Le hardware et l’Intelligence Artificielle

Une conférence [que vous trouverez dans le lien : https://www.sondekla.com/user/event/9779 ] extrêmement intéressante et qui fait l’état des lieux des avancées dans le domaine des IA et des supports, des architectures hardware optimisant les capacités de calculs dans tous les domaines de la vie économique, sociale et santé.  Les avancées dans le domaine sont remarquables et ouvrent des perspectives permettant de nouvelles interactions avec des environnements multiformes, d’appréhender des représentations d’espaces  complexes. La conférence s’adresse à des experts en IA mais est accessible à tous pour comprendre les enjeux et les impacts qui vont bouleverser l’histoire humaine. L’aspect philosophique de ces recherches n’est pas abordé par ces experts, mais nous ne manquerons pas de développer nos analyses sur le sujet…

L'IA d'aujourd'hui fonctionne grâce à quatre composantes : les algorithmes, les logiciels, les données et le matériel. Celui colle au plus près des autres composantes. Ses progrès continus ouvrent la voie à de nouvelles applications et des

https://www.sondekla.com/user/event/9779

 

Transhumanisme : De l’homme déchu à l’homme augmenté

 

Conférence de Eric LEMAITRE

Le transhumanisme, porté par l’intelligence artificielle, la robotique et l’idéologie scientiste, se présente comme un ouragan menaçant l’homme lui-même, y compris l’homme intérieur, son âme et sa conscience. Est-il vraiment possible, cependant, d’améliorer l’homme dans son être propre ?

Informatique : La révolution quantique est en marche

L’ordinateur quantique tire parti des lois de la mécanique quantique, une théorie qui décrit les phénomènes physiques à l’échelle atomique. Ces étonnantes lois autorisent une particule, un atome ou une molécule à se trouver dans différents états en même temps – on parle d’états superposés. Ainsi, alors que dans un ordinateur ordinaire, les informations sont codées sous la forme de bits qui ne peuvent prendre que deux valeurs, 0 ou 1, selon le passage au non de courant électrique à travers un transistor, les bits quantiques (ou qubits) peuvent simultanément prendre les valeurs 0 et 1. Qui plus est, lorsque deux qubits interagissent, leurs états physiques « s’enchevêtrent », si bien que les deux systèmes ne peuvent plus être décrits de façon indépendante – on parle d’états intriqués.

Un ordinateur quantique peut en théorie avoir accès à la totalité des résultats possibles d’un calcul en une seule étape, là où un ordinateur classique doit traiter l’information de façon séquentielle, un résultat après l’autre.

 

Nous publions ici un extrait de l’article écrit sur le blog du CNRS, lire la suite sur le même blog….

https://lejournal.cnrs.fr/articles/ordinateur-les-promesses-de-laube-quantique

L’ordinateur quantique tire parti des lois de la mécanique quantique, une théorie qui décrit les phénomènes physiques à l’échelle atomique. Ces étonnantes lois autorisent une particule, un atome ou une molécule à se trouver dans différents états en même temps – on parle d’états superposés. Ainsi, alors que dans un ordinateur ordinaire, les informations sont codées sous la forme de bits qui ne peuvent prendre que deux valeurs, 0 ou 1, selon le passage au non de courant électrique à travers un transistor, les bits quantiques (ou qubits) peuvent simultanément prendre les valeurs 0 et 1. Qui plus est, lorsque deux qubits interagissent, leurs états physiques « s’enchevêtrent », si bien que les deux systèmes ne peuvent plus être décrits de façon indépendante – on parle d’états intriqués.

La vitesse de calcul des algorithmes quantiques

Dès les années 1990, les chercheurs ont proposé des algorithmes pour de tels ordinateurs. Et démontré mathématiquement que mis en œuvre sur ces machines, ils réaliseraient effectivement certains calculs à une vitesse dépassant tout ce qu’on pourrait imaginer avec un ordinateur classique. Ainsi, en 1994, le mathématicien américain Peter Shor, du MIT, présente un algorithme avec lequel il serait possible de factoriser n’importe quel nombre, c’est-à-dire le décomposer en un produit de nombres premiers, en un temps record. 

Une révolution pour l’apprentissage automatique ?

L’accélération de la vitesse de calcul promet aussi d’importantes retombées en matière d’apprentissage automatique, une technique très à la mode d’intelligence artificielle utilisée pour analyser et trier les informations dans de très grandes bases de données numériques. Là aussi, les applications seront multiples : amélioration des moteurs de recherche sur Internet, diagnostics médicaux beaucoup plus précis, pour ne citer qu’eux. « En optimisation comme en apprentissage automatique, on ne recherche pas des solutions exactes mais on cherche à apporter des réponses qui soient suffisamment satisfaisantes. On peut donc beaucoup mieux tolérer les erreurs que pour un problème de factorisation par exemple. C’est pourquoi l’utilisation d’ordinateurs quantiques même intermédiaires apportera énormément », insiste Iordanis Kerenidis.

Vue de l'intérieur de l'ordinateur quantique IBM Q.

Vue de l’intérieur de l’ordinateur quantique IBM Q. IBM Research

Ce n’est donc pas un hasard si le champ de l’algorithmique quantique n’a jamais été aussi actif qu’aujourd’hui. Un seul exemple : en 2017, Iordanis Kerenidis a présenté un algorithme d’apprentissage automatique permettant, en théorie, de faire de la recommandation de films, de livres ou de rencontres de manière exponentiellement plus efficace qu’avec les méthodes actuelles.

*************************************************************************************

Conclusion de l’auteur du Blog

« la déconstruction de l’homme »

Il n’est pas improbable malgré quelques difficultés relevées à ce jour, que les barrières  techniques soient levées et autorisent l’émergence d’un calculateur aux capacités de calculs gigantesques et avec des applications infinies enrichies par des   exaoctet de milliards de données et des données qui toucheront toute la vie sociale des êtres humains … Les combinaisons de ces données permettront l’intrusion dans tous les espaces de la vie sociale et plus rien n’échappera au pouvoir de « colonisation »  et de contrôle de ces ordinateurs bardés de calculs algorithmiques, capables de factoriser toutes les dimensions de la vie humaine avec des capacités de prédiction, de guidage, d’espionnage, de surveillance généralisée de nos faits et gestes assurant sans doute une paix factice mais éphémère, car le moindre cataclysme pourrait bien amener l’effondrement de cette nouvelle cathédrale humaine …

Les suédois eux ont franchi le pas…

Un après-midi d’automne, à la gare centrale de Stockholm. Pour vérifier les billets électroniques sur les téléphones des passagers, la contrôleuse du train de 14 h 20 pour Linköping utilise son smartphone, fourni par SJ, la compagnie de chemin de fer. Quand elle arrive devant Jens Tangefjord, un quadragénaire élégant, celui-ci lève la main droite et lui explique que son billet se trouve dans une puce électronique implantée sous la peau, entre le pouce et l’index.

Il suffit à la contrôleuse de poser son appareil sur la main tendue : le transmetteur NFC (Near Field Communication), qui équipe les nouveaux téléphones, lira la puce, et le billet s’affichera sur l’écran.

La contrôleuse n’est pas surprise : « C’est la deuxième fois que je vois ça. La fois précédente, ça n’avait pas marché, mais le passager avait l’air sincère, je l’ai cru. » Après plusieurs essais, ça fonctionne : elle voit apparaître le nom du voyageur, sa destination, son code de réservation, son numéro de siège. Jens Tangefjord, analyste dans un bureau d’études dans l’industrie, prend ce train presque tous les jours. « Je me sers de la puce depuis quatre mois, explique-t-il. Aujourd’hui, les contrôleurs sont habitués, mais, très souvent, les passagers autour de moi me demandent ce qui vient de se passer. »

https://www.youtube.com/watch?v=nyQl_BXwA3Y

 

Le transhumanisme, la nouvelle Gnose

Le transhumanisme en tant que courant idéologique a cette particularité de ne pas être un mouvement philosophique. Les philosophes le discernent bien, le transhumanisme n’est en réalité qu’une nouvelle théologie, une doctrine à la fois anthropologique et religieuse soutenu par des « néoprophètes » mais débarrassé d’un Dieu créateur. Pour autant, le transhumanisme n’est pas strictement une religion : il est bien trop divers, bien trop flou et bien trop subtil pour se laisser enfermer dans cette catégorie. Il est le dernier avatar d’une religion bien connue de l’histoire de l’église, mais qui en réalité se retrouve dans toutes les autres, comme un parasite se trouve dans bien des corps. Les païens le connaissaient comme « culte à mystère », les juifs sous le nom de kabbale, les musulmans sous le nom de druze, les bouddhistes sous le nom de tantrisme, les athées sous le nom de franc-maçonnerie. Quant à nous, les chrétiens, nous l’appelons une gnose.

Auteur

Etienne Omnes

son Blog https://phileosophiablog.wordpress.com/

 

Le transhumanisme en tant que courant « philosophique » a cette particularité de ne pas être un mouvement philosophique. Les philosophes le discernent bien, le transhumanisme n’est en réalité qu’une nouvelle théologie, une doctrine à la fois anthropologique et religieuse soutenu par des « néo-prophètes » mais débarrassé d’un Dieu créateur. Pour autant, le transhumanisme n’est pas strictement une religion : il est bien trop divers, bien trop flou et bien trop subtil pour se laisser enfermer dans cette catégorie. Il est le dernier avatar d’une religion bien connue de l’histoire de l’église, mais qui en réalité se retrouve dans toutes les autres, comme un parasite se trouve dans bien des corps. Les païens le connaissaient comme « culte à mystère », les juifs sous le nom de kabbale, les musulmans sous le nom de druze, les bouddhistes sous le nom de tantrisme, les athées sous le nom de franc-maçonnerie. Quant à nous, les chrétiens, nous l’appelons une gnose.

Le transhumanisme est une gnose quant à la doctrine

  1. Le rejet de la matière comme base

Techniquement, on appelle cela le dualisme – l’opposition d’un monde spirituel à un monde matériel. Toutes les gnoses anciennes se retrouvaient dans cette opposition entre le monde de l’esprit, pur, lumière et le monde de la matière, souillé, ténébreux. Mani et Marcion en déduisaient même qu’il y avait un Dieu du mal, le créateur, et le Dieu du bien, père de Jésus Christ.

Le transhumanisme est prudent sur la nature de « l’autre monde ». Tout au plus vous aurez des envolées lyriques autour du monde de l’informatique, où le web devient l’équivalent du plérôme ou du monde des formes platoniques. Mais en dehors de quelques évocations plus poétiques que scientifiques, ils ne développent que rarement cette doctrine et pour cause : elle ne tient généralement pas la critique.

En revanche, il y a un domaine sur lequel ils sont sûr d’eux : le rejet de la matière et du monde sensuel –accessible aux sens. Rien ne trouve grâce à leurs yeux : nos sens sont trop peu développés, notre cerveau est trop sensible aux phéromones, notre potentiel trop freiné par cette masse de chair mal adaptée. Le salut qu’ils proposent est alors d’échapper aux limites matérielles par un ajout –puis un remplacement- technologique. La chair et le sang sont méprisables. Mieux vaut le titane et le silicium. Notre matière humaine sera bientôt dépassée par la technologie ? C’est normal diront-ils : cette matière est vicieuse et mal conçue, indigne de nos hautes capacités et de notre grand appel.

Les transhumanistes sont des gnostiques en ce qui concerne le mépris et l’arrogance vis-à-vis de la Matière.

  1. La conception de la création comme un accident

Cette conception du corps comme « mal conçu », comme une « prison pour notre véritable nature » est ancrée dans une idée très spécifique. L’idée que la création entière est un accident, un arrangement certes ordonné mais sans grand soin, une excroissance imprévue de la réalité qui ne mérite donc pas tant de considération que cela.

Valentin (en latin : Valentinius), au deuxième siècle enseignait que du Dieu insondable avait émané plusieurs Aeons –êtres divins- et que l’un d’entre eux –Sophia ou Sagesse- avait voulu transcender sa nature et communier avec son Père l’Insondable. Dans sa tentative d’ascension elle avait chuté horriblement et avait sombré dans un état de chaos immonde. De l’impact de sa chute était née la terre, et des larmes de sa souffrance était né l’eau, de ses soupirs de regrets était né l’air et de ses spasmes étaient nés les êtres animés. Ainsi le monde matériel n’était pas spécialement conçu ni calculé, il était un accident : une chose qui se trouve être, mais qui peut très bien ne pas exister.

Mani avait une autre version. Au commencement, le Royaume des Ténèbres donna l’assaut au Royaume de la Lumière. Celui-ci supporta fort bien l’assaut, mais il se créa alors une zone grise à la frontière entre les deux : une empreinte ténébreuse de matière qui emprisonne des étincelles de lumière. Ainsi la création est l’équivalent d’un champ de Verdun encore rempli d’obus, qui est progressivement décontaminé par la Lumière.

La cosmogonie transhumaniste est moins colorée, mais tout aussi improbable. Au commencement l’univers vint à l’existence, et sous l’effet des forces aveugles de la nature il s’organisa en astres, planètes et satellites. Par un accident une planète fut en état d’accueillir la vie, et sans volonté la vie apparut sur Terre. Et ainsi naquirent toutes les autres formes de vies, qui avaient les modifications spontanées comme père et la sélection naturelle comme mère. La création dans son ensemble est un théâtre sans spectateurs, un arrangement accidentel qui ne mérite pas d’admiration ni de respect. Elle n’est que l’occasion de notre grandeur.

Les transhumanistes sont des gnostiques en ce qui concerne la conception de la création comme un accident.

  1. La Connaissance comme moyen de salut

C’est un autre point universel de la Gnose : le seul moyen de s’arracher de ces matières ténébreuses est de progresser vers la pure Lumière, au moyen de la Connaissance (gnosis). Pour Valentin, il s’agissait de prendre conscience de notre nature spirituelle et de transcender notre corps de chair pour enfin redevenir l’étincelle de divin que nous sommes, et être réunis au plérôme –l’assemblée des êtres divins. Sur ce canevas, tout un bestiaire d’enseignants proposait chacun sa façon différente d’accéder à cette « naissance d’en haut ».

La Connaissance en question était généralement :

  • Mystique : elle était secrète, cachée aux yeux de tous.
  • Ésotérique : Accessible seulement à des initiés, formés par le Maître
  • Métaphysique : Au-delà du monde physique, et des formes communes de la nature.

Cela n’empêchait pas les gnostiques de prêcher largement, et d’avoir un enseignement pour les « non-initiés » -exotérique. Ainsi Mani prêchait publiquement l’incompatibilité entre le Dieu créateur et Jésus Christ, et l’opposition entre évangile et grâce. Cela ne l’empêchait pas de garder pour ses disciples initiés sa vraie doctrine mystique, ésotérique et métaphysique.

Le transhumanisme a lui aussi un double discours, exotérique et ésotérique. Pour les gens du dehors, il parle de fabuleux progrès, de guérisons miracles et de capacités inouïes pour quiconque s’engagera dans la Voie de la Technique. Mais il y a une autre doctrine, enseignée dans des séminaires privés, pour ceux qui sont déjà engagés dans les Voies de la Technique. Il ne s’agit plus d’apprendre à jouer de la guitare en deux heures. Il ne s’agit plus de guérir des cancers sans douleur. Qu’ils se détournent donc de ces friandises pour le tout-venant, et contemplent la possibilité de l’immortalité, du Contrôle, de l’Indépendance Suprême.  

Nous retrouvons là les caractéristiques de la doctrine gnostique : mystique, ésotérique, métaphysique.

Les transhumanistes sont des gnostiques quant au rôle de la Connaissance.

  1. La classification de l’humanité en différents degrés.

Valentin divisait l’humanité entre trois classes : 1. Les « matériels » plèbe glaiseuse qui n’a pour horizon que ses passions. 2. Les « psychiques » en qui on trouve quelques éléments de connaissance, mais qui restent à la frange de la vraie Connaissance. 3. Les « spirituels » qui sont les Fils de la Lumière, ceux qui sont promis au Salut.  Cette distinction n’était pas selon la volonté : elle était de nature. On ne pouvait pas se convertir à la Gnose : c’était déterminé dès la naissance. Mani au IVe siècle admettait ce genre de distinction entre les extérieurs, les « auditeurs » – partiellement soumis au code religieux du manichéisme- et les « élus » pleinement soumis et pleinement lumineux. Pas de conversion entre ces catégories : un auditeur ne pouvait pas devenir un « élu », mais tout au plus le servir assidûment en attendant sa réincarnation.

Le transhumanisme accepte aussi cette catégorisation. D’abord il y a les « archaïques », les « ennemis de la Science » qui ne méritent que mépris et ignorance. On ne doit pas interagir avec eux, seulement les ignorer et les éviter, les faire taire au plus. Ensuite il y a les « auditeurs ». A ceux-là, on fait miroiter quelques joujoux techniques, on les fait rêver par des enfantillages. Enfin, les « initiés ». Ce sont ceux-là qui sont spécialement repérés par les Maîtres, à qui l’on enseigne toute la doctrine.

Cette distinction est de naissance : Il n’y a pas d’efforts pour faire passer les archaïques au statut d’auditeur, et peu d’effort pour faire passer du statut d’auditeur à celui d’initié. Seuls les riches et prometteurs peuvent être des initiés.

Les transhumanistes sont des gnostiques quant à leur classification.

  1. La promesse de la transformation

Les gnostiques antiques attendaient tous un salut qui serait une délivrance de la matière, un passage de l’être humain à l’être divin. Ils attendaient une trans-formation : le passage d’une forme (celle d’être humain) à une autre.

Les transhumanistes visent aussi à ce but, le plus connu d’entre eux étant Ray Kurzweil, qui propose la transformation d’humain à « AHI » Artificial Human Intelligence par un « upload » aussi grotesque qu’acclamé. Plus couramment, ils proposent à l’usage des simples mortels le remplacement d’une partie de leur forme humaine par une forme technologique. « Jetez donc cette rétine biologique et équipez-vous d’une rétine bionique, plus puissante ».

Les transhumanistes sont des gnostiques quant à leur visée de transformation.

Le transhumanisme est une gnose quant à son fonctionnement

  1. Elitisme

Au IVe siècle, en Mésopotamie, un chrétien riche pris de compassion racheta tout un convoi de prisonniers de guerre. Ce geste lui assura un succès immédiat. Cette renommée atteignit Mani en Perse, qui se dépêcha d’envoyer une lettre qui portait ces mots : « J’ai été extrêmement réjoui de voir l’amour chéri par toi, qui est vraiment de la plus grande mesure. Mais je suis inquiet pour ta foi, qui n’est pas en accord avec le vrai standard. Ainsi donc, élu comme je suis pour rechercher l’élévation de la race des hommes, et épargnant comme je le fais, ceux qui s’abandonnent à la tromperie et l’erreur, j’ai considéré utile de t’envoyer cette lettre dans le but premièrement du salut de ton âme, et deuxièmement les âmes de ceux qui sont avec toi, afin de te sauver des opinions douteuses, et spécialement des notions des guides de plus simples d’esprit qui endoctrinent leurs sujets ». Cet appel à l’arrogance était la première étape qui déboucha sur un débat public à Carchar, entre Mani et Archelaüs l’évêque local. L’hérésiarque y fut démasqué et profondément humilié.

Cet incident montre bien une constante chez les gnostiques : celle de cibler des hommes riches et influents pour les convertir à leur secte et assurer par leur intermédiaire une influence immense. Les gnostiques ne cherchaient pas à faire un mouvement de masse : ils avaient plutôt une mentalité de sniper quand il s’agissait de choisir ses adeptes. Dans la même catégorie, on reconnaît la stratégie de recrutement de la franc-maçonnerie.

Le transhumanisme est lui aussi élitiste en son recrutement, comme en témoigne Wolframe Klinger dans son article « A genoux devant le Dieu-Machine » sur Motherboard. En cela il montre bien le fonctionnement d’une gnose.

  1. Parasitisme religieux

En début d’article, je mentionnais que cette gnose se retrouvait dans des religions très différentes, selon des formes très semblables. Je reprends la formule de tout à l’heure : comme un parasite se retrouve dans bien des corps différents.

Valentin avait piraté des éléments de platonisme et de christianisme, et formé ainsi une religion composite. Mani avait syncrétisé du zoroastrisme, du christianisme et du bouddhisme, et prétendu ensuite apporter le « vrai message » de chacune de ces religions. En réalité, ils n’ont fait que récupérer et habiter la coquille extérieure de ces religions, comme un pagure au ventre mou. A ma connaissance, seul le christianisme a su se prémunir contre la gnose à travers un processus de confessionnalisation qui a interdit les ambiguïtés dans lesquelles se réfugient les gnostiques.

Le transhumanisme aussi fonctionne en parasite : il récupère à son compte l’héritage technique et scientifique de l’occident, en fait une religion, et habite ensuite cette religion. Que sa coque soit de l’ivoire du christianisme ou du silicium de la Technique, ce pagure n’a pas plus à voir avec la Science que la Religion, et ce sont des scientifiques qui le disent.

Sur ce point, le transhumanisme a bien le fonctionnement d’une gnose.

  1. Abandon du monde

Dans un empire romain rempli de grands maux, dans une Mésopotamie gorgée de sang, les gnostiques antiques n’ont jamais pris à cœur les douleurs de leurs époques. Au contraire, ils encouragaient leur fidèles à se détourner de ces apparences matérielles et se concentrer sur leur futur glorieux. Là où les évêques chrétiens courraient après les convois de prisonniers pour les racheter, les manichéens laissaient leur disciples manquer de mourir en mission (comme Mani pour Turbon) ou se servaient de leurs disciples femmes pour piéger des pasteurs chrétiens et acquérir en influence.

Le transhumanisme ne se préoccupe pas plus de la marche du monde, ni de la montée des inégalités et de l’injustice économique. Alors que notre monde gronde contre les marchands, les marchands eux-même sont invités à réfléchir à la cryogénisation de leur corps jusqu’à ce que la Science les fasse vivre mille ans. Un tel décalage est grinçant d’ironie.

Sur ce point, le transhumanisme a bien le fonctionnement d’une gnose.

  1. Division

Irénée de Lyon se moquait déjà des divisions infinies de la gnose : « Dès qu’ils sont deux ou trois, non contents de ne pouvoir dire les mêmes choses à propos des mêmes objets, ils se contredisent les uns les autres dans la pensée comme dans les mots »

Le monde transhumaniste est aussi éclaté aujourd’hui, et il y a environ un transhumanisme par prophète. Dans le (tout) petit monde transhumaniste français, il y a un effort d’unifier à travers l’association transhumaniste française. Mais même lorsqu’ils veulent être unis et que les acteurs sont  très peu nombreux, ils se distinguent de Laurent Alexandre, qui de son côté fait cavalier seul.

Sur ce point, le transhumanisme a bien le fonctionnement d’une gnose.

  1. La dévotion du prophète

Simon le Magicien et Mani sont allés jusqu’à autoriser et organiser un culte à leur propre gloire, Mani allant même jusqu’à proclamer être la Paraclet envoyé par Jésus. D’autres gnostiques antiques, plus prudents, laissaient simplement croître une dévotion toute naturelle à leur égard.

De même, pour les transhumanistes on retrouve régulièrement le qualificatif de « prophètes » qui leur sont accolés. Même en admettant que ce soit une exagération médiatique, il y a un réel culte de la personnalité autour des différents « maîtres du transhumanisme ». Soit ils l’encouragent, soit ils en profitent tacitement, mais jamais on ne les voit refuser cette gloire.

Sur ce point, sur tous les points, le transhumanisme est une gnose.

Note de l’éditeur : « Pourquoi rapprocher Gnose et Transhumanisme » 

Pourquoi rapprocher Gnose et transhumanisme …

Il existe une quasi convergence partagée entre nombreux penseurs ou philosophes qui au cours de cette décennie ont rapproché le transhumanisme et la gnose et je vous incite ici à vous procurer le livre de Stephane B auteur du livre  » de la gnose au transhumanisme » qui résume parfaitement cette proximité quasi idéologique entre les transhumanistes et les gnostiques des premiers siècles.

Pour résumer la gnose notamment la gnose dite dualiste, celle-ci se définit comme une façon  d’appréhender le corps, la vie humaine, l’environnement terrestre pareillement à une prison dont l’homme devrait se libérer pour y trouver son salut .

C’est le Philosophe Jean-Michel BESNIER qui souligne finalement l’aspiration des transhumanistes semblablement à celle des gnostiques  à cette volonté prégnante de s’échapper de l’enfermement que constitue le monde réel qui cadenasse en quelque sorte l’homme, le séquestre dans une forme de prison  :

« Pourquoi le corps est-il maltraité dans nombre de traditions philosophiques  ? Essentiellement parce qu’il est le signe de la passivité en l’humain. Il représente ce que le hasard de la naissance nous impose comme un donné non négociable et avec lequel il nous faut composer, l’existence durant. Ceux qu’on nomme aujourd’hui les transhumanistes ne veulent pas se résoudre à cette fatalité : convaincus que les sciences et les techniques peuvent satisfaire toutes nos aspirations, ses propagandistes multiplient les annonces d’une mutation de l’humain. »

Ainsi la gnose issue du christianisme, jugeait le corps comme une création loupée, le cosmos à la fois inachevé  et  manqué  car soumise à une irrésistible dégradation. Les humains selon cette théologie dérivée d’une pensée chrétienne mal comprise, en sont réduits à n’être  que des créatures précaires et mortels.

Seule la connaissance c’est-à-dire la gnose  peut révéler à l’homme sa nature spirituelle  et le délivrer du corps façonné par un Dieu imparfait, et lui permettre de le libérer de la chair et de l’âme,

Pour les gnostiques notre salut tient de fait au refus de ce monde ce qui les rapproche de facto à cette conception transhumaniste qui refuse elle aussi l’encerclement du corps, la finitude ontologique.

Le transhumanisme prend dès lors inévitablement sa filiation et sa source dans l’imaginaire gnostique. Ainsi le transhumanisme, nouvelle gnose moderne, est un combat contre l’altérité sous ses formes dérivées, le vieillissement et la mort, la finitude et l’encerclement du corps, la sexualité et la dialectique des identités du genre.

Pour poursuivre et approfondir prochainement cette réflexion sur la gnose et le transhumanisme, nous avons sollicité Etienne OMNES pour approfondir les origines de la gnose et ses similitudes avec le mouvement transhumaniste.. ce sera donc à suivre …. et à lire sur ce site :

https://deconstructionhomme.com/2019/03/26/le-transhumanisme-la-nouvelle-gnose/

 

 

Babel : l’IA peut-elle abattre les barrières linguistiques ?

Du mythe de la tour de Babel à la conception de l’espéranto, l’humanité a toujours rêvé d’une communication universalisée. À défaut d’inventer une nouvelle langue, l’intelligence artificielle se met au service de la traduction automatique. L’IA peut-elle abattre les barrières linguistiques et reformer ainsi Babel ?

Du mythe de la tour de Babel à la conception de l’espéranto, l’humanité a toujours rêvé d’une communication universalisée. À défaut d’inventer une nouvelle langue, l’intelligence artificielle se met au service de la traduction automatique. L’IA peut-elle abattre les barrières linguistiques et reformer ainsi Babel ?

Dès les origines de l’informatique moderne, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les informaticiens se sont engagés dans le développement de nouvelles formes de communication en donnant naissance aux langages de programmation.

De nos jours, les géants des nouvelles technologies mettent l’intelligence artificielle au service de la traduction. À défaut de créer une langue unique, le projet est bien de traduire toutes les langues instantanément de sorte qu’elles ne fassent plus obstacle à la communication universelle.

Alors, l’intelligence artificielle va-t-elle véritablement effacer les barrières linguistiques ? Échappera-t-on à l’enfermement sur soi-même et aux particularismes ? Le plurilinguisme finira-t-il par nous être implémenté pour enfin faire régner la concorde et la fraternité ?

 

Lire la suite sur France Culture et surtout écouter le PODCAST …..

https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/guerillas-linguistiques-44-de-babel-a-google-traduction-vers-un-nouveau-langage-universel#xtor=EPR-2-%5BLaLettre21032019%5D

L’homme domestiqué

Il est là, calé sur la banquette bleu-roi à côté de la fenêtre donnant sur le quai D. Alors que je pénètre dans ce compartiment du TER n° 17 757 à la gare de Paris-Bercy — une première — je ne me souviens pas qu’il ait daigné lever les yeux pour observer qui entrait. Je ne sais même pas s’il m’a vu franchir la porte, tellement il est plongé dans son monde.

Cheveux noirs mi-longs, légèrement bouclés, il est vêtu d’un sweat gris et d’un jean, baskets aux pieds, un casque vissé sur la tête. Il a les yeux fixés et rivés sur son écran d’ordinateur, comme si un fil invisible les empêchait de s’en détourner.

Marc BRUNET est un vieil ami de plus de 40 ans, oui cela compte… Sans aucune expérience de ce genre d’aventure, Marc s’est élancé dans un périple déconnecté de tout ce qui le reliait à son monde, de Valence pour rallier Erevan en vélo couché, capitale de l’Arménie, ce qui n’est pas en soi banal. Il a atteint son objectif après plus de 6 000 km en autonomie et à travers 13 pays, dont un pays qui n’existe pas, même pas sur Google Map c’est dire, dormant sous la tente dans les forêts d’Ukraine ou dans les champs de Géorgie. Ce voyage s’inscrivait aussi dans une démarche de solidarité afin de récolter des dons pour la réhabilitation de l’école maternelle de Chirakamout.  Il a écrit un livre   « J’irai manger des khorovadz » où il relate ce voyage insolite riche de mille anecdotes écrit dans un style fluide et plein d’humanité à conseiller. https://www.babelio.com/livres/BRUNET-Jirai-manger-des-khorovadz/1109735

Marc Récemment me transmit ce texte qui évoquait une rencontre qui traduit ce que ce site partage, de l’urgence de nous rencontrer dans le réel….

Marc BRUNET

    COÏNCIDENCES…

Il est là, calé sur la banquette bleu-roi à côté de la fenêtre donnant sur le quai D. Alors que je pénètre dans ce compartiment du TER n° 17 757 à la gare de Paris-Bercy — une première — je ne me souviens pas qu’il ait daigné lever les yeux pour observer qui entrait. Je ne sais même pas s’il m’a vu franchir la porte, tellement il est plongé dans son monde.

Cheveux noirs mi-longs, légèrement bouclés, il est vêtu d’un sweat gris et d’un jean, baskets aux pieds, un casque vissé sur la tête. Il a les yeux fixés et rivés sur son écran d’ordinateur, comme si un fil invisible les empêchait de s’en détourner. Peut-être 17-18 ans, un visage de poupon innocent, contrastant avec sa barbe qui s’émancipe. L’accoudoir de gauche n’est pas abaissé, car l’embonpoint du jeune homme l’oblige à déborder de sa place. Son manteau noir est posé négligemment sur le côté. Le rideau rouge illumine le temps maussade et l’ambiance.

Au travers de la vitre, je devine un passager affolé hélant le contrôleur. Celui-ci lui donne rapidement quelques explications soutenues par d’amples gestes, avant de gonfler ses joues et porter à ses lèvres ce petit instrument désuet et suranné encore en vigueur à l’heure du tout virtuel, alors que ce train était inconnu sur l’ordinateur du guichetier et même auprès de l’assistance téléphonique. Disponible uniquement sur internet. Comme par magie, un sifflement strident provoque le départ du convoi. Nous allons passer plus de cinq heures — rançon de la SNCF pour emmener mon vélo depuis Paris à Lyon, plus une heure pour rejoindre Valence — dans cet huis clos, presque face à face. Mais le jeune homme ne va pas bouger :

5 h sans se lever, 5 h sans manger, sans boire, quasiment sans lever les yeux.
5 h sans prêter attention au monde extérieur.

Par curiosité, je jette un coup d’œil sur son écran pour découvrir ce qui le fascine à ce point. Le reflet du soleil m’en empêche. Deuxième tentative quelques minutes plus tard : pas de doute, c’est un jeu vidéo.

Drôle de coïncidence : je suis justement en train de lire l’ouvrage d’Éric Lemaître « La déconstruction de l’homme ». Et je tombe sur ce passage :

« Une génération qui, à regret, confond la vraie vie et la vie virtuelle, les symboles et le réel, une génération qui se déconnecte de tout rapport à la transcendance […]  Or nous prenons conscience que cet univers numérique est de nature à créer une forme de fascination et de vampirisation sur la vie des humains, en les rendant addicts, dépendants » On ne pouvait trouver une illustration plus pertinente du propos !

Quelques instants avant notre arrivée, je scrute discrètement ses yeux. Ils sont hagards, vitreux, son regard est complètement embrumé par cette réalité virtuelle. Son monde. Ce n’est pas le mien. Mon rêve est ailleurs.
Il se rend compte que nous atteignons le terminus, alors quelques minutes avant l’entrée en gare il range ses affaires. Puis une fois son ordinateur fermé il se précipite sur un autre écran : son téléphone. Il prépare ensuite un petit rouleau de feuilles séchées pour l’envelopper dans un papier fin, faisant fi du texte imprimé en grandes lettres figurant sur la boite d’où il extrait sa dose « fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage ».
Je le retrouve sur le quai, cette fois-ci avec des écouteurs qui ont remplacé le casque, branchés à son smartphone engoncé dans une poche. Connecté à lui-même, déconnecté des autres, reconnecté à son monde.Je ne sais pas si c’est une génération à la dérive, mais probablement un jeune en perte de repères. Ce n’est peut-être pas complètement de sa faute.
Quel est son rêve dans la vie ? Comment se voit-il à 2, 3 ans ? Je ne le saurai pas.
Mais je sais que son comportement m’encourage et me motive encore plus pour mes interventions dans les écoles et les lycées, pour essayer d’extraire ses semblables du virtuel et les connecter au réel, leur insuffler l’envie de rêves.Et quand je découvre ce que des enfants de 8 ans ont écrit après mon passage dans une école : « Ce que j’ai retenu, c’est qu’on a beaucoup de chance ; grâce à toi tu m’as donné envie de faire le tour du monde », je me dis que c’est déjà une première étape et qu’il y a encore de l’espoir.

Bernanos et la technique

Extrait du Livre la France contre les Robots : Texte de Bernanos , un texte vigoureux ! La Technique prétendra tôt ou tard former des collaborateurs acquis corps et âme à son Principe, c’est-à-dire qui accepteront sans discussion inutile sa conception de l’ordre, de la vie, ses Raisons de Vivre. Dans un monde tout entier voué à l’Efficience, au Rendement, n’importe-t-il pas que chaque citoyen, dès sa naissance, soit consacré aux mêmes dieux ? La Technique ne peut être discutée, les solutions qu’elle impose étant par définition les plus pratiques. Une solution pratique n’est pas esthétique ou morale. Imbéciles ! La Technique ne se reconnaît-elle pas déjà le droit, par exemple, d’orienter les jeunes enfants vers telle ou telle profession ? N’attendez pas qu’elle se contente toujours de les orienter, elle les désignera. Ainsi, à l’idée morale, et même surnaturelle, de la vocation s’oppose peu à peu celle d’une simple disposition physique et mentale, facilement contrôlable par les Techniciens.

Avatar de les amis de bartlebyLes Amis de Bartleby

Version imprimable de Bernanos et la technique

Georges Bernanos

La France contre les robots
(1947)
extrait du chapitre VII

Quand la société impose à l’homme des sacrifices supérieurs aux services qu’elle lui rend, on a le droit de dire qu’elle cesse d’être humaine, qu’elle n’est plus faite pour l’homme, mais contre l’homme. Dans ces conditions, s’il arrive qu’elle se maintienne, ce ne peut être qu’aux dépens des citoyens ou de leur liberté ! Imbéciles, ne voyez-vous pas que la civilisation des machines exige en effet de vous une discipline chaque jour plus stricte ? Elle l’exige au nom du Progrès, c’est-à-dire au nom d’une conception nouvelle de la vie, imposée aux esprits par son énorme machinerie de propagande et de publicité. Imbéciles ! comprenez donc que la civilisation des machines est elle-même une machine, dont tous les mouvements doivent être de plus en plus parfaitement synchronisés ! Une récolte exceptionnelle de café au Brésil…

Voir l’article original 911 mots de plus

‘La déconstruction de l’homme’ Deuxième édition…

 Nous vous annonçons la sortie de la seconde édition du livre la déconstruction de l’homme.

Commandez-le maintenant en ligne sur Lulu au prix de 25 euros TTC.

L’essai  a été préfacé par

le Philosophe Bertrand Vergely …   

Cette seconde édition a été enrichie d’une troisième partie intitulée Alternatives. Cette troisième partie, décrit comment il est possible et quel est le chemin pour faire face à « l’ouragan » technologique ! Nous avons également introduit l’ouvrage par une note de lecture pour expliquer les motivations qui nous ont conduits à écrire cet essai ! D’autres textes enfin complètent la précédente édition décrivant les dimensions des mutations technologiques et l’accélération des processus qui coloniseront l’ensemble de notre vie sociale.

Cette seconde édition a été préfacée par le Philosophe Bertrand Vergely auteur de l’essai « Transhumanisme la grande Illusion »

Nous vous produisons ci-dessous un extrait de sa préface ! 

Si, l’homme ludique se réjouit de l’avènement de ce nouveau monde, Éric Lemaître et son équipe  introduisent une question : avec le dispositif qui est en train de se mettre en place, n’assiste-t-on pas à l’émergence d’un nouveau dispositif d’oppression et plus précisément de l’un des  dispositifs d’oppression sans doute le plus redoutable que l’humanité ait jamais connu ?

     Dans cet univers de combinaisons à l’infini qui est en train de se mettre en place, l’être humain est-il libre ? N’est-il pas l’otage, le jouet, le prisonnier des fabricants et des vendeurs de machines à jouer, à connecter, à combiner ?

     En outre, vivre, est-ce passer son temps à jouer, à combiner, à connecter ? Jouer, soit. Mais jouer quoi ? Combiner, soit, mais combiner quoi ? Connecter, soit, mais connecter quoi ? S’il n’y a pas de sens dans ce que ‘on vit est-on libre ? N’est-on pas prisonnier du vide ?

     La postmodernité veut nous faire croire qu’en déconstruisant l’homme nous allons être plus libres et  plus humains. Est-on vraiment plus humain quand l’homme a volé en éclats  et qu’il ne reste que ses miettes ? Ce qui libère l’homme est-ce la mort de l’homme ? N’est-ce pas ce qui se passe quand, comme le dit Pascal, l’homme passe l’homme ? Ce passionnant et imposant travail nous invite à nous poser cette question et à la poser à notre temps.