« Le délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne : travail, loisir, amour » de Dany-Robert Dufour

La mondialisation qui se dessine se caractérise par l’adoption quasi universelle du projet consumériste et productiviste occidental. Le mode de vie insufflé par les idéologies progressistes et libérales qui ont pris leur source dans le capitalisme à l’occidental a  pollué sinon souillé une large part du monde : la totalité du continent asiatique, l’orient et maintenant l’Afrique… Nous avons de fait en Occident une responsabilité dont nous ne pouvons pas nous dédouaner relativement aux images d’opulence  artificielle et de conforts factices que nous avons véhiculés de par le monde et qui attisent les envies comme le miroir aux alouettes qui agit tel un piège morbide sur ses proies et les conduit dans l’abîme de la vacuité, du vide spirituel.

La finalité d’un monde gouverné par le capitalisme sauvage  et par goût sans doute de la provocation paradoxale  n’est-elle pas de fait l’aliénation du travail artisanal, la fin de la véritable richesse, l’authentique richesse, celle de l’identité des cultures, celles de nos altérités qui nous attirent du fait de nos différences . Le cœur de la question est donc de savoir quelle est la limite de ce système Babylonien qui a permis la diffusion des styles de vie quasi uniformes, il suffit parfois et par curiosité de consulter les médias de par le monde et d’être frappés par des constructions d’images à l’identique. Le monde progressiste sans vergogne s’est ainsi attaché à l’idée de l’infini, d’un continuum du progrès puis par idéologie de soumettre la nature sans faire d’elle l’allié nécessaire,  en n’imaginant pas ainsi, hélas que le réel n’est pas l’infini ! et ainsi pour reprendre les mots qui ne sont pas les nôtres, la raison (le système technicien) est devenu délirante …

Ainsi nous vous recommandons de vous procurer ce livre . Nous affichons  ici quelques lignes extraites d’un commentaire que nous approuvons….

Portrait

Et si la raison occidentale était devenue délirante ? Pourquoi sommes-nous à ce point désenchantés ? Dany-Robert Dufour, philosophe, part de ce que Descartes proposait dans Le discours de la méthode, fondement de la raison moderne : que les hommes « se rendent comme maîtres et possesseurs de la nature ». Un tournant dans l’aventure humaine qui a entraîné le développement progressif du machinisme et du productivisme, jusqu’à l’inflation technologique actuelle affirmée comme valeur suprême. Si ce délire occidental fait aujourd’hui problème, c’est qu’il a gagné le monde (la mondialisation néolibérale qui exploite tout, hommes et environnement, à outrance) et qu’il est appelé, comme tout délire, à se fracasser contre le réel. D’une part, parce que la toute-puissance et l’illimitation des prétentions humaines qu’il contient ne peuvent que rencontrer l’obstacle : notre terre réagit déjà vigoureusement aux différents saccages en cours. D’autre part, parce que ce délire altère considérablement les trois sphères fondamentales de la vie humaine que sont le travail, le loisir et l’amour en les vidant de tout sens…….

Monde numérique et vision politique, sommes-nous vers la fin prochaine du modèle institutionnel de « l’ancien monde »?

La démocratie telle que nous la connaissons dans le monde occidental semblait être l’aboutissement idéalisé d’une démarche où la voix de chaque citoyen pouvait légitimement compter.

Il y avait pour de nombreuses nations dites démocratiques l’envie de propager, d’universaliser les idéaux de la démocratie occidentale et l’illusion de prendre en compte les aspirations des peuples, de les respecter, de permettre à l’opposition comme aux minorités, la libre expression, d’interagir avec les institutions.

Née de la volonté d’unir la cité, six siècles avant Jésus-Christ, la démocratie dans la Grèce antique n’était pas ouverte à tous, les femmes en étaient écartées, les esclaves et les étrangers exclus du droit de vote, les poètes à bannir pour Platon. Cependant les débuts de la démocratie antique ont été l’exercice par tous les citoyens grecs de sexe masculin, de leur souveraineté libre et inaliénable, ce qui veut dire la mise en pratique d’une assemblée (ecclesia) où n’importe quel citoyen pouvait prendre la parole.

L’exécutif des magistrats au cours de cette période était instauré dans la seule perspective d’appliquer la volonté citoyenne qui a délibéré. La démocratie depuis l’antiquité, a fait d’immenses pas à commencer par le droit de vote donné aux femmes. La démocratie est devenue un système choisissant des représentants susceptibles d’être révoqués. Dans ce type de système idéalisé, le peuple a le pouvoir ou plutôt l’illusion du pouvoir. On cherche encore l’équivalent du penseur « ubérisé » de la république platonicienne.

Or nous assistons depuis quelques décennies à une forme d’effondrement des idéaux démocratiques. Plusieurs observateurs de la vie politique et pas seulement européenne, notent une forme de délitement de la vie démocratique dans le monde. Les élections américaines 2016-2017 sont un avant-goût de ce repli, d’une Amérique qui semble être émoussée par les appareils politiques.

Le citoyen non dupe a pris conscience d’une pratique techniciste de la démocratie. La complexité des lois, la difficulté de comprendre et de saisir le sens des normes, est manifeste. Le citoyen est dorénavant dans une posture de méfiance se sentant trahi par le désir du pouvoir et non le désir de servir, de ses représentants. 

Auteur Eric LEMAITRE

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Le désenchantement pour la vie politique

La démocratie telle que nous la connaissons dans le monde occidental semblait être l’aboutissement idéalisé d’une démarche où la voix de chaque citoyen pouvait légitimement compter.

Il y avait pour de nombreuses nations dites démocratiques l’envie de propager, d’universaliser les idéaux de la démocratie occidentale et l’illusion de prendre en compte les aspirations des peuples, de les respecter, de permettre à l’opposition comme aux minorités, la libre expression, d’interagir avec les institutions.

Née de la volonté d’unir la cité, six siècles avant Jésus-Christ, la démocratie dans la Grèce antique n’était pas ouverte à tous, les femmes en étaient écartées, les esclaves et les étrangers exclus du droit de vote, les poètes à bannir pour Platon. Cependant les débuts de la démocratie antique ont été l’exercice par tous les citoyens grecs de sexe masculin, de leur souveraineté libre et inaliénable, ce qui veut dire la mise en pratique d’une assemblée (ecclesia) où n’importe quel citoyen pouvait prendre la parole.

L’exécutif des magistrats au cours de cette période était instauré dans la seule perspective d’appliquer la volonté citoyenne qui a délibéré. La démocratie depuis l’antiquité, a fait d’immenses pas à commencer par le droit de vote donné aux femmes. La démocratie est devenue un système choisissant des représentants susceptibles d’être révoqués. Dans ce type de système idéalisé, le peuple a le pouvoir ou plutôt l’illusion du pouvoir. On cherche encore l’équivalent du penseur « ubérisé » de la république platonicienne.

Or nous assistons depuis quelques décennies à une forme d’effondrement des idéaux démocratiques. Plusieurs observateurs de la vie politique et pas seulement européenne, notent une forme de délitement de la vie démocratique dans le monde. Les élections américaines 2016-2017 sont un avant-goût de ce repli, d’une Amérique qui semble être émoussée par les appareils politiques.

Le citoyen non dupe a pris conscience d’une pratique techniciste de la démocratie. La complexité des lois, la difficulté de comprendre et de saisir le sens des normes, est manifeste. Le citoyen est dorénavant dans une posture de méfiance se sentant trahi par le désir du pouvoir et non le désir de servir, de ses représentants.

Le repli de la démocratie est un phénomène patent et manifeste mais complexe car il se mêle également avec le repli identitaire, la peur de l’étranger et son rejet comme dans la démocratie grecque. Il se traduit par le désintérêt des citoyens pour la chose publique, ce qui se traduit, par une baisse constante de l’investissement citoyen, de l’implication à déposer son bulletin de vote lors des grandes consultations citoyennes (élections des représentants, référendum).

La grande problématique de la démocratie, une des causes sans doute de son effondrement a été la recherche de l’égalité primant sur celle de la liberté. Cette dialectique des principes démocratiques mise en évidence par Tocqueville a fondé en partie l’un des symptômes probables d’une forme de dissolution du système démocratique tout entier.

Le sentiment mêlé de l’inutilité que représente l’acte de voter est devenu prégnant tout en mesurant que la démocratie a parfois fait émerger la tyrannie de la majorité qui méprise la contestation de projets de lois qui au cours des décennies sont apparus comme allant contre le bien commun des populations.

Mais sur point il convient d’être plus modéré et ne pas nécessairement dénoncer, comme du temps de Tocqueville, la tyrannie de la majorité, car la démocratie actuelle s’est plutôt transformée en tyrannie des minorités, et l’Etat se trouve de plus en plus contraint de se mettre à la remorque de revendications particulières et minoritaires, mais dont le lobbying est très puissant !

Le modèle institutionnel tel que nous le connaissons semble prendre fin, la démocratie faisant aussi émerger des personnages qui ne sont que le reflet d’une opinion, désacralisant au fil du temps la fonction pour laquelle ils ont été élus.

Parallèlement nous voyons l’émergence de nouvelles formes de diffusion des idées et de nouveaux canaux hors des assemblées traditionnelles où l’opinion influente s’exerce. Ainsi Internet a été un des vecteurs puissants de la révolution arabe dans les années 2000 notamment en Tunisie et en Egypte. Les réseaux sociaux ont démontré leur capacité de mobilisation des opinions publiques en suscitant des mouvements de foule, contestant les pouvoirs établis, sur les grandes places des capitales arabes tunisiennes et égyptiennes[2].

Daniel Cornu autrefois journaliste s’est longuement penché sur les usages d’Internet. Internet selon le journaliste peut apporter énormément au débat démocratique. « Il y a un énorme ‘plus’, dont il faut bien tenir compte et qu’il ne faut jamais oublier. Cet énorme plus, c’est simplement le fait que désormais, toute personne, tout citoyen peut s’exprimer, exprimer son opinion mais aussi donner des informations, avec des moyens légers, de façon simple et directe, sans devoir passer par les médias traditionnels. C’est une révolution. (…) On le mesure chez nous, dans nos vieilles démocraties occidentales, mais on le mesure évidemment encore plus là où il n’y a pas de démocratie. »

Les usages d’internet sont croissants et ont une emprise incontestable sur la diffusion des convictions, sur leurs cristallisations. Sur Internet les faiseurs d’opinions et leurs suiveurs s’installent dans de nouvelles agoras pour catalyser leurs follower’s (adeptes en français), puis débattre avec passion. Je ne crois pas pour ma part qu’il s’agisse d’une mode dont la temporalité s’inscrit dans l’éphémère.

L’ère numérique

et la promotion de l’individualisme

Nous passons d’une société de masse à une société où l’individualisme sera enserré dans le « nous » du web.

Le monde du web et les technologies numériques, ont peu à peu compris puis intégré les usages et les nouvelles pratiques sociales qui caractérisent à la fois la modernité consumériste et la société contemporaine de plus en plus familiarisées avec le monde des écrans. Le monde numérique a été adopté par l’individualisme qui est attaché à notre ADN social, nous avons peu à peu déserté les agoras, les lieux publics, les assemblées où l’on se rencontre pour vivre l’expérience de la société Internet : société « marchandisée et monétisée » avec ses nouveaux temples, ses nouvelles enseignes, ses nouvelles marques.

Les individus consomment, commandent de chez eux, effectuent les transactions, les opérations bancaires, téléchargent, commentent l’actualité à partir de leur écran

Les innovations technologiques ont permis de renforcer l’autonomie des usagers, améliorer le fonctionnement en réseau. Ainsi la consultation intuitive et conviviale des sites sur la toile du WEB a su s’adapter aux lectures des internautes et faciliter toujours plus leur emploi.

Les technologies ont amélioré puis conditionné dans une certaine mesure les pratiques débutantes, les nouvelles habitudes émergentes en renforçant par là même les nouvelles façons consuméristes de vivre le monde numérique.

Les usagers consommateurs, se sont au fil du temps appropriés les technologies numérisées.  Ces technologies vont à nouveau être façonnées, adaptées, ajustées en fonction des pratiques sociales   familiales et citoyennes.

Nécessairement la vie politique sera tôt ou tard impactée par les usages et les pratiques du web, forcément les usages et les pratiques vont contribuer à inventer un nouveau modèle de vie citoyenne avec un effet de bascule dans un nouveau monde à inventer la démocratie sur Internet.

La démocratie passera-t-elle par Internet ?

Par capillarité s’impose un remodelage de la vie sociale et de la vie économique, nous avons montré la révolution numérique en marche dans tous les domaines de la vie sociale, culturelle, économique. Le chamboulement qui s’organise est celui de la fin des intermédiations.  L’habitude est prise, celle de l’autonomie du citoyen qui gère sa vie sociale à partir de son écran, il pourrait demain gérer la vie politique de son moniteur, se persuadant qu’il s’agira là d’un modèle où sa voix pourra compter, peser, son opinion enfin prise en compte.

Le « Web participatif » est porteur d’une dynamique interactive a contrario des médias cathodiques qui véhiculent une forme d’homélie monologue et d’apathie des esprits indolents, passifs incapables finalement d’interagir avec un media ex cathedra.

Ainsi les nouvelles formes d’organisation numérique ne se réduiront pas exclusivement à la vie sociale, et ne se cantonneront pas à transformer les univers économiques et industriels. Ces organisations ou ces nouvelles cités du web répandront, diffuseront la bonne parole démocratique.   Internet à la faculté planétaire d’interconnecter les populations, les citoyens, les peuples, de permettre à chaque internaute de se percevoir comme influent, en capacité à porter une opinion qui changera le monde. Ainsi va la magie que donne l’illusion de ce nouveau pouvoir que représente le médium participatif ou le web participatif, la nouvelle agora numérique qui supplantera définitivement l’agora antique. Ces réflexions posent la question : l’état est-il la dernière variable pour penser, organiser et être l’expression de la citoyenneté ?

Toutefois le philosophe Charles Éric de Saint Germain auteur de la défaite de la raison a une position plus nuancée : « Je ne suis pas sûr que le retour à une démocratie participative rendue possible par le numérique, et qui soit un retour à l’idéal grec, soit un réel progrès par rapport à la crise actuelle de la démocratie représentative. Car la démocratie, à mon sens, ne peut fonctionner que si le peuple possède un haut degré de culture. Or aujourd’hui, le système éducatif étant en train de s’effondrer (alors que c’est lui qui justifiait la démocratie !), on peut penser que des représentants soient plus éclairés que le peuple, dont Rousseau (pourtant partisan de la démocratie directe) disait qu’il peut se tromper et se faire du mal sans le vouloir, car il n’est pas toujours éclairé dans ses choix. Contrairement à ce qu’affirment beaucoup, la « bonne représentation » (ou la bonne « démocratie représentative ») n’est pas celle qui exécute la volonté du peuple (qui ne sait pas toujours ce qu’il veut), ni celle qui sert ses propres intérêts de caste (ce qui est un danger opposé), mais celle dont la mission est d’éclairer le peuple sur ce qui constitue réellement le bien commun de celui-ci. Cela suppose que les représentants soient réellement des serviteurs du peuple… »

Mais nonobstant comme cela a été écrit sur un blog « les nouveaux médias semblent réussir cette alchimie nouvelle de transformer l’information en participation et la participation en action ». 

C’est ainsi que la verticalité de l’ancien monde risque de disparaître au profit de l’horizontalité, la fin des intermédiaires y compris des représentants d’institutions. Institutions qui pourraient être jugées demain poussiéreuses face à ce mouvement d’une modernité qui est en train de saper les fondements à la fois de nos représentations et pas moins celle de notre civilisation. Dès lors comment ne pas imaginer de nouvelles formes de démocraties plates, horizontales, « débarrassées de ses classes politiques », de l’intermédiation des élus du peuple. Cependant et nous en avons ici conscience, il n’y aurait rien de plus dangereux qu’une telle option horizontale : tout le monde voterait alors pour l’homme de l’année et c’est lui qui serait « l’élu » pour diriger la plus grande puissance ou n’importe quelle autre nation… !!!  Imaginez un instant les conséquences et les crises politiques majeures que susciteraient un tel changement de paradigme !

Récemment, nous avons pu observer l’émergence de mouvements dits « sociaux » trouvant leur force dans le relais des réseaux sociaux. Les réseaux sociaux ont agi comme caisse de résonnance d’une démocratie qui se cherche une autre légitimité : nuit debout, veilleurs, Ciudadanos… Si Internet ne s’en mêle pas, aujourd’hui on n’a pas réellement d’existence, d’ailleurs les politiques qui ont du nez ne s’y trompent pas en cherchant de plus en plus à se frayer un chemin dans ces nouvelles agoras.

Cette conception des institutions politiques qui pourraient se dessiner n’est finalement pas impossible compte tenu du désaveu dont ils font pour une grande partie d’entre eux l’objet. Internet pourrait répondre à la crise de la représentation qui se manifeste aujourd’hui résultant d’une abstention électorale croissante. Nonobstant ce n’est pas parce qu’on donnerait le droit de vote sur internet que les citoyens s’impliqueraient davantage.  La crise se situe au niveau de la représentativité, pas au niveau de l’accès au vote. Les frustrations du peuple sont multiples en réalité : Frustration au niveau du manque d’efficacité de l’État, frustration au niveau des candidats qui ne représentent qu’une infime partie de leur électorat, et donc, qu’une infime partie des administrés in fine. Par contre, en sens inverse, on voit l’émergence de mouvements citoyens grâce aux relais des réseaux sociaux dont la force contestataire irrite sans doute l’élu de la nation : Ciudadanos, Wikilieaks, Anonymous, etc.

Sur les réseaux sociaux, nous voyons la démultiplication des débats, la création de forums de discussions, d’échanges, de think tank, de laboratoires d’échanges et d’idées. Cependant ne sont créés que des mouvements et mobilisation d’opinions et agglomérat d’opinions à courts termes : Loi El Khomri (loi travail).

Ces forums qui deviennent de véritables agoras numériques sont des réservoirs à idées, des sources d’influence, des créateurs d’opinion. Ces forums sur les réseaux sociaux se démultiplient, les internautes se donnent le sentiment d’écouter, de débattre, parfois l’interaction rend impossible l’écoute, mais tant pis, l’échange persévère. Ces forums numériques n’augurent-ils pas ce que seront les assemblées de demain, des assemblées nationales numériques à l’ère du web participatif. Mais quel est leur réel pouvoir ? Ce pouvoir n’est pas légitime, mais légitimé par leur seule existence. Mais surtout exposé à tout vent de doctrine, à tout changement en fonction de l’humeur » ( le mood) du moment : like ? Pas like ? C’est le diktat des émotions, plus que le diktat des « motions ».  Diktat d’un consommateur-électeur qui change d’avis en fonction de paramètres multiples. La démocratie doit pouvoir résister au temps long, car sans stabilité politique, il n’y aura plus de démocraties stables.

Le Web

est-il en train de révolutionner la démocratie ?

Internet transformera sans aucun doute demain l’usage du bulletin de vote en s’appuyant sur le recours d’urnes tactiles, celles de nos écrans. Je parie que dans la prochaine décennie, nous verrons des projets pilotes, tests pratiqués en régions, mais cela va si vite, que cela pourrait prendre moins de temps que nous l’écrivons ici. Les citoyens internautes seront appelés à leurs écrans pour y déposer leur bulletin de vote de leur adresse IP. Le cri lancé sera « aux Ecrans citoyens… » « L’urne numérique », sujette non au « virus de la politique », mais aux virus informatiques, plus dangereux quand il s’agira de bloquer l’acte démocratique !

La machinerie web envahira toutes les sphères de notre vie quotidienne et sociale, renversera les pratiques, les modifiera de fond en comble. C’est une révolution qui est loin d’être utopique, elle est fondée, ancrée dans les nouvelles pratiques de consommation, dans des tendances lourdes.

Les réformes sociales, politiques vont s’engager et vont permettre la libération de ces pratiques par l’instauration de ces nouveaux usages de la démocratie facilitant dorénavant la consultation citoyenne qui épousera les pratiques déjà en cours. De nouvelles pratiques web qui devront à terme, encore s’accélérer.  Notons cependant des possibilités d’intervenir directement dans les débats que ce soit à l’assemblée générale (française) ou le parlement européen ou autres… en postant les remarques ou réflexions sur les pages de consultations dédiées. Aussi le développement accéléré des réseaux sociaux permet d’interpeller directement nos élus, là où avant il fallait attendre un éventuel passage près de chez nous ou d’écrire une lettre ou prendre rendez-vous.

Grâce aux médias sociaux, la Suisse s’est engagée sur des forums participatifs pour mener des discussions thématiques approfondies.  Le web constitue pour ce pays un puissant moyen de mobilisation des citoyens. La force de frappe et de séduction du web est maximale, il est en effet devenu possible grâce à des logiciels performants de traiter les verbatim, d’extraire du sens et d’identifier des catégories de pensées puis d’aboutir à des propositions qui seront le reflet de l’opinion citoyenne qui se sera exprimée sur les forums, les agoras du web participatif. Cette force est d’autant plus importante dans le débat politique que la distance est grande entre les élites et les administrés, les administrés auront le sentiment d’avoir été entendus, alors que la parole du citoyen lambda « Mr et Mme DUPONT » est en réalité méprisée.  Nous assistons à l’émergence d’une forme de « E. gouvernement » qui invente une nouvelle proximité citoyenne via le web, une gouvernance technicienne qui n’aura plus besoin d’intermédiation puisque la démocratie directe fonctionnera, la parole du citoyen DUPONT, relayée et traitée par la machine web, avec accusé réception et une lettre forcément personnalisée forcément satisfaisant pour l’égo de DUPONT.

Dans ce monde, les institutions telles que nous les connaissons, les pratiques gouvernementales apparaitront bientôt comme surannées. La révolution du web est en marche mais l’ersatz numérique pourra conduire au désenchantement des rapports incarnés, les échanges seront des « hyper textes » et n’envieront pas les débats houleux des assemblées politiques telles qu’elles étaient relayées dans les médias classiques.

Le monde politique est ainsi et sous nos yeux en train d’évoluer sans qu’il en soit réellement conscient que nous mutons vers une nouvelle plate-forme de la vie politique. Nos députés et nos vieux sénateurs n’auront bientôt plus qu’à s’inscrire à Pôle emploi ou prendre définitivement leur retraite, remplacés par des robots qui modéreront les débats et instrumentaliseront la démocratie humaine qui deviendra sans doute une démocratie de pacotille et bien entendue contrôlée, surveillée, entre les mains d’une forme d’humanoïde.

Nous sommes aujourd’hui dans un contexte néo populiste de désenchantement de la vie politique, avec l’émergence d’un courant anti parlementaire, il est fort probable qu’une idéologie techniciste porte en soi le souhait d’un simulacre de démocratie directe, ce qui a été testé socialement dans les univers de la consommation comme satisfaisant pourrait être finalement satisfaisant dans un monde politique à reconstruire sans intermédiation, comme l’est la société du web. Prenons conscience que le monde numérique, au fil de nos pratiques nous habitue à nous dispenser de l’interface humain.

Selon François Marie Charles Fourier philosophe du XVIIIème siècle, l’activité associée au commerce a introduit le libéralisme économique dont les principes mis en mouvement ont abîmé l’ensemble de la société en ancrant de manière durable l’individualisme, l’égoïsme dans l’esprit humain. Ce propos prémonitoire ne s’applique-t-il pas finalement à la société techniciste qui est la nôtre et les illusions qu’elle porte. Le web, cette société numérique chronophage et individualiste continuera sans nul doute à vampiriser les énergies, à absorber notre apathie à ne pas réagir face à la tentation de nous remettre à cette nouvelle offre de vie politique après avoir cédé à celle d’une vie sociale sans intermédiaires.

Ainsi pour le philosophe Fourier en son temps imaginait qu’économiquement, les individus soient rassemblés dans les phalanstères et échangeraient entre eux sans intermédiaires : il existerait selon lui de facto un lien direct entre la production et la consommation. Dans un tel contexte, l’Etat ne serait plus d’aucune utilité. « Des fédérations d’associations de travailleurs, librement rassemblés, pourraient se substituer à l’Etat ». N’est-ce pas ce que le monde WEB nous propose… ? Cette société numérique, cette république du WEB dans laquelle nos âmes ont sombré s’apprête à nous emmener dans son monde politique sans intermédiaires, de nouveaux phalanstères numérisés en quelque sorte. Une prospective folle, pas plus folle que celle imaginée par François Marie Charles Fourrier.

Cette perspective politique vraisemblable et qui découle de cette toile techniciste qui se dessine sous nos yeux me renvoie à ce texte d’apocalypse 13 : verset 5 et 7, je retranscrits ici la dernière partie de ce texte d’apocalypse mais qui est partagée comme dans une vision prémonitoire : « …Il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nation ». Ce terme il lui fut donné est en effet saisissant, une forme de pouvoir, mais rappelle la bible dans un temps limité avec un pouvoir limité, la Bête ne pouvant modifier les programmes de Dieu pour le monde.

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Séance introductive du séminaire “Intelligence artificielle, robotique et santé” de la Chaire Philosophie à l’Hôpital

Définition des concepts, des enjeux éthiques de l’IA et de la robotique dans la santé.
Focus sur l’arrivée des robots sociaux et affectifs pour le soin : quelles avancées réelles ? Quelles réflexions éthiques sont nécessaires pour ces machines apprenantes ?

Définition des concepts, des enjeux éthiques de l’IA et de la robotique dans la santé.
Focus sur l’arrivée des robots sociaux et affectifs pour le soin : quelles avancées réelles ? Quelles réflexions éthiques sont nécessaires pour ces machines apprenantes ?

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Sommes-nous arrivés le 2 Août 2018 à un point de non-retour ?

Auteur Eric LEMAITRE

Il y a quelques jours au sein de notre assemblée, un ami anglais évoquait cette image pleine de richesses et de sens, la dimension de cette vision partagée par Graham, avait un caractère spirituel, puisque elle faisait allusion aux « stratégies » de Dieu plus proches des sentiers que celles des autoroutes ou rails à grande vitesse. Dieu n’a jamais aimé les modèles des mégapoles, des industries gigantesques et l’emprise des empires sur les nations.

L’homme en revanche dans sa quête d’être l’égal de Dieu, s’entête à imaginer que son monde est sans limites. Dans un monde qu’il imagine toujours démesuré, sa vocation démiurgique est justement de transgresser les bornes de son environnement naturel, de dépasser les contraintes imposées par la nature, d’enfreindre et d’enjamber toutes les formes de Rubicon qui entraveraient la marche de l’humanité vers le progrès. La folie du progrès s’est alors construite sur l’espoir illusoire d’une humanité dont la mission serait de conquérir un avenir toujours meilleur. Or ce méta récit du progrès commencé  avec les Philosophes des Lumières qui se poursuit avec les idéologies « darwiniennes » et marxistes est aujourd’hui bel et bien récusé par des réalités géopolitiques, climatiques qui contredisent les apports d’une conception évolutive du monde orientée sur la dimension de lendemains toujours meilleurs.

« Cette idée d’un progrès possible » comme le soulignait le philosophe français Jean-François Lyotard, « probable ou nécessaire, s’enracinait dans la certitude que le développement des arts, des technologies, de la connaissance et des libertés serait profitable à l’humanité dans son ensemble », et de poursuivre son propos en soulignant qu’ :« Après ces deux derniers siècles, nous sommes devenus plus attentifs aux signes qui indiquent un mouvement contraire. Ni le libéralisme, économique ou politique, ni les divers marxismes ne sortent de ces deux siècles sanglants sans encourir l’accusation de crime contre l’humanité. »

Or ce 2 Août 2018 est non seulement précédé par une période juillettiste caniculaire, période assez marquante puisque ce mois de juillet fut considéré par les services de Météo France comme le mois le plus chaud depuis 1900 mais le 2 août est celui du basculement d’un monde qui va vivre désormais à crédit.

En effet, l’humanité dans son ensemble sera (nous avons écrit l’article le 31 juillet 2018) le 2 août 2018, confrontée à un problème qualifié de majeur. Nous sommes en effet sur le point de basculer et de connaître une rupture hypothétique ou définitive des ressources. Si rien ne change, nous allons à partir de ce 2 août, vivre à crédit sur le dos d’une planète épuisée par un consumérisme criminel et sauvage, irresponsable et un capitalisme qui ne s’est donné aucunes limites pour exploiter les ressources de la terre afin de donner satisfaction à l’insatiable besoin de nouveautés, exprimée par la totalité de ses consommateurs. En écrivant cet article, nous nous inclurons nous-mêmes dans cette critique, car comme consommateurs, sommes-nous certains d’avoir su donner des limites à nos propres envies ?

La qualification de problématique cruciale pour l’ensemble de l’humanité n’est pas une formule de plus, une exagération résultante d’un cerveau échauffé par l’élévation des températures, non cette qualification de problématique majeure est reconnue par la totalité des experts. Cette question de survie de notre planète puisque il s’agit bien de survie, englobe bien la totalité des grands équilibres qui touchent aux écosystèmes de la terre.

La terre ne pourra pas être en capacité à subvenir à la demande et aux besoins de tous ses habitants. Le productivisme sans conscience vide les ressources naturelles, assèche, pollue, détruit nos écosystèmes, perturbe notre environnement.

Les dérèglements semblent aujourd’hui s’amplifier, pourtant nous n’incriminerons pas l’explosion démographique et comme parfois nous le lisons, l’explosion démographique c’est davantage de consommateurs et donc… » ! Pourtant dans notre propos, soyons très clairs nous récusons en effet cette approche malthusienne des sociétés occidentales qui bien assises dans le confort de leur modernité, pointent les familles nombreuses qui vivent en Afrique ou en Inde et prescrivent des programmes eugénistes.

Or ces programmes mortifères   conduisant à des centaines de milliers d’infanticides et d’avortements sont sources de problèmes sociaux et de drames familiaux. Cependant le monde occidental dans sa course au progrès se contre fiche des conséquences toxiques de ces programmes eugénistes et ce de manière totalement irresponsable. Nos sociétés plongées en effet dans l’opulence matérialiste et dans la course effrénée vers le progrès technique ne remettent pas en cause les options idéologiques liées à la vision progressiste de la vie sociale, elles n’entendent pas faire machine arrière. Notre mode de vie n’est pas ainsi négociable, il est ainsi exclu avec un certain cynisme, d’accueillir les immigrés victimes de nos conquêtes industrielles et de taquiner les humeurs sourcilleuses des dévots du progrès.

Ce 2 Août 2018 nous serons très probablement confrontés à un réel déficit écologique. Pourtant il est encore possible de remettre en cause nos choix en termes de modèles et d’emprunter les sentiers plutôt que les rails à grande vitesse ou autres autoroutes industrielles. Nous pouvons viser le choix d’un redimensionnement de nos échelles de valeurs, la modification de nos périmètres en termes de conquêtes et réduire les espaces pour nous concentrer sur des cultures à hauteur d’hommes respectueux de l’environnement et prenant en compte la dimension de toutes les formes de besoins. Nous pouvons chercher une alternative à la puissance technique dominatrice pour la mettre à contribution et rechercher ensemble la préservation d’une qualité de vie à dimension humaine et cela passe nécessairement par les gestes du quotidien, boire l’eau de notre robinet plutôt que d’acheter des bouteilles d’eau en plastique, acheter des légumes frais plutôt que de consommer des plats cuisinés, faire du covoiturage, inciter la ville ou la commune à léguer des terrains pour favoriser le déploiement des jardins partagés, développer des quartiers qui favorisent les rencontres et les proximités de voisinages pour des échanges de services… Mais ici nous laissons votre plume pour témoigner cette révolution du quotidien à laquelle nous convions tous les lecteurs de notre site….

Face aux grands périls économiques, climatiques, sociaux, est-il encore temps de changer de modèle de vie ?

Auteur
Eric LEMAITRE

« Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes « gardiens » de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde ! Pape françois »

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La fin possible de l’humanité n’est plus une simple hypothèse envisagée de façon théorique. Cette fin est d’autant plus envisageable qu’elle est la résultante de phénomènes climatiques combinés avec l’existence d’un système productiviste et économique mortifère, qui tendent au fil de ces dernières décennies à s’accentuer et s’aggraver.

Certains experts annoncent la fin d’une partie de l’humanité dans les très prochaines décennies ou le prochain siècle, si d’ici-là nous ne changeons pas de modèle économique !

Entre délitement européen et basculement de l’ordre mondial, une nouvelle voie semble être à trouver, un nouvel équilibre à réinventer, mais autour de quel dénominateur commun : locaux, globaux, à l’échelle de l’homme ou à l’échelle planétaire ? Aujourd’hui aucune décision ne semble pouvoir être prise sans prendre conscience de ces deux échelons. Ces phénomènes climatiques intrinsèquement associés à l’expansion de la mondialisation de l’industrie et du commerce, semblent annoncer un véritable tsunami. Un péril réel du fait de l’élévation du niveau de la mer, qui impacte de nombreux pays notamment les villes côtières, auquel il convient d’ajouter une autre forme de péril, suscité par des troubles sociaux qui naissent des inégalités de plus en plus criantes entre le monde occidental et l’Afrique. A cela s’ajoute la surexploitation des ressources en eau, ainsi, la consommation aux Etats-Unis puise dangereusement dans les réserves : un américain utilise 700 litres d’eau par jour en moyenne. Les réserves se vident plus vite qu’elles ne se remplissent. Selon le site Agir pour la planète,

« C’est le cas de l’aquifère d’Ogallala qui, en approvisionnant la ville de Phoenix en Arizona, est prélevé 14 fois plus vite que son renouvellement naturel. »

Les changements climatiques affectent toute la planète

Les sécheresses gagnent l’Afrique subsaharienne et tropicale. Les changements climatiques affectent toute la planète et particulièrement l’ensemble du continent Africain. Il est inévitable, que les coûts économiques seront considérables, entraînant dans leurs sillages des migrations majeures, ce qui est le cas aujourd’hui en raison des situations extrêmes vécues par l’Afrique. Certes les migrations des hommes et des femmes en provenance d’Afrique ne sont pas seulement la conséquence des transformations climatiques, mais sont aussi en partie liées aux tensions politiques voire djihadistes qui fragilisent considérablement leurs pays.

Ce changement climatique, qui survient partout dans le monde, est aujourd’hui communément attribué et nous en sommes convaincus, à un modèle économique fondé sur une dimension de conquête outrancière du progrès. Nous assistons depuis la révolution industrielle à une mécanisation démesurée de la planète dans son intégralité. Tant et si bien que ce type de modèle fondé sur une confiance aveugle dans le ‘tout technologique’ risque inévitablement de compromettre le bien-être des générations à venir.

Les résultats écologiques de ce progrès sans conscience et sans solidarités, ont des effets désastreux pour l’ensemble de notre planète. L’industrialisation occidentale a délocalisé, puis exporté les dommages industriels, puis colonisé les nuisances dans les pays où elle est allée piller les ressources.

Nous avons créé des dépendances

Nous avons créé des dépendances via des dispositifs agroalimentaires fondés sur une dimension intensive en pensant que l’agriculture faisant usage, d’intrants chimiques fongicides, pesticides, serait en mesure de satisfaire les besoins de toute l’humanité… Longtemps, ainsi nous avons pensé que ce modèle était le seul à répondre aux besoins de l’humanité, or l’usage massif et productiviste de ce mode agricole a mis en péril les grands équilibres naturels et sanitaires, les grands équilibres des écosystèmes. Nous avons par ailleurs élargi les distances pour favoriser puis démultiplier les importations de marchandises au lieu de rendre possible les solidarités, en favorisant les productions locales.

Le monde « occidental »

mais également la Chine et le Brésil ont été soucieux et à bon compte d’exploiter les ressources

Le monde « occidental » mais également la Chine et le Brésil ont été soucieux et à bon compte d’exploiter les ressources. Ils n’ont nullement songé à tisser les coopérations nécessaires avec l’Afrique et parfois avec leurs propres populations comme au Brésil, à transférer les expertises, les compétences pour autonomiser les régions sous développées. En accélérant ainsi les processus d’échanges et une forme de mondialisation d’un modèle économique fondé sur la conquête et l’expansion, nous avons été les auteurs d’une forme d’injustice environnementale, sociale et économique. Nous avons appauvri l’humanité, nous avons contraint aujourd’hui ces populations à migrer, nous portons collectivement une lourde responsabilité en faisant apparaître les inégalités de plus en plus criantes entre le Nord et le Sud. Pour asseoir notre propos et nous ne serons pas exhaustifs sur ce sujet, nous pouvons citer le Brésil qui a joué un rôle destructeur et particulièrement mortifère en saccageant sa propre terre par l’extraction de minerais et de ressources forestières. Le même Brésil n’hésitant pas à briser des vies humaines, à écraser l’écologie, déraciner, puis réduire en poussière l’habitat des communautés autochtones.

À ce modèle agricole

aux effets finalement désastreux s’est ajouté notre adulation pour l’or noir

À ce modèle agricole aux effets finalement désastreux s’est ajouté notre adulation pour l’or noir, la consommation de pétrole, de tous les fossiles polluants. L’usage généralisé des fossiles savamment enterrés par la nature et déterré par les activités de l’homme, a conduit à l’émission de CO2 qui s’accumule dans l’atmosphère. Ainsi le monde industriel en surexploitant la nature a été responsable en grande partie des émissions de gaz à effet de serre, retenant la chaleur solaire et bouleversant en partie les conditions climatiques. Ce changement de paradigme climatique est connu sous le nom de réchauffement planétaire. Ce réchauffement planétaire a des incidences sur les chutes de pluies et autres phénomènes atmosphériques et climatiques, mettant en danger la vie humaine, animale et végétale du fait des conséquences potentiellement catastrophiques associées à ces changements.

Georges Bernanos dans son fameux livre « la France contre » les robots » publié en 1947, fustigeait la civilisation moderne responsable aujourd’hui des graves mutations connues à ce jour. Pour l’écrivain cette civilisation moderne s’est inscrite comme « une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure », nous pourrions ajouter une conspiration intégrale, une conspiration écologique contre l’homme et la nature.

En critiquant le choix civilisationnel du progrès, c’est l’esprit de ce monde qui doit être interrogé selon Georges Bernanos. Pour l’écrivain, c’est ce monde industriel qui n’a été rendu possible que par un long processus idéologique et économique qui ensuite a fait émerger cette mécanisation envahissante dans tous les processus de vie. L’humanité dans son ensemble a été ainsi bercée par l’idée du progrès non pas que cette idée soit en soi négative, mais elle a occulté la dimension de la proximité, des solidarités, des liens relationnels au profit des notions de performance, de compétitivité et du bien-être individuel.

L’humanité a voulu s’affranchir de l’échelle du jardin

Cette humanité a voulu s’affranchir de l’échelle du jardin, de la norme biblique du partage solidaire pour gagner coûte que coûte le bien-être individuel au détriment du bien commun. Au lieu de servir l’humanité, le capitalisme sauvage (libéral vs social) a préféré s’engouffrer dans l’économie de la rentabilité et de la dépendance plutôt que de favoriser les solidarités, les liens de fraternité et l’autonomie qui sont le gage de la liberté.

Depuis des décennies, il semblerait que l’industrie se soit employée à fragiliser la biodiversité, à épuiser les ressources du sol, à dérégler les climats, à dévaster les grands équilibres de la planète.

Il serait tout à fait sot de ne pas partager ce constat. Notre civilisation humaine est en effet malade, elle est menacée, menacée d’un péril grave en raison de la surexploitation chronique des ressources de la terre. Plusieurs chercheurs de différentes grandes universités américaines ont fait ce constat alarmant : « la demande de l’humanité en ressources écologiques exigerait une fois et demie la capacité de la Terre pour être satisfaite », or nous ne sommes pas loin d’avoir atteint les limites en termes de ressources, des ressources en nourritures et en eau.

Est-ce sans espoir ?

Allons-nous vers cette catastrophe annoncée, c’est-à-dire la disparition ou la fin de l’humanité comme il y a plusieurs millénaires, la terre avait connu la fin des dinosaures.

C’est inéluctable, d’autant que certains mettent une confiance absolue dans la technologie. S’il est vrai que la technologie a augmenté l’efficacité pour produire mieux et plus. Paradoxalement la même technologie n’est pas en mesure d’éviter l’échéance d’une catastrophe. Nous avons créé un modèle technologique fondé sur le progrès, mais c’est une technologie énergivore, orientée sur la surconsommation dépensière. C’est cette surconsommation qui aggrave les grands équilibres qui touchent la biodiversité, qui épuise la terre. Nous avons adoré la société de confort et nous avons chéri son standing, mais l’obtention du bien être fonctionnel s’est faite au prix de dégâts toujours plus croissants sur les écosystèmes de la planète.

La crise identitaire de peuples en colère à la fois contre leurs élites et contre les modèles économiques qui privilégient la mondialisation, et les fermetures notamment de sites industriels ( favorisant le chômage), pose également la question du modèle de vie. Les “cahiers du développement durable” posent cette question:

“En 2050, la population mondiale atteindra probablement les 9,3 milliards d’individus. Comment nourrir tout ce monde et répondre à leurs envies de consommation, alors que les ressources se raréfient et que l’état de l’environnement se dégrade ?”

Existe-t-il un autre modèle économique qui permettrait d’endiguer les catastrophes annoncées ?

Le Film « Demain » souligne avec force que dénoncer n’est pas suffisant, il faut aujourd’hui retrousser nos manches et investir de nouvelles solutions qui réconcilient par ailleurs l’écologie humaine qui crée du lien et l’écologie qui protège les ressources naturelles. Pierre Rabhi fait partie probablement de ces pionniers qui entendent préserver et promouvoir des techniques agricoles qui protègent l’humain, le vivant et la biodiversité. Oui, il existe ainsi des modèles agricoles, économiques et des exemples qui nous viennent également de Détroit aux Etats-Unis, de Todmorden en Angleterre et de France, qui vont à l’encontre des conceptions libérales de l’économie…

À partir de quels modèles économiques,

pourrons-nous sauver l’humanité et notre terre ?

Ces modèles remettent en question ou renversent la table des organisations industrielles productivistes qui envahissent les sols et les épuisent

Il faut ainsi comme l’exprime Coline Serreau “rétablir le lien honnête entre le champ cultivé et l’assiette de chacun”. La santé et la fertilité doivent notamment être améliorées en ayant recours à la plus grande biodiversité qui est la clé d’un véritable renouveau agricole. Cette agriculture doit se diversifier en reproduisant des mécanismes naturels à petite échelle qu’inspire par exemple la permaculture. Aujourd’hui un certain nombre de chercheurs et d’agronomes tendent à démontrer l’efficience du jardin agricole, des mini-fermes ou de champs à l’échelle d’une organisation sociale et solidaire améliorant considérablement les ressources. L’efficience se traduit par le fruit des récoltes issues d’une démarche respectueuse de la nature, tout en ayant un impact significatif sur une gestion qui n’a pas eu recours à une mécanisation outrancière. Les fruits d’une telle démarche ont pour conséquence d’activer une proximité avec le monde des villes en rapprochant les approches d’une agriculture qui facilitent les accès des friches industrielles auprès des habitants, ces mêmes friches qui pourraient être aménagés par les paysans faisant ainsi le lien entre le monde rural et le monde urbain.

À Détroit, des hommes et des femmes ont ainsi investi des zones industrielles abandonnées pour cultiver la terre et ont inventé des mini-fermes urbaines. Ces hommes et ces femmes ont ainsi démontré qu’en rapprochant les ressources nourritures dans les villes, ils réduisaient de façon significative la consommation de C02.

A Todmodern en Angleterre, est né le mouvement des Incroyables comestibles, des habitants ont transformé des rues en massifs potagers, ils y ont fait pousser partout dans la ville des jardinières de légumes des poireaux, des concombres, des radis pour rendre la nourriture gratuite et accessible à tous.

En France, des paysans ont expérimenté une agriculture sans pesticides et sans mécanisation outrancière qui démontre une rentabilité qui passionne les chercheurs de l’INRA. Ces paysans ont inventé un modèle qui serait de nature à répondre aux besoins de l’humanité, si l’expérimentation de ces mini-fermes s’étendait aussi à l’Afrique.
“Socialement équitable, économiquement viable et environnementalement vivable”

Il est important de réfléchir à un autre modèle économique à l’échelle de l’homme, qui serait un vrai grain de sel pour toute l’humanité, si elle cessait de croire aux lubies d’un progrès technologique exponentiel mais sans conscience. Un développement qui serait réellement “durable” déjà défini comme “socialement équitable, économiquement viable et environnementalement vivable”, semble être une voie possible, prenant en compte ces trois piliers, et dessinant ainsi une nouvelle feuille de route pour l’humanité et les marchés.

 Nous rejoignons

parfaitement l’appel du pape François :

« Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté : nous sommes « gardiens » de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement ; ne permettons pas que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde ! »

Ainsi comme chrétiens, nous devons viser au travers de nos vies une absolue cohérence avec ce mandat de prendre soin de l’homme, mais également de prendre soin de la création. Nos actes ont des effets papillon et ces derniers peuvent avoir des incidences positives ou négatives selon que nous avons été attentifs à gérer ce capital de vie avec l’attention qui nous a été demandée comme témoin de l’évangile.

Remerciements :

Nous tenons vivement à remercier Bérengère Séries pour sa contribution et ses apports riches.

Le transhumanisme : une entreprise de déconstruction spirituelle

L’idéologie transhumaniste comporte plusieurs dimensions qui sont l’expression d’un déni spirituel et d’un déni du monde réel ou naturel.

 La première dimension de ce déni est le rêve de l’immortalité, il convient de casser l’ADN qui nous enferme dans la mortalité, il faut ainsi dépasser la mort et gommer toute aspiration à un au-delà. Ray Kurzweil (https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Kurzweil), directeur de l’ingénierie à Google affirme, en toute bonne foi, que les progrès prodigieux de la technologie, nous feront atteindre bientôt l’immortalité !

Le deuxième déni spirituel s’inscrit dans l’affranchissement lié à l’encerclement du corps ; c’est la valorisation de l’individu, un individu libre de son corps qui se modifie lui-même, n’appartient à personne et pourtant absorbé par le monde collectif avec lequel il interagit.   

La troisième dimension de ce déni se traduit par l’addiction aux objets techniques qui conduisent l’homme à une servitude sociale. La vie numérique (les réseaux sociaux) qui devient finalement une forme de régulateur de la vie sociale, modalisant puis interagissant avec les habitudes et les attitudes des consommateurs de ces réseaux sociaux, voir demain pilotant les comportements consuméristes (la Babylone est marchande).

La quatrième dimension d’un déni spirituel et réel est celui d’une anti incarnation. Dieu s’incarne dans notre chair, nous invite à vivre des relations en face à face. Or l’humanité évolue dans des univers de dématérialisation, dématérialisation des produits et des services, dans des relations de plus en plus virtuelles ou nous échappons au réel, à une vie d’entraide faite de gestes et de rencontres, de vécus et de mains tendues.  Nous arrivons dans un univers ou l’atrophie des interactions sociales est devenue plus prégnante

Auteur Eric LEMAITRE

Le transhumanisme la manifestation d’un déni

L’idéologie transhumaniste comporte plusieurs dimensions qui sont l’expression d’un déni spirituel et d’un déni du monde réel ou naturel.

La première dimension de ce déni est le rêve de l’immortalité, il convient de casser l’ADN qui nous enferme dans la mortalité, il faut ainsi dépasser la mort et gommer toute aspiration à un au-delà. Ray Kurzweil (https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Kurzweil), directeur de l’ingénierie à Google affirme, en toute bonne foi, que les progrès prodigieux de la technologie, nous feront atteindre bientôt l’immortalité !

Le deuxième déni spirituel s’inscrit dans l’affranchissement lié à l’encerclement du corps ; c’est la valorisation de l’individu, un individu libre de son corps qui se modifie lui-même, n’appartient à personne et pourtant absorbé par le monde collectif avec lequel il interagit.

La troisième dimension de ce déni se traduit par l‘illusion de l’autonomie mais une autonomie contrariée par l’addiction aux objets techniques qui conduisent l’homme à une servitude sociale. La vie numérique (les réseaux sociaux) qui devient finalement une forme de régulateur de la vie sociale, modélisant puis interagissant avec les habitudes et les attitudes des consommateurs de ces réseaux sociaux, voir demain pilotant les comportements consuméristes.

La quatrième dimension d’un déni est celui de l’incarnation. Dieu s’incarne dans notre chair, nous invite à vivre des relations en face à face. Or l’humanité évolue dans des univers de dématérialisation, dématérialisation des produits et des services, dans des relations de plus en plus virtuelles ou nous échappons au réel, à une vie d’entraide faite de gestes et de rencontres, de vécus et de mains tendues.  Nous arrivons dans un univers ou l’atrophie des interactions sociales est devenue plus prégnante

Faut-il avoir peur du courant transhumaniste ?

Je ne sais s’il faut en avoir peur du courant transhumaniste, il faut surtout s’en inquiéter et c’est notre rôle d’éveiller les consciences.

« Ce n’est pas l’homme qui doit « s’augmenter » artificiellement mais bien les sociétés humaines qui doivent décroître jusqu’à rejoindre la mesure de l’homme »

Dans notre propos nous reprenons une réflexion de Tugdual Derville Directeur Général d’Alliance Vita  qui a longuement réfléchi sur les questions d’écologie et de transhumanisme.

Tugdual évoque La « barrière de complexité » du réel qui vient contredire les fantasmes prométhéens simplistes. La « mécanique » humaine est infiniment plus complexe que celle d’un ordinateur. L’intelligence artificielle a certes accompli des prouesses… Mais l’homme n’est pas qu’un cerveau, il est aussi un corps, en relation avec son environnement, un souffle de vie et un mystère…

En témoigne la complexité de ce qui se joue entre la mère et celui qu’elle porte : transmissions épigénétiques, interactions biologiques et psychologiques…

Dans la même idée si certes le philosophe Hegel[1] parle de l’art et non de la prouesse technologique, le philosophe montre la présomption de l’homme de vouloir copier et imiter la nature. Pour le philosophe cette tentative de copier la nature « ressemble à un ver qui s’efforce en rampant d’imiter un éléphant » ainsi selon HEGEL l’art ne peut pas rivaliser avec la nature.

En effet, l’ambition d’imiter la nature est vouée à l’échec. Les moyens dont dispose l’artiste ne lui permettront jamais de reproduire fidèlement la nature, dont le principe essentiel est celui de la vie. L’art ne pourra jamais que proposer une caricature de la vie.

 « …ce travail superflu peut passer pour un jeu présomptueux, qui reste bien en-deçà de la nature. Car l’art est limité par ses moyens d’expression, et ne peut produire que des illusions partielles, qui ne trompent qu’un seul sens. En fait, quand l’art s’en tient au but formel de la stricte imitation, il ne nous donne, à la place du réel et du vivant que la caricature de la vie… »

Hegel donne d’autres exemples à des fins de montrer « la prétention futile de ceux qui font de l’imitation de la nature la fin suprême de l’art : dans les deux cas, la valeur de l’œuvre est proclamée parce que des animaux se sont laissés tromper par la ressemblance de l’œuvre à l’objet nature ».

« En fait, quand l’art s’en tient au but formel de la stricte imitation, il ne nous donne, à la place du réel et du vivant que la caricature de la vie. On sait que les Turcs, comme tous les mahométans, ne tolèrent qu’on peigne ou reproduise l’homme ou toute autre créature vivante. J.Bruce au cours de son voyage en Abyssinie, ayant montré à un Turc un poisson peint le plongea d’abord dans l’étonnement, mais bientôt après, en reçu la réponse suivante:  » Si ce poisson, au Jugement Dernier, se lève contre toi et te dit: tu m’as bien fait un corps, mais point d’âme vivante, comment te justifieras-tu de cette accusation? « . Le Prophète lui-aussi, comme il est dit dans la Sunna répondit à ses deux femmes, Ommi Habida et Ommi Selma, qui lui parlaient des peintures des temples éthiopiens :  » Ces peintures accuseront leurs auteurs au jour du Jugement. « .

 Ce texte d’Hegel, illustre notre propos concernant l’IA, l’intelligence artificielle ne sera qu’une pâle copie, une imitation artificielle et ne saura rivaliser avec l’esprit de l’homme et son âme vivante. Il manquera à l’intelligence artificielle justement l’âme vivante.

 Dans ce livre nous avons également sollicité la lecture de plusieurs philosophes, et notamment d’un ami Philosophe, Chrétien lui-même engagé dans ce combat contre les idéologies ambiantes, contre les formes de régression engagées, de déconstruction de l’homme tel qu’il est.

Nous avons posé cette question à cet Ami que nous appellerons Philippe Nicodème et nous l’avons sollicité sur cette dimension transhumaniste touchant l’intelligence artificielle, ce qu’il pensait de cette distinction entre « Intelligence artificielle Faible et intelligence Forte »

Nous reprenons ici les propos de Philippe qui nous partage sa lecture sur la distinction entre intelligence artificielle et forte « Une réserve de fond sur la distinction « intelligence artificielle faible » et « intelligence artificielle forte ». La première est un état de fait et elle existe depuis longtemps ; elle est infiniment plus puissance que la puissance de calcul d’un cerveau biologique humain ; la seconde (intelligence artificielle forte) est un postulat. Rien ne dit ni ne montre qu’une machine puisse accéder à la conscience.

Matière, Intelligence Amour

Philippe affine son propos et ajoute  : « Avec de la matière, on ne fait pas de l’intelligence, pas une once ; avec toute l’intelligence du monde, on ne peut pas faire un peu d’amour, pas une once non plus ». Tout comme Blaise Pascal, Henri Bergson dans un essai, l’énergie spirituelle, le philosophe montre la dissymétrie matière pensée en soulignant que, s’il y a un lien entre cérébral et mental, depuis la cartographie du premier, on ne peut redessiner les pensées mentales.

Autrement dit, l’hétérogénéité radicale matière-esprit ne permet pas d’espérer l’émergence de la pensée consciente, contrairement à ce que prétendent les sorciers transhumanistes. Certes les algorithmes dans les prochaines générations seront capables d’automatismes hallucinants et conforteront les rêves transhumanistes qui se persuadent que l’on aura un jour de l’intelligence artificielle forte. Je ne dis pas qu’on n’y arrivera jamais ; ce que je veux dire, c’est que, comme pour le vivant, il faut déjà de la vie pour répéter du vivant ; de même pour la pensée, il faudra déjà de la pensée consciente pour espérer l’augmenter. Mais de la matière seule, on ne pourra pas générer un souffle de pensée consciente : ça, c’est dans l’imagination des scientifiques qui devrait faire un peu plus de métaphysique plutôt que de rêver comme des gamins à une immortalité qui n’aurait aucun sens…. »

Malgré les réserves formulées par le Philosophe, il n’est pourtant pas contestable que nous sommes « en route pour la démesure » avec cette volonté de redresser, de corriger notre sortie du Jardin de l’Eden, comme s’il fallait retrouver le chemin de l’éternité mais dans cette course folle vers un progrès sans conscience, n’est-ce pas la figure de la Bête qui se dessine subrepticement …. ! L’homme prométhéen devenu son propre Dieu. « Saurons-nous entendre ces signaux qui nous alertent sur les formes extravagantes du « progrès » ? » Propos du sociologue Yves Darcourt Lézat.

J’aime également ce propos partagé par Jean Michel BESSOU artiste et pianiste, un ami « l’Informatique ne peut améliorer ni créer la Vie, parce que le Numérique relève du rationnel et du Discontinu, tandis que la Vie dépasse le rationnel et relève du Continu. La technique tend vers le Zéro parce qu’elle est vide comme l’espace entre les particules, entre les étoiles ou entre les décimales de Pi. La Vie au contraire tend vers l’Infini car l’Infini c’est l’Un : étant continue, elle est pleine et substantielle. La tentative de l’ingénieur qui veut s’égaler à Dieu, de la Technique qui veut égaler la Vie, est aussi vaine que celle d’un miroir qui voudrait rayonner plus fort que le soleil qu’il reflète : cette illusion ressemble à celle du Mouvement Perpétuel, et le Rendement Égal À Un est un objectif inatteignable car c’est la projection symbolique de la prétention de l’Homme à égaler le Créateur. » Les logiciels vont s’approcher asymptotiquement de l’intelligence ou de la création musicale, la Chimie va se rapprocher indéfiniment de la création de la Vie qu’on nous annonce tous les cinq ans, ces buts ne seront jamais atteints ! On savait déjà qu’on ne soumet la Nature qu’en lui obéissant »

[1] HEGEL: Esthétique Collection PUF page 13.

Pour Elon Musk, l’intelligence artificielle revient à « invoquer le démon »

Elon Musk, est le fondateur des sociétés PayPal, SpaceX et Tesla Motors,  sa méfiance vis-à-vis de l’intelligence artificielle est exprimée à travers cette citation largement relayée dans les médias.

« Avec l’IA, nous sommes en train de convoquer le démon. Vous connaissez ces histoires où il y a un type avec un pentagramme et de l’eau bénite qui est du genre —’Ouais, il est certain de pouvoir contrôler le démon ? Ça ne marche pas»

Pour l’inventeur et entrepreneur, le développement de l’IA devra être strictement encadré car le deep larning  pourrait être plus grande menace à venir pour l’humanité.

https://www.youtube.com/watch?v=Ka5V4O1RXIw

La machine a-t-elle déjà surpassé l’homme ?

Les machines pilotées par des algorithmes pourraient-elles atteindre les niveaux d’une intelligence similaire à celle de l’être humain ? Les robots pourraient-ils demain   remplacer les êtres humains, conquérir la totalité de leurs compétences ? J’interrogeais il y a peu un ophtalmologue, s’il ne craignait pas qu’à moyen terme il ne soit remplacé par une machine capable de procéder à l’évaluation de l’œil en raison de la désertification médicale, du manque de praticiens et surtout de praticiens ophtalmologues. . Sa réponse était étonnante, il m’indiquait qu’il y avait peu de chances qu’il ne soit dans l’immédiat remplacé ! Or avant notre entrevue, son assistante, elle même « secondée » de tout un appareillage contrôlait ma vision, inspectait mes yeux afin de lui communiquer un premier bilan.   Cette assistante s’appuyait sur tout un appareillage spécifique qui lui permettait  :

  •  de vérifier l’état de ma cornée…
  • de dépister  d’éventuels anomalies
  •  de prendre la tension de l’oeil
  • d’examiner les  fonds d’yeux  …

Bref pas certain, que l’ophtalmologue ait encore besoin d’une assistante d’autant, que cette dernière se positionnait dans un protocole très technique et un registre peu avenant sur le plan relationnel, démontrant que la machine pouvait parfaitement se substituer à l’ensemble de toutes ses tâches….

Qu’est-ce que l’écologie intégrale?

« Quand on parle d’« environnement », on désigne en particulier une relation, celle qui existe entre la nature et la société qui l’habite. Cela nous empêche de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle. Les raisons pour lesquelles un endroit est pollué exigent une analyse du fonctionnement de la société, de son économie, de son comportement, de ses manières de comprendre la réalité. Étant donné l’ampleur des changements, il n’est plus possible de trouver une réponse spécifique et indépendante à chaque partie du problème. Il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux. Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature. » (Laudato si’ – paragraphe 139) 

L’écologie intégrale :

décrypter la crise écologique

"Il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux"

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Le concept d’écologie intégrale recouvre une compréhension profonde de la crise écologique et de ses déterminants ontologiques, politiques, économiques et financiers. En ce sens, nous l’avons explicité, il ne se laisse pas enfermer dans une vision qui en ferait une sorte de chapeau recouvrant d’une part l’écologie de la nature et d’autre part, l’écologie de l’homme. Ce serait un contresens qui ne ferait pas justice à l’insistance du pape François sur le caractère lié de ces deux problématiques :

« Quand on parle d’« environnement », on désigne en particulier une relation, celle qui existe entre la nature et la société qui l’habite. Cela nous empêche de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle. Les raisons pour lesquelles un endroit est pollué exigent une analyse du fonctionnement de la société, de son économie, de son comportement, de ses manières de comprendre la réalité. Étant donné l’ampleur des changements, il n’est plus possible de trouver une réponse spécifique et indépendante à chaque partie du problème. Il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux. Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature. » (Laudato si’ – paragraphe 139) 

Il faut souligner ici que contrairement aux idées reçues, la tradition judéo-chrétienne (Genèse 2, 15) décrit un être humain dont le devenir et l’épanouissement est lié à l’exercice de sa vocation de cultivateur et de gardien du jardin dans lequel Dieu l’a placé, après l’avoir planté Lui-même. De la même façon, l’épanouissement et la pérennité du jardin est liée à l’intervention de l’homme. Il existe donc dans cette conception anthropologique une profonde interdépendance des conditions réciproques d’épanouissement de l’homme et de la nature. En ce sens, il n’y a pas dans l’Eden de nature d’un côté et de l’humain de l’autre. Leur vocation est donc liée dans ce jardin désormais planétaire.

Tugdual Derville, Pierre-Yves Gomez, Gilles Hériard Dubreuil, co-initiateurs du Courant pour une écologie humaine

Lire la suite :
http://www.ecologiehumaine.eu/humaine-environnementale-integrale-point-sur-lecologie/

Sans éveil et résistance de la conscience, nous serons demain soumis aux Robots !

Simone Weil  « Le pire attentat, celui qui mériterait peut-être d’être assimilé au crime contre l’Esprit, qui est sans pardon, s’il n’était probablement commis par des inconscients, c’est l’attentat contre l’attention des travailleurs. Il tue dans l’âme la faculté qui y constitue la racine même de toute vocation surnaturelle. La basse espèce d’attention exigée par le travail taylorisé n’est compatible avec aucune autre, parce qu’elle vide l’âme de tout ce qui n’est pas le souci de la vitesse. Ce genre de travail ne peut pas être transfiguré, il faut le supprimer. »

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La conception idéologique et immanente du « système technicien » est de réduire l’ensemble des individus  à de simples rouages,  en raison de cette vision de la performance rationnelle de la société.

Nous entrons ainsi dans une  logique « d’augmentation progressive de la performance » qui :

  • consacre la technique tout en déconstruisant la dimension relationnelle
  • reconnait l’efficience de « la machine numérique » tout en dévalorisant la spiritualité.

Aussi ces citations de Simone Weil et Georges Bernanos sont oh combien éclairantes sur cette vision métaphysique d’une société qui subrepticement est sur le point d’accepter l’avènement de la  technocratie fruit du fantasme humain de répondre à l’ensemble de ses désirs mais ne réalise pas son prochain esclavage.

Simone Weil  « Le pire attentat, celui qui mériterait peut-être d’être assimilé au crime contre l’Esprit, qui est sans pardon, s’il n’était probablement commis par des inconscients, c’est l’attentat contre l’attention des travailleurs. Il tue dans l’âme la faculté qui y constitue la racine même de toute vocation surnaturelle. La basse espèce d’attention exigée par le travail taylorisé n’est compatible avec aucune autre, parce qu’elle vide l’âme de tout ce qui n’est pas le souci de la vitesse. Ce genre de travail ne peut pas être transfiguré, il faut le supprimer. »

Georges  Bernanos « Dans la lutte plus ou moins sournoise contre la vie intérieure, la Civilisation des machines ne s’inspire, directement du moins, d’aucun plan idéologique, elle défend son principe essentiel, qui est celui de la primauté de l’action. La liberté d’action ne lui inspire aucune crainte, c’est la liberté de penser qu’elle redoute »,