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Faust et son rêve transhumaniste : le nouveau leurre

Faust[1] le transhumaniste

rêve de posséder toute la connaissance universelle,

Dans la quête aujourd’hui et d’une soif absolue des connaissances notamment dans les domaines de la génétique et des processus cognitifs qui touchent le domaine de nos cerveaux, les transhumanistes feraient bien de consulter cette fable écrite par Goethe à la fin du XVIIème siècle. Les transhumanistes déploient le même effort engagé par Faust, celui de la connaissance universelle qui prétend solutionner les problématiques vécues aujourd’hui par l’ensemble du genre humain et leur apporter le bonheur artificiel. Or ambitionner la connaissance parfaite des modes de fonctionnement de notre patrimoine génétique, des secrets qui touchent à toute la dimension du vivant afin de parfaire l’inachevé, est une forme de fable contemporaine, un autre épisode du fantasme du Docteur Faust qui espérait trouver le graal l’objet mythique de la légende arthurienne, présentant au monde de nouvelles connaissances lui permettant de lui ouvrir de nouvelles perspectives plus heureuses.

Johann Wolfgang von Goethe écrit une œuvre magistrale considéré comme l’une des œuvres les plus importantes de la littérature allemande « Faust ». L’histoire racontée par Goethe décrit le destin obsessionnel, funeste et tragique d’un savant frustré et déçu de ne pas parvenir à la connaissance universelle.  Ne trouvant finalement plus aucune certitude dans son art, peiné de ne pas aboutir à son projet  il finit par désespérer, tant et si bien qu’ il songea de mettre fin à sa vie.  Sur le point de basculer, Faust passe une forme de contrat, de pacte avec le Diable, ce dernier a la permission de Dieu de pervertir son âme et d’assouvir ses désirs. Le mythe n’est pas tout à fait une fiction, puisque le personnage de Faust qui a inspiré Goethe a été rencontré par le réformateur protestant Martin Luther, le personnage côtoyé par Martin Luther, pratiquait la magie noire et affirmait qu’il était capable de produire des miracles identiques à ceux accomplis par Jésus, il confessa même à un autre moine d’avoir fait don de son âme à Satan, « être sien dans l’éternité ».

 Pour revenir à l’œuvre, dans cette fiction écrite par Goethe, Faust est un alchimiste qui aspire depuis son plus jeune âge à posséder la connaissance universelle, de sonder les secrets de l’univers et de dévoiler les mystères qui entourent la création.

 Méphistophélès est l’émissaire de Satan, il apostrophe Dieu et évoque la situation de Faust commentant sa soif infinie de connaissances. Méphistophélès décrit alors l’ambition démesurée du Docteur Faust sa frustration permanente. Dans ce dialogue l’émissaire de Satan souligne son état psychologique « Il est demi-conscient, je crois, de sa folie. Il voudrait décrocher les étoiles des cieux, Se gorger des plaisirs les plus délicieux Et rien, proche ou lointain, de ce qu’offre la vie ». Pourtant Dieu a compassion de l’état de Faust et le dépeint comme étant simplement dans l’obscurité, Dieu souligne qu’il le conduira bientôt à la lumière !  Méphistophélès provoque alors Dieu et lui lance le pari de détourner Faust, de pervertir son âme « Bon ! Que pariez-vous ? Je vais, à mon plaisir, Vous le gagner aussi. Donnez-moi donc licence. Tout doucement, de vous le pervertir ! ».

Le début de ce dialogue me fait songer à celui de Job, c’est Dieu qui se promène sur toute la terre et voit l’âme de son serviteur Job et invite Satan à prendre note que Job dans toute l’humanité est un homme à part, un homme juste ! Il est vrai qu’entre Job et Faust, la différence de nature est significative, Job est un homme prospère, il sert Dieu, c’est une âme juste, la situation de Faust est à l’inverse, c’est une figure totalement opposée,  antagoniste, Faust a un appétit démesuré de connaissances, et c’est un homme frustré sur le point de capituler faute de parvenir à ce fantasme de connaissance universelle.

Et c’est ainsi qu’à la porte de la mort, le docteur Heinrich Faust, alors qu’il songe à se suicider, sympathise avec le diable qui lui promet le bonheur. Avant son entrevue avec l’émissaire de Satan, Faust l’âme tourmentée affiche son découragement « J’ignore le doute et n’ai peur ni de l’enfer, ni de son diable… Mais je suis, pour cela, privé de tout bonheur, Je cherche vainement quel savoir véritable Je pourrais enseigner à l’homme misérable Pour le reconvertir et le rendre meilleur ! ».

Le transhumanisme joue manifestement ici le rôle de Méphistophélès enseigner à l’homme comment le rendre meilleur et lui conférer des pouvoirs artificiels [surnaturels], dans le sens ou l’augmentation surnaturelle physique et cognitive s’apparente à un dépassement des limites dans lequel l’homme est encarté.

Le transhumanisme professe ainsi et finalement la libération de l’homme en artificialisant le bonheur.

Le transhumanisme promet le bonheur, le paradis artificiel en échange pour l’homme de lui abandonner son âme, toute vie intérieure comme nous l’avions déjà mentionné. C’est cette dualité du bonheur qui au cœur de la promesse transhumaniste. Le transhumanisme c’est finalement l’imposture de Méphistophélès, le miroir aux alouettes, les fausses promesses. Les transhumanistes sont de la sorte les marchands de la vie artificielle qui veulent nous faire goûter leurs pilules, nous faire essayer leurs prothèses magiques mais détruisent en échange notre âme, ce qui fait l’intime et le mystère de la vie.

[1] Pour accéder et lire l’œuvre de Johann Wolfgang von Goethe  http://www.rocler.qc.ca/cduret/usher/faust.html

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