La chape de plomb

Le 30 janvier 2020, l’Institut pasteur publie sur son site une information sobre, mais capitale, en indiquant qu’en « Décembre 2019, une épidémie de pneumonies d’allure virale d’étiologie inconnue émerge dans la ville de Wuhan (province de Hubei, Chine). Le 9 janvier 2020, les autorités sanitaires chinoises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annoncent la découverte d’un nouveau coronavirus, appelé 2019-nCoV (isolé le 7 janvier), et présenté comme l’agent responsable de ces pneumonies ». La ville de Wuhan était devenue l’épicentre mondial de l’épidémie du coronavirus qui allait se répandre avec fureur dans le reste du monde. « Très vite [pléonasme sans doute][1] » les autorités chinoises se sont empressées d’indiquer au monde que l’origine virale émanait d’un marché aux fruits pratiquant des ventes illégales d’animaux sauvages [Pangolins et chauves-souris]. Toute la focale fut dès lors portée sur ce fameux marché à l’origine du mal qui frappe le monde. Il ne pouvait donc y avoir d’autres lieux, d’autres sources

Auteur

Eric LEMAITRE

Article qui a fait l’objet d’une mise à jour le 16 avril 2020 [Nouvelles données]

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 Le 30 janvier 2020, l’Institut pasteur publie sur son site une information sobre, mais capitale, en indiquant qu’en « Décembre 2019, une épidémie de pneumonies d’allure virale d’étiologie inconnue émerge dans la ville de Wuhan (province de Hubei, Chine). Le 9 janvier 2020, les autorités sanitaires chinoises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annoncent la découverte d’un nouveau coronavirus, appelé 2019-nCoV (isolé le 7 janvier), et présenté comme l’agent responsable de ces pneumonies ». La ville de Wuhan était devenue l’épicentre mondial de l’épidémie du coronavirus qui allait se répandre avec fureur dans le reste du monde. « Très vite [pléonasme sans doute][1] » les autorités chinoises se sont empressées d’indiquer au monde que l’origine virale émanait d’un marché aux fruits pratiquant des ventes illégales d’animaux sauvages [Pangolins et chauves-souris]. Toute la focale fut dès lors portée sur ce fameux marché à l’origine du mal qui frappe le monde. Il ne pouvait donc y avoir d’autres lieux, d’autres sources. La revue « les échos » nous rappelle que les Chinois se vantent volontiers de manger « tout ce qui a quatre pattes sauf les tables, tout ce qui nage sauf les bateaux et tout ce qui vole sauf les avions » – y compris des espèces rares prisées pour leurs supposées vertus thérapeutiques. Forcément, l’origine était toute trouvée, le point de départ de l’épidémie mondiale, c’est le marché de Wuhan, l’épicentre de toute la contagion qui a enveloppé l’ensemble de notre planète. Mais voilà à Wuhan, il n’y a pas seulement un marché, mais également la présence de laboratoires [de niveau P2 et P4[2]] de recherche dont l’Institut de virologie. L’un des instituts de recherche de niveau P4, de renommée internationale, de « classe mondiale » un laboratoire qui permet de repérer de façon anticipée de nouveaux pathogènes, les nouvelles contagions passant notamment des animaux aux humains. La spécialité de l’établissement est également la recherche sur les coronavirus transmis par les chauves-souris. Objectivement et indépendamment de tout parti pris, il existe donc bien un autre lieu l’un des deux laboratoires, dont nous serions autorisés de penser que l’origine virale née à Wuhan ne saurait légitimement écarter l’un des deux laboratoires comme l’autre épicentre possible et ce n’est nullement soutenir une thèse complotiste que de l’envisager. Or écarter, un autre faisceau d’indices autre que le marché de Wuhan, ne relève pas ou nullement d’une investigation scientifique. Nous imposer une seule lecture de l’origine pandémique est une forme de chape de plomb qui nous prive de toute investigation, comme s’il ne fallait surtout pas lever le couvercle, soupçonner l’existence d’un autre foyer épidémique dont l’homme serait cette fois-ci seul responsable de l’infection accidentelle, alors que nous faisons porter le chapeau aux seuls marchands d’animaux sauvages de Wuhan. Loin de moi cependant d’épouser une intention maléfique du laboratoire chinois [de niveau P2 selon toute vraisemblance ou P4], comme celle de répandre un virus afin d’écraser le monde de toute sa puissance et de mettre l’Europe et les États-Unis aux pas, puis de terrasser ces nations pour les mettre dans une posture d’absolue faiblesse, afin finalement de reprendre le leadership d’un monde et de reconstruire un ordre mondial unipolaire sous l’égide chinoise. Non je ne pense absolument pas cela, définitivement ! J’imagine pourtant et fort bien que dans un laboratoire les manipulations microbiologiques, les manipulations de pathogènes sont extrêmement risquées pour les personnels biologistes chargés d’inspecter ces virus et notamment le coronavirus. Or l’infection dans ces laboratoires n’est jamais en soi impossible et il est juste absolument fantaisiste et naïf d’imaginer qu’un laboratoire dispose de barrières infranchissables, de SAS sécurisés, malgré l’aspect bunker, hyper protégé qui caractérise ces endroits notamment le laboratoire de niveau P4. Nous avons beau entendre que ces laboratoires sont des prisons de haute sécurité, cela ne nous rassure pas pour autant[3]. Les centrales nucléaires sont aussi des établissements de haute sécurité, mais les accidents restent forcément possibles, envisageables. Dans le blindage en verre prétendument imperméable, les bunkers étanches de Wuhan, les murs de verre, les scientifiques manipulent des souches infectieuses, des agents pathogènes, des serials killers extrêmement dangereux. Il suffit d’une erreur pour que la personne chargée d’inspecter ces virus, soit infectée malgré toutes les précautions que l’on peut imaginer. Écarter l’hypothèse d’une infection malheureuse émanant du laboratoire P2 ou P4 de Wuhan me parait franchement suspect comme si l’on ne voulait pas déranger cette puissance économique qui est ouvertement loin d’être une démocratie, loin d’être dans la transparence la plus absolue.  Les politiques chinois ont en effet soutenu que le coronavirus était peu dangereux, peu contagieux alors que les autorités organisaient clandestinement, leur plan de lutte contre l’épidémie. Les autorités chinoises n’ont pas également révélé au monde toute la vérité sur le nombre de populations décimées par le Covid-19, comme l’attestent les images des restitutions des urnes funéraires aux familles de cette mégapole de plusieurs millions d’habitants… le bilan des morts serait plus effroyable que les médias chinois nous l’ont asséné par la suite comme pour ne pas inquiéter le monde. Dans la somme des mensonges répandus, le plus cocasse fut sans doute d’affirmer au début de l’épidémie que la transmission du virus se faisait par la nourriture et non que le portage viral fût d’humain à humain. C’est cette chaine finalement de mensonges multiples, récurrents qui introduit l’incertitude dans ce qu’officiellement, on veuille bien nous rapporter concernant la propagation du covid19.  Alors, permettez-moi de mettre sérieusement en doute l’appareil politique chinois, dont la bureaucratie sanitaire semble vouloir imposer au monde une seule lecture de l’origine du Covid19. Il me semble donc fort pertinent de réfléchir à cette notion de chape de plomb qui entoure le mensonge chinois, la peur sans doute de déranger, d’importuner le géant et de révéler à son peuple l’art de manipuler sa propre population comme celle même de nos médias qui ne poussent pas bien loin leurs investigations comme s’il ne fallait pas crisper la parole publique, perturber les rouages diplomatiques. Depuis La Fayette, il serait sans doute pertinent de se demander si certains médias ne sont pas revêtus de bas de soie se prêtant dans les coulisses aux courbettes et à l’inclination de tout sentiment rebelle vis-à-vis des sons de cloches que l’on veut bien nous faire entendre.  Il est donc temps de dénoncer cette chape de plomb et de reprendre un peu d’air pour éclairer les uns et les autres sur un autre suspect sans pour autant exclure l’origine d’un marché également vraisemblable et concernant la diffusion du virus dans le monde. Mais de quoi parle-t-on lorsque nous évoquons le terme de chape de plomb ?

Au moyen âge, la justice est soumise à l’église, les bourreaux exécutent les sentences ordonnées par le clergé, à l’aide de lourdes charges ils écrasent la cage thoracique des suppliciés afin de prolonger l’agonie dans d’atroces souffrances. L’expression chape de plomb n’est cependant plus aujourd’hui le symbole d’une sentence cruelle ni même le rappel d’un long manteau qui couvrait le corps des moines depuis les épaules jusqu’aux pieds, et soutenu par les membres du clergé durant leur service religieux. La chape de plomb évoque plutôt aujourd’hui une forme de silence imposée par les autorités, une expression qui justifie l’absence d’un regard critique. Or concernant l’origine du coronavirus, nous avons un discours officiel, comme entendu par tous, qui fait quasi-unanimité dans la presse et il nous est comme défendu comme je le rappelais précédemment, de remettre en cause la parole officielle et suspecter une autre origine, au risque d’être marginalisé, de subir les foudres des médias qui vous suspecteront de répandre des fakes news. Autant vous dire que je ne suis pas scientifique et que je n’ai pas l’habitude de douter des rapports qui émanent des experts, qui selon moi, sont finalement autorisés à argumenter, expliquer l’origine du coronavirus, car justement ils disposent des données, des références épidémiologiques pour sourcer leurs explications et légitimer, soutenir le bien-fondé de leurs explications.

La parole officielle [comme si elle était rassurante] est donc à ce jour d’incriminer le seul marché de Wuhan où sur les étals sont exposés, la chauve-souris, le pangolin. Ces deux animaux selon plusieurs publications de la communauté scientifique, constituent probablement ou sans doute [les faisceaux d’indices et les présomptions semblent assez forts, mais sans certitudes], le couple responsable et déterminant de la propagation du virus à l’échelle mondiale. En effet les chauves-souris, notamment l’espèce « Rhinolophus affinis », et le pangolin sont avec de fortes probabilités les espèces animales logeant des coronavirus très proches du SARS-CoV-2. Une étude récemment publiée dans la revue « Nature[4] » analyse la composition du coronavirus dans plusieurs échantillons de pangolins saisis lors d’opérations anti-braconnage. Le réservoir de virus est donc très probablement animal. « Même si le SARS-CoV-2 est très proche d’un virus détecté chez une chauve-souris », nous rapporte l’Institut Pasteur[5], cependant « l’animal à l’origine de la transmission à l’homme n’a pas encore été identifié avec certitude ». Plusieurs publications suggèrent en effet que « le pangolin, petit mammifère consommé dans le sud de la Chine, pourrait être impliqué comme hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme ». Malgré son statut d’espèce protégée, le pangolin [animal anonyme devenu soudainement célèbre] est le mammifère qui souffre le plus du commerce illégal. Sa chair est consommée dans les menus chinois et les écailles du pangolin sont également utilisées en médecine. Nous avons donc là le couple coupable, la chauve-souris, le pangolin, les logeurs présumés de la cruelle pandémie. Cependant l’homme ne doit-il pas partager une certaine culpabilité en saccageant finalement la biodiversité et en consommant la chair du Pangolin, une consommation pourtant interdite.  Il n’est pas question dans cet article de remettre également en cause les investigations des virologues qui prennent le soin de fouiller les séquences génétiques de virus issus de diverses espèces, afin de comparer leurs gènes à ceux du virus présent chez les malades de Covid-19.  De même les chercheurs nous rapportent que les espèces de chauves-souris abritent à l’état naturel un grand nombre de gênes du coronavirus et une grande variété, leur système immunitaire y étant adapté. Au fond l’origine animale ne fait en soi pas de doutes bien que des zones d’ombres doivent cependant exister notamment à l’origine double du virus[6] [comment cela est-il arrivé, par quels processus ?]. Mais d’autres voix s’élèvent également contre la parole officielle, notamment celle du Prix Nobel de Médecine le professeur Montagnier, Virologue de renom et récompensé au plus haut niveau pour la découverte du virus du SIDA, relate en effet une explication qui contredit la version officielle chinoise (chauve-souris, Pangolin, marchés de Wuhan…) pour ramener l’origine de ce virus au laboratoire de virologie de haute sécurité de Wuhan[7], précisons qu’en aucun ce dernier n’a jamais  prétendu que le covid19 est le résultat d’une pure création de l’homme, mais que selon le Prix Nobel[8], le virus a fait l’objet de manipulation, l’expression de fabrication est purement journalistique, même une forme de sophisme pour dénoncer la suspicion que témoigne le professeur de médecine. Des recherches sur les vaccins contre le SIDA auraient ainsi échappé à leurs auteurs : le nouveau coronavirus contiendrait en effet des séquences d’un autre virus que le Prix Nobel de Médecine connaît bien, le VIH, une combinaison impossible à obtenir par le seul hasard de la nature « il y a eu une manipulation, le travail d’un biologiste moléculaire, à ce virus ont été ajoutés des séquences du VIH ». Un phénomène qu’il daterait du dernier semestre 2019.

Ce virus n’est probablement pas et sous réserve la version d’un bricolage génétique effectué par un horloger moléculaire résultat d’une intention malveillante voire « sadique » [9], le fruit de l’inventivité diabolique de l’homme faustien, mais plutôt [sous réserve soyons prudent] un accident de laboratoire en somme. La structure du virus est d’une extrême complexité formée d’une molécule d’ARN d’environ 30 000 bases contenant 15 gènes et il suffit d’appréhender le document publié dans le New York Times pour s’en rendre compte[10]. Cette complexité, l’homme semble pourtant bien incapable de la reproduire, il en est tout juste aux balbutiements d’un ciseau génétique et de s’essayer à découper des brins de gènes défectueux et sans doute également à produire d’autres dégâts délétères comme, le chercheur chinois He Jiankui l’a probablement fait avec ces sœurs jumelles en modifiant le code génétique et en affaiblissant finalement le système immunitaire de ces jeunes enfants. Donc, mon propos prudent a été finalement d’écarter l’éventualité d’une création biologique par l’homme, mais ceci n’écarte absolument pas la responsabilité en effet d’une manipulation en laboratoire qui a pu provoquer[11] cette tragédie planétaire causant la mort de milliers et milliers de personnes fragiles porteurs de comorbidités [hypertension, diabète, obésité, avancée dans le grand âge…]. Pour attester la thèse d’une expérimentation malheureuse, il convient selon un article du Monde que « les scientifiques chinois ont assuré que la séquence génétique du SARS-CoV-2 ne correspondait à aucun des coronavirus de leur collection. Mais, comme le souligne le Washington Post, nul n’a eu accès à leur biobanque ni aux échantillons prélevés sur les premiers patients chinois ».

Dans un environnement particulièrement flou concernant les origines du covid19, et objectivement incertains, pourquoi alors relancer la piste de ce laboratoire, est-ce utile dans les contextes d’une actualité qui ne semble pas rendre prioritaire, la recherche de causes ? Ma réponse est oui, car la chine est loin d’être un pays qui s’inscrit dans la vérité, la transparence.  Le débat d’idées est étranger à la nature du régime, la contradiction n’est pas de mise, l’investigation n’est pas permise, la recherche de la vérité encore moins. Personne ne devrait en soi être dupe d’une certaine forme de tromperie dans le traitement médiatique de la pandémie. Il faut en effet pour la chine se dégager de toutes responsabilités possibles concernant l’origine du virus, si l’animal en est la cause, et bien c’est tout simplement la faute à pas de chances ; l’affaire est donc entendue, la nature porte l’entière responsabilité [Sic].  En revanche si c’est l’affaire du laboratoire de P4 de Wuhan, la fuite d’une infection liée à la manipulation du coronavirus chez les chauves-souris ou du pangolin puis le début d’une contagion malheureuse, les autorités sanitaires mondiales s’en préoccuperaient et se chargeraient d’explorer plus en avant cette piste. Donc nous comprenons fort bien que la Chine s’emmure dans une seule et unique version possible, l’épicentre du virus c’est un marché et non un laboratoire [d’ailleurs pour alimenter le doute et s’il le fallait, à l’heure où ces lignes sont écrites, le marché de Wuhan est réouvert, accréditant la thèse possible que finalement ne rien ne s’est produit sur ce marché]. Pourtant Xiao Qiang, chercheur à l’université de Berkeley interrogé par le Washington Post indique que le gouvernement chinois, refuse de répondre à des questions essentielles, primordiales sur l’origine du nouveau coronavirus tout en supprimant toute tentative d’examiner si l’un ou l’autre des laboratoires est impliqué. Ainsi un communiqué émis par le Wuhan Institute of Virology (WIV) avait fait état de la visite de diplomates scientifiques américains en son sein, mais a été effacé depuis du site Internet du laboratoire. D’après le Washington Post, les câbles diplomatiques envoyés en 2018 par l’ambassade alertaient notamment sur « la faiblesse de la sécurité » du WIV.

Les autorités américaines avaient donc mis en doute l’imperméabilité des systèmes de sécurité mis en place au sein du laboratoire de l’institut de virologie, le fameux WIV. Il est donc permis d’avoir un doute et de lever de fait la chape de Plomb, dont personne aujourd’hui ne semble vouloir s’inquiéter. La recherche de la vérité n’est pas du côté d’un appareil bureaucratique enfermé dans l’opacité, la volonté de contrôle et surtout le souci de ne pas faire vaciller un système qui ne rencontre aucune résistance intérieure et dont la seule volonté s’appuie sur un désir de lobotomiser la capacité de conscience et qui a prié un lanceur d’alerte de se taire. Sommes-nous priés de nous taire, nous avons cette chance, encore cette chance, d’ouvrir cette fenêtre pour mettre en lumière un État dont l’idéologie n’est autre que la faculté immuable de manipuler les populations, de les dominer et si possible de dominer les autres nations, pire de contrôler l’esprit critique et de nous mettre à genoux en acceptant docilement les explications données à l’origine de ce mal qui a touché parmi nous les plus fragiles.

[1] Le « très vite » est entre guillemets et de façon volontaire pour indiquer une certaine forme d’ironie, c’est sous la pression de ces lanceurs d’alertes et notamment un médecin chinois, que les autorités communistes chinoises ont finalement cédé, pour informer l’ensemble des autorités sanitaires des autres nations de la dangerosité du virus.

[2] Les activités impliquant des agents biologiques de groupe 2 à 4 requièrent des mesures de sécurité particulières. Selon le type d’agent pathogène, on parle alors de Niveau de Sécurité Biologiques (NSB1, NSB2, NSB3 ou NSB4) ou plus communément de laboratoires P1, P2, P3 ou P4 (« P » faisant référence au terme pathogène, en anglais « BioSafety Levels », BSL1, BSL2, BSL3 ou BSL4).

[3] Source le journal le Monde mis à jour le 07 mars 2020 :  Le risque zéro n’existe pas. En 2017, le centre pour le contrôle des armes et la non-prolifération chiffrait à 31 % les risques que le monde soit confronté dans les dix ans à une pandémie causée par un virus issu d’un laboratoire P4. En février 2019, le Bulletin of the Atomic Scientists – revue créée par d’anciens scientifiques à l’origine de la bombe atomique, et spécialisé dans les répercussions graves des activités humaines – évoquait de son côté « une menace pandémique probable », soulignant l’inéluctabilité d’erreurs humaines. En 2003, un chercheur taïwanais de 44 ans travaillant dans un laboratoire P4 a ainsi été atteint par le SRAS en essayant de désinfecter à la main un module de transfert du virus. Quatre-vingt-dix personnes avaient dû être placées en quarantaine.

[4] https://www.nature.com/articles/s41586-020-2169-0_reference.pdf

[5] https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/maladie-covid-19-nouveau-coronavirus

[6] Le coronavirus isolé chez le pangolin est capable d’entrer dans les cellules humaines alors que celui isolé chez la chauve-souris R. affinis ne l’est pas. Par ailleurs, cela suggère que le virus SARS-Cov-2 est issu d’une recombinaison entre deux virus différents, l’un proche de RaTG13 et l’autre plus proche de celui du pangolin. En d’autres termes, il s’agit d’une chimère entre deux virus préexistants. Voire l’article d’où est extrait le commentaire : https://www.santemagazine.fr/actualites/actualites-sante/covid-19-lanalyse-des-genomes-revelerait-une-origine-double-du-virus-432862

[7] Le podcast avec l’enregistrement de l’interview est à entendre sur ce lien :

https://podcasts.apple.com/fr/podcast/fr%C3%A9quence-m%C3%A9dicale-et-pourquoi-docteur/id1503016331

[8] La thèse du Professeur Montagnier est contestée, non pas en raison de la suspicion de ses fondements scientifiques mais parce que ce dernier a eu surtout des positions controversées en matière de vaccins. Nonobstant, son discours doit être entendu indépendamment des convictions qui sont les siennes.

[9] Pourtant à l’heure du Crispr cas9 rien n’est en soi impossible

[10] Lire l’article en anglais : https://www.nytimes.com/interactive/2020/04/03/science/coronavirus-genome-bad-news-wrapped-in-protein.html

[11] Des professeurs d’université chinois avaient émis cette hypothèse

Le monde en pièces

Entre Eugène Ionesco et Albert Camus le traitement philosophique de la peste diffère singulièrement, l’un nous renvoie à une allégorie politique contre toute forme de totalitarisme Il nous faut selon Albert, Camus prendre conscience de la noirceur possible de notre cœur, tandis que pour Eugène Ionesco, le sentiment religieux l’emporte, il confie d’ailleurs en commentant sa pièce de théâtre « Jeux de massacre[6] », avoir toujours eu depuis son enfance un sentiment apocalyptique de l’histoire. Pour Eugène Ionesco, « nous vivons une époque apocalyptique.  Nous vivons tout le temps une époque apocalyptique, à chaque moment de l’histoire c’est l’apocalypse, mais c’est plus ou moins évident, […] tout le monde joue avec le danger apocalyptique. Les hommes sont hantés par cette fin, qui doit venir et qu’ils ont l’air de vouloir précipiter[7] ». La métaphysique de Camus, elle est aux antipodes, elle est celle de l’athée, il refuse l’enfermement et décide de combattre l’idée que tout est fini même si « l’ordre du monde est réglé par la mort », puis d’ajouter dans la bouche du docteur Rieux « peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu’on ne croît pas en lui et qu’on lutte de toutes ses forces contre la mort, sans lever les yeux vers ce ciel où il se tait ».

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Auteur Eric LEMAITRE 

Nous sommes le 14 avril 2020, comme de nombreux concitoyens, le jour de Pâques, nous n’avons pas eu ce privilège de célébrer cette fête en famille, de nous rassembler avec nos parents qui avancent dans l’âge. Nous avons été comme privés de ces liens traditionnels qui rassemblent les familles autour d’un repas qui commémore une tradition ancienne celui de vivre des moments de convivialité. Nous avons été comme « confisqués » de vivre cette dimension des retrouvailles, empoignés à demeurer « exilé » dans nos logements, loin des nôtres. Pourtant notre époque moderne atténue l’éloignement, la distance, nous possédons des moyens numériques pour nous relier au reste du monde, et prendre des nouvelles des uns et des autres. Si nous ne sommes pas reliés à nos proches, nous restons finalement comme connectés ! Cependant au fil des jours, des semaines, nous prenons conscience que ce confinement nous fait en fin de compte, découvrir l’artifice, des objets qui marquent la digitalisation de ce monde, que rien ne saurait en soi remplacer ou se substituer à la dimension de l’autre. L’être humain aujourd’hui assigné à résidence reste pour toujours, un être grégaire qui a besoin de vie tactile, d’embrasser la vie, qui exprime au plus profond de lui-même l’attente d’une présence aux autres, de vivre par-dessus tout, dans la collectivité, celle qui brasse nos congénères, nos semblables. Si hélas nous ne regardons plus au ciel et sommes déreliés du cercle amical, nous avons en revanche la compagnie de nos écrans qui nous sauvent de « l’isolement ».

Pourtant chaque journée qui passe devant nos écrans, est une journée finalement anxiogène. Le monde cathodique vient charrier son lot d’informations mortifères, nous sommes rivés aux mauvaises nouvelles du soir qui viennent ajouter à l’inquiétude quotidienne. Même ceux qui semblent être les plus protégés parmi nous ne se sentent plus nécessairement à l’abri. Au cours de la journée du 13 avril, je prenais soin d’appeler mon père que ses petits-enfants appellent affectueusement Papé.

Je doute que notre Papé se croie lui âgé, mais son âge déjà « avancé » l’expose sans doute encore davantage à la violence de ce virus qui ne semble pas épargner nos aînés. Ces jours derniers, mon Père me confiait qu’il se sentait privilégié de bénéficier d’une maison aux larges pièces, d’un vaste jardin, de pouvoir vivre au grand air dans une campagne éloignée de l’urbanité et de ses dangers. Mais au fil des jours qui passent, lui qui dans les premiers jours comme beaucoup d’entre nous, ne ressentaient pas les effets immédiats de la pandémie au plan psychologique, me semble aujourd’hui plus éprouvé, plus inquiet. Hier mon Père que nous appelons affectueusement Sosthène[1], « celui dont la force est préservée », m’annonçait que plusieurs familles de mon village natal avaient été, elles-mêmes directement ou indirectement atteintes par le mal du siècle. Mon propre frère après avoir joint le Papé, m’annonçait que dans une maison de retraite, dans une commune proche de notre village, plusieurs personnes âgées ont été quasiment décimées. Nous avons ce sentiment étrange que personne en soi n’est en réalité à l’abri même exilé, même s’il a le sentiment d’avoir mis suffisamment de barrières autour de lui pour endiguer la férocité du virus. Ce mal se diffuse dans le monde à une allure effrayante, n’épargnant ni les riches, ni les pauvres, ni New York, ni ce village de huit cents âmes où mon Papa réside.

C’est la soudaineté de ce mal qui fait irruption au sein de toutes les nations du monde et dans l’histoire de notre humanité, qui semble surprendre bon nombre d’entre nous. Pourtant personne dans nos médias n’ose qualifier cette pandémie, de fléau, le terme est trop connoté, trop religieux, et encore moins de peste qui nous renvoie à la mémoire du moyen-âge dont à tort beaucoup relèguent son histoire à l’obscurantisme. Pour revenir à ce fléau l’un des plus marquants de l’histoire de notre humanité, la peste envahit l’Europe dès 1347 !  La bactérie Yersinia pestis[2] est arrivée par les routes de la soie, dans des navires de commerce en provenance de la péninsule de Crimée sur les rives de la mer Noire, accosta, puis assiégea finalement la ville de Gênes pour se répandre en véritable fléau, « conquérant » comme une faucheuse, une grande partie de l’Europe, y compris l’Angleterre insulaire.  La peste bubonique extermina beaucoup plus que la moitié de l’Europe, en moins de cinq ans. Le « fléau de Dieu » effraya les peuples de toutes les nations européennes, qui virent dans cette pandémie la main du diable, des juifs ou des lépreux. Les juifs par milliers avaient été les victimes de massacres, de pogrom. Ces populations dans l’ignorance la plus absolue, dans leur folie comme de nos jours[3], ignorèrent sans doute cette culture de l’hygiène qui caractérise le peuple Juif et cette connaissance des consignes données dans les différents chapitres du livre du lévitique.

À propos du Covid.19[4], les sachants s’empressent de nous rassurer, ce n’est pas la peste ! Bien que tout s’y apparente en réalité [même si son origine et son génome différent] à la fois par son ampleur et les symptômes pulmonaires manifestés par les personnes atteintes par la pandémie virale.

Dans cette nouvelle chronique, mon journal de bord en quelque sorte, j’ai voulu fouiller l’histoire des pandémies, ce que la littérature nous apprend, ce qu’elle peut nous enseigner sur la façon dont nous pourrions vivre ces instants d’exil ! « Exil » un mot que j’emprunte à Albert Camus. J’imagine volontiers en ces temps de confinement que beaucoup de mes lecteurs se sont empressés dans leurs logements claquemurés à redécouvrir son œuvre, et notamment cette fiction « la peste », la chronique d’un fléau qui contamina toute la ville d’Oran.

Albert Camus n’est d’ailleurs pas le seul à avoir traité ce sujet, à avoir abordé l’épidémie. La littérature est abondante et en effet plusieurs écrivains ont vu dans la peste des motifs d’inspiration pour décrire les effets dévastateurs de la pandémie parmi ceux qui ont traversé l’épreuve, victimes ou survivants.

Dans le Décaméron, Boccace le Florentin décrit un épisode des ravages de la maladie infectieuse, il dépeint les dommages effrayants de la peste noire qui a atteint Florence au milieu de quatorzième siècle et l’impact de l’épidémie sur toute la vie sociale de la cité. Il brosse le portrait d’une ville frappée par la pandémie et s’attarde sur les contrastes d’une population insouciante, vivant en huis clos en quelque sorte, hors du monde continuant à vaquer à sa frivolité, son insouciance, à vivre comme si de rien n’était, comme si la mort n’avait pas d’emprise sur eux, si la vie irrémédiablement n’était pas éphémère, alors que toute la cité est décimée par une peste violente qui emporte avec elle une grande partie de la population de Florence. Comme l’écrit un journaliste de Marianne, à propos de cette œuvre de Boccace le Florentin, « Le huis clos est un confinement volontaire où l’air de la campagne et l’art de la conversation les protègent des assauts pestilentiels occultes, morbides et mortels »[5].

Plusieurs fresques du moyen-âge évoquent également la terreur éprouvée par la population européenne, et cette terreur illustrée bien souvent par une forme d’hydre s’emparant d’une faux comme pour frapper l’imaginaire et interpeller les populations déjà angoissées par les méfaits du mal. Dans l’œuvre de l’écrivain florentin, Boccace décrit des personnages qui entendent échapper à la réalité, s’en extirpent, ils se racontent des histoires divertissantes, comme pour évacuer le mal, surtout pour refouler la mort. Ce qui est drôle ou cocasse finalement, c’est que rien ne semble avoir changé, nos écrans cathodiques se chargeant aujourd’hui de nous divertir après avoir paradoxalement su créer toutes les conditions de l’anxiété. En réalité, tout est en effet conduit pour nous distraire de soi, comme l’envie de nous détourner du ciel. La mort n’est pas le cadet de nos soucis, à l’inverse pour Eugène Ionesco qu’un de mes amis également blogueur s’est empressé de me faire découvrir, la mort dans l’œuvre du dramaturge est en revanche omniprésente, envahissante, c’est une mort de masse à laquelle les populations sont confrontées, l’épidémie se diffuse partout. A New York avec l’image de cette vaste nécropole érigée à la hâte où l’on entasse les cercueils des sans-abris, des laissés pour compte, l’homme découvre brutalement, brusquement son insignifiance et sans doute si l’on veut bien y réfléchir l’arrogance d’avoir ignoré sa vulnérabilité, l’arrogance de mépriser la dimension de la finitude et de ceux qui croient au ciel. Ionesco décrit toute une cité qui passe ainsi de la vie à la mort, de l’existence au trépas. La mort dans ce récit est inévitable, inéluctable, l’impasse est impossible et aucun enclavement ne résiste à la faucheuse. Eugène Ionesco s’est intéressé aux implications métaphysiques de la pandémie, à l’aspect apocalyptique de l’événement. À l’inverse Albert Camus ne croit pas au ciel et l’écrivain a fait de cet événement la peste, une dimension qui touche à la résistance morale contre l’ennemi qui fait irruption dans la vie d’une cité. Pour Albert Camus, il nous faut finalement combattre la peste brune, le Nazisme, ou tout autre totalitarisme. La peste est en effet une métaphore contre la tyrannie, « la peste brune » susceptible de conditionner les esprits. Il faut donc selon l’auteur la combattre en lui résistant.

La peste est le mal politique, le mal absolu, « la peste c’est nous » ! Entre Eugène Ionesco et Albert Camus le traitement philosophique de la peste diffère singulièrement, l’un nous renvoie à une allégorie politique contre toute forme de totalitarisme Il nous faut selon Albert, Camus prendre conscience de la noirceur possible de notre cœur, tandis que pour Eugène Ionesco, le sentiment religieux l’emporte, il confie d’ailleurs en commentant sa pièce de théâtre « Jeux de massacre[6] », avoir toujours eu depuis son enfance un sentiment apocalyptique de l’histoire. Pour Eugène Ionesco, « nous vivons une époque apocalyptique.  Nous vivons tout le temps une époque apocalyptique, à chaque moment de l’histoire c’est l’apocalypse, mais c’est plus ou moins évident, […] tout le monde joue avec le danger apocalyptique. Les hommes sont hantés par cette fin, qui doit venir et qu’ils ont l’air de vouloir précipiter[7] ». La métaphysique de Camus est aux antipodes de celle traitée par Eugène Ionesco dans sa pièce de théâtre, sa métaphysique est celle de l’athée, il refuse l’enfermement et décide de combattre l’idée que tout est fini même si « l’ordre du monde est réglé par la mort », puis d’ajouter dans la bouche du docteur Rieux « peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu’on ne croît pas en lui et qu’on lutte de toutes ses forces contre la mort, sans lever les yeux vers ce ciel où il se tait ».

Sur le même thème, « la peste » nous avons là deux approches singulièrement différentes entre deux auteurs l’un refusant l’abandon, il entre en lutte, refuse la résignation morale et aspire même à la résilience. Pour Albert Camus, son personnage le fameux docteur Rieux, pied à pied, s’oppose avec courage à la maladie, tandis que chez Eugène Ionesco, les personnages sont foudroyés, s’effondrent, cueillis par la mort, ont à peine le temps de méditer sur leur sort sauf pour certains d’exprimer vraiment l’essentiel, l’amour. Dans l’œuvre de Camus, un dialogue de l’action est entamé, invitant à la réflexion. Il n’y a d’ailleurs pas de héros chez Ionesco, aucun personnage ne survit, tandis que Rieux le résistant, lui tient bon et la ville finit par renaître comme l’Europe médiévale, finit par connaître un épilogue plus heureux faisant émerger la renaissance d’une nouvelle civilisation. Pourtant chez Ionesco, certains personnages qui tombent comme des mouches sont habités par la dimension relationnelle, l’amour, l’amitié. La peur même de la mort n’a pas entamé, le désir d’aimer.

En lisant les œuvres des deux auteurs, je suis frappé par quelques similitudes qui me font penser à la ville de Laodicée et à cette lettre qui lui est adressée dans le livre de l’Apocalypse, une ville indolente, tiède, ni froide, ni bouillante et qui fut comme interpelée avant que le grand jour ne surgisse, ne fasse irruption. Eugène Ionesco nous parle d’une ville, d’une place dans le prologue de la pièce de théâtre, les gens « vont faire les commissions, on aperçoit le marché avec du monde achetant et vendant ». Peu avant Eugène Ionesco précise que les gens n’ont ni l’air geai, ni triste.  Camus lui nous décrit la scène d’une ville surnommée la radieuse en langue arabe, une grande cité magrébine, une ville portuaire proche de la méditerranée où chacun s’affaire, commerce, s’enrichit. Puis dans la pièce de Eugène Ionesco, un personnage énigmatique, mystérieux entre en scène, un moine noir, très haut de taille avec cagoule qui traversera toutes les scènes du livre silencieusement. Dans son roman « La peste », Camus fera entrer en scène un rat, le rat pestiférenciel qui portera en lui la contamination de toute une ville, tandis que le moine noir s’apparente à la grande faucheuse.

Ce qui m’a profondément passionné à la lecture de ces textes, c’est leur résonnance, leur modernité par rapport à notre époque et les scènes de vie qui se jouent dans la trame de ces récits qui relatent la tragédie qui fait une irruption soudaine dans la vie d’une cité. Albert Camus exprime dans son œuvre l’étouffement, la pesanteur de l’atmosphère qui se répand au fil de ces dix mois où est imposé la mise en quarantaine de la ville.  L’impression d’abstraction est vécue au début de l’épidémie, ce terme souvent employé dans le récit, une « abstraction » qui nous détourne de l’humain qui résulté d’une épidémie quasi invisible tant qu’elle ne nous concerne pas immédiatement. Nous avons dans le prologue de la pièce de Eugène Ionesco, une scène avec des ménagères déjà soucieuses et au début de l’épidémie dans le déni « Seulement les singes attrapent cette maladie » […] « mais heureusement nous avons des chiens et des chats » et après les ménagères des hommes interviennent et expriment un discours plus politique et s’emploie à discourir sur les solutions sanitaires !

Ce qui m’a fait sourire entre autres, c’est le propos de ce premier homme qui apparait dans la pièce « Nous sommes tous des idiots, hélas nous sommes gouvernés par des imbéciles […] un deuxième intervient [..] il faudra trouver un remède à cela, ce remède est introuvable […] il y avait pourtant une solution, pas très agréable. Mais c’était la seule ! » Un dialogue qui nous montre que la nature humaine ne change pas en réalité, que la nature de ces propos nous les avons entendus, nous renvoie à ces débats interminables et qui tournent en rond, des débats futiles et qui illustrent encore une fois la comédie humaine.

Le roman de Camus, la pièce de théâtre de Eugène Ionesco ont quelque chose finalement d’intemporel, d’universel, l’humain est au cœur de leurs réflexions, montrant finalement la profondeur ou la superficialité des discours, la lâcheté et l’héroïsme, la vulnérabilité et l’insouciance, l’éveil comme la noirceur des cœurs. Le travail d’écriture des deux auteurs nous décrit finalement la rapidité de l’effondrement, comme si nos mondes ont été fondés non sur le roc, mais sur le sable. La crise pandémique nous révèle en soi que nous sommes amarrés à rien de solide.  Prosaïquement nous nageons dans un monde liquide sans attaches, déraciné. Avec le confinement nous allons vers un monde en pièces, morcelé, dissocié, certes virtuellement nous restons connectés, mais nous sommes comme apeurés « chacun doit accepter de vivre le jour et seul en face du ciel [8]». Avec le prolongement du confinement, le déferlement du virus dans l’ensemble de notre monde, et sa propagation quasi exponentielle, interviennent des sentiments mitigés, Albert Camus fait dire à l’un de ses personnages « On sait trop bien, qu’on ne peut avoir confiance en son voisin qu’il est capable de nous donner la peste à votre insu, de profiter de votre abandon pour vous infecter », l’actualité du covid nous rapporte des attitudes similaires, la suspicion des personnes mal intentionnés, transformant leur entourage en pestiférés dangereux. Le voisin devient alors le suspect, le coupable éventuel. Dans la pièce de Ionesco « Jeux de massacre », tandis que l’épidémie infectieuse est seule responsable des ravages meurtriers, l’un des personnages à propos de la mort d’un enfant victime lui aussi de la peste, interpelle « Qui a pu faire ça ? »  Un autre personnage entre en scène, le quatrième homme interjette et d’un ton affirmatif, assure « Je sais qui c’est. Je les ai confiés ce matin à ma belle-mère. Elle en voulait toujours à ces enfants. Parce qu’elle me déteste. Il y a longtemps depuis toujours. »[9]. Le monde dans son affolement irrationnel recherchera des coupables, forcément hier les juifs, les lépreux, aujourd’hui les chrétiens de Mulhouse.

Après la solidarité des assiégés, le monde est en miettes, chacun pensant d’abord à sa survie « La maladie avait forcé les habitants, à une solidarité d’assiégés, mais brisait en même temps, les associations traditionnelles et renvoyait les individus à la solitude ». Nous applaudissons aujourd’hui l’infirmière courageuse qui avec la peur au ventre se rend au chevet de ses malades, mais combien de temps dureront nos applaudissements, à nos balcons, fenêtres et portes. Bientôt nous risquerons bien à nouveau de fermer les écoutilles et de considérer ces blouses blanches comme de potentielles pesteuses. Combien de temps durera la solidarité des assiégés ? Ce qui me renvoie à l’épisode des « Je suis Charlie » où nous faisions l’éloge des policiers, les gens les embrassaient dans la rue, leur offraient des bouquets de fleurs, quelques années plus tard, les mêmes leur jetèrent des pavés à la figure. Ainsi va le monde, comme l’écrit si bien un ami philosophe !

Pourtant dans les scènes de confinement relatées au fil des pages dans la pièce de Eugène Ionesco, nous avons là des personnages qui enfin possèdent une identité ou plutôt un prénom comme l’exposé de l’intime au milieu de l’intime, ils se nomment Jean et Pierre, ils ont bravé les interdits, rejoignent celles qu’ils aiment Jeanne et Lucienne. Le fait d’être ensemble atténue leur peur, tempère leurs frayeurs. Les couples s’interrogent, questionnent les motifs de cette pandémie qui est venue faucher leurs voisins de palier. Ils tentent de sonder les origines, les causes, les raisons qui conduisent à cette épidémie mortelle « C’est peut-être une punition ? » disent tour à tour Jeanne et Lucienne, elles témoignent et avouent respectivement leurs craintes, leurs peurs, éprouvent des gestes de tendresse et vont à l’essentiel, l’amour de l’autre. Puis le mal finit par les ronger, Jeanne et Pierre éprouvent le mal qui les gagne. Pierre est rongé de l’intérieur, Jeanne est tenaillée par la douleur, les mots de leurs aimants les consolent, mais la peur les gagne également. Jeanne et Pierre finissent par trépasser, emportés par le mal.

Dans ce monde occidental, nous avons refoulé la mort, nous lui avons interdit l’accès à notre vie, tandis qu’au moyen-âge la mort a été apprivoisée, elle était familière et peut-être cette dernière nous pressait de donner du sens à la vie. La mort en occident éveille a contrario des sentiments de rejet, de répulsion et pourtant malgré ce processus de refoulement, elle s’invite dans le quotidien. Le directeur général de la santé s’invite chaque dans la lucarne cathodique et égrène jour après jour le nombre de victimes causé par le Covid19.  Après une longue censure sociale de la mort, la mort est devenue le sujet dont on parle, dont on ne peut pas faire l’impasse, même le confinement ne nous met pas à l’abri, en sécurité. Nous sommes invités sans doute à regarder au ciel au-delà de notre condition de claquemuré. Le 5 Avril, le grand rabbin monsieur Haïm Korsia citait le texte de Esaïe chapitre 26.20 « Va, mon peuple, entre dans ta chambre, et ferme la porte-derrière toi ; cache-toi pour quelques instants, jusqu’à ce que la colère soit passée. Car voici, l’Éternel sort de sa demeure, pour punir les crimes des habitants de la terre ; Et la terre mettra le sang à nu, elle ne couvrira plus les meurtres. ». Les textes des évangiles nous invitent parfois à entrer dans notre chambre, non pour nous lamenter, mais pour vivre un moment à part. Ce moment à part n’est pas la résignation, ni le sentiment d’abandon, mais pour nous, nous tous, le devoir de réorienter notre vie, la prise de conscience que nos congénères ne sont pas les seuls fautifs, que nous avons à prendre notre part, celle de notre propre responsabilité. Le monde en pièces ne saura être reconstruit sans la repentance de chacun, sans le mea culpa de tous, sans la prise de conscience qu’une part d’ombre en nous est à dénoncer. Le monde occidental s’est longtemps appuyé sur la raison, s’est construit sur le principe de séquençage, de séparation rationnelle des tâches, de découpage et de segmentation des populations pour les catégoriser : « diviser les difficultés que j’examinerais [10]» (Descartes), « la division du travail est le produit d’un penchant naturel à tous les hommes qui les porte à trafiquer, à faire des trocs et des échanges d’une chose pour une autre » (Adam Smith), « divise et règne » (Machiavel). Le résultat en fut finalement une déconstruction de notre monde, nous avons souhaité la performance et nous voici acculé à prendre en compte notre fragilité, nous avons aspiré à dominer et voici que les pouvoirs sont sur le point de vaciller et de s’effondrer, nous avons pensé que seule la raison peut sauver le monde et nous balbutions aujourd’hui dans nos incertitudes et nos doutes.

Ce monde divisé, taillé en pièces, ce monde aujourd’hui dissocié nous invite aujourd’hui à tout sauf la division, il nous presse à faire « reliance », à nous relier aux autres, au-delà de nos différences, à bâtir un monde commun fondé sur des actes d’amour sans refouler l’idée de notre finitude. Ce temps étrange que nous vivons ; nous invite à prendre en compte notre fragilité et à résister à la tentation de renoncer à notre liberté, à combattre l’idée d’abdiquer notre liberté, à la raison d’une machine qui réfléchirait nos actes et nos gestes à notre place. La tentation que je pressens au plus profond de moi, est que finalement nous lui cédions, que nous cédions aux promesses et aux charmes d’une technologie dont la seule prétention serait de nous sauver de l’ancien monde. Au fond le roman de Albert Camus, nous renvoie à une relecture toujours dystopique, il nous convie à la résistance d’une autre forme de totalitarisme à laquelle nous avons été obligés ! Ce totalitarisme salutaire, nous l’avons accepté, mais nous ne devons pas nous résigner à l’abandon de notre liberté. N’abandonnons pas notre liberté à la seule raison autosuffisante, cette raison qui ne devrait en aucun cas nous susurrer que c’est seulement en elle qu’il nous faudrait investir.  Il nous appartient désormais de résister à la tentation de l’isolement, il importe après ce confinement forcé de créer ou de recréer des liens, de faire communauté avec les autres, sans les abandonner, sans les exclure, sans les rejeter. Notre hyper individualisme est né de nos divisions respectives, c’est aujourd’hui le temps de nous ressourcer dans la dimension de la rencontre avec notre prochain et de retourner à la dimension d’un ciel d’où nous viendra en réalité le secours.

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[1] Prénom donné par mon frère Hervé quelques années auparavant en s’inspirant de la lecture de Jean d’Ormesson, écrivain apprécié par la famille. Sosthène duc de Vaudreuil dans cette fameuse œuvre de Jean d’Ormesson est le vieux patriarche de la Famille du Plessis.

[2] L’autre nom donné à la Peste, la bactérie fut découverte en 1894 par Alexandre Yersin, un bactériologiste franco-suisse travaillant pour l’Institut Pasteur, durant l’épidémie de peste à Hong Kong,

[3] La folie de la victimisation demeure une caractéristique de notre époque, rien n’a réellement changé. L’église évangélique de Mulhouse a vécu les pires accusations, accompagnées d’ignobles menaces de mort. Les temps ne changent pas ! Les hommes du XXIe siècle sont pareils à ceux qui peuplaient le moyen-âge. La méchanceté gagne les peuples qui cherchent des boucs émissaires à leurs souffrances.

[4] La pandémie de la peste noire, a été propagée par la bactérie Yersinia pestis qui avait sévi en Asie, au Moyen-Orient, au Maghreb et en Europe. Elle se déclare pour la première fois en 1334 dans la province de Hubei en Chine. De 1347 à 1352, la peste noire fait 25 millions de victimes en Europe, ce qui correspond environ à la moitié de la population européenne à l’époque et 25 millions de morts dans le reste du monde, notamment en Chine, en Inde, en Égypte, en Perse et en Syrie. La peste noire est principalement transmise par les poux, les piqûres de puces et les rats. Le génome du SARS-CoV-2 a été lui rapidement séquencé par les chercheurs chinois. Il s’agit d’une molécule d’ARN d’environ 30 000 bases contenant 15 gènes, dont le gène S qui code pour une protéine située à la surface de l’enveloppe virale (à titre de comparaison, notre génome est sous forme d’une double hélice d’ADN d’une taille d’environ 3 milliards de bases et il contient près de 30 000 gènes).

[5] La citation est extraite de : https://www.marianne.net/debattons/les-mediologues/de-la-grande-peste-de-1348-au-covid-19-de-2020-chaque-epoque-son-huis-clos

[6] Jeux de massacre est une pièce de théâtre d’Eugène Ionesco inspirée du Journal de l’Année de la Peste de Daniel Defoe, la pièce s’est d’abord appelée L’Épidémie. La pièce de théâtre est éditée par les éditions Folio Théâtre.

[7] Extrait de la préface p30 Jeux de massacre Éditions Folio Théâtre.

[8] Extrait de la Peste page 73. Document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi

[9] Extrait p56 Jeux de massacre Éditions Folio Théâtre.

[10] Descartes, discours de la méthode. Deuxième partie

Intelligence artificielle et confinement… le futur cybernétique

Avec l’avènement du Covid 19 qui a fait son entrée dans le monde nous sommes face à un  tsunami terrifiant de désocialisation de la société prolongée par ces vagues répétées liées aux mesures de confinement.  Mais pour sortir du confinement  se met en place  un ensemble de réflexions devant conduire, à la régulation de la vie sociale légitimée par la crise sanitaire, mais là aussi n’allons-nous pas nous habituer à une forme de conditionnement autoritaire des esprits, une domestication et l’apprentissage de tous, puis en fin de compte à accepter demain le couronnement de la cité cybernétique, celle d’une gouvernance hyper technicisée au moyen d’algorithmes gérant toutes les activités humaines,  les pistant, autorisant ou non nos bons de sorties  …  Ne sommes-nous pas là en train d’ouvrir tout simplement la boite de Pandore ?
Eric LEMAITRE Auteur de l’essai, l’homme mécanisé paru en décembre 2019

Avec l’avènement du Covid 19 qui a fait son entrée dans le monde nous sommes face à un  tsunami terrifiant de désocialisation de la société prolongée par ces vagues répétées liées aux mesures de confinement.  Mais pour sortir du confinement  se met en place  un ensemble de réflexions devant conduire, à la régulation de la vie sociale légitimée par la crise sanitaire, mais là aussi n’allons-nous pas nous habituer à une forme de conditionnement autoritaire des esprits, une domestication et l’apprentissage de tous, puis en fin de compte à accepter demain le couronnement de la cité cybernétique, celle d’une gouvernance hyper technicisée au moyen d’algorithmes gérant toutes les activités humaines,  les pistant, autorisant ou non nos bons de sorties  …  Ne sommes-nous pas là en train d’ouvrir tout simplement la boite de Pandore ?

Eric LEMAITRE socio-économiste : Auteur de l’essai, l’homme mécanisé paru en décembre 2019

 

Devil

Patrick Joubert, CEO de Ponicode et membre fondateur de Covid-IA.

Pour lire l’article cliquez sur le lien : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-lintelligence-artificielle-au-service-du-deconfinement-1192769

Face à une pandémie inédite, l’intelligence artificielle (IA) peut nous permettre d’inventer les scénarios de déconfinement les plus efficaces. L’initiative Covid-IA, portée bénévolement par des médecins, des chercheurs et des experts en IA, propose de participer à la réflexion de modélisation des différentes sorties de crise.

Nous devons inventer de toutes pièces le modèle de déconfinement qui caractérisera la sortie de crise. L’intelligence artificielle peut nous aider à relever ce défi. Nous pouvons disposer actuellement de trois types de données : les données démographiques, les données relatives aux personnes malades ou aux patients porteurs ou suspectés (comme le propose la solution de télésuivi à domicile Covidom développée par l’AP-HP et Nouveal e-santé) et les données de localisation qui peuvent nous être fournies – de manière agrégée, donc anonyme – par les opérateurs de téléphonie mobile. Les données de localisation nous permettraient, par exemple, de savoir où les personnes se trouvaient la semaine avant le confinement, quels contacts éventuels elles ont pu avoir avec des sujets potentiellement vecteurs du virus.

Utiliser les données passées pour modéliser l’avenir

Grâce à ces données, que l’on peut qualifier d’« historiques », nous pouvons alimenter et entraîner des algorithmes de machine learning qui parviendront à créer des modèles stables et performants. Ces modèles nous expliqueront comment la pandémie s’est propagée et comment elle évoluera en fonction des plans de déconfinement.

Si nous enrichissons les modèles créés par les algorithmes de machine learning avec des informations de très haute qualité, directement fournies par les citoyens en mode « opt-in », c’est-à-dire de manière volontaire, via une application mobile, nous pourrons réaliser des prédictions encore plus fines. Les questions consisteraient à savoir quelles personnes ont été malades, où elles se trouvent actuellement et quelles sont les personnes autour d’elles. Les réponses à ces questions permettraient de dire quelles personnes peuvent, ou non, sortir du confinement .

Prenons l’exemple d’un foyer composé d’un couple et de deux enfants. Si une seule personne du foyer se soumet à un test sérologique (analyse d’une goutte de sang), on peut savoir si elle a été en contact avec le Covid-19. On peut supposer que l’ensemble des membres du foyer a été exposé. La technologie nous permet de faire des déductions (on appelle cela l’inférence) avec une grande précision. Dans tous les cas, les hypothèses de transmission sont indissociables d’ une campagne de tests massive (virologiques et/ou sérologiques selon les situations) qu’il faudrait cibler au mieux.

Dans un contexte de pénurie de tests sérologiques, il ne serait donc pas nécessaire de tester l’ensemble de la population française. Grâce à cette connaissance ultrafine, nous pourrions bâtir une stratégie de déconfinement non pas au niveau d’un département, ni d’une commune, mais au niveau d’une personne.

Remettre la vie en marche

Pour éviter que cette crise sanitaire ne se transforme en désastre économique, nous pourrions appliquer la méthode aux collaborateurs des entreprises et constituer des binômes, des brigades, des équipes composées uniquement de personnes séropositives. On pense en effet, même si les données scientifiques sont encore parcellaires, que les sujets qui ont rencontré le virus développent une immunité antivirale qui pourrait les protéger d’une réinfection, une donnée qu’il faudra établir avec certitude le plus rapidement possible. A l’inverse, les salariés non immunisés (on les appelle des « naïfs ») devront respecter des précautions particulières (ateliers ou bureaux où les gens ne se croisent pas) et bénéficier en priorité de protections individuelles qui font encore cruellement défaut.

L’idée est d’organiser le retour au travail des Français de manière différenciée et de remettre la vie en route avec le Covid-19, qui, quoi qu’il arrive, est présent et restera présent pendant de nombreux mois encore. Tant qu’il n’y a pas de vaccin ni de traitement, il n’y aura pas de solution pour soigner et protéger les gens. L’objectif est donc de déconfiner de manière intelligente, en protégeant les plus fragiles et en évitant la recirculation active du virus, ce qui réexposerait notre système de soins à une nouvelle surcharge. Surtout, cela éviterait de remettre les Français en confinement, ce qui ne serait probablement pas compris.

L’IA permet de raccourcir le temps nécessaire à l’évaluation du pourcentage de la population qui a été confrontée au virus. On estime actuellement que ce pourcentage est compris entre 5 et 10 %. C’est beaucoup trop imprécis et la marge d’erreur est trop importante.

Aujourd’hui, nous nous heurtons à la question suivante : peut-on accéder à toutes ces données ? Nous sommes aujourd’hui en état d’urgence sanitaire. Qu’attendons-nous pour libérer ces données de manière anonyme, pour pouvoir établir une modélisation de la pandémie et sortir du confinement de manière optimale à tous points de vue ?

Patrick Joubert, CEO de Ponicode et membre fondateur de Covid-IA.

Repenser le monde après le coronavirus

Il est urgent de réfléchir à d’autres modèles et changer de paradigme économique mais cela peut aussi passer par la réforme de notre cœur, gagné par des causses plus humbles et moins tenté par l’arrogance et le monde spécieux celui des apparences.

Si l’état manifeste une grande sagesse, il serait en effet pertinent de pas réinvestir dans l’industrie aéronautique, il serait même pertinent d’abandonner toutes les dépenses colossales nées de la mondialisation et de revenir dans l’urgence dans une économie de proximité, une économie également circulaire. Nous pourrions imaginer le plein emploi en rapprochant toute l’économie à une dimension strictement locale et en évitant de dépendre de la délocalisation en partie responsable de l’effondrement de notre système sanitaire.

Et si nous apprenions finalement la frugalité, la simplicité et le retour à une vie authentique… cette crise pandémique n’aura donc pas été inutile …

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Il est urgent de réfléchir à d’autres modèles et changer de paradigme économique mais cela peut aussi passer par la réforme de notre cœur, gagné par des causses plus humbles et moins tenté par l’arrogance et le monde spécieux celui des apparences.

Si l’état manifeste une grande sagesse, il serait en effet pertinent de pas réinvestir dans l’industrie aéronautique, il serait même pertinent d’abandonner toutes les dépenses colossales nées de la mondialisation et de revenir dans l’urgence dans une économie de proximité, une économie également circulaire. Nous pourrions imaginer le plein emploi en rapprochant toute l’économie à une dimension strictement locale et en évitant de dépendre de la délocalisation en partie responsable de l’effondrement de notre système sanitaire.

Et si nous apprenions finalement la frugalité, la simplicité et le retour à une vie authentique… cette crise pandémique n’aura donc pas été inutile …

 

Covid 19. Réflexion sur les mutations en cours.

Quel sera le monde de demain ? À quelles « crises » économique, sociale, spirituelle, etc. s’attendre en sortie de crise sanitaire ? Prédire l’avenir aurait quelque chose d’indécent autant que de dérisoire. On se perd en conjectures, balançant entre la crainte que tout redevienne vite comme avant, puisque « nous reprendrons vite nos vieilles habitudes », et l’espoir – ou la peur – que tout le système doive être remis à plat, à titre individuel et collectif, avec ses lots de gagnants et de perdants, à moins que nous ne soyons tous à la fois gagnants et perdants…

Auteur : Tugdual Derville,

co-initiateur du Courant pour une écologie humaine

Face au virus : quelle mutation ?

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Pour retrouver l’article dans sa complétude :  https://www.ecologiehumaine.eu/face-au-virus-quelle-mutation/

Quel sera le monde de demain ? À quelles « crises » économique, sociale, spirituelle, etc. s’attendre en sortie de crise sanitaire ? Prédire l’avenir aurait quelque chose d’indécent autant que de dérisoire. On se perd en conjectures, balançant entre la crainte que tout redevienne vite comme avant, puisque « nous reprendrons vite nos vieilles habitudes », et l’espoir – ou la peur – que tout le système doive être remis à plat, à titre individuel et collectif, avec ses lots de gagnants et de perdants, à moins que nous ne soyons tous à la fois gagnants et perdants…

C’est donc le temps présent, le seul sur lequel chacun a prise, qui mérite d’être habité. Est-il possible d’accueillir ces heures qui passent – si différentes en confinement – comme un cadeau ? Le temps n’est pas toujours facile à recevoir, après celui de la surprise et de la sidération, celui du « déballage », peut venir la routine, la lassitude, l’aridité. D’où l’importance de réaliser intimement qu’il se joue pour chacun quelque chose de précieux, d’essentiel.

Mon propos est de poser que cet après a déjà commencé, ici et maintenant, comme la vie éternelle commence déjà ici-bas. Et qu’il ne faut pas attendre demain pour le bâtir.

Précisons que nous ne pouvons pas construire sur l’inquiétude, encore moins sur l’angoisse. Si nous pouvons à juste titre être inquiets pour nous-mêmes, ou pour nos proches, ou pour l’avenir, gare à la tendance à carburer au stress, ce grand brûleur d’énergie, qui la détourne de ses usages bienfaisants. À quoi sert en effet de s’inquiéter ? À chaque jour suffit sa peine. Si l’inquiétude est parfaitement légitime, elle n’a de sens que comme moteur d’une action. À ce titre, sans céder au quiétisme, la prière peut être considérée, pour beaucoup, soit comme une action intrinsèquement féconde, soit comme le moteur efficace de la mise en action.

Pour le reste, débranchons un instant le cordon ombilical de l’actualité du virus qui pourrait bien occuper ou polluer nos jours et nos nuits pour intérioriser ce qui se passe, et décider de ce à quoi cela nous appelle aujourd’hui.

 Vivre autrement dès aujourd’hui

En quoi change la vie d’un confiné ?

Enracinement ?

Nous voilà condamnés à habiter un espace, un seul, plus ou moins spacieux, plus ou moins confortable, plus ou moins tranquille – en fonction des personnes qui partagent, ou pas, notre réclusion, et de notre voisinage. Les personnes seules endurent une double-peine : elles sont plus encore isolées. Mais certaines familles nombreuses se retrouvent entassées. Les couples, les fratries, sont condamnés à se supporter. Nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne en ce qui concerne notre accès à la vie intérieure, à l’espace « vital », à la nature, au silence. Certains manquent encore plus de temps ; d’autres s’ennuient. Sans oublier ce que la maladie peut provoquer pour nous ou autour de nous.

Bien sûr, la crise est aussi un révélateur d’inégalités sociales, économiques, spirituelles. Ici et là, elle génère son lot de tensions, d’expression d’égoïsme et de jalousie…

Mais tous – surtout les personnes habituées à la mobilité – doivent se réapproprier un lieu géographique. Nous habitons quelque part. Nous sommes géo-localisés de façon stable. Presque aussi enracinés qu’un arbre. Attachés comme un chien à sa niche. Occasion de mesurer que chacun a une place, unique, irremplaçable, sur cette planète. Au rez-de-chaussée ou en étage, dans une ou quelques pièces ou un lopin de terre. Je suis là. Présence.

Frugalité ?

Autour de moi, il faut vivre avec des objets définis, qui deviennent familiers. Ceux qui partagent ma réclusion. Parfois peu nombreux, parfois encombrants. Ils sont le prolongement de ma personne. Ceux qui sont restés à domicile ne voient pas trop changer leur environnement, mais ceux qui sont partis précipitamment, avec une valise, pour se « sécuriser » quelque part ressemblent, dans leur chambre occasionnelle, à ces résidents d’EHPAD, qui n’ont pu emporter que le strict nécessaire. Et voilà qu’il suffit. Pas besoin de plus !

Avec la fermeture de nombreux commerces, mais aussi des spectacles, une partie de la consommation devient impossible. Il faut limiter les achats. Depuis des semaines, je ne me suis plus procuré tout ce que j’aurais acheté si cela avait été possible. Alors que la pénurie de produits médicaux est déplorée, chacun peut réaliser qu’il peut vivre ainsi, avec peu ou moins. On filtre l’accessoire, qui paraissait essentiel. L’expression « gagner son pain » retrouve un part de son sens.

En réponse à l’abandon forcé de la frénésie des déplacements et des activités, la nature reprend soudain ses droits ; la pollution de l’air diminue, l’eau des rivières et des ports se purifie ; la pollution sonore et visuelle diminue ; les animaux en profitent. Nous aurons goûté au moins une fois dans notre vie à la décroissance si controversée, sans nier le retour de bâton qu’une crise économique peut nous réserver.

Profondeur ?

La civilisation des loisirs ne s’éteint pas, mais impose un bouleversement radical : nous devons nous distraire autrement. Un exemple ? Alors que le football – sport roi – était omniprésent dans les médias européens, occupant en France des soirées entières des radios les plus écoutées, voilà que du jour au lendemain, plus personne ne peut, à onze contre onze, taper dans un ballon. Le temps que nous ne dépensons plus à regarder ou commenter le jeu, les exploits de professionnels surpayés est-il gagné ou perdu ?

Ne rêvons pas. De même qu’on peut mourir d’orgueil dans un carmel, de même nous pouvons entrer dans un confinement creux, nocif, compulsif. Les vendeurs de pornographie l’espèrent, qui tentent de nous attraper dans leurs filets. Mais, à beaucoup d’entre nous, le confinement offre la possibilité de revenir à la vie intérieure habituellement malmenée. Comment se nourrir, se ressourcer ? Lecture, vie spirituelle, disponibilité à l’écoute en ce temps où les émotions sont intenses, échanges plus profonds avec les proches ou par téléphone, plus grande attention à l’autre ici et maintenant, appel à un surcroît d’amour et de vie sans artifice ?

Les cinq paradoxes en cours d’émergence

Le paradoxe des frontières

On a parlé d’un virus sans frontière, de pandémie mondiale, mais jamais les frontières n’ont été à ce point réhabilitées. Frontière autour du corps de chacun, appelé à une « distanciation sociale » – tant pis pour la tendresse ! Frontière autour de chaque domicile ou jardin. Frontière entre le pays. Les solutions locales pullulent, sur fond de procès de la mondialisation. On se promet déjà de moins dépendre de l’étranger pour des approvisionnements, tandis que – tels de vulgaires corsaires, des pays européens ont été capables de détourner des masques en provenance de Chine au détriment d’autres pays de le même « communauté ». De son côté le cowboy américain surenchérit en millions de dollars pour détourner à son profit le matériel que des pays moins opulents ont commandé… C’est parce que le virus n’a pas de frontière qu’il les réveille toutes, révélant nos lieux et communautés d’appartenance.

Le paradoxe de la proximité

Même si la réclusion forcée a conduit certains à découvrir leurs voisins, de leurs balcons festifs à 20 heures, ou en offrant leurs services pour des courses aux personnes plus en difficulté, le confinement n’a pas pour autant profité aux communautés locales. Car on ne peut se rencontrer en plénitude. Est-ce pourtant le triomphe de l’individualisme ? Tout dépend de ce que à quoi les personnes sont contraintes, ou de ce qu’elles choisissent de vivre. La situation inédite appelle chacun à donner le meilleur de lui-même. Tel sportif professionnel redevient infirmer ou aide-soignant. Mille initiatives solidaires se font connaître dans les médias, sur la toile, au sein des associations. La société prouve sa générosité et sa résilience. Et l’on découvre à quel point la géographie compte dans l’économie. C’est le retour aux producteurs locaux, aux circuits courts. Chacun peut être relié à d’autres, à l’autre bout du monde, mais pour le ravitailler, le soigner ou… l’inhumer, son corps exige la proximité.

Le paradoxe des écrans

Et qu’en est-il de l’« écranisation » de la société ? L’envahissement de nos vies par les écrans individuels : là aussi, paradoxe. De nombreuses personnes se noient dans l’actualité en gardant l’œil rivé aux informations continues qui donnent l’illusion de « vivre » la pandémie, alors qu’ils font largement subir son caractère spectaculaire, à la fois fascinant, distrayant et anxiogène. Mais dans le même temps, les réseaux deviennent enfin « sociaux ». C’est la réhabilitation, voire l’habilitation des techniques qui pallient la distanciation sociale. Les groupes Whatsapp amicaux, familiaux, relayant les nouvelles, montrant les visages, permettent de relier, de rassurer, de prendre soin à distance. Des visioconférences de télétravail à celle des obsèques, en passant par les « apéritifs » virtuels, le monde professionnel et personnel s’appuie sur Internet. Il faut se rendre à l’évidence, le confinement aurait été impossible – épouvantable, et même dangereux pour beaucoup – sans les extraordinaires moyens de communication. Internet constitue un amortisseur de crise sans lequel celle-ci serait ingérable pour les autorités publiques et sanitaires.

Le paradoxe de la technique

À partir, dit-on, de la consommation par un être humain d’un animal porteur d’un virus, la moitié de la population mondiale se trouve confinée. Le virus a tablé sur la technique : avec nous, il a pris l’avion, le train, l’automobile, le bateau, et vraisemblablement les circuits d’air conditionné. Et la technique s’étant emballée, elle est aussitôt venue au secours de ses conséquences nocives. Avec brio : respirateurs, tests, masques, hôpitaux de fortune, drones, TGV, statistiques… Et voilà que se profile pour demain, une technique de contrôle sanitaire qui pourrait s’imposer en sauveuse universelle. On parle de suivre en temps réel chaque humain, de l’alerter sur ses fréquentations, de le contrôler en permanence. Mais un sauveur s’impose-t-il à la liberté ? Allons-nous devoir jouer le remake de la fable Le loup et le chien ? Aurons-nous le droit de préférer la liberté à la sécurité, la liberté à la santé ? Alors, cette technique, cette « intelligence artificielle » : problème ou solution ? Les transhumanistes sont forcés de constater qu’un tout petit virus a mis l’humanité à genoux, mais ils peuvent en tirer la revendication de la placer sous le joug d’un surcroît de technique, d’autant que la crise valorise le digital et entretient la méfiance pour le corps de l’autre. À en croire les scénarios de sortie de confinement, ce rapport au corps d’autrui risque d’être durablement entamé par la prudence, voire la méfiance.

Le paradoxe de la confiance

Plus essentielle que jamais, la confiance est mise à mal. Elle est pourtant indispensable à la vie en société, comme à la vie personnelle – l’estime de soi est la précieuse condition du bonheur. La confiance est cependant un sentiment paradoxal : son excès devient présomption et imprudence, et se retourne contre elle. Certains ont eu du mal à consentir à l’idée qu’il nous fallait nous protéger les uns des autres. Pour enrayer la pandémie, il fallait considérer autrui et soi-même comme une menace potentielle. Par précaution, se sont progressivement imposées des mesures barrière sans le respect desquelles la confiance n’est plus « méritée ».

La crise interdit l’anarchie : en imposant à tous des règles dictées par la recherche du bien commun, l’État assoit sa puissance. Pour lutter contre la contagion, la confiance dans les autorités publiques et sanitaires s’impose. Mais elle ne va pas de soi. Cette confiance peut être mise à mal par des déclarations approximatives et changeantes. On suspecte des pots-aux-roses : des autorités publiques tâtonnent, jusqu’à dissimuler certaines pénuries, manipulant sciemment le peuple. S’y ajoutent les querelles d’experts au parfum de règlements de comptes. Par ailleurs, ceux qui ont conscience de la réalité des atteintes à la vie, même en démocratie, sont en état d’alerte, au risque de crier au loup trop vite… En temps de guerre, la communication officielle est suspecte de propagande. D’où la défiance vis-à-vis du « discours officiel », comme celle qu’ont pris l’habitude d’intégrer les citoyens des pays totalitaires.

À chacun de décider, malgré tout, de « choisir la confiance » en discernant à qui il la (re)donne, tout en se gardant de la quête personnelle et collective d’un sauveur providentiel qui menace toute société en crise.

Conclusion : déjà une vie nouvelle ?

Se rendre présents à ce temps décalé qui nous est offert permet à chacun de se réapproprier ce qui compte à ses yeux et de se désapproprier ce qui est superflu, inutile et donc nocif. Le temps dévoré par ce qui est inutile vole du temps qui serait fécond, s’il était mieux habité.

Gageons que le plus précieux est le silence où naissent la vie intérieure et la vraie liberté.

Avant de meubler le vide par un bruit compulsif – celui des écrans et de ses interactions sociales, aussi précieuses soient-elles – nous avons une chance unique de vivre comme nous le décidons, c’est à dire de décider de vivre autrement. Non pas demain ou après, mais dès aujourd’hui. Au jour le jour.

Victor Frankl affirmait qu’il faudrait vivre en conscience, « comme si c’était la seconde fois » – pour ne pas rater l’essentiel. Le confinement pourrait-il – pour certains – être cette salutaire et improbable pause, nous invitant à reconsidérer ce qui a le plus de sens à nos yeux, ce qui compte et ce qui ne compte pas ? Occasion à saisir, peut-être, de réorienter le cours de nos vies, en reconsidérant nos priorités et nos choix : « C’est maintenant le temps favorable ! »

Une autre façon de vivre ce confinement serait de dire : et quand j’en serai sorti, qu’est-ce que j’aurais aimé vivre ? Et s’il était à refaire ? Qu’est-ce qu’aurais voulu ne pas rater ? Et si je mourrais à la fin, comment aimerais-je l’avoir vécu ? Le programme des jours à venir se dessine pour chacun.

L’autre vie, celle de demain, a déjà commencé.

L’écran total

Nous assistons comme à une forme de bombe nucléaire : d’atomisation massive, la fragmentation des populations obligée à l’hyper individualisation non en raison d’une idéologie qui aurait été décrétée par un gouvernement totalitaire mais résultant d’une pandémie virale et mortifère qui touche la totalité de notre planète. La force virale de ce Coronavirus, l’ennemi de l’homme, impacte tous les écosystèmes, renversant, fauchant les cités arrogantes : ces cités babyloniennes, visages de l’orgueil et de la suffisance humaine. Ce phénomène déconcertant, désarçonnant, et viral vient en quelque sorte mettre comme une couche supplémentaire à ce processus déjà engagé de dislocation de la société, même s’il en était besoin de l’aggraver en mettant à genoux toutes les principautés, les autorités, les gouvernances politiques dont aucunes ne lui résistent, ne sont en capacité de faire front. Un micro-organisme quasi invisible mais d’une dangerosité extrême, est là en mesure d’abattre tous les systèmes sophistiqués de protection médicalisée, toutes les défenses « sanitaires » en imposant sa loi totalitaire sommant les êtres humains de se réfugier dans leurs frêles abris.

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Auteur Eric LEMAITRE

Ce texte est à la suite d’un excellent article écrit par Liliane Held-Khawam : https://lilianeheldkhawam.com/2020/03/31/creer-une-nouvelle-societe-digitalisee-sous-surveillance-permanente-lhk/

Lors d’une conférence en Octobre sur l’homme mutant, j’évoquais l’atomisation future de notre société en citant Tocqueville et surtout l’économiste Jacques Généreux lorsque ce dernier abordait une des caractéristiques de la vie sociale de notre modernité : la dissociété. Or cette dissociété qui est un marqueur de notre vie occidentale, cette mutation anthropologique déjà bien avancée, est un phénomène amplifié par le confinement quasi mondial des populations et décrété par l’ensemble des nations. Avec le confinement vécu par des milliards d’êtres humains, nous sommes en quelque sorte dé-reliés aux autres, détachés, désunis, désolidarisés parce que emmurés, calfeutrés et avec cette situation de confinement nous aboutissons finalement à l’hyper connectivité qui accentue l’ère d’un monde sans relation incarnée.

Nous assistons comme à une forme de bombe nucléaire : d’atomisation massive, la fragmentation des populations obligées à l’hyper individualisation non en raison d’une idéologie qui aurait été décrétée par un gouvernement totalitaire mais résultant d’une pandémie virale et mortifère qui touche la totalité de notre planète. La force virale de ce coronavirus, l’ennemi de l’homme, impacte tous les écosystèmes, renversant, fauchant les mégapoles arrogantes (Londres, New York Paris…) : ces cités babyloniennes, visages de l’orgueil et de la suffisance humaine. Ce phénomène déconcertant, désarçonnant, et viral vient en quelque sorte mettre comme une couche supplémentaire à ce processus déjà engagé de dislocation de la société, même s’il en était besoin de l’aggraver en mettant à genoux toutes les principautés, les autorités, les gouvernances politiques dont aucunes ne lui résistent, ne sont en capacité de faire front. Un micro-organisme quasi invisible mais d’une dangerosité extrême, est là en mesure d’abattre tous les systèmes sophistiqués de protection médicalisée, toutes les défenses « sanitaires » en imposant sa loi totalitaire, sommant les êtres humains de se réfugier dans leurs frêles abris, claquemurant même toute notre humanité, la piétinant parfois en laissant les plus faibles au bord de la route « certains pays » parmi les plus pauvres de la planète, relatent de véritables désastres, de personnes en proie aux pires souffrances que l’on ne peut même plus accueillir dans les hôpitaux et les morts mêmes jonchent les rues.

Ce phénomène, ce choc pandémique, semble pourtant être atténué dans le monde occidental [pour combien de temps ?]. Ce monde occidental qui s’imagine à l’abri via ses relais et ses réseaux, cet ensemble de relations préfabriquées qui s’appuient sur toutes les technologies mises en place au cours de ce confinement, d’inventivité dont font preuve plusieurs d’entre nous. Pourtant il faut bien reconnaître que tout ceci est bien spécieux, superflu et ne remplacera pas la relation vivante, la rencontre salutaire avec l’autre.  Or pour compenser l’absence de l’autre, l’interactivité sociale, nous notons une progression des usages internet, nous glissons peu à peu vers le monde transhumaniste des écrans qui devient l’autre, le substitut, l’aide thérapeutique, l’assistant palliant la solitude insupportable. En attendant sans doute demain le robot affectif palliant à l’ami absent, simulant des capacités de cognition mais sans conscience, sans ressentis ni aucun sens de l’autre, ni aucun désir de vivre notre humanité surtout lorsque la fragilité de l’homme est mise à mal.

Avec ce confinement généralisé, le monde connecté celui de l’écran est en passe de devenir le monde réel, mais un monde surtout factice, un univers d’artefacts conditionnant au fil des jours notre future apathie, notre immobilisme contraint. Notre seul horizon est à peine la fenêtre des voisins, mais devient une fenêtre fermée, un mur sans visage, car ce visage est sans doute rivé à son écran. Nous entrons finalement dans l’habituation d’un monde d’informations qui devient pour le coup le substitut de l’autre en chair. L’habituation est ce syndrome de l’addiction, celle de l’accoutumance à être privé de vie relationnelle, de vie associative ou de vie d’église pour les chrétiens, une accoutumance qui n’est pas facile à vivre pour nos aînés, une situation que j’ose écrire de cataclysmique pour nos aînés, qui plus que jamais ont besoin d’un geste réel et non d’un écran qui simule une animation qui n’est pas la chaleur de l’être aimé. Ces aînés souffrent, sans doute endurent pour certains, d’être privés de cette rencontre avec leurs enfants, de l’absence, de la non-incarnation d’un geste de tendresse d’un petit fils, d’une petite fille, de rires que l’on entend et qui nous relie à celui des vivants, ces personnes avancées dans l’âge, privés à l’heure de leur mort de la main tendre qui les accompagne.

A vivre le monde virtuel qui soi-disant nous protège, sommes-nous réellement en vie, sommes-nous toujours en vie ? Si j’évoquais le monde de nos aînés très âgés, comment ne pas songer également à toutes les personnes qui vivent seules, isolées, chez elles. Ces personnes qui vivent parfois en êtres désolés sans ressources (ni compagnies, ni livres) et passant des journées dans une solitude qui les emmure. Une amie, m’a invité à suivre par téléphone (hélas) cette personne veuve, qui vit dans le mal être d’un espace fermé. Cette personne passe sa vie dans les écrans à consulter et à rechercher désespérément l’âme sœur dans le monde désincarné des réseaux de rencontres, mais sans réponses, se perdant ainsi dans les méandres de ces univers virtuels sans lendemains, un monde de désenchantement comme tout ce qui est virtuel.

L’écran ne remplacera jamais le monde réel ; le monde vivant n’est pas celui du domaine calfeutré du monde virtuel, de cet écosystème envahi par les connexions, les bits, les data. Pourtant ce monde virtuel deviendra notre nouvel écosystème, ce monde se dessine subrepticement et l’ennemi demain sera la rencontre, la peur de l’autre, celui qui vit en chair mais qui pourrait loger un corps étranger. Cette peur nous envahit malgré nous, tant nous sommes habitués à vivre en confinés. Nous sommes soumis ainsi à ce nouvel ordre social, l’ordre de l’immanence fondé sur la peur, imposé par un virus bricolé ou naturel [« sur naturel » en ce sens que virus semble ne s’en prendre qu’à l’homme] . Nous sommes devenus les sujets des réseaux connectés, celle de nos écrans d’où nous recevons de l’information et des injonctions en permanence. Nous sommes dans l’habituation comme je l’ai déjà écrit, une forme d’apprentissage conditionnée à échelle planétaire, l’apprentissage d’un monde virtuel, vide de relations humaines. Oui j’entends bien qu’il faille se protéger et comment faire autrement, surtout parce que nous n’avons pas su anticiper en France, le naufrage de cette crise sanitaire exposant puis plongeant nos armées médicales dans le stress, la peur au ventre face à une peur, loin d’être une paranoïa.

L’habituation à ce monde virtuel, celui des écrans, des smart phones dont il faudra même s’équiper pour justifier et légitimer nos sorties. Nous allons sous peu découvrir les applications qui demain anticiperont et géreront pour nous les interactions sociales qu’il faudra éviter, car selon un sondage les Français seraient prêts à se laisser géolocaliser, autrement dit pister, pour prévenir d’éventuels risques de contamination, fuir les pestiférés, les contaminés et demain d’autres dangers émanant des tensions découlant de l’effroyable crise sanitaire (crises sociales, politiques, révoltes issues de la crise économique).

Le Prince de l’air et oui car il faut bien parler de lui, nous prépare à des moments pénibles, difficiles en voulant domestiquer l’espèce humaine et en la privant d’incarnation. Cette crise sanitaire va aussi révéler la réalité qui touche au cœur de l’homme, ceux qui hier de leurs balcons applaudissaient les blouses blanches pourraient bien se transformer en hydres pour chercher les prétendus boucs émissaires d’un véritable désastre pour l’humanité. Pourtant à l’heure de ce désastre, de ce bouleversement, chacun avec une profonde humilité devrait réfléchir à l’orientation qu’il avait jusqu’à présent, donner à sa vie, et peut-être changer de voie pour mieux s’engager vers les autres, les proches, les parents, les amis, la personne que je croise, celui qui est en réalité mon prochain et non mon ennemi. il nous faut revenir à une vie d’authenticité et de simplicité et fuir ce monde qui nous invite à toujours plus, et à l’homme augmenté, alors que la vraie grandeur est de savoir s’abaisser devant la grandeur de Dieu.

La vérité de ce nouvel ordre se révèle, hélas s’incarne dans le confinement, à nous dés lors de discerner, de ne pas nous laisser séduire par la vanité de ce monde. A nous de relier les autres et à prévenir les dégâts d’une atomisation : l’atomisation de notre vie sociale comme je l’écrivais précédemment, ce risque de délitement du lien social et qui pourrait s’amplifier : chacun à son écran, tous impuissants, en passe de nous laisser domestiquer, naviguant entre deux mondes : le social-réseau virtuel où chacun se donne le sentiment d’exister et l’individu atomisé privé de contacts avec l’autre et qui souffre pourtant, toujours, en secret d’être privé de communion avec ses frères en humanité. Alors changeons de voie et revenons à cette offrande que nous offre la vraie vie, les choses simples, celles d’une proximité avec le prochain…En écrivant ces lignes, je mesure aussi toute notre vanité humaine, notre mémoire qui oublie si facilement son passé, ses terreurs, les  terreurs qui enserrèrent dans les plus grandes frayeurs, ceux que l’on appelait les poilus, confinés dans leurs tranchées, habités par l’angoisse d’une mort à leur trousse; Nous mesurons ainsi que nous ne sommes pas en réalité en guerre mais oui un virus nous interpelle et interpelle la conscience de l’homme à revenir à d’autres valeurs et à contempler une autre grandeur, refoulée par l’homme, niée par l’homme, et sans doute nous invite à contempler celui qui est à l’origine de toutes choses, de la vie, du souffle de vie.

Coronavirus : les Français favorables à une application mobile pour combattre la pandémie

Une nette majorité de Français seraient favorables à l’utilisation d’une application enregistrant leurs interactions sociales et les avertissant s’ils ont été en contact avec une personne malade du Covid-19, ou prévenant ceux qu’ils ont côtoyés s’ils sont eux-mêmes infectés. C’est l’enseignement d’un sondage publié mardi 31 mars, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de plus de 1 000 Français possédant un téléphone mobile les 26 et 27 mars. Cette étude a été commandée par une équipe de recherche de l’université britannique d’Oxford qui travaille justement sur ce type d’application pour lutter contre la pandémie.

Ces chercheurs ont modélisé mathématiquement l’effet d’une application de pistage permettant d’identifier immédiatement les personnes risquant d’être infectées avant même qu’elles présentent des symptômes du Covid-19 et ont estimé qu’une telle application était de nature à « contrôler l’épidémie sans avoir besoin de recourir à des mesures prolongées et très coûteuses de confinement général ». Leurs recherches viennent de faire l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue Science.

Le Monde :

Article mis à jour le 02 avril 2020

Une nette majorité de Français seraient favorables à l’utilisation d’une application enregistrant leurs interactions sociales et les avertissant s’ils ont été en contact avec une personne malade du Covid-19, ou prévenant ceux qu’ils ont côtoyés s’ils sont eux-mêmes infectés. C’est l’enseignement d’un sondage publié mardi 31 mars, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de plus de 1 000 Français possédant un téléphone mobile les 26 et 27 mars. Cette étude a été commandée par une équipe de recherche de l’université britannique d’Oxford qui travaille justement sur ce type d’application pour lutter contre la pandémie.

Ces chercheurs ont modélisé mathématiquement l’effet d’une application de pistage permettant d’identifier immédiatement les personnes risquant d’être infectées avant même qu’elles présentent des symptômes du Covid-19 et ont estimé qu’une telle application était de nature à « contrôler l’épidémie sans avoir besoin de recourir à des mesures prolongées et très coûteuses de confinement général ». Leurs recherches viennent de faire l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue Science.

Une application utilisant le Bluetooth

Les chercheurs ont présenté aux sondés le dispositif qu’ils ont imaginé : une application, installée sur un smartphone et utilisant la technologie sans fil Bluetooth, capable de détecter si un autre téléphone mobile équipé de cette même application se trouve à proximité immédiate.

L’application envisagée n’accède à rien d’autre qu’au Bluetooth (pas d’accès au répertoire, aux messages…) et ne permet pas de géolocalisation : elle se contente d’enregistrer les appareils munis de la même application ayant été dans son environnement immédiat pendant au moins 15 minutes, une situation présentant un risque d’infection au nouveau coronavirus.

Dans le système présenté aux sondés, lorsque le possesseur d’une telle application est diagnostiqué positif au Covid-19, ceux que le malade a côtoyés sont avertis immédiatement et il leur est demandé, par les autorités sanitaires, de se mettre en quarantaine stricte. Les personnes ainsi alertées ne savent pas qui leur a fait courir le risque d’être contaminé, ni où. Les plus de 1 000 Français sondés dont les réponses ont été prises en compte ont d’abord dû répondre correctement à plusieurs questions pour s’assurer de leur bonne compréhension du dispositif imaginé par les chercheurs.

Lire aussi  Contre la pandémie due au coronavirus, de nombreux pays misent sur la surveillance permise par le « big data »

Dans ce contexte, ils seraient près de 48 % des personnes interrogées à l’installer « sans aucun doute » et 31 % à le faire « probablement », un pourcentage qui n’évolue guère avec l’âge. Huit personnes sur dix envisagent donc directement d’installer une telle application. Cette probabilité augmente au cas où une infection se déclarerait dans son entourage : ils seraient alors presque deux tiers à l’installer « sans aucun doute ». Paradoxalement, plus de 93 % des personnes interrogées respecteraient la consigne de quarantaine reçue de l’application – soit davantage que de personnes qui installeraient l’application en premier lieu. Une part qui augmente si, à cette quarantaine, est assortie la possibilité d’être testé au Covid-19.

Des chiffres à mettre en perspective, selon les auteurs de l’étude. « Nous n’avons pu discuter le mode de fonctionnement et l’installation de l’application qu’en termes très généraux, alors que les détails précis de mise en œuvre pourraient grandement affecter les décisions d’installation », écrivent-ils, tout en concluant que « même si 80 % de nos répondants ont exprimé une volonté d’installer une telle application si elle était disponible, le taux d’installation pourrait être beaucoup plus faible en réalité ».

Des sondés favorables à une installation « automatique »

Près de deux personnes interrogées sur trois seraient favorables à ce que l’installation de cette application soit automatique, par les opérateurs téléphoniques – un mode de fonctionnement qui ne semble cependant pas être techniquement réalisable. Un pourcentage similaire garderait « probablement » ou « sans aucun doute » l’application sur leur téléphone si elle y était installée automatiquement.

L’étude identifie trois principaux freins à l’adoption large de cette application, condition sine qua non de son efficacité : les risques d’un piratage du téléphone sur lequel l’application est installée ainsi que la possibilité que cette surveillance puisse être prolongée même après la pandémie (un quart des sondés respectivement) et le risque d’une augmentation de l’anxiété liée à l’utilisation de cette application (un cinquième des personnes interrogées). Les difficultés techniques d’installation ou d’activation restent marginales.

Par ailleurs, plus de la moitié des sondés seraient favorables à ce que les données récoltées par l’application soient mises à disposition des chercheurs après la fin de l’épidémie. Enfin, les chercheurs notent qu’en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie, où les chercheurs ont également réalisé un sondage, les résultats sont « très similaires » à ceux observés en France. « L’application n’étant utile que s’il y a un nombre suffisant d’utilisateurs, nous jugeons nos résultats comme étant porteurs d’espoir quant à la viabilité d’une telle approche », se félicitent ainsi les chercheurs.

La société digitalisée après le Coronavirus

Par la digitalisation, le phénomène informationnel a explosé depuis la mise en place du confinement.  Ainsi, à l’heure actuelle, la quasi totalité des activités a été transformée en… information. Nous devrions plutôt dire qu’elle est transformée en bit, unité de l’unité de mesure de base de l’information en informatique.

 

Auteur 

Liliane Held-Khawam 

 Créer une Nouvelle Société digitalisée sous surveillance permanente.  

 

https://campus.hesge.ch/blog-master-is/wp-content/uploads/2018/12/Digital_information_simulation.png

Source image: ICI

Le confinement que nous avons commencé à expérimenter pourrait bien être le départ d’une nouvelle forme de société entièrement digitalisée.

Vers un post-humanisme

Les concepteurs du Nouveau monde prône d’ailleurs le post-humanisme. « Selon cette conception, la science aurait modifié la condition humaine et serait capable de la modifier encore (par le génie génétique par exemple) au point que l’humanité serait à un tournant radical de son histoire3, voire à la fin de son histoire4. Elle devrait aussi « s’élargir au non humain (cyborgs, clones, robots, tous les objets intelligents), l’espèce humaine perdant son privilège au profit d’individus inédits, façonnés par les technologies »2.  » (Wikipédia)

Pour l’heure, le cher coronavirus pourrait être le catalyseur qui permettrait de faire basculer l’humanité vers cette nouvelle société, constituée d’êtres ou d’objets dont le dénominateur commun est d’être connectés à la machine. Comment? Par le confinement qui progressivement amènerait l’individu à être coupé relationnellement, affectivement, et socialement de tout contact choisi, librement décidé.

https://lilianeheldkhawam.com/2018/10/28/etes-vous-daccord-davoir-un-clone-numerique-vous-laurez-quand-meme-lhk/

Suprématie de la machine informationnelle

Cette nouvelle société totalement digitalisée est centrée sur le mariage de tous les instants de la technologie et de l’information. L’idée est que vous ne puissiez communiquer hors de la surveillance et du contrôle d’une plateforme dédiée à la technologie de l’information et de la communication. Nous appellerons une telle plateforme qui engloberait l’ensemble de la technologie de l’information et de la communication: machine informationnelle. Un super ordinateur qui récupèrerait l’ensemble des informations émises. Mais pas seulement.

Cette machine est alimentée dans l’autre sens, en direction des « membres » qui la constituent. Elle émet elle-même des informations sous contrôle de la superstructure. Le but étant de corriger les perceptions et croyances de la masse de ses ressources humaines. Dans ce sens, l’envoi d’information est vital afin de changer les valeurs individuelles et collectives, d’admettre la fin des  libertés, et générer la conviction que hors du système en place point de salut.

L’importance de la machine informationnelle est donc stratégique pour arriver à accompagner la révolution sociétale, et maintenir ses actions durablement. C’est pourquoi, les ambassadeurs de la très haute finance planétaire ont mis la main sur l’industrie du divertissement, les principaux médias (sous toutes leurs formes), et ce que ceux-ci soient de droite ou de gauche, religieux ou athées, destinés aux petits/ados/adultes/vieux, etc.  Aucune importance.

Un confinement, oui mais… digitalisé

Par la digitalisation, le phénomène informationnel a explosé depuis la mise en place du confinement.  Ainsi, à l’heure actuelle, la quasi totalité des activités a été transformée en… information. Nous devrions plutôt dire qu’elle est transformée en bit, unité de l’unité de mesure de base de l’information en informatique.

Chaque fois que vous traitez quelque chose avec votre smartphone, vous échangez automatiquement de l’information informatisée. Ce faisant, vous n’êtes jamais à 2 avec l’interlocuteur, mais au moins à 3 avec le gestionnaire de la plateforme technologique.

Ce qui précède est très important pour les concepteurs de la Nouvelle Société. C’est si vrai que  « selon certaines idées au confluent de l’informatique et de la physique, l’information immatérielle donnerait naissance à la matière. » Le physicien John Wheeler a été jusqu’à présenter en 1989 « l’idée que l’information soit première et que la matière et les lois de la physique émergent dans un monde d’information, ce qu’il a résumé avec l’expression it from bit.«

Lire la suite de l’article passionnant … https://lilianeheldkhawam.com/2020/03/31/creer-une-nouvelle-societe-digitalisee-sous-surveillance-permanente-lhk/

Covid 19 de nombreux pays prêts à investir dans la big data pour une mise en surveillance des populations…

Utiliser les données personnelles pour juguler la pandémie de Covid-19 : l’idée fait peu à peu son chemin dans le monde entier. Appliquée ou envisagée, les modalités diffèrent, mais la logique est commune : puisque le coronavirus, très virulent, se propage avec les déplacements des populations, utiliser la masse de données personnelles numériques générées par nos smartphones peut aider à comprendre la manière dont le virus progresse, voire même guider les décisions de mise en quarantaine.

Voir l’extrait dans le monde paru le 20 mars 2020

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/03/20/contre-la-pandemie-de-nombreux-pays-misent-sur-la-surveillance-permise-par-le-big-data_6033851_4408996.html

une équipe de chercheurs multidisciplinaire – épidémiologie, virologie, mathématiques notamment – de l’université britannique d’Oxford ont imaginé et commencé le développement d’une application qui, installée sur un smartphone, géolocalise en permanence son propriétaire.

Si ce dernier est diagnostiqué positif au SARS-CoV-2, l’application avertit immédiatement tous les propriétaires de l’application qui ont été en contact rapproché avec lui. Selon leur degré de proximité, l’application leur ordonne de se mettre en confinement total ou simplement de maintenir une distance de sécurité avec les gens qu’ils rencontrent. Elle peut aussi donner des indications aux autorités pour qu’elles puissent désinfecter les lieux où la personne contaminée s’est rendue.

L’équipe de chercheurs d’Oxford a modélisé mathématiquement l’impact de cette application en prenant en compte les caractéristiques connues du SARS-CoV-2 – leur publication n’a, à ce stade, pas fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique. Selon les chercheurs, leur dispositif permettrait de juguler l’épidémie sans paralyser le pays : ceci alors que le gouvernement de Boris Johnson se refuse encore à ordonner un confinement similaire à ceux en vigueur en Italie, en France ou en Espagne.

Travaillant actuellement avec le National Health Service britannique pour développer concrètement leur outil, les équipes d’Oxford affirment par ailleurs « soutenir plusieurs gouvernements européens pour explorer la faisabilité d’une application mobile pour le suivi instantané des contacts ». Joints par Le Monde, ces chercheurs n’avaient pas encore répondu à nos questions à ce jour. En France, le cabinet de Cédric O, le secrétaire d’Etat au numérique, a toutefois fait savoir au Monde qu’aucun projet de ce type n’est aujourd’hui à l’étude en France.

Données transmises aux autorités

Dès la fin du mois de février, les autorités chinoises, en partenariat avec le géant du numérique Alibaba, ont déployé dans les provinces les plus touchées une application au principe similaire. Chaque utilisateur dispose d’un code-barres de trois couleurs : rouge, il lui est interdit de sortir de chez lui pendant deux semaines ; jaune, il lui est demandé de se mettre en quarantaine pendant sept jours ; vert, il peut aller et venir librement. La couleur est déterminée, de manière assez opaque, sur la base des derniers déplacements de son propriétaire et de la probabilité qu’il ait côtoyé des malades.

Les codes-barres, vérifiés et « flashés » à l’entrée des magasins et des transports en commun, permettent de géolocaliser leur propriétaire. Mais l’application dispose également d’une capacité de localisation en temps réel : selon le New York Times, les informations collectées par l’application sont envoyées à la police.

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Israël suit cette même logique, mais sans application dédiée et sans que ses citoyens soient informés. Grâce aux moyens de l’antiterrorisme, le service de renseignement intérieur de l’Etat hébreu peut désormais accéder à la géolocalisation des téléphones des Israéliens afin de repérer les personnes ayant été en contact rapproché avec un malade et leur ordonner de se confiner. Une décision critiquée par les défenseurs de la vie privée.

L’Autriche devrait aussi voir apparaître une application destinée à la lutte contre le Covid-19. Moins invasive, elle ne suivra pas les déplacements mais permettra à deux personnes qui ont été en contact de l’indiquer sur l’application. Si l’un d’entre eux est contaminé, l’application envoie une alerte aux personnes qu’elle a côtoyée.

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