La mécanisation de l’humanité est en cours…

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Des scientifiques

viennent de créer les premiers neurones bioniques au monde

Derrière les prouesses technologiques, il est nécessaire d’avoir toujours une lecture circonspecte….

Pour la toute première fois, des chercheurs ont réussi à créer des neurones artificiels sur des puces de silicium qui agissent comme si c’était la réalité. Il s’agit d’une réalisation majeure qui laisse beaucoup de place aux dispositifs médicaux qui peuvent guérir les maladies chroniques. Elles sont très petites et nécessitent incroyablement peu d’énergie pour fonctionner, elles sont donc adaptées aux implants médicaux. Le potentiel est énorme.

Les neurones artificiels sont quelque chose qui était attendu depuis longtemps et maintenant qu’ils sont enfin là, les possibilités sont infinies ! Elle ouvre d’énormes possibilités pour toutes sortes de dispositifs médicaux qui pourraient changer des vies à jamais, voire les sauver. Nous entrons dans une nouvelle ère de la médecine.

Lire la suite de l’article…..

Des scientifiques viennent de créer les premiers neurones bioniques au monde

Guerre et Paix : les nouveaux maîtres du Monde

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Auteur Eric LEMAITRE

Le XXe siècle a été le témoin de tragédies meurtrières. Témoins de ces désastres, les deux guerres mondiales qui ont agrégé ensemble des pertes humaines, avoisinant, 77 millions de morts, sans doute beaucoup plus. Ces fléaux apocalyptiques ont laissé une empreinte indélébile dans la mémoire de l’humanité y compris dans la suite des générations. Les commémorations entretiennent depuis la mémoire de ces fléaux dévastateurs. Les nations dominantes ont longtemps cru que l’arme atomique suffisait à paralyser définitivement les intentions bellicistes, mais pour combien de temps ? Comme pour effacer les ravages de leurs conquêtes ; ces mêmes nations se sont ensuite engouffrées dans une autre forme de colonisation du monde, celle des affaires, du business, du commerce. Un commerce pacifique, mais qui s’en prend aujourd’hui aux ressources de la Terre. Après s’en être pris à la chair de l’homme, le monde s’en prend désormais à la Terre comme pour achever ce cycle infernal commencé avec Caïn[1] le forgeron devenu meurtrier de son frère. Mais pour échapper à de nouveaux conflits sanglants et destructeurs, la technologie savante s’est inventé l’arme fatale capable d’éloigner d’éventuelles nations farouches tentées d’en découdre à nouveau.  Fort d’un arsenal atomique capable d’éliminer l’humanité, les états se sont investis par la suite sur d’autres champs de conquêtes, imaginant sans doute plus subtil de s’employer à posséder l’âme des hommes, plutôt que d’écraser les corps.

Ensuite de quoi, je suis persuadé que l’arme atomique est en soi dépassée ; cette arme destructrice qui en voulant imposer la terreur ou une simple menace ne constitue plus une arme stratégique suffisamment puissante et dissuasive. La machine soi-disant pensante est en réalité cette nouvelle arme à la fois dissuasive et offensive qui permettra demain de régner sur les peuples et avec ce monde hyperconnecté de contrôler y compris la folie humaine. Le but de ce système est bien in fine de soumettre les peuples, un but qui est en fin de compte commun avec le milieu belliqueux qui emploie la force guerrière pour imposer ou imprimer sa loi. S’il est vrai que la machine pensante n’a pas finalement l’aspect coercitif que revêt la force mécanique d’une division militaire, il n’en demeure pas moins que la finalité de l’IA sera la même ; discipliner les peuples puis les contraindre en manipulant les âmes. Nonobstant la stratégie pour atteindre ce but passera par le divertissement, les gens seront sommés de se distraire, mais cela ne leur sera pas imposé puisque c’est l’habitude addictive qui les conduira à la servitude.

La Silicon Valley de l’oncle Sam’s ou celle de « l’Empire du Milieu » ont ainsi un seul rêve, ce rêve n’est pas celui de conquérir des territoires, mais bien d’exercer leur emprise sur les consciences. L’enjeu est d’assujettir les comportements et d’habiter les âmes plutôt que d’envahir les espaces géographiques. Le nouvel affrontement qui se livre de cette façon au sein même de notre postmodernité relève davantage d’une conquête de la conscience de l’homme, plutôt que la mise au pas, des nations subissant le joug de l’oppresseur. Chers amis les nouveaux maîtres du monde sont bien les algorithmes qui orientent la vie des consommateurs qui n’ont pas eu besoin ni de la terreur ni des armes de guerre pour imposer leurs lois et asservir les peuples. La technologie des algorithmes est la nouvelle artillerie numérisée au service de l’ambition des Silicon Valley pour imposer son joug et son système digital afin de civiliser l’homme prédateur et assurer un règne de « volupté », de « paix » et de « sécurité ». Mais pour combien de temps ?

[1] Le mot hébreu : קין Qáyin signifie « javelot », mais aussi par métonymie « forgeron ». Ce qui nous rapproche ici au Mythe de Prométhée.

FAUT-IL ENCORE CROIRE AU BIG BANG ?

FAUT-IL ENCORE CROIRE AU BIG BANG ?

Vous me direz Étrange ce site ne traite que des questions anthropologique et voilà que l’on aborde une question cosmologique … Mais je trouve cependant très intéressant de poser cette question sur nos origines et de la manière dont les idéologies s’emparent des scenarri touchant l’origine même de l’univers… or aujourd’hui ce sont les théories de l’évolution qui nous ont été imposées par la doxa de  nos manuels scolaires, mais voilà que les appréhensions des origines de la vie sont infiniment plus complexes. Même la théorie darwinienne bat de l’aile, les failles de cette théorie sont abordées dans l’excellent ouvrage publiée dans la collection Plon écrit par Didier Raoult Darwin dépassé !  Nous aurons l’occasion d’y revenir plus longuement dans de prochains articles…

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Je vous encourage à écouter cet excellent dialogue d’intelligence entre deux conceptions de l’univers et finalement une convergence commune, nous ne connaissons que 5% de son contenu … Cela devrait nous rendre infiniment modeste, humble face à la complexité du cosmos et les lois universelles qui le régissent …

Il serait donc particulièrement pertinent de s’interroger sur les fondements scientifiques et philosophiques  ou non de cette théorie ? De s’interroger finalement si de façon subtile ne se glisse par une doctrine touchant à la conception d’un monde mécaniste et déterministe qui évacuerait toute idée de transcendance créatrice… 

Je vous invite donc à cliquer ce lien :

https://www.canal-u.tv/video/universcience_tv_la_webtv_scientifique_hebdo/faut_il_encore_croire_au_big_bang.11197

écouter ce dialogue brillant entre deux conceptions de l’univers …. puis de s’interroger soi même afin de comprendre les enjeux que posent les réflexions partagées par ces deux éminents scientifiques…

 

Qu-est-ce que la Post modernité ?

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Je lisais un article de philo[1] qui faisait mention des pré-modernes, cette humanité attachée à la tradition et qui d’une certaine façon se différenciait des modernes revendiquant leur volonté de se projeter, leur confiance indéfectible dans l’avenir.  Le post modernisme contrairement à l’idée reçue n’est pas non plus une projection sur l’avenir mais bel et bien l’investissement dans le présent. Le post modernisme se caractérise surtout par l’éclatement des valeurs temporelles, nous sommes dans le postmodernisme, dans le culte du présent, le postmodernisme coïncide avec la mort des grands récits qui ont fait l’histoire des civilisations humaines, invalidant notamment la pensée judéo-chrétienne mais pas seulement. Ce post modernisme se traduit à la fois par la défaite de la raison et par une crise de la légitimité des grandes institutions. Le post modernisme se définit également et selon moi par deux événements majeurs, la fin du religieux c’est-à-dire ce qui nous relie à l’autre, dans ce contexte le religieux a en quelque sorte façonné la dimension solidaire et collective. L’autre événement majeur qui illustre la post modernité est pareillement la place que prend dorénavant l’objet technique. Cet objet technique qui devient le substitut de la relation à l’autre. La post modernité n’est pas le renoncement à la nouveauté, c’est au contraire un appétit dévorant pour le bien augmenté, l’amélioration du confort qui sert notre besoin d’individualité. Le postmodernisme mêle à la fois l’idéologie imprégnée de relativisme, mais aussi la mondanité, le consumérisme, la technicité, la toute-puissance numérique qui entend organiser, gérer, réguler le quotidien et la vie individuelle des êtres humains. Le postmodernisme nous fait rentrer dans un monde hors sol, déraciné, sans attaches, il se définit, pour reprendre les mots du philosophe Gilles Lipovetsky comme « [2] l’organisation systématique de la défaillance de la faculté de rencontre, comme une communication sans réponse…interdisant toute forme de réciprocité entre les êtres ». Le postmodernisme n’est plus un rapport à l’autre mais à l’objet, il n’est plus un rapport à une personne, mais à un contact, plus un rapport à la conscience, à la relation incarnée et aux interactions vivantes entre êtres humains mais à une relation abstraite, virtuelle. Le postmodernisme c’est aussi faire entrer notre monde de la pensée dans une pensée floue, conditionnée, où nous devrions perdre de vue la conscience de nous-mêmes, l’existence vivante.  Serions-nous ainsi devenus tributaires de la société à laquelle nous appartenons, n’étant plus capable de penser par nous-même, au point que notre conscience ne saurait être réduite qu’à être le reflet de celle-ci, déterminée à penser comme elle ?  Dans ce monde-là, nous fabriquons des individus assoiffés d’exister, mais dont les existences, les consciences sont en réalité et finalement sans fond, faute de construire des vies à partir du réel, faute de bâtir à partir de la vérité comme l’entendait CA Lewis fondé sur le TAO, le principe universel, faute de vivre l’interaction vivante d’hommes et de femmes solidaires. Dans des contextes de vagues déferlantes du postmodernisme, nombre d’entre nous prenons alors conscience, plus que jamais, de l’existence de ces courants qui déconstruisent et déstructurent une forme d’ordre ancien, remettant en question toutes les dimensions qui touchent à la vérité et l’absolu. Dans le gai savoir[3]  comme une référence à ces contextes de post modernité, de nihilisme, de négation de toute transcendance, le philosophe Nietzsche met en scène un fou qui s’écrie « je cherche Dieu », « où est allé Dieu », puis informe aussitôt les badauds amassés autour de lui, « Dieu est mort ». En s’écriant à tue-tête, le fou entend provoquer et attirer l’attention. Le fou nargue l’auditoire qui l’entoure. L’auditoire observe l’énergumène avec une forme de perplexité, d’hilarité générale, la foule lui répond : « A-t-il donc été perdu… S’est-il égaré comme un enfant ? … s’est-il caché ?… A-t-il peur de nous ? … S’est-il embarqué ? … A-t-il émigré ? » Puis le fou se tourne vers ses coreligionnaires et leur avoue « Où est allé Dieu ? s’écria-t-il, je veux vous le dire ! Nous l’avons tué, — vous et moi ! Nous tous, nous sommes ses assassins … ! » Si le fou semble acquiescer la foule désopilante, il semblait toutefois et paradoxalement, lui indiquer que le temps de l’épilogue n’était pas arrivé, la mort de Dieu n’avait pas encore eu lieu. Le fou finit même par leur déclarer « « Je viens trop tôt », dit-il alors, « mon temps n’est pas encore accompli ». « Cet événement énorme est encore en route, il marche — et n’est pas encore parvenu jusqu’à l’oreille des hommes ». Pour ce visionnaire dément spéculant la mort de Dieu, l’événement est inévitablement en route, le fou le vit comme une certitude, une forme de dénouement apocalyptique annonçant demain « l’Homo Deus ». Or si pour le XIXème siècle, le nom de Dieu faisait encore sens, même au temps de Nietzsche, qu’en est-il aujourd’hui, quelle résonnance, quel sens peut avoir l’évocation du nom de l’Eternel dans un monde gagné par le relativisme ambiant, mais également par une méconnaissance du fait religieux, une ’ignorance de tout ce qui a fait référence au Judéo-Christianisme ? A peine sait-on qui est Christ, assimilé ou réduit à une vague personnalité fondatrice d’une religion dont le monde devenu apostate définit mal les contours. En évoquant le postmodernisme, je songe essentiellement à l’approche sociologique contemporaine incarnée par la prééminence de l’individualisme. Avec la post modernité nous avons sombré dans le culte exclusivement centré sur l’individu, devenu la référence de la modernité. Mais soyons clairs dans ce culte du « moi » et du « je », il s’agit bien de façonner une certaine image de l’individu, forcément lui aussi post moderne, répondant aux canons de son époque, un être libre, détaché de tous les stéréotypes, un enfant digne héritier de l’esprit des lumières. Cette post modernité qui a généré l’atomisation sociale, la fragilisation du lien social, ce qui a inévitablement encouragé, l’étiolement des fondements de la sociabilité, l’effondrement des traditions autour des piliers que constituaient la famille, les églises, les formes de vie collectives permettant et autorisant la dimension, ou toutes les dimensions du lien. Comme nous le rappelions précédemment, plusieurs sociologues et penseurs ont décrit la modernité comme le résultat d’un délitement des traditions, de l’affaissement de la transmission, des hiérarchies, de la fin de l’intermédiation à la fois comme médiateur ou contrepoids social. Le postmodernisme est une révolution des croyances traditionnelles, cherchant un idéal de progrès et de nouvelles connaissances tentant de réformer et « d’organiser le monde scientifiquement » comme le prédisait Ernest Renan. Le postmodernisme se définit aussi comme une forme d’adulation pour les progrès techniques, la configuration d’une nouvelle idolâtrie, d’adoration de nouvelles formes de relations et de rapports sociaux, mais des rapports sociaux abstraits, désincarnés ne reposant plus sur le socle de la conscience reliée à Dieu, d’un geste vivant, d’un vécu animé et tangible interagissant avec l’âme de l’autre, le prochain. Le postmodernisme est aussi une déconstruction du réel, de tout ce qui est fait rapport avec ce réel. Le postmodernisme, c’est l’avènement d’un goût certain pour le relativisme. Le postmodernisme s’inscrit comme une méfiance des dichotomies, des différences, des oppositions binaires qui ont dominé les représentations métaphysiques. Le philosophe Jacques Derrida, philosophe qui fut connu pour avoir fondé la pensée autour du déconstructionnisme, remet en cause la notion même de différence. Le postmodernisme est en quelque sorte une quête du non-sens. En fait y-a-t-il du sens chez les postmodernes qui auraient tendance à renverser la table ? Si ces philosophes comme Jacques Derrida, Deleuze remettent en cause les postulats des Philosophes de lumières autour de la quête d’un système rationnel universel, ils peuvent aussi être déraisonnables par leur côté nihiliste ! Le postmodernisme dans sa dimension sociologique me semble avoir été parfaitement appréhendé par l’éminent sociologue polonais Zygmunt Bauman qui évoquait la dimension liquide et sans amarres de la post modernité. Zygmunt Bauman s’est attaché à décrire de façon critique cette société liquide où l’individu est devenu l’unique référence. Un individu au sein de cette société liquide, qui ne s’appréhende plus comme personne mais qui se définit par ses actes de consommation et ses croyances idéologiques, ses comportements et non plus par sa seule identité. Une société liquide qui est à l’inverse de la lecture des évangiles qui fait de chaque personne : un être humain, et non un sujet, non un consommateur, non un objet. Pour le sociologue Zygmunt Bauman « la postmodernité n’est pas le contraire de la modernité, c’est le développement de la modernité poussé à son maximum », c’est ainsi que le sociologue dénonce la trajectoire moderne, issue de la philosophie des Lumières, dont l’épilogue fut de céder à l’État l’ensemble des moyens d’organisation et de régulation de la vie sociale, donnant à son organisation bureaucratique et demain au monde numérique tout une dimension totalitaire. L’état devient finalement une forme de Père faisant disparaître la figure du Père révélé par Jésus, occultant ainsi à l’homme à la plus petite échelle, la faculté d’organiser la solidarité, l’entraide, d’interagir en empathie. Nous avons ainsi cédé, à une forme de facilité, en ayant recours aux instances d’un Etat ou d’une organisation numérique qui se mêlera de tout et y compris de la manière de gérer notre éducation. L’antichrist aura un combat, celui de détruire systématiquement ce qui relie les hommes par le lien incarné de l’affection et de l’amour, il exercera une emprise sur l’ensemble de l’humanité via les divinités consuméristes qui célèbrent Mamon et la religion des data.  Le post modernisme ne sera pas celui du vis-à-vis, du face à face, son empire est le virtuel. Sa religion le dataïsme[4],  son “église” s’établit désormais dans le virtuel. N’est-ce pas Mark Zuckerberg qui déclara que les groupes Facebook devaient jouer un rôle important dans la vie communautaire, de la même manière que les églises. L’historien Hébreu Yuval Noah Harari partage également cette intuition, il prédit dans son livre Homo Deus, que “l’individu est plus susceptible de se désintégrer de l’intérieur que d’être broyé brutalement de l’extérieur[5]”. Cette menace vous fait sans doute sourire, mais elle est en réalité sérieuse et annonce un monde dystopique où la désocialisation systématique a été amorcée depuis que nous sommes entrés dans le XXIème siècle et l’ère numérique. Tocqueville, c’est vrai le percevait déjà, évoquant l’atomisation des individus, épinglant l’individualisme, l’isolement d’êtres séparés des autres, titulaires d’une liberté, mais liberté qui reste factice…De fait lorsque nous lisons les textes des évangiles, nous comprenons que l’univers qui est dépeint est celui de l’incarnation des relations. Or nous assistons inversement à l’émergence d’une société sentimentale et numérique, indolore qui fabrique de l’émotion à distance, des relations, des affections, des émotions virtuelles. Certes nous sommes toujours réceptifs, sensibles aux malheurs des autres, mais notre compassion ne s’exerce, ne se vit plus de la même manière. La dimension du prochain se dissout ainsi dans une forme d’éther, de dématérialisation de la vie réelle. Pour partager nos émotions, nous employons les symboles de nos claviers numériques les ‘émoticônes’, et nous sommes figés à nos écrans comme si la paresse de la rencontre nous avait totalement ankylosé. Ce post modernisme consacre l’autonomie personnelle, affirme, en quelque sorte la valeur sentimentale dans un monde virtuel désincarné. Plus le consumérisme numérique gagne notre monde, plus il ancre l’affectif dans le pôle sentimental d’un monde sans existence et sans relation vivante. Avec la postmodernité nous sommes les témoins non d’un réveil de l’église mais bien d’une forme de contre réveil. Un contre réveil qui accepte un système de pensée affirmant certes la dignité de l’homme, mais sans la fonder, l’enracinant sur celui qui est venu servir pour racheter l’homme dans son indignité. Nous assistons hélas à l’émergence de nouvelles orthodoxies dans tous les milieux, ces nouvelles idéologies de la post modernité prônent une culture virtuelle, ouverte aux autres, revendiquent une culture inclusive, qui valorisent la dimension de l’accueil absolu sans évoquer le mal, les addictions, les dépendances qui nous font souffrir. Ainsi nous voyons naître un monde qui relativise le fameux TAO, ; le principe universel, la vérité. La vérité est édulcorée, elle n’offusque pas, n’ébranle pas, elle est passe partout. Malheur alors à ceux qui reprochent à ces mondes inclusifs et ouverts de ne jamais évoquer le mal. L’amour selon cette nouvelle orthodoxie n’est pas exclusif, l’amour couvre tous les genres et gomme de fait ce qui relèverait d’une faute morale… Nous assistons alors à une vérité morcelée, dépouillée, vide de sens avec des bouts de vérité mais qui ne constituent pas en soi la vérité que chérissait le Philosophe CAS LEWIS.

[1]  L’article dont je fais mention est référencé sur le site : http://www.histophilo.com/postmodernite.php

[2] Citation reprise dans l’essai « Le bonheur paradoxal » de Gilles Lipovetsky

[3]  Pour lire cet épisode du Fou dans le gai savoir de Nietzche, nous vous invitons à lire ce passage dans le livre troisième Le Gai Savoir (« La gaya scienza ») Traduction par Henri Albert. Paris, Société du Mercure de France, Paris, 1901 (Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 8, p. 161-229).

[4] Le dataïsme terme emprunté Yuval Noah Harari auteur de Homo deux Une brève histoire de l’avenir Albin Michel page 195, la religion des data.

[5] Homo Deus Albin Michel page 371

L’homme Cyborg : Rien de nouveau sous le soleil…

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L’homme mutant préfigurant le post-humain sera-t-il le prochain stade de notre évolution ? La profusion de produits technologiques de ces nouveaux artefacts, familiarise et conditionne l’homme sur l’avènement d’une suprématie de la technologie qui embrassera le monde ou l’embrasera.  La promesse de se façonner, en s’appuyant sur les convergences technologiques de l’informatique, de l’information cognitive, de la génétique et de la bio technologie afin de rendre possible la greffe l’homme avec de nouveaux attributs décuplant une puissance démiurgique se fait réalité. Pourtant l’homme mutant, l’homo cyborg ou l’homme « machinisé » est bien ancré lui aussi dans la mémoire de notre humanité, l’androïde comme nous pouvons le concevoir aujourd’hui appartient lui aussi à l’imaginaire des grands mythes qui ont façonné la civilisation antique grecque et romaine. Un des visages qui préfigure l’homme « machinisé » est cette création en ivoire qui représente la nymphe Galatée dont le sculpteur Pygmalion fut éperdument amoureux. La statue reçut le souffle de vie qui lui avait été donné par la déesse de l’amour Aphrodite. Ce rêve d’embrasser l’objet de ses désirs ou de fantasmer la reprogrammation de notre cerveau dans un robot, est finalement celui des transhumanistes. Ces transhumanistes comme le sculpteur Pygmalion qui caressent le désir eux aussi de se laisser fasciner par un objet pensant et interactif, également implantable à notre cerveau qui devient pour le coup un objet vivant ou un supplétif hybridé qui renforce nos capacités cognitives. Toute la littérature qui traverse l’histoire de notre humanité et précède cette fameuse « singularité technologique »[1] est tout simplement fascinante ! Que dire également de ce géant de Bronze Talos forme d’automate forgé par Héphaïstos le Dieu du Feu, gardien de l’île de Crête. L’imagination de l’homme bien au-delà d’un environnement qui serait celui des machines, transcende toute la dimension technique. Cette imagination devance les plus grandes innovations technologiques que nous connaissons à ce jour. De l’androïde humanisé à l’homme machinisé, bien plus tôt qu’Isaac Asimov qui imagina le personnage de Andrew le robot, le romancier Edgar Allan Poe nous dépeint le personnage d’un général rafistolé, rebricolé à partir de prothèses. En 1879 le journaliste Edward Page Mitchell publia lui aussi une nouvelle tout à fait remarquable « L’Homme le plus doué du monde », l’écrivain qui baignait dans le monde paranormal et surnaturel fut le premier à imaginer un ordinateur “pensant” trois quarts de siècle avant que l’idée ne germe elle aussi chez les romanciers de science-fiction. En se basant sur les travaux du mathématicien Charles Babbage qui fut le premier inventeur à concevoir une machine analytique, une calculatrice mécanique, appelée machine à différences destinée au calcul et à l’impression de tables arithmétiques, et d’Ada Lovelace une des grandes pionnières de la science informatique, Edward Page Mitchell imagina également la pensée artificielle, mais aussi le cyborg, en effet dans une nouvelle, il conçut  que le cerveau d’un simple d’esprit pouvait être remplacé par celui d’un ordinateur.

L’homme cyborg ne relève plus seulement de l’imaginaire d’Homère et les poèmes d’Hésiode, ou des romanciers de science-fiction contemporains ou non mais bien d’une réalité qui est aujourd’hui aux portes de notre humanité.

A lire également… Les cyborgs sont déjà là… !

https://hitek.fr/actualite/cyborgs-parmi-nous-20-personnes_5727

[1] Source Wikipédia : La singularité technologique est l’hypothèse selon laquelle l’invention de l’intelligence artificielle déclencherait un emballement de la croissance technologique qui induirait des changements imprévisibles sur la société humaine.

Il faut encore débattre autour du cas de Vincent Lambert

A lire l’article complet sur le blog de via Il faut encore débattre autour du cas de Vincent Lambert — Espace détente, poésie, judaïsme et lutte contre la désinformation

Les clefs véritables de cette tragique affaire ont été données par deux articles remarquables :

  • L’un est celui de Michel Houellebecq, « Vincent Lambert, mort pour l’exemple », paru dans Le Monde du 12 juillet. Avec une grande concision, Michel Houellebecq montre qu’il n’est nullement dupe des « fausses pistes ». Il traite même, en quelques mots, la question de la souffrance, en expliquant qu’elle est souvent physique, et qu’elle est alors traitable, supprimant du coup la plupart du temps la souffrance morale. Il remarque surtout que c’est la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui a demandé le pourvoi en cassation, alors même que le président Macron avait déclaré vouloir rester en dehors de l’affaire. En agissant ainsi, la ministre savait qu’elle condamnait Vincent Lambert, car elle connaissait évidemment à l’avance ce que serait l’avis de la Cour. Pourquoi l’a-t-elle fait ? Parce que les forces pro-euthanasiques sont très puissantes dans notre pays, et que la révision, à l’automne prochain, des lois dites « bioéthiques » (alors qu’elles devraient être purement « biologiques », pas mort = vivant = être humain = respect de son corps et de sa vie) sera évidemment l’occasion, « souffrance » de Vincent Lambert aidant, d’introduire dans le processus de « fin de vie » des dispositions plus spécifiquement « actives » que le simple arrêt des soins. L’objectif ultime étant l’euthanasie, encore et toujours, on peut leur faire confiance pour pousser, autant qu’il sera possible, dans ce sens.
  • L’autre est l’article de Jean-Marie Le Méné, « Pour l’Etat, tuer Vincent Lambert était un devoir », dans Valeurs Actuelles du 11 juillet. Avec l’attendu de l’arrêt de la Cour prononcé par le Procureur François Molins, « consacrer le droit à la vie comme une liberté à “valeur suprême” aurait aussi pour conséquence immédiate la remise en question de la loi dite Leonetti en faveur des malades et des personnes en fin de vie ou encore celle relative à l’interruption volontaire de grossesse », l’auteur dévoile la vraie raison idéologique : ce n’est plus la considération sur ce qu’est la vie humaine ni sa protection qui est l’important, mais le fait de sécuriser les dispositions concernant l’IVG d’une part et l’euthanasie d’autre part (c’est-à-dire, dans les deux cas, le pouvoir de certains hommes sur la vie des autres), contre toute remise en cause. Eh oui, nous en sommes là. C’est à proprement parler la société eugénique que l’on veut construire. En filigrane, on comprend aussi que l’exigence, dans un pays de plus en plus vieillissant, de se donner des moyens idéologiques, juridiques et médicaux pour éliminer les malades et les « vieux », alors même qu’on ne souhaite nullement remédier aux carences de notre natalité, est aussi un besoin économique essentiel.

De grâce, ne nous laissons pas embarquer dans les fausses directions et les traquenards du « jeu de l’oie » bioéthique, que l’on nous complique à loisir. Eux voient clair, pourquoi pas nous ?

 

Service des urgences de l’hôpital Bichat à Paris – Jérôme Mars, JDD/SIPA ___________________________________________________ Après avoir publié sa tribune sur l’affaire Lambert, et lu les réactions qu’elle a suscitées, François Martin a souhaité poursuivre la réflexion. D’autant qu’une actualité en chassant une autre, le débat sur l’euthanasie semble déjà loin à certains! Mon dernier article a suscité […]

via Il faut encore débattre autour du cas de Vincent Lambert — Espace détente, poésie, judaïsme et lutte contre la désinformation

Teilhard de Chardin et sa vision transhumaniste de notre humanité

Auteur : Eric LEMAITRE

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La théologie de la noosphère chez Teilhard de Chardin est fondée sur une conception évolutionniste de l’univers intriquant la matière et l’esprit, « l’Esprit qui entraîne et soutient constamment la Matière dans l’ascension vers la Conscience, c’est la matière, en revanche, qui permet à l’esprit de subsister en lui fournissant constamment un point d’action et un aliment. (…) Matière et Esprit ne s’opposent pas comme deux choses, comme deux natures, mais comme deux directions d’évolution à l’intérieur du Monde [1]». S’il est vrai que le théologien a une vision Christique de l’univers, loin d’une conception panthéiste, immanente et matérialiste défendue par les transhumanistes, il n’empêche que Teilhard imagine l’agrégation des intelligences ou plutôt des consciences multiples se mêlant aux évolutions fulgurantes de la technologie, reconnaissons que Teilhard n’imagine pas ici la fusion des êtres dans un grand tout « comme le grain de sel se dissout dans la mer », mais il perçoit le rapprochement des êtres pour former une union. Pour Teilhard  cette union résultera autant des progrès moraux que des progrès technologiques « chaque machine, ne s’engendre plus qu’en fonction de toutes les autres machines de la terre ; et de plus en plus aussi, toutes les autres machines de la terre prise ensemble, tendent à former une seule grande machine organisée [2]». Teilhard ajoute que le noyau inventif de « cet immense appareil » technologique sera « le foyer pensant de la Noosphère ». Cette vision développée par Teilhard relève bien d’une conception plus proche d’une vision transhumaniste et gnostique que de celle qui émane des écritures Bibliques. Jean l’auteur de l’évangile du même nom, rappelle dans le livre de l’Apocalypse que Dieu crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre, l’homme n’est donc pas à l’ouvrage dans l’émergence d’une nouvelle cité, appelée la « Nouvelle Jérusalem [3]» et en outre il n’est nullement question d’une fusion des êtres, mais d’êtres humains transformés pour servir Dieu et Dieu manifestant sa gloire en eux. Or la vision de Teilhard est aux antipodes de la vision biblique, Teilhard, voit l’homme comme un acteur moral, totalement impliqué dans la transformation et l’évolution de la création et il s’émerveille de la fécondité inventive de l’homme et des capacités interactives de l’être humain via ses inventions, de rendre possible l’achèvement d’un projet qui participerait à l’accroissement de conscience, « Pourquoi… » s’interroge Teilhard «… ne serait-ce pas la machine industrielle qui libérerait l’humanité[4] ». N’écrit-il pas dans l’avenir de l’homme « je songe à la montée insidieuse de ces étonnantes machines à calcul qui grâce à des signaux combinés à raison de plusieurs centaines de mille par seconde, non seulement viennent soulager notre cerveau d’un travail fastidieux et épuisant, mais parce qu’elles augmentent en nous, le facteur essentiel…de la vitesse de la pensée, sont en train de préparer une révolution dans le domaine de la recherche [5]». Teilhard poursuit en indiquant que ces machines à calcul reliées les unes aux autres, inéluctablement formeront un super cerveau « capable de s’élever à la maîtrise de quelque super domaine dans l’univers et dans la pensée ». Cette théologie promue par le penseur fait ainsi valoir que les consciences vont finalement s’agréger de la même façon que les molécules se sont assemblées, pour transmuter brusquement « de l’inerte au vivant » et puis finalement de consciences multiples à une supra conscience. Cette conception de Teilhard est finalement et ainsi très proche d’une vision gnostique, puisque l’homme participe à l’achèvement d’un projet divin pour éradiquer le mal. Le mal étant dans le multiple pour Teilhard et finalement l’humanité est appelée à converger vers l’unification et non la juxtaposition pour effacer la dimension du mal. Ainsi pour Teilhard de Chardin, l’univers se trouve dans un état d’évolution continue dans laquelle l’évolution humaine est une partie intégrante. L’univers est pour le Théologien un univers en convergence vers l’union avec Dieu, à travers un accroissement continu de la conscience qui finira par nous conduire vers l’harmonisation absolue.

Ce récit philosophique de Teilhard relève également et selon moi d’une pure spéculation transhumaniste fondée sur une croyance quasi gnostique que la technologie est le moyen salutaire[6] de parvenir à l’harmonie de l’humanité réconciliée avec elle-même.  Cela n’est pas sans rappeler les propos figurant dans un rapport américain publié en 2002[7] « Quand les technologies du XXIème siècle convergeront, l’humanité, grâce à elles, pourra enfin atteindre un état marqué par la paix mondiale, la prospérité universelle et la marche vers un degré supérieur de compassion et d’accomplissement ». Dans « l’avenir de l’homme », Teilhard soutient la même thèse celle décrite dans ce rapport évoquant les convergences technologiques au service d’une paix mondiale et d’une prospérité universelle, il indique ainsi qu’un réseau mondial se forme imbriquant la dimension économique et psychique et qu’ « il deviendra impossible d’agir et de penser autrement que sous une forme solidaire », l’humanité progressivement et subrepticement se « céphalise » grâce aux convergences technologiques qui l’entrainent dans son évolution et la perfectibilité du genre humain. Nous voyons bien que les propos de Teilhard sont bien éloignés de la vision que restitue les évangiles et dont le message est d’ailleurs bien plus ancré dans la dimension de la nature et très éloigné du discours technologique.

[1] Citation de Pierre de Teilhard de Chardin, Œuvres IX, 78-79

[2] Citation extraire du Livre l’avenir de l’homme Pierre Teilhard de Chardin Editions Sagesse page 188.

[3] Apocalypse 21.9-22.5, ce passage décrit la ville créée par Dieu afin d’y manifester sa gloire.

[4] Citation extraite du Livre l’énergie humaine Pierre Teilhard de Chardin « L’énergie humaine » Editions Sagesse page 105.

[5] Citation extraire du Livre l’avenir de l’homme Pierre Teilhard de Chardin Editions Sagesse page 190.

[6] Cette conception de Teilhard est très éloignée de l’annonce de la croix qui sauve l’humanité de son péché.

[7] Document officiel de l’autorité fédérale américaine, la National Science Foundation, (NSF) qui a lancé en 2002 ce programme interdisciplinaire.

Neil Postman : Étourdir ou Museler la conscience

L’attention n’est plus celle donnée aux autres, mais à celle donnée à nos objets toujours augmentés, à la ronde perpétuelle des divertissements, ces « vaudevilles » et « babillages » diffusés à longueur de journée par nos écrans[3]. La société transhumaniste développe ses supports numériques qui agissent en nous comme de véritables « derricks[4] », de véritables plateformes pétrolières, aspirant les données de toutes nos consommations quotidiennes associées aux usages que nous faisons de nos smartphones et autres objets de communication. Aussi comme le souligne Bruno Patino dirigeant de presse, et auteur du livre « la civilisation du poisson rouge », la prédation s’est greffée sur nos usages numériques « c’est la prédation de notre attention ». Or plus notre vie intérieure est forée par les derricks du monde numérique, plus ce monde corrompt et endommage, la source de vie qui nourrit notre âme. Quelle est donc la valeur morale d’une société quand cette dernière promeut la culture consumériste comme la seule dimension qui vaille ?

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Auteur : Eric LEMAITRE

Entre deux Léviathans : le monde de Orwell « 1984 » et le monde de Huxley « Le meilleur des mondes », le léviathan que nous aurions à craindre, n’est pas celui de Orwell qui muselle la conscience, mais bien le « Meilleur des mondes » qui l’étourdit. Pour Neil Postman[1], les gens viendront à aimer et à apprécier ce qui les opprime finalement, ils se laisseront volontiers déposséder de leur liberté préférant l’hédonisme et les petits plaisirs « ils finiront par aimer « [2]les technologies qui détruiront leur faculté de penser ». 

Nous sommes aujourd’hui dans le temps volé, le temps gaspillé, le temps des âmes devenues les otages de prédateurs qui maîtrisent les communications chronophages, celles qui phagocytent notre relation qui n’est plus ainsi donnée aux autres. Ce temps volé est bien l’assèchement de ce qui nous relie aux autres. Je consultais et visualisais une page de couverture d’une revue qui titrait « notre planète a soif » avec l’illustration d’une photo présentant un sol craquelé, morcelé, un sol désolidarisé et asséché. Si le monde semble bien frappé par une crise climatique, ce même monde ne semble pas avoir compris qu’une crise des consciences est également en cours. Cette crise est celle des consciences asséchées, une crise aussi cataclysmique que celle qui concerne le climat, car cette crise affecte la dimension relationnelle. Elle provoque la désocialisation créant le délitement de la communauté. Le transhumanisme qui vante et promeut l’individu est finalement un processus de démantèlement de la conscience collective, son projet est bel et bien de détruire ce qui me relie à l’autre pour amorcer cette subordination aux objets de la civilisation transhumaniste. L’enjeu d’une telle civilisation sera dès lors de capter l’attention, et de me détourner de toute vie intérieure et de toute vie relationnelle et aimante.

Les nouveaux « derricks » chasseurs de data

L’attention n’est plus celle donnée aux autres, mais à celle donnée à nos objets toujours augmentés, à la ronde perpétuelle des divertissements, ces « vaudevilles » et « babillages » diffusés à longueur de journée par nos écrans[3]. La société transhumaniste développe ses supports numériques qui agissent en nous comme de véritables « derricks[4] », de véritables plateformes pétrolières, aspirant les données de toutes nos consommations quotidiennes associées aux usages que nous faisons de nos smartphones et autres objets de communication. Aussi comme le souligne Bruno Patino dirigeant de presse, et auteur du livre « la civilisation du poisson rouge », la prédation s’est greffée sur nos usages numériques « c’est la prédation de notre attention ». Or plus notre vie intérieure est forée par les derricks du monde numérique, plus ce monde corrompt et endommage, la source de vie qui nourrit notre âme. Quelle est donc la valeur morale d’une société quand cette dernière promeut la culture consumériste comme la seule dimension qui vaille ? C’est Neil Postman qui nous relate « [5]qu’à une époque de technologie avancée, la dévastation spirituelle risque davantage de venir d’un ennemi au visage souriant que d’un ennemi qui inspire les soupçons et la haine. Dans la prophétie de Huxley, Big Brother ne cherche pas à nous surveiller. C’est nous qui avons les yeux sur lui, de notre plein gré. Nul besoin de tyran, ni de grilles, ni de ministres de la Vérité… ». C’est ainsi que docilement, nous avons fini par accepter la souveraineté des « derricks numériques », nous avons tellement cru à la dimension du progrès, que nous n’avons pas réellement pris conscience que l’alphabet numérique était sur le point de façonner, de conditionner nos esprits puis de  transformer nos comportements en êtres corvéables.

Or de toute évidence, le monde transhumaniste ne peut en soi se déployer que s’il accède à cette capacité de nous distraire, de nous divertir de nous-même, voire même de modifier génétiquement les comportements des êtres humains pour obtenir d’eux plus de docilité, de malléabilité.  L’ère transhumaniste l’emportera et ne s’accomplira que si ses artefacts sont réellement parvenus soit à étourdir ou à museler notre conscience, à endormir notre capacité de penser. Or les signaux d’un tel monde nous sont déjà renvoyés, eu égard à l’abondance des consciences rivées sur leurs écrans, dépendantes des messages, de cette abondante dopamine émanant des réseaux sociaux, déversée également par les flots continuels d’informations reçus quotidiennement.

La modernité de notre époque est dominée par des formes d’idolâtrie et une nouvelle féodalisation celle de nos écrans.

Les écrans occupent une place envahissante dans nos vies et personne n’évite leurs pouvoirs captivants et assujettissants. Je n’échappe pas moi-même à l’addiction cathodique, à celle du smart phone, de la tablette, de l’ordinateur. J’éprouve aussi ce sentiment bizarre d’être comme dans un « bocal numérique », ce sentiment étrange d’être ainsi enserré ou piégé dans les griffes des algorithmes de l’internet.   Quotidiennement nous faisons l’objet, de stimuli, de sollicitations liées aux multiples notifications et autres signaux d’informations émanant de nos écrans. Les économistes comme les sociologues ont donné un nom à ce phénomène qu’ils ont appelé l’économie de l’attention. Une bataille économique se livre en effet dans les esprits, il s’agit de retenir l’attention, de la capter, de la solliciter, de la détourner. L’attention est devenue une ressource, une ressource même rare tant les sollicitations sont plurielles, innombrables. L’attention est le véritable enjeu pour le monde de l’économie numérique. Sur ces marchés de l’attention, nous sommes ainsi comme consommés, gérés par nos artefacts qui viennent en quelque sorte grignoter une part de nous-même, éroder une part de notre vie intérieure, une part finalement de notre conscience. Nous nous laissons ainsi comme absorbés, vampirisés par les signaux numériques. C’est comme si toute notre conscience se laissait elle-même impacter par le pouvoir des images, divertir par ce cirque numérique, nous laissant entraîner dans l’indolence, l’apathie d’un divertissement de notre âme. Or je pressens chez bon nombre de contemporains une forme de fatigue, de saturation, d’épuisement et d’incapacité finalement à réagir, l’impossibilité de s’opposer vigoureusement à cette force captivante qui veut s’emparer de toute notre âme. Nous nous laissons entraîner comme emportés par la spirale de l’ennui, la volupté de la monotonie, il est devenu ainsi comme vital de nous distraire. L’économie de l’attention nous plonge peu à peu dans la somnolence, l’engourdissement et la paresse de discerner ce qui est utile ou non. Pour Neil Postman, nous devons redouter cette post modernité en ce sens qu’elle porte en soi les germes d’une forme de destruction de nous-même, en raison du plaisir qu’elle nous inflige « au point que nous en soyons réduits à la passivité et à l’égoïsme[6] »

Dans cet univers dystopique du transhumanisme, deux mondes possibles de l’information finalement se dessinent, celui du meilleur des mondes nous abreuvant d’une multitude de messages, de communications, ou rien, nous est en soi interdit, nous pouvons tout lire, tout découvrir, ou bien c’est le monde du contrôle, de la conscience entravée, tenue en laisse comme ligaturée. Ces deux mondes existent bel et bien, incarnés par les consumérismes d’état ou celui de sphères économiques privées. La chine est le symbole même de la totalisation des esprits sanglés, le monde occidental libéral et libertaire celui des esprits que l’on étourdit, que l’on distrait. D’un côté il convient de distraire puis d’anéantir l’âme, de l’autre il faut soumettre et de nous déposséder de toute liberté. Des deux côtés, la conscience devient littéralement passive parce qu’assommée. Rappelant la pensée de Aldous Huxley, Neil Postman l’auteur de « se distraire à en mourir » évoque à nouveau l’apathie de la conscience « qui s’est adaptée aux distractions technologiques ». Dans le monde néo consumériste, il faut à tout prix inoculer du plaisir dans l’esprit des gens, provoquer une forme d’ivresse, par l’abondance de biens et d’images. Pour Neil Postman la tragédie de notre époque ne sera « pas de rire au lieu de penser, mais de ne pas savoir pourquoi ils riaient et pourquoi ils avaient arrêté de penser[7] ». Réveiller la conscience semble être la seule alternative, elle passait selon Neil Postman par l’école, mais nous assistons à cette longue dérive de l’école, elle-même happée par l’aspiration du bocal numérique, conditionnant les futures générations à l’ère d’un monde transhumaniste qui aura su harponner la conscience intérieure afin de nous conduire à une absolue docilité sous peine de mourir.

[1] Neil Postman 1931 – 2003) critique culturel et théoricien des médias américain

[2] Citation extraite du livre « se distraire à en mourir » de Neil Postman Editions Pluriel page 14

[3] Propos inspirés par la lecture « Se distraire à en mourir » de Neil Postman Edition Pluriel page 232

[4] Le terme « derrick » est utilisé comme une métaphore il fait référence à ces tours en bois ou en métal soutenant le dispositif de forage d’un puits de pétrole

[5] Citation extraite du livre « se distraire à en mourir » de Neil Postman Editions Pluriel page 232

[6] Citation extraite du livre « se distraire à en mourir » de Neil Postman Editions Pluriel page 14

[7]  Citation extraite du livre « se distraire à en mourir » de Neil Postman Editions Pluriel page 242

Jürgen Habermas ; La technique et la science comme « idéologie » ..

« La technique et la science comme idéologie » est un livre passionnant que nous vous recommandons … Le livre est écrit par l’un des plus grands sociologue de notre temps Jürgen Habermas… l’auteur voit dans la technique une forme de projet métaphysique échappant à l’homme, une créature autonome qui le dépossédera. A la suite de Jacques ELLUL, l’auteur pressent à moyen terme la fusion entre la technique et le cadre institutionnel de la société. Pour J.Habermas nous assistons à une forme d’industrialisation de la vie sociale « avec cette conséquence que les critères de l’activité instrumentale pénètrent aussi dans d’autres domaines de l’existence (urbanisation du mode de vie, technicisation des échanges et des communications »…De fait nous assistons à la lente planification d’une « rationalisation croissante de la société« .

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« La technique et la science comme idéologie » est un livre passionnant que nous vous recommandons … Le livre est écrit par l’un des plus grands sociologue de notre temps Jürgen Habermas… l’auteur voit dans la technique une forme de projet et de cheminement « métaphysique » (Terme utilisé par Heidegger) échappant peu à peu à l’homme, une créature autonome qui le dépossédera.  Un projet métaphysique appliqué non seulement au domaine industriel, mais aussi dans les services, la distribution et même dans les usages du divertissement, des loisirs et de toutes  les formes de consommation .

A la suite de Jacques ELLUL, qui analysait le système technicien comme un ensemble de mécanismes qui répondent à la recherche de l’efficacité dans toutes les sphères de la vie sociale et économique, l’auteur J.Habermas pressent à moyen terme la fusion entre la technique et le cadre institutionnel de la société. Pour J.Habermas nous assistons finalement  à une forme, d’industrialisation de la vie sociale du fait de la recherche même de la performance « avec cette conséquence que les critères de l’activité instrumentale pénètrent aussi dans d’autres domaines de l’existence (urbanisation du mode de vie, technicisation des échanges et des communications »…De fait nous assistons à la lente planification d’une « rationalisation croissante de la société« . L’industrialisation de la vie sociale s’accompagnera nécessairement d’une dépolitisation des populations afin comme l’écrit le philosophe, de prévenir toute contestation sociale, de « s’immuniser contre la remise en question de son idéologie ». Jürgen Habermas ajoute qu’ « a fortiori des interventions au niveau de la transmission génétique des informations pourraient permettre demain un contrôle encore plus profond des comportements, alors les anciennes  zones de conscience ne pourraient se trouver  qu’entièrement asséchées » .  Il s’en suivrait une auto régulation de l’être humain ou plutôt de l’homme machinisé soumis aux normes d’une société rationalisant nos systèmes de pensées et contrôlant les actes qui en découlent.

La vision de J.Habermas n’est-elle pas confirmée par la recherche de l’efficience puis par la dimension normative qui s’est imposée, n’est-elle pas entérinée par le poids de la réglementation. La société déjà dominée voire engluée par la complexité et la rationalisation scientifique est sur le point ainsi de basculer vers la singularité  (le point hypothétique de l’évolution technologique) et finalement, le despotisme éclairé de l’intelligence technique régulé par les algorithmes. Toutes les sphères touchant le comportement s’en remettront demain à la mathématisation de la vie sociale…Nous glissons ainsi vers un nouveau modèle politique qui prend la forme d’une technocratie, où la machine numérique colonisera l’ensemble des activités humaines, puis supplantera bel et bien l’homme.

Ainsi la technique exclura l’interférence de l’humain dans les processus de décision, ce qui est déjà la cas dans les salles de marchés où les algorithmes ont fait main basse dans les processus de transactions à haute fréquence qui caractérise le monde boursier. Le monde de la distribution via la multiplication des transactions numériques n’est pas en reste, organisant ses réseaux pour tracer, influencer, orienter les choix des consommateurs. Il semble dès lors important en consultant l’oeuvre réflexive de J.Habermas de prendre la mesure de ce changement de paradigme concernant l’accélération des changements technologiques qui envahissent l’environnement humain.

Petite précision au passage le livre La technique et la science comme « idéologie » a été écrit en 1990. Là encore une anticipation quasi prémonitoire qui devrait nous conduite à réfléchir.. :

Aussi un conseil, cet été lisez puis pensez et enfin transmettez ….

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tel/La-Technique-et-la-science-comme-ideologie

L’arrogance transhumaniste

Si l’amour de soi et la dimension de l’avidité à toujours posséder plus, constituent finalement la matrice d’une appétence pour les biens augmentés, il n’est pas contestable que l’arrogance est une posture qui conduit l’homme à cette recherche inénarrable de la toute-puissance, cette envie de posséder éventuellement l’objet qui reflète en quelque sorte le besoin d’exprimer une forme d’autorité.  Ainsi l’arrogance est bien le prolongement d’une forme de narcissisme, d’amour de soi, une manifestation, une posture de l’hégémonie qui peut naître ou résulter de cette volonté de disposer des attributs qui me donnent l’illusion de la supériorité, l’illusion d’une supériorité physique, intellectuelle, une forme de pathologie déviante exprimée par la soif d’impressionner les autres, de désir de pouvoir, d’équipements cognitifs ou de nouvelles prothèses qui confirmeront ma supériorité, ou ce besoin impérieux d’écraser, d’imposer une forme de force, d’autorité.

Auteur Eric LEMAITRE 

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Si l’amour de soi et la dimension de l’avidité à toujours posséder plus, constituent finalement la matrice d’une appétence pour les biens augmentés, il n’est pas contestable que l’arrogance est une posture qui conduit l’homme à cette recherche inénarrable de la toute-puissance, cette envie de posséder éventuellement l’objet qui reflète en quelque sorte le besoin d’exprimer une forme d’autorité.  Ainsi l’arrogance est bien le prolongement d’une forme de narcissisme, d’amour de soi, une manifestation, une posture de l’hégémonie qui peut naître ou résulter de cette volonté de disposer des attributs qui me donnent l’illusion de la supériorité, l’illusion d’une supériorité physique, intellectuelle, une forme de pathologie déviante exprimée par la soif d’impressionner les autres, de désir de pouvoir, d’équipements cognitifs ou de nouvelles prothèses qui confirmeront ma supériorité, ou ce besoin impérieux d’écraser, d’imposer une forme de force, d’autorité.

La soumission et la domestication de la nature aux fantasmes de la Silicon Valley est bien là l’expression de l’arrogance, le souhait de transgresser les interdits d’hier, de s’en affranchir pour prétendre à une nouvelle vision du monde, gommant les représentations qui ont façonné « l’ancien monde ». Une amie écoutant mon intervention lors d’un exposé sur l’anthropologie transhumaniste, m’indiqua de consulter un passage de la Bible dans 2 Chroniques 26.15[1], dans ce passage, ce qui est en effet interpellant, n’est pas finalement le problème posé par l’innovation mécanique conçue par un ingénieur et qui devait assurer la défense d’Israël, mais bien l’usage et le rapport à la machine. Le Roi Ozias a en effet fait un mauvais usage de cette machine destinée à défendre Jérusalem, la conception de cette machine par un ingénieur lui permit en effet d’étendre son pouvoir et de bâtir sa renommée. Lorsque le Roi Ozias eût affermi, « son cœur » nous rapporte le livre des Chroniques, « s’enhardit jusqu’à entrainer sa perte », le roi Ozias s’enhardit finalement de ses succès, de ses réussites. La toute puissance du Roi Ozias résultant des inventions ont fini par lui garantir son autorité, cette toute puissance l’emmena finalement à transgresser les interdits religieux d’Israël, puisqu’il avait l’intention d’administrer lui-même le temple en s’appropriant en quelque sorte l’exercice du culte. Ce roi ne se donna plus aucunes limites du fait d’un appétit quasi hégémonique. Cet appétit hégémonique qui est dans le cœur des ingénieurs de la Silicon Valley et de l’Etat Chinois qui rêvent de faire naitre l’âge d’or du fait de la confluence des grandes avancées technologiques qui vont façonner demain les demandes, les désirs des consommateurs, eux-mêmes devenus les gisements de ces nouveaux empires numériques puisant à partir de ces nouvelles ressources, les nouvelles royalties, les pétrodollars, ou devrai-je plutôt écrire les « pétrodata ».

L’arrogance c’est lorsque nous ne sommes plus déterminés à fixer des bornes, ce qui fut le cas du Roi Ozias, qui ne donna aucune limite à l’hégémonie de son pouvoir politique tant il fut fasciné par le pouvoir que lui conférait le succès de ses machines. Grisé par ses succès techniques, le roi Ozias souhaita aussi investir la sphère religieuse qui lui était interdite selon la loi juive. Le monde des ingénieurs de la Silicon Valley, eux-mêmes étourdis par les nouveaux gisements que leur offrent ces nouvelles technologies absorbant l’or noir de nos datas, se caractérise ainsi par une idéologie ou bien une nouvelle théologie qui entend bien ne donner, plus aucune limite, souhaitant investir tous les domaines, en transgressant tous les champs de la vie sans respect pour la condition humaine et la dimension qui touche à la liberté de l’homme. Cette soif de posséder toutes les données de la vie est la condition du Roi Ozias qui entre dans le sanctuaire du temple, s’approprie l’interdit en brûlant lui-même les parfums du temple, ce passage biblique préfigure la condition de la Silicon Valley, ce monde numérique qui entre finalement dans le sanctuaire de la vie, celle de l’être humain. En aspirant à posséder finalement la conscience de l’homme et en répliquant cette conscience en aspirant créer des ordinateurs qui auront une âme, grâce à certaines propriétés quantiques, la Silicon Valley manifeste toute l’étendue de son arrogance sans conscience.   L’arrogance de la Silicon Valley [idem l’état capitaliste chinois] vise un objectif, se conférer en quelque sorte un pouvoir absolu sur la dimension de la vie, en dominant la vie, en la façonnant à coups d’algorithmes. La toute-puissance de la Silicon Valley se manifeste en ce qu’elle parla à la place de l’homme, en s’appuyant seulement sur la vision qu’elle se fait de l’homme sans consulter l’humanité, sans se laisser interpeller par le devoir de réfléchir ensemble à cette dimension qui caractérise l’âme humaine dans la dimension de sa conscience. Pour le monde des transhumanistes, l’être humain occupe seulement une place en tant qu’objet, en tant que donnée et non en tant que personne, non en tant qu’être sensible. En réalité le monisme spirituel des transhumanistes, qui nous réduit à la matière, fait de chaque homme l’expression en soi d’une donnée à capter ou à consommer, d’un objet à orienter afin qu’il consomme. Le transhumaniste est persuadé que sa vision du monde est la bonne, qu’elle doit s’imposer à tous. L’arrogance transhumaniste c’est finalement penser posséder la vérité dans le sens d’invalider ou de défaire toute autre perception et notamment celle spirituelle qui est de considérer la conscience et le sens de la vie associé à cette conscience comme étant l’empreinte de Dieu.  Réduire l’âme à un objet est une funeste arrogance, abaisser l’humain à la seule dimension des interactions biologiques ouvre finalement des perspectives mortifères, d’aliénation de la personne, d’aliénation de soi : vous ne vous appartenez plus, vous appartenez à une toute puissance arrogante qui prétend solutionner votre existence, en gérant le futur utile de votre génome, en décidant ce qui est utile, digne d’exister ou indigne d’existence. Le transhumanisme dans son arrogance entend finalement remettre en question toute la vision de la conscience de l’homme, en prétendant améliorer substantiellement la vie de son âme. L’approche transhumaniste dans sa vanité est ainsi de participer au bien-être de chaque être humain et de facto de participer à l’amélioration du monde, un beau programme qui finalement se débarrasse de tous les oripeaux de notre vieux monde et de ses principes qui recherchaient l’organisation de la cité autour du bien commun. Le transhumanisme est un formidable leurre, une fallacieuse politique de l’homme fondée sur l’égo-utilité, en déclarant ce qui est en soi bien et juste pour l’espèce humaine, surtout ce qui est bien et qui rapporte à ces centres d’extraction et de récupération de données que forment ces instruments de pompages des GAFAMI et BATX[2].

[1] 2 Chroniques 26.15-16 Il fit faire à Jérusalem des machines inventées par un ingénieur, et destinées à être placées sur les tours et sur les angles, pour lancer des flèches et de grosses pierres. Sa renommée s’étendit au loin, car il fut merveilleusement soutenu jusqu’à ce qu’il devînt puissant, Mais lorsqu’il fut puissant, son cœur s’éleva pour le perdre.

[2] BATX est un sigle forgé sur le même modèle de GAFA, il juxtapose les initiales de quatre entreprises chinoises considérées comme des « géants du net » (les puissantes multinationales liées aux TIC), à l’instar de leurs équivalents états-uniens. BATX : Baidu le Google chinois, Alibaba l’équivalent de AMAZON, Tencent applications de messageries et Xiaomi fabrication de SMARTPHONES.