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L’éternité de la Nymphe Calypso est un jour comme un autre jour

Attribuée à l’aède Homère (fin du du VIIIème siècle av. J.-C), composée après l’Illiade, l’Odyssée relate le voyage entrepris par Ulysse à son retour de la guerre de Troyes et qui mit près de dix années avant de revenir à son île d’Ithaque sa patrie pour y retrouver sa famille. Dans l’épopée d’Ulysse et son retour à Ithaque, son voyage est mouvementé, éprouvé, perturbé, troublé et même dérouté par le Dieu Poséidon. Dans ce voyage tumultueux, un des récits, relaté par Homère s’arrête sur la mystérieuse nymphe Calypso, [celle qui dissimule]. La nymphe tente de le charmer, elle retient Ulysse pendant 7 années, éperdument amoureuse, la Nymphe lui promet l’éternité, mais cette éternité est un jour comme un autre, Ulysse se morfond et veut rentrer à Ithaque, retrouver sa femme Pénélope et son fils Télémaque.

Lors d’une étude biblique, un ami nous partagea cette parole de l’ecclésiaste « A quoi bon vivre deux fois mille ans, sans jouir du bonheur ». Ulysse ne sembla pas jouir de ce bonheur, Ulysse fut comme enveloppée par la Nymphe, mais cette éternité-là promise par la Nymphe était loin finalement de cette vie intérieure qu’il connaissait au sein de son Ile Ithaque, auprès de son épouse Pénélope, loin finalement de ce bonheur éphémère.

 Le bonheur en hébreu est Towb, ce qui signifie bien avec, être heureux, le bonheur nous renvoie en soi au bonheur intérieur, à un bonheur également partagé avec, à une joie également indicible.

Comme le monde de la Calypso, le monde transhumaniste qui promet la volupté factice d’une vie prolongée, évoque peu la dimension intérieure, la véritable intériorité recherchée par Ulysse celle de l’amour des êtres éphémères.  Le monde transhumaniste semble se focaliser sur la matière, la possession de la matière. Or réduire la vie à la dimension de la matérialité, c’est aliéner en quelque sorte le sensible, cette composante de l’âme, de la vie intime. Il vaut mieux vivre intensément cette vie intérieure sans être possédé par le monde des objets. Le transhumanisme est de fait une perte de sens, l’existentialisme transhumaniste ne rêve pas l’émotion, un jour est un jour comme un autre jour régulé par la matière interactive qui nous enveloppe (la calypso) et régit notre vie, qui entend aussi effacer le souvenir d’Ithaque, le ressenti au plus profond de soi, l’amour.

Le monde de l’homme augmenté est celui de la performance, de l’amélioration de soi [cognitif ou physique] mais non cette dimension de profondeur. Le monde transhumaniste entend abolir finalement la faiblesse, la fragilité, la finitude, l’éphémère, un jour dans cet univers de la vie prolongée sera un jour comme un autre jour. Est-ce là le vrai bonheur s’interroge le Qohèleth, celui qui s’adresse en hébreu à la foule, ainsi Salomon l’auteur de l’ecclésiaste aurait-il pu proclamer l’inanité, la vanité, la folie de cette vision partagée par les idéologues du transhumanisme d’une vie indéfiniment prolongée sans la quête relationnelle, sans la quête du bonheur, sans vie intérieure, sans réel lendemain.

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