La robotisation croissante de nos modes de vie

 

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Auteur Mark Hunyadi

Extrait d’un Essai le défi Politique du POSTHUMANISME

Mhu – Le défi politique du posthumanisme

Je vais donc partir du problème de la place croissante qu’occupent les robots dans notre monde quotidien. Le premier choc passé, nous sommes désormais tous accoutumés à suivre au téléphone les instructions de voix préenregistrées, à obéir dans notre voiture au bip nous ordonnant d’accrocher notre ceinture de sécurité, ou à exécuter les tâches demandées par l’écran tactile de nos distributeurs d’argent. De plus en plus, nous obéissons aux injonctions des machines.

Ce sont là de petites habitudes qui se sont immiscées dans notre vie quotidienne, et qui nous ont rapidement accoutumés à vivre en partenariat avec elles. Un pas supplémentaire a été franchi avec l’apparition des robots ménagers, tels ces robots-aspirateurs qui reniflent toute la surface de notre appartement en notre absence.

Mais tout ceci n’est rien à côté du monde peuplé d’androïdes dont on prédit qu’ils seront bientôt chargés d’accompagner nos vieillards, de garder nos enfants, de combattre l’ennemi, d’assister les grands blessés, de garder les prisons, de conduire nos voitures, de surveiller les musées, de régler la circulation, avant qu’ils ne se démocratisent en compagnons de notre vie quotidienne, veillant sur notre sommeil et notre bonne humeur, réglant nos tâches administratives tout en se souciant de notre hygiène corporelle et de notre équilibre diététique.

Ils pourront recruter le personnel en sélectionnant les CV, ou être membres de conseils d’administration. Un jour viendra peut-être où l’on pourra épouser son robot, suite logique de ce concubinage pour le meilleur et pour le pire…

L’imagination des chercheurs couplée au capitalisme intelligent n’a guère de limite dès lors qu’il s’agit de fantasmer un monde allégé nous libérant au maximum technologique possible des contraintes matérielles et corporelles qui nous enchaînent au monde.

Il sera facile toutefois de montrer alors que cette libération se retourne dialectiquement en asservissement, que des chaînes ont été échangées pour d’autres et que viendra un jour où s’élèvera un autre horizon, celui où il faudra se libérer de la technologie elle-même. Mais tel n’est pas mon propos ici. J’aimerais plutôt attirer l’attention sur le fait qu’aucune de ces machines n’est éthiquement neutre. Aucune thèse n’est à mon sens plus fausse et plus malfaisante que la thèse de la neutralité éthique de la technique qu’on entend régulièrement : « les outils sont moralement neutres ou indifférents, c’est l’usage qu’on en fait qui est bon ou mauvais ». Les outils font partie d’un système – Jacques Ellul l’a suffisamment montré, et de façon convaincante –, et le système façonne les gens qui y sont intégrés, les obligeant à partager les normes et valeurs qui le sous-tendent : rien n’est neutre là-dedans. Certes, utiliser un robot aspirateur nous débarrasse d’une corvée, et on dira que c’est bien, d’un point de vue simplement utilitaire : on a l’impression que, pris isolément, c’est un simple outil nous débarrassant d’une corvée répétitive. Mais même dans un cas aussi anecdotique, les choses ne sont pas si simples. Car ce qu’on appelle « corvées » participe en réalité à notre rapport au monde, à la manière dont nous sommes connectés à notre environnement le plus direct. Imaginons un instant que toutes les tâches ménagères soient désormais assumées par des robots : quel type d’humains fabriquerions-nous ?

Des humains déconnectés d’un monde qu’ils n’habitent plus, des humains qui n’auraient plus à lutter contre l’usure, la salissure ou la dégradation des choses… Des humains ayant repoussé le cours naturel du monde, ayant en quelque sorte immunisé leur existence face aux cycles immuables des processus vitaux. Le robot aspirateur a donc un impact anthropologique qui n’a rien de neutre, malgré les apparences.

La question n’est pas de faire l’éloge des corvées, naturellement, d’autant que l’humanité trouve toujours le moyen de les faire exécuter par des plus dépendants que soi. Mais il s’agit de mettre en évidence la signification de quelque chose d’aussi apparemment insignifiant que les corvées quotidiennes, qui recèlent en réalité toute une éthique de notre rapport au monde. On voit en quoi la thèse, ou le lieu commun, de la neutralité éthique de la technique est fondamentalement erronée.

Il n’y a évidemment aucune intention mauvaise à utiliser un aspirateur-robot ; mais cet usage n’est pas éthiquement neutre pour autant, puisqu’il porte en germe l’idée d’une humanité découplée de l’inertie propre de la vie, qui est, aussi, usure et dégradation ; d’une humanité qui serait affranchie de ce que Hannah Arendt appelait le travail (mais elle est la seule à l’appeler ainsi ; je l’appelle « corvées »), c’est-à-dire l’ensemble des activités nées de la nécessité de tenir tête aux « cycles perpétuels de la nature8 » qui toujours menacent notre monde de corruption. Poussé à la limite, l’usage généralisé de ces libérateurs de corvées dessine le projet d’une humanité hors-sol, flottant confortablement au-dessus d’un monde dématérialisé et insipide.

Nous n’en sommes certes pas là, mais tel est bien le monde qu’on nous prépare, le monde auquel on nous accoutume peu à peu. Ce techno-monde robotisé avance tout seul, par capillarité ou par logique systémique, petits pas par petits pas, sans que personne ne l’ait réellement voulu, alors même que chacun y contribue chaque jour sans le savoir. Chaque achat d’un objet technologique vaut comme acquiescement tacite à un projet qui n’a été le dessein de personne mais que nous n’avons plus le choix de ne pas vouloir, alors même qu’il détermine nos existences comme jamais. Nous alimentons le système, alors que personne ne nous a jamais demandé si c’est bien là le système que nous voulions, si c’est bien le mode de vie que nous souhaitions pour nous-mêmes et nos enfants. Nous n’avons donc aucune emprise éthique sur nos modes de vie, alors que ce sont eux qui conditionnent le plus notre existence.

Certes, à chaque nouvelle mise sur le marché, on se préoccupe de l’innocuité éthique de la nouvelle invention, on crée des commissions pour garantir le respect informatique de nos vies privées et on veille à ce que la sécurité des usagers finaux soit garantie. Mais voici le problème : alors même que les règlements éthiques bourgeonnent, on ne peut plus traiter de la question éthique fondamentale, de la question de savoir si c’est bien là le monde que nous voulons, un monde peuplé de robots ; si ce mode de vie est bien celui que nous choisirions, un mode de vie fait d’interactions avec des cerveaux programmés ; si cette société est bien celle que nous souhaiterions, une société où l’on abandonne les plus vulnérables – vieillards, enfants, malades – aux machines, parce qu’on n’a pas le temps de s’en occuper. Voilà donc une illustration spectaculaire du formidable paradoxe éthique sous lequel nous vivons : dans le respect éthique scrupuleux des droits individuels, on nous prépare un monde qui est peut-être éthiquement détestable. Et ce paradoxe a quelque chose de tragique, dès lors qu’on nous nous présente l’avancée de ce monde technologique comme inéluctable.

Au péril de l’humain ! Les promesses suicidaires des transhumanistes

Au péril de l’humain
Les promesses suicidaires des transhumanistes
Co-auteur :Jacques Testart
Co-auteur :Agnès Rousseaux

Recension la maison d’éditions le Seuil :
Extrait :
Fabriquer un être humain supérieur, artificiel, voire immortel, dont les imperfections seraient réparées et les capacités améliorées. Telle est l’ambition du mouvement transhumaniste, qui prévoit le dépassement de l’humanité grâce à la technique et l’avènement prochain d’un « homme augmenté » façonné par les biotechnologies, les nanosciences, la génétique. Avec le risque de voir se développer une sous-humanité de plus en plus dépendante de technologies qui modèleront son corps et son cerveau, ses perceptions et ses relations aux autres. Non pas l’« homme nouveau » des révolutionnaires, mais l’homme-machine du capitalisme.

Bien que le discours officiel, en France, résiste encore à cette idéologie, le projet technoscientifique avance discrètement. Qui impulse ces recherches ? Comment se développent-elles dans les champs médicaux, militaires et sportifs ? Comment les débats démocratiques sont-ils éludés ? Et comment faire face à des évolutions qui ne feront que renforcer les inégalités ? Surtout, quel être humain va naître de ces profondes mutations, de ces expérimentations brutales et hasardeuses sur notre espèce, dont l’Homo sapiens ne sortira pas indemne ?

Jacques Testart, biologiste, est le père scientifique du premier bébé-éprouvette français né en 1982. Il développe une réflexion critique sur les avancées incontrôlées de la science et de la technique dans ses nombreux écrits, dont Faire des enfants demain, Seuil, 2014 et L’Humanitude au pouvoir, Seuil, 2015.

Agnès Rousseaux, journaliste, coordonne le média indépendant Basta ! (www.bastamag.net) suivi par plus d’un million de lecteurs chaque mois. Elle a codirigé Le Livre noir des banques LLL, 2015.

https://www.youtube.com/watch?v=OK-U5cXNOfU

La reconnaissance faciale : un risque pour les libertés individuelles ?

Fait assez inhabituel pour être souligné, le président et directeur juridique de Microsoft, Bradford L. Smith a dans un article publié le vendredi 13 juillet 2018 sur le blog de Microsoft appelé le gouvernement à réguler la technologie de reconnaissance faciale.

Pour le président de Microsoft, cette technologie  » soulève des questions qui touchent au cœur des protections fondamentales des droits de l’homme comme la vie privée et la liberté d’expression.  »
La reconnaissance faciale peut en effet être considérée comme une simple commodité technologique, une nouvelle façon de déverrouiller un smartphone, mais si elle est utilisée à des fins de sécurité et de sûreté, elle peut conduire à une société de surveillance.
Loin d’être une fiction, la surveillance des masses par caméra publique s’est déjà invitée dans le quotidien des Chinois. À Shanghaï et Shenzen, elle permet ainsi d’identifier les piétons trop pressés qui traversent au feu rouge. D’ici 2020, près de 600 millions de caméras devraient être installées dans le pays.

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Fait assez inhabituel pour être souligné, le président et directeur juridique de Microsoft, Bradford L. Smith a dans un article publié le vendredi 13 juillet 2018 sur le blog de Microsoft appelé le gouvernement à réguler la technologie de reconnaissance faciale.

Pour le président de Microsoft, cette technologie  » soulève des questions qui touchent au cœur des protections fondamentales des droits de l’homme comme la vie privée et la liberté d’expression.  »
La reconnaissance faciale peut en effet être considérée comme une simple commodité technologique, une nouvelle façon de déverrouiller un smartphone, mais si elle est utilisée à des fins de sécurité et de sûreté, elle peut conduire à une société de surveillance.
Loin d’être une fiction, la surveillance des masses par caméra publique s’est déjà invitée dans le quotidien des Chinois. À Shanghaï et Shenzen, elle permet ainsi d’identifier les piétons trop pressés qui traversent au feu rouge. D’ici 2020, près de 600 millions de caméras devraient être installées dans le pays.

Aux Etats-Unis, l’utilisation du système de reconnaissance faciale commercialisé par Amazon depuis 2016 sous le nom de Rekognition fait depuis plusieurs mois polémique.
L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) de Californie a en effet démontré que les polices de l’Oregon et d’Orlando utilisaient cet outil afin de reconnaître les visages de criminels parmi les vidéos de caméras de surveillance dispersées dans l’espace public.

Lire la suite de l’article :

La reconnaissance faciale : un risque pour les libertés individuelles ?

 

 

 

 

Le transhumanisme : une entreprise de déconstruction spirituelle

L’idéologie transhumaniste comporte plusieurs dimensions qui sont l’expression d’un déni spirituel et d’un déni du monde réel ou naturel.

 La première dimension de ce déni est le rêve de l’immortalité, il convient de casser l’ADN qui nous enferme dans la mortalité, il faut ainsi dépasser la mort et gommer toute aspiration à un au-delà. Ray Kurzweil (https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Kurzweil), directeur de l’ingénierie à Google affirme, en toute bonne foi, que les progrès prodigieux de la technologie, nous feront atteindre bientôt l’immortalité !

Le deuxième déni spirituel s’inscrit dans l’affranchissement lié à l’encerclement du corps ; c’est la valorisation de l’individu, un individu libre de son corps qui se modifie lui-même, n’appartient à personne et pourtant absorbé par le monde collectif avec lequel il interagit.   

La troisième dimension de ce déni se traduit par l’addiction aux objets techniques qui conduisent l’homme à une servitude sociale. La vie numérique (les réseaux sociaux) qui devient finalement une forme de régulateur de la vie sociale, modalisant puis interagissant avec les habitudes et les attitudes des consommateurs de ces réseaux sociaux, voir demain pilotant les comportements consuméristes (la Babylone est marchande).

La quatrième dimension d’un déni spirituel et réel est celui d’une anti incarnation. Dieu s’incarne dans notre chair, nous invite à vivre des relations en face à face. Or l’humanité évolue dans des univers de dématérialisation, dématérialisation des produits et des services, dans des relations de plus en plus virtuelles ou nous échappons au réel, à une vie d’entraide faite de gestes et de rencontres, de vécus et de mains tendues.  Nous arrivons dans un univers ou l’atrophie des interactions sociales est devenue plus prégnante

Auteur Eric LEMAITRE

Le transhumanisme la manifestation d’un déni

L’idéologie transhumaniste comporte plusieurs dimensions qui sont l’expression d’un déni spirituel et d’un déni du monde réel ou naturel.

La première dimension de ce déni est le rêve de l’immortalité, il convient de casser l’ADN qui nous enferme dans la mortalité, il faut ainsi dépasser la mort et gommer toute aspiration à un au-delà. Ray Kurzweil (https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Kurzweil), directeur de l’ingénierie à Google affirme, en toute bonne foi, que les progrès prodigieux de la technologie, nous feront atteindre bientôt l’immortalité !

Le deuxième déni spirituel s’inscrit dans l’affranchissement lié à l’encerclement du corps ; c’est la valorisation de l’individu, un individu libre de son corps qui se modifie lui-même, n’appartient à personne et pourtant absorbé par le monde collectif avec lequel il interagit.

La troisième dimension de ce déni se traduit par l‘illusion de l’autonomie mais une autonomie contrariée par l’addiction aux objets techniques qui conduisent l’homme à une servitude sociale. La vie numérique (les réseaux sociaux) qui devient finalement une forme de régulateur de la vie sociale, modélisant puis interagissant avec les habitudes et les attitudes des consommateurs de ces réseaux sociaux, voir demain pilotant les comportements consuméristes.

La quatrième dimension d’un déni est celui de l’incarnation. Dieu s’incarne dans notre chair, nous invite à vivre des relations en face à face. Or l’humanité évolue dans des univers de dématérialisation, dématérialisation des produits et des services, dans des relations de plus en plus virtuelles ou nous échappons au réel, à une vie d’entraide faite de gestes et de rencontres, de vécus et de mains tendues.  Nous arrivons dans un univers ou l’atrophie des interactions sociales est devenue plus prégnante

Faut-il avoir peur du courant transhumaniste ?

Je ne sais s’il faut en avoir peur du courant transhumaniste, il faut surtout s’en inquiéter et c’est notre rôle d’éveiller les consciences.

« Ce n’est pas l’homme qui doit « s’augmenter » artificiellement mais bien les sociétés humaines qui doivent décroître jusqu’à rejoindre la mesure de l’homme »

Dans notre propos nous reprenons une réflexion de Tugdual Derville Directeur Général d’Alliance Vita  qui a longuement réfléchi sur les questions d’écologie et de transhumanisme.

Tugdual évoque La « barrière de complexité » du réel qui vient contredire les fantasmes prométhéens simplistes. La « mécanique » humaine est infiniment plus complexe que celle d’un ordinateur. L’intelligence artificielle a certes accompli des prouesses… Mais l’homme n’est pas qu’un cerveau, il est aussi un corps, en relation avec son environnement, un souffle de vie et un mystère…

En témoigne la complexité de ce qui se joue entre la mère et celui qu’elle porte : transmissions épigénétiques, interactions biologiques et psychologiques…

Dans la même idée si certes le philosophe Hegel[1] parle de l’art et non de la prouesse technologique, le philosophe montre la présomption de l’homme de vouloir copier et imiter la nature. Pour le philosophe cette tentative de copier la nature « ressemble à un ver qui s’efforce en rampant d’imiter un éléphant » ainsi selon HEGEL l’art ne peut pas rivaliser avec la nature.

En effet, l’ambition d’imiter la nature est vouée à l’échec. Les moyens dont dispose l’artiste ne lui permettront jamais de reproduire fidèlement la nature, dont le principe essentiel est celui de la vie. L’art ne pourra jamais que proposer une caricature de la vie.

 « …ce travail superflu peut passer pour un jeu présomptueux, qui reste bien en-deçà de la nature. Car l’art est limité par ses moyens d’expression, et ne peut produire que des illusions partielles, qui ne trompent qu’un seul sens. En fait, quand l’art s’en tient au but formel de la stricte imitation, il ne nous donne, à la place du réel et du vivant que la caricature de la vie… »

Hegel donne d’autres exemples à des fins de montrer « la prétention futile de ceux qui font de l’imitation de la nature la fin suprême de l’art : dans les deux cas, la valeur de l’œuvre est proclamée parce que des animaux se sont laissés tromper par la ressemblance de l’œuvre à l’objet nature ».

« En fait, quand l’art s’en tient au but formel de la stricte imitation, il ne nous donne, à la place du réel et du vivant que la caricature de la vie. On sait que les Turcs, comme tous les mahométans, ne tolèrent qu’on peigne ou reproduise l’homme ou toute autre créature vivante. J.Bruce au cours de son voyage en Abyssinie, ayant montré à un Turc un poisson peint le plongea d’abord dans l’étonnement, mais bientôt après, en reçu la réponse suivante:  » Si ce poisson, au Jugement Dernier, se lève contre toi et te dit: tu m’as bien fait un corps, mais point d’âme vivante, comment te justifieras-tu de cette accusation? « . Le Prophète lui-aussi, comme il est dit dans la Sunna répondit à ses deux femmes, Ommi Habida et Ommi Selma, qui lui parlaient des peintures des temples éthiopiens :  » Ces peintures accuseront leurs auteurs au jour du Jugement. « .

 Ce texte d’Hegel, illustre notre propos concernant l’IA, l’intelligence artificielle ne sera qu’une pâle copie, une imitation artificielle et ne saura rivaliser avec l’esprit de l’homme et son âme vivante. Il manquera à l’intelligence artificielle justement l’âme vivante.

 Dans ce livre nous avons également sollicité la lecture de plusieurs philosophes, et notamment d’un ami Philosophe, Chrétien lui-même engagé dans ce combat contre les idéologies ambiantes, contre les formes de régression engagées, de déconstruction de l’homme tel qu’il est.

Nous avons posé cette question à cet Ami que nous appellerons Philippe Nicodème et nous l’avons sollicité sur cette dimension transhumaniste touchant l’intelligence artificielle, ce qu’il pensait de cette distinction entre « Intelligence artificielle Faible et intelligence Forte »

Nous reprenons ici les propos de Philippe qui nous partage sa lecture sur la distinction entre intelligence artificielle et forte « Une réserve de fond sur la distinction « intelligence artificielle faible » et « intelligence artificielle forte ». La première est un état de fait et elle existe depuis longtemps ; elle est infiniment plus puissance que la puissance de calcul d’un cerveau biologique humain ; la seconde (intelligence artificielle forte) est un postulat. Rien ne dit ni ne montre qu’une machine puisse accéder à la conscience.

Matière, Intelligence Amour

Philippe affine son propos et ajoute  : « Avec de la matière, on ne fait pas de l’intelligence, pas une once ; avec toute l’intelligence du monde, on ne peut pas faire un peu d’amour, pas une once non plus ». Tout comme Blaise Pascal, Henri Bergson dans un essai, l’énergie spirituelle, le philosophe montre la dissymétrie matière pensée en soulignant que, s’il y a un lien entre cérébral et mental, depuis la cartographie du premier, on ne peut redessiner les pensées mentales.

Autrement dit, l’hétérogénéité radicale matière-esprit ne permet pas d’espérer l’émergence de la pensée consciente, contrairement à ce que prétendent les sorciers transhumanistes. Certes les algorithmes dans les prochaines générations seront capables d’automatismes hallucinants et conforteront les rêves transhumanistes qui se persuadent que l’on aura un jour de l’intelligence artificielle forte. Je ne dis pas qu’on n’y arrivera jamais ; ce que je veux dire, c’est que, comme pour le vivant, il faut déjà de la vie pour répéter du vivant ; de même pour la pensée, il faudra déjà de la pensée consciente pour espérer l’augmenter. Mais de la matière seule, on ne pourra pas générer un souffle de pensée consciente : ça, c’est dans l’imagination des scientifiques qui devrait faire un peu plus de métaphysique plutôt que de rêver comme des gamins à une immortalité qui n’aurait aucun sens…. »

Malgré les réserves formulées par le Philosophe, il n’est pourtant pas contestable que nous sommes « en route pour la démesure » avec cette volonté de redresser, de corriger notre sortie du Jardin de l’Eden, comme s’il fallait retrouver le chemin de l’éternité mais dans cette course folle vers un progrès sans conscience, n’est-ce pas la figure de la Bête qui se dessine subrepticement …. ! L’homme prométhéen devenu son propre Dieu. « Saurons-nous entendre ces signaux qui nous alertent sur les formes extravagantes du « progrès » ? » Propos du sociologue Yves Darcourt Lézat.

J’aime également ce propos partagé par Jean Michel BESSOU artiste et pianiste, un ami « l’Informatique ne peut améliorer ni créer la Vie, parce que le Numérique relève du rationnel et du Discontinu, tandis que la Vie dépasse le rationnel et relève du Continu. La technique tend vers le Zéro parce qu’elle est vide comme l’espace entre les particules, entre les étoiles ou entre les décimales de Pi. La Vie au contraire tend vers l’Infini car l’Infini c’est l’Un : étant continue, elle est pleine et substantielle. La tentative de l’ingénieur qui veut s’égaler à Dieu, de la Technique qui veut égaler la Vie, est aussi vaine que celle d’un miroir qui voudrait rayonner plus fort que le soleil qu’il reflète : cette illusion ressemble à celle du Mouvement Perpétuel, et le Rendement Égal À Un est un objectif inatteignable car c’est la projection symbolique de la prétention de l’Homme à égaler le Créateur. » Les logiciels vont s’approcher asymptotiquement de l’intelligence ou de la création musicale, la Chimie va se rapprocher indéfiniment de la création de la Vie qu’on nous annonce tous les cinq ans, ces buts ne seront jamais atteints ! On savait déjà qu’on ne soumet la Nature qu’en lui obéissant »

[1] HEGEL: Esthétique Collection PUF page 13.

Pour Elon Musk, l’intelligence artificielle revient à « invoquer le démon »

Elon Musk, est le fondateur des sociétés PayPal, SpaceX et Tesla Motors,  sa méfiance vis-à-vis de l’intelligence artificielle est exprimée à travers cette citation largement relayée dans les médias.

« Avec l’IA, nous sommes en train de convoquer le démon. Vous connaissez ces histoires où il y a un type avec un pentagramme et de l’eau bénite qui est du genre —’Ouais, il est certain de pouvoir contrôler le démon ? Ça ne marche pas»

Pour l’inventeur et entrepreneur, le développement de l’IA devra être strictement encadré car le deep larning  pourrait être plus grande menace à venir pour l’humanité.

https://www.youtube.com/watch?v=Ka5V4O1RXIw

La machine a-t-elle déjà surpassé l’homme ?

Les machines pilotées par des algorithmes pourraient-elles atteindre les niveaux d’une intelligence similaire à celle de l’être humain ? Les robots pourraient-ils demain   remplacer les êtres humains, conquérir la totalité de leurs compétences ? J’interrogeais il y a peu un ophtalmologue, s’il ne craignait pas qu’à moyen terme il ne soit remplacé par une machine capable de procéder à l’évaluation de l’œil en raison de la désertification médicale, du manque de praticiens et surtout de praticiens ophtalmologues. . Sa réponse était étonnante, il m’indiquait qu’il y avait peu de chances qu’il ne soit dans l’immédiat remplacé ! Or avant notre entrevue, son assistante, elle même « secondée » de tout un appareillage contrôlait ma vision, inspectait mes yeux afin de lui communiquer un premier bilan.   Cette assistante s’appuyait sur tout un appareillage spécifique qui lui permettait  :

  •  de vérifier l’état de ma cornée…
  • de dépister  d’éventuels anomalies
  •  de prendre la tension de l’oeil
  • d’examiner les  fonds d’yeux  …

Bref pas certain, que l’ophtalmologue ait encore besoin d’une assistante d’autant, que cette dernière se positionnait dans un protocole très technique et un registre peu avenant sur le plan relationnel, démontrant que la machine pouvait parfaitement se substituer à l’ensemble de toutes ses tâches….

Faut-il craindre l’intelligence artificielle ? – Jean-Gabriel Ganascia

Professeur d’informatique à Sorbonne Université, chercheur en intelligence artificielle au Laboratoire Informatique de Paris 6 Lip6, président du comité d’éthique du CNRS, auteur notamment de Le Mythe de la Singularité.

Professeur d’informatique à Sorbonne Université, chercheur en intelligence artificielle au Laboratoire Informatique de Paris 6 Lip6, président du comité d’éthique du CNRS, auteur notamment de Le Mythe de la Singularité.

La prochaine révolution de l’intelligence artificielle

Pour sa seconde intervention à USI, Yann LeCun nous parle de l’état de l’Intelligence Artificielle, son histoire mais aussi les défis des prochaines décennies à venir en matière d’Intelligence Artificielle

Quand les intelligences artificielles humilient les docteurs !

« Le pouvoir médical sera aux mains des concepteurs des intelligences artificielles médicales. Et l’éthique médicale ne sera plus produite par le cerveau du médecin, mais par l’IA. » Laurent Alexandre

 

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Laurent Alexandre « Vers 2030, il y aura 1000 milliards de données dans notre dossier médical du fait du développement de la génomique, des neurosciences et des nombreux capteurs électroniques connectés qui vont surveiller notre santé. Puisqu’il est exclu que le médecin analyse ces milliers de milliards d’informations, quand il n’en gère aujourd’hui que quelques poignées, nous allons assister à une transformation radicale du pouvoir médical ».

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/intelligence-artificielle-medicale-la-bataille-google-ibm_1973168.html

Il sera bientôt interdit aux médecins de soigner un malade sans l’avis et l’aval des IA. Ce sera une terrible blessure narcissique pour ma profession : nous devons nous réinventer avant que nos patients nous abandonnent pour l’IA des géants du numérique, comme j’ai abandonné mon revendeur de pellicules Kodak et mon disquaire…
Lire la suite de l’article dans l’Express

https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/quand-les-intelligences-artificielles-humilient-les-docteurs_2025277.html

Quand les algorithmes remplaceront les cadres !

Qui aurait imaginé mettre un jour en équation le flair des DRH ? L’apparition du people analytics, comme les Américains appellent cette nouvelle science, en dit long sur la capacité des ordinateurs à remplacer l’homme. Jusqu’à présent, l’automatisation des tâches intellectuelles avait touché des activités peu qualifiées (guichetiers, caissières…). Mais les cadres bardés de diplômes auraient tort de se croire à l’abri.  

« Les technologies capables de remplacer demain les médecins, les avocats, les pharmaciens ou les conseillers fiscaux existent déjà, alors même que ces métiers demandent beaucoup de compétences et une longue formation. Et, le plus souvent, les machines seront meilleures que les humains », assure Andrew McAfee, auteur de The Second Machine Age . En cause : la combinaison de l’augmentation de la puissance des ordinateurs, de la baisse du coût du stockage des données et des progrès de l’intelligence artificielle, qui nous font basculer dans l’ère du big data.  

Lu sur l’express Expansion

Qui aurait imaginé mettre un jour en équation le flair des DRH ? L’apparition du people analytics, comme les Américains appellent cette nouvelle science, en dit long sur la capacité des ordinateurs à remplacer l’homme. Jusqu’à présent, l’automatisation des tâches intellectuelles avait touché des activités peu qualifiées (guichetiers, caissières…). Mais les cadres bardés de diplômes auraient tort de se croire à l’abri.

« Les technologies capables de remplacer demain les médecins, les avocats, les pharmaciens ou les conseillers fiscaux existent déjà, alors même que ces métiers demandent beaucoup de compétences et une longue formation. Et, le plus souvent, les machines seront meilleures que les humains », assure Andrew McAfee, auteur de The Second Machine Age . En cause : la combinaison de l’augmentation de la puissance des ordinateurs, de la baisse du coût du stockage des données et des progrès de l’intelligence artificielle, qui nous font basculer dans l’ère du big data.

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https://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/quand-les-algorithmes-remplaceront-les-cadres_1548065.html