L’homme domestiqué

Il est là, calé sur la banquette bleu-roi à côté de la fenêtre donnant sur le quai D. Alors que je pénètre dans ce compartiment du TER n° 17 757 à la gare de Paris-Bercy — une première — je ne me souviens pas qu’il ait daigné lever les yeux pour observer qui entrait. Je ne sais même pas s’il m’a vu franchir la porte, tellement il est plongé dans son monde.

Cheveux noirs mi-longs, légèrement bouclés, il est vêtu d’un sweat gris et d’un jean, baskets aux pieds, un casque vissé sur la tête. Il a les yeux fixés et rivés sur son écran d’ordinateur, comme si un fil invisible les empêchait de s’en détourner.

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