darwin dépassé !  Nous aurons l’occasion d’y revenir plus longuement dans de prochains articles…

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Je vous encourage à écouter cet excellent dialogue d’intelligence entre deux conceptions de l’univers et finalement une convergence commune, nous ne connaissons que 5% de son contenu … Cela devrait nous rendre infiniment modeste, humble face à la complexité du cosmos et les lois universelles qui le régissent …

Il serait donc particulièrement pertinent de s’interroger sur les fondements scientifiques et philosophiques  ou non de cette théorie ? De s’interroger finalement si de façon subtile ne se glisse par une doctrine touchant à la conception d’un monde mécaniste et déterministe qui évacuerait toute idée de transcendance créatrice… 

Je vous invite donc à cliquer ce lien :

https://www.canal-u.tv/video/universcience_tv_la_webtv_scientifique_hebdo/faut_il_encore_croire_au_big_bang.11197

écouter ce dialogue brillant entre deux conceptions de l’univers …. puis de s’interroger soi même afin de comprendre les enjeux que posent les réflexions partagées par ces deux éminents scientifiques…

 

Qu-est-ce que la Post modernité ?

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Je lisais un article de philo[1] qui faisait mention des pré-modernes, cette humanité attachée à la tradition et qui d’une certaine façon se différenciait des modernes revendiquant leur volonté de se projeter, leur confiance indéfectible dans l’avenir.  Le post modernisme contrairement à l’idée reçue n’est pas non plus une projection sur l’avenir mais bel et bien l’investissement dans le présent. Le post modernisme se caractérise surtout par l’éclatement des valeurs temporelles, nous sommes dans le postmodernisme, dans le culte du présent, le postmodernisme coïncide avec la mort des grands récits qui ont fait l’histoire des civilisations humaines, invalidant notamment la pensée judéo-chrétienne mais pas seulement. Ce post modernisme se traduit à la fois par la défaite de la raison et par une crise de la légitimité des grandes institutions. Le post modernisme se définit également et selon moi par deux événements majeurs, la fin du religieux c’est-à-dire ce qui nous relie à l’autre, dans ce contexte le religieux a en quelque sorte façonné la dimension solidaire et collective. L’autre événement majeur qui illustre la post modernité est pareillement la place que prend dorénavant l’objet technique. Cet objet technique qui devient le substitut de la relation à l’autre. La post modernité n’est pas le renoncement à la nouveauté, c’est au contraire un appétit dévorant pour le bien augmenté, l’amélioration du confort qui sert notre besoin d’individualité. Le postmodernisme mêle à la fois l’idéologie imprégnée de relativisme, mais aussi la mondanité, le consumérisme, la technicité, la toute-puissance numérique qui entend organiser, gérer, réguler le quotidien et la vie individuelle des êtres humains. Le postmodernisme nous fait rentrer dans un monde hors sol, déraciné, sans attaches, il se définit, pour reprendre les mots du philosophe Gilles Lipovetsky comme « [2] l’organisation systématique de la défaillance de la faculté de rencontre, comme une communication sans réponse…interdisant toute forme de réciprocité entre les êtres ». Le postmodernisme n’est plus un rapport à l’autre mais à l’objet, il n’est plus un rapport à une personne, mais à un contact, plus un rapport à la conscience, à la relation incarnée et aux interactions vivantes entre êtres humains mais à une relation abstraite, virtuelle. Le postmodernisme c’est aussi faire entrer notre monde de la pensée dans une pensée floue, conditionnée, où nous devrions perdre de vue la conscience de nous-mêmes, l’existence vivante.  Serions-nous ainsi devenus tributaires de la société à laquelle nous appartenons, n’étant plus capable de penser par nous-même, au point que notre conscience ne saurait être réduite qu’à être le reflet de celle-ci, déterminée à penser comme elle ?  Dans ce monde-là, nous fabriquons des individus assoiffés d’exister, mais dont les existences, les consciences sont en réalité et finalement sans fond, faute de construire des vies à partir du réel, faute de bâtir à partir de la vérité comme l’entendait CA Lewis fondé sur le TAO, le principe universel, faute de vivre l’interaction vivante d’hommes et de femmes solidaires. Dans des contextes de vagues déferlantes du postmodernisme, nombre d’entre nous prenons alors conscience, plus que jamais, de l’existence de ces courants qui déconstruisent et déstructurent une forme d’ordre ancien, remettant en question toutes les dimensions qui touchent à la vérité et l’absolu. Dans le gai savoir[3]  comme une référence à ces contextes de post modernité, de nihilisme, de négation de toute transcendance, le philosophe Nietzsche met en scène un fou qui s’écrie « je cherche Dieu », « où est allé Dieu », puis informe aussitôt les badauds amassés autour de lui, « Dieu est mort ». En s’écriant à tue-tête, le fou entend provoquer et attirer l’attention. Le fou nargue l’auditoire qui l’entoure. L’auditoire observe l’énergumène avec une forme de perplexité, d’hilarité générale, la foule lui répond : « A-t-il donc été perdu… S’est-il égaré comme un enfant ? … s’est-il caché ?… A-t-il peur de nous ? … S’est-il embarqué ? … A-t-il émigré ? » Puis le fou se tourne vers ses coreligionnaires et leur avoue « Où est allé Dieu ? s’écria-t-il, je veux vous le dire ! Nous l’avons tué, — vous et moi ! Nous tous, nous sommes ses assassins … ! » Si le fou semble acquiescer la foule désopilante, il semblait toutefois et paradoxalement, lui indiquer que le temps de l’épilogue n’était pas arrivé, la mort de Dieu n’avait pas encore eu lieu. Le fou finit même par leur déclarer « « Je viens trop tôt », dit-il alors, « mon temps n’est pas encore accompli ». « Cet événement énorme est encore en route, il marche — et n’est pas encore parvenu jusqu’à l’oreille des hommes ». Pour ce visionnaire dément spéculant la mort de Dieu, l’événement est inévitablement en route, le fou le vit comme une certitude, une forme de dénouement apocalyptique annonçant demain « l’Homo Deus ». Or si pour le XIXème siècle, le nom de Dieu faisait encore sens, même au temps de Nietzsche, qu’en est-il aujourd’hui, quelle résonnance, quel sens peut avoir l’évocation du nom de l’Eternel dans un monde gagné par le relativisme ambiant, mais également par une méconnaissance du fait religieux, une ’ignorance de tout ce qui a fait référence au Judéo-Christianisme ? A peine sait-on qui est Christ, assimilé ou réduit à une vague personnalité fondatrice d’une religion dont le monde devenu apostate définit mal les contours. En évoquant le postmodernisme, je songe essentiellement à l’approche sociologique contemporaine incarnée par la prééminence de l’individualisme. Avec la post modernité nous avons sombré dans le culte exclusivement centré sur l’individu, devenu la référence de la modernité. Mais soyons clairs dans ce culte du « moi » et du « je », il s’agit bien de façonner une certaine image de l’individu, forcément lui aussi post moderne, répondant aux canons de son époque, un être libre, détaché de tous les stéréotypes, un enfant digne héritier de l’esprit des lumières. Cette post modernité qui a généré l’atomisation sociale, la fragilisation du lien social, ce qui a inévitablement encouragé, l’étiolement des fondements de la sociabilité, l’effondrement des traditions autour des piliers que constituaient la famille, les églises, les formes de vie collectives permettant et autorisant la dimension, ou toutes les dimensions du lien. Comme nous le rappelions précédemment, plusieurs sociologues et penseurs ont décrit la modernité comme le résultat d’un délitement des traditions, de l’affaissement de la transmission, des hiérarchies, de la fin de l’intermédiation à la fois comme médiateur ou contrepoids social. Le postmodernisme est une révolution des croyances traditionnelles, cherchant un idéal de progrès et de nouvelles connaissances tentant de réformer et « d’organiser le monde scientifiquement » comme le prédisait Ernest Renan. Le postmodernisme se définit aussi comme une forme d’adulation pour les progrès techniques, la configuration d’une nouvelle idolâtrie, d’adoration de nouvelles formes de relations et de rapports sociaux, mais des rapports sociaux abstraits, désincarnés ne reposant plus sur le socle de la conscience reliée à Dieu, d’un geste vivant, d’un vécu animé et tangible interagissant avec l’âme de l’autre, le prochain. Le postmodernisme est aussi une déconstruction du réel, de tout ce qui est fait rapport avec ce réel. Le postmodernisme, c’est l’avènement d’un goût certain pour le relativisme. Le postmodernisme s’inscrit comme une méfiance des dichotomies, des différences, des oppositions binaires qui ont dominé les représentations métaphysiques. Le philosophe Jacques Derrida, philosophe qui fut connu pour avoir fondé la pensée autour du déconstructionnisme, remet en cause la notion même de différence. Le postmodernisme est en quelque sorte une quête du non-sens. En fait y-a-t-il du sens chez les postmodernes qui auraient tendance à renverser la table ? Si ces philosophes comme Jacques Derrida, Deleuze remettent en cause les postulats des Philosophes de lumières autour de la quête d’un système rationnel universel, ils peuvent aussi être déraisonnables par leur côté nihiliste ! Le postmodernisme dans sa dimension sociologique me semble avoir été parfaitement appréhendé par l’éminent sociologue polonais Zygmunt Bauman qui évoquait la dimension liquide et sans amarres de la post modernité. Zygmunt Bauman s’est attaché à décrire de façon critique cette société liquide où l’individu est devenu l’unique référence. Un individu au sein de cette société liquide, qui ne s’appréhende plus comme personne mais qui se définit par ses actes de consommation et ses croyances idéologiques, ses comportements et non plus par sa seule identité. Une société liquide qui est à l’inverse de la lecture des évangiles qui fait de chaque personne : un être humain, et non un sujet, non un consommateur, non un objet. Pour le sociologue Zygmunt Bauman « la postmodernité n’est pas le contraire de la modernité, c’est le développement de la modernité poussé à son maximum », c’est ainsi que le sociologue dénonce la trajectoire moderne, issue de la philosophie des Lumières, dont l’épilogue fut de céder à l’État l’ensemble des moyens d’organisation et de régulation de la vie sociale, donnant à son organisation bureaucratique et demain au monde numérique tout une dimension totalitaire. L’état devient finalement une forme de Père faisant disparaître la figure du Père révélé par Jésus, occultant ainsi à l’homme à la plus petite échelle, la faculté d’organiser la solidarité, l’entraide, d’interagir en empathie. Nous avons ainsi cédé, à une forme de facilité, en ayant recours aux instances d’un Etat ou d’une organisation numérique qui se mêlera de tout et y compris de la manière de gérer notre éducation. L’antichrist aura un combat, celui de détruire systématiquement ce qui relie les hommes par le lien incarné de l’affection et de l’amour, il exercera une emprise sur l’ensemble de l’humanité via les divinités consuméristes qui célèbrent Mamon et la religion des data.  Le post modernisme ne sera pas celui du vis-à-vis, du face à face, son empire est le virtuel. Sa religion le dataïsme[4],  son “église” s’établit désormais dans le virtuel. N’est-ce pas Mark Zuckerberg qui déclara que les groupes Facebook devaient jouer un rôle important dans la vie communautaire, de la même manière que les églises. L’historien Hébreu Yuval Noah Harari partage également cette intuition, il prédit dans son livre Homo Deus, que “l’individu est plus susceptible de se désintégrer de l’intérieur que d’être broyé brutalement de l’extérieur[5]”. Cette menace vous fait sans doute sourire, mais elle est en réalité sérieuse et annonce un monde dystopique où la désocialisation systématique a été amorcée depuis que nous sommes entrés dans le XXIème siècle et l’ère numérique. Tocqueville, c’est vrai le percevait déjà, évoquant l’atomisation des individus, épinglant l’individualisme, l’isolement d’êtres séparés des autres, titulaires d’une liberté, mais liberté qui reste factice…De fait lorsque nous lisons les textes des évangiles, nous comprenons que l’univers qui est dépeint est celui de l’incarnation des relations. Or nous assistons inversement à l’émergence d’une société sentimentale et numérique, indolore qui fabrique de l’émotion à distance, des relations, des affections, des émotions virtuelles. Certes nous sommes toujours réceptifs, sensibles aux malheurs des autres, mais notre compassion ne s’exerce, ne se vit plus de la même manière. La dimension du prochain se dissout ainsi dans une forme d’éther, de dématérialisation de la vie réelle. Pour partager nos émotions, nous employons les symboles de nos claviers numériques les ‘émoticônes’, et nous sommes figés à nos écrans comme si la paresse de la rencontre nous avait totalement ankylosé. Ce post modernisme consacre l’autonomie personnelle, affirme, en quelque sorte la valeur sentimentale dans un monde virtuel désincarné. Plus le consumérisme numérique gagne notre monde, plus il ancre l’affectif dans le pôle sentimental d’un monde sans existence et sans relation vivante. Avec la postmodernité nous sommes les témoins non d’un réveil de l’église mais bien d’une forme de contre réveil. Un contre réveil qui accepte un système de pensée affirmant certes la dignité de l’homme, mais sans la fonder, l’enracinant sur celui qui est venu servir pour racheter l’homme dans son indignité. Nous assistons hélas à l’émergence de nouvelles orthodoxies dans tous les milieux, ces nouvelles idéologies de la post modernité prônent une culture virtuelle, ouverte aux autres, revendiquent une culture inclusive, qui valorisent la dimension de l’accueil absolu sans évoquer le mal, les addictions, les dépendances qui nous font souffrir. Ainsi nous voyons naître un monde qui relativise le fameux TAO, ; le principe universel, la vérité. La vérité est édulcorée, elle n’offusque pas, n’ébranle pas, elle est passe partout. Malheur alors à ceux qui reprochent à ces mondes inclusifs et ouverts de ne jamais évoquer le mal. L’amour selon cette nouvelle orthodoxie n’est pas exclusif, l’amour couvre tous les genres et gomme de fait ce qui relèverait d’une faute morale… Nous assistons alors à une vérité morcelée, dépouillée, vide de sens avec des bouts de vérité mais qui ne constituent pas en soi la vérité que chérissait le Philosophe CAS LEWIS.

[1]  L’article dont je fais mention est référencé sur le site : http://www.histophilo.com/postmodernite.php

[2] Citation reprise dans l’essai « Le bonheur paradoxal » de Gilles Lipovetsky

[3]  Pour lire cet épisode du Fou dans le gai savoir de Nietzche, nous vous invitons à lire ce passage dans le livre troisième Le Gai Savoir (« La gaya scienza ») Traduction par Henri Albert. Paris, Société du Mercure de France, Paris, 1901 (Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 8, p. 161-229).

[4] Le dataïsme terme emprunté Yuval Noah Harari auteur de Homo deux Une brève histoire de l’avenir Albin Michel page 195, la religion des data.

[5] Homo Deus Albin Michel page 371