Transhumanisme

L’apparition du transhumanisme !

Dépendance et fascination pour les nouveaux pouvoirs de la technologie.

Dans ce chapitre et les chapitres suivants nous mettons en évidence le cheminement idéologique post moderne qui voit l’avènement simultané de la technoscience[1] et du transhumanisme.

Le transhumanisme se définit d’emblée comme une idéologie intriquant une vision scientiste et une conception progressiste de l’homme (Nous reviendrons plus largement sur cette vision dans ce chapitre).

Cette idéologie remet en cause les fondements touchant à la fois l’essence humaine en tant qu’identité et à la nature qui caractérise le vivant, l’origine humaine puisqu’il s’agit de casser les barrières homme et machine, de casser les codes du vivant et de matière inerte, en les intriquant, en les entremêlant. Selon une nouvelle formule définissant l’homme dans cette vision postmoderne, l’être humain se réduit à un programme. Un programme puisqu’en effet la génétique a su déchiffrer le génome, et en déchiffrant, il serait donc possible de codifier puis pas moins de reprogrammer l’homme.

En découvrant puis appréhendant la charpente du génome, la science sans conscience s’autorise à manipuler, à modifier la structure du corps, à combiner et implémenter les pièces de la matière et les pièces de la nature humaine. Le savant transhumaniste s’ingéniant à se transformer en couturier démiurgique, assemblant le monde cybernétique et l’ADN humain.  Ainsi l’être humain ne sera plus « anthropos » mais un être technique.

Cette idéologie n’est pas seulement fondée sur la foi inconditionnelle dans les progrès illimités de la science, mais elle est ancrée à la fois dans une vision réformatrice qui touchera à toutes les dimensions de la vie sociale, culturelle et économique. Le transhumanisme en proposant une redéfinition de l’homme, fonde ainsi une vision rénovatrice de la société en l’articulant autour de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle, poussé par une envie de survie et d’immortalité.

Dans un texte[2] de Hannah Arendt, extrait de son livre l’homme moderne, de manière quasi prémonitoire, l’auteure prédit les dérives du monde moderne « Il se pourrait, créatures terrestres qui avons commencé d’agir en habitants de l’univers, que nous ne soyons plus jamais capables de comprendre, c’est-à-dire de penser et d’exprimer, les choses que nous sommes cependant capables de faire… S’il s’avérait que le savoir (au sens moderne de savoir-faire) et la pensée se sont séparés pour de bon, nous serions bien alors les jouets et les esclaves non pas tant de nos machines que de nos connaissances pratiques créatures écervelées à la merci de tous les engins technologiquement possibles, si meurtriers soient-ils »

Cette réflexion d’Hannah Arendt est infiniment profonde, puisqu’elle nous renvoie à la dimension même de penser et à l’abandon qui nous guette de la léguer à la machine qui pourrait avoir la faculté de penser à notre place.  Le « Ne plus penser et ne plus exprimer » extrait de la citation de Hannah Arendt est infiniment prophétique puisque la Philosophe nous renvoie à cette domination de la machine cybernétique dont elle n’imaginait ni l’étendue ni les possibles, ni l’extravagance ni la tentation de rendre corvéable l’homme.

Cette machine cybernétique dont nous pourrions bien devenir addictes. En abdiquant peu à peu notre faculté de gouverner le monde, nous lui abandonnons les commandes au profit de son ingénierie, son intelligence artificielle et ses facultés d’auto apprentissage. Ainsi Hannah Arendt a raison, ce n’est pas le progrès technique qui devrait nous alarmer et nous amener à méditer sur les usages de la machine, mais notre propre rapport à la technologie, autrement dit notre probable dépendance et notre fascination pour ses nouveaux pouvoirs.

Cette technologie doit nous faire examiner comment organiser notre savoir de façon à ce que son développement exponentiel ne nous réduise pas définitivement à ne plus penser, au point que nous devenions de simples marionnettes numériques, des jouets et des esclaves à l’image des êtres humains guidés par le monde des « Pokémon ».

Le transhumanisme est-il un nouvel humanisme ?

Le « Nouvel Humanisme »[3] est un courant de pensée, contemporain visant une transformation du monde, aspirant à un changement de civilisation et à l’émergence d’une nation humaine universelle fondée sur des valeurs de diversité, d’égalité, de connaissance au-delà de ce qui est accepté comme vérité absolue.

Donc à la question le transhumanisme est-il nouvel humanisme, la réponse est probablement oui, mais diffère sans doute de ce courant auquel se rapporte notre début de réponse. Pour répondre de façon plus explicite, la question appelle d’emblée de préciser, de définir les deux termes qui forment le mot transhumanisme.

En effet le mot transhumanisme est la jonction des termes (préfixe) Trans et (suffixe) humanisme.

Trans : radical (préfixe) d’origine latine qui signifie de l’autre côté.

Humanisme : Si le terme humanisme étymologiquement découle du mot latin  « humanus » (cultivé), le terme humanisme désigne également un courant culturelphilosophique et politique, marqué par le retour aux textes antiques,  né au cours du XIVème XVème et XVIème siècle qui propose un « modèle humain »

Ce courant Intellectuel rassemblait des érudits manifestant une « appétence » pour les savoirs dans tous les domaines de la connaissance humaine, ces érudits humanistes comme Pétrarque[4], Erasme[5], Pic de la Mirandole[6] plaçaient l’homme au cœur de l’univers et considéraient l’homme comme étant doté de facultés intellectuelles quasi illimitées.

Le mot Trans associé à humanisme annonce donc d’un point de vue philosophique, un changement de paradigme, un autre monde, un monde inédit, le passage d’un monde ancien à un monde nouveau, la fin d’une époque et sa culture pour entrer dans un nouvel âge, une nouvelle histoire de l’humanité.

Le « transhumanisme » présente incontestablement des analogies avec la période historique de la renaissance mais les orientations, différent, la vision humaniste en effet est une vision du libre arbitre focalisée sur l’homme donnant une place centrale à l’homme, l’homme qui n’est pas soumis au déterminisme. En opposition la vision transhumaniste est une vision dominée par une approche purement mécaniste de l’homme, réduisant les phénomènes de la nature à des lois sans âme et sans vie, une vision mécaniste assimilant l’homme à un assemblage de matières qu’il est possible de corriger, d’améliorer et de performer.

Ainsi au XVème siècle l’humanisme se renforce comme mouvement intellectuel émergeant d’une période de crise spirituelle profonde héritée des premières remises en causes humanistes du siècle précédent et dévoile des analogies fortes avec notre propre époque.

Des analogies en effet avec notre époque actuelle qui est traversée par des mutations et crises importantes affectant la société dans son ensemble et plonge l’humanité dans une forme de vacuité et de vide spirituel.

Le transhumanisme s’inspire en partie des conceptions philosophiques de l’humanisme du XVème et du XVIème siècle de par ses similitudes et ce souci de proposer également un nouveau modèle humain considérant que l’homme a un rôle actif, impliqué dans la quête du savoir. Bien entendu le transhumanisme s’éloigne de l’humanisme en rompant avec sa philosophie à l’origine de conception chrétienne, en allant encore plus loin puisqu’il s’agit de refonder cette fois-ci l’anthropologie, d’arguer d’une nouvelle mutation nécessaire de l’espèce humaine. L’humanisme du XVème et XVIème siècle est née d’une époque en mutation, une révolution sociale avait été alors engagée, celle qui se dessine aujourd’hui avec le transhumanisme relève plus d’une déshumanisation que d’une humanisation du monde, d’une ouverture des esprits sur la culture, il s’agit davantage d’une époque qui naviguera sur les surfaces des écrans loin d’approfondir la lecture des livres sorties des imprimeries de Gutenberg.

Le transhumanisme ou le déni du réel

Nous entrons dans un monde ou le rapport au virtuel est plus prégnant ou le rapport à l’autre s’atténue, s’efface.  Nous sommes dans le monde de l’immédiat, d’ici et maintenant, nous entrons dans l’ailleurs, de l’autre côté, hors du lieu et du temps. L’espace technique se substitue à l’espace naturel, le forum numérique à l’agora, le virtuel à la rencontre de l’autre.

La révolution numérique nous fait entrer dans la dimension du monde désincarné. Quelques exemples illustrent notre propos :

  • Dans le monde de l’entreprise l’habitude chez les salariés est de s’adresser des courriels, l’usage des courriels devenant quasi envahissant, phagocytant la concentration, mobilisant toute l’attention.
  • Nous entrons également dans l’ère du télétravail avec ses avantages et ses inconvénients, l’inconvénient étant de nous éloigner de la sphère des relations tangibles, des contacts avec les autres, du face à face.
  • Le monde des réseaux sociaux est un monde de cyber espace donnant l’illusion narcissique d’exister pour les autres, mais en réalité nous nous détachons de la rencontre avec l’autre, bien qu’il soit aussi concevable que cela suscite l’envie de rencontrer l’autre puis d’incarner la relation. Mais l’usage de contacts numériques nous fait inévitablement entrer dans un espace virtuel nous détachant de l’existence tangible et temporel.

Ainsi le virtuel est l’absence de rapport à la réalité, l’absence d’un rapport au tangible, il n’y a plus un temps, un réel, un espace objectif, mais des temps et des espaces, des temps et des espaces parallèles au-delà de nos espaces réels et tangibles, que nous voudrons créer.

Au quotidien et en partant d’exemples non exhaustifs nous sommes également des usagers d’objets qui peu à peu, subrepticement, nous familiarise à un monde virtuel et transhumaniste …

Ainsi :

  • de plus en plus d’entreprises n’ont plus recours à des imprimés, transmettent des données ou des documents dématérialisés,
  • des hommes et des femmes pour favoriser leurs rencontres ont recours à des agences matrimoniales numériques, ce sont les algorithmes mathématiques qui décident lors des rencontres, des profils les plus idoines.
  • d’autres croient participer à des jeux ludiques mais sont également pilotés par des algorithmes et ils deviennent sans en prendre conscience, les produits de ces machines.
  • pour leurs activités physiques, des sportifs du quotidien ont recours à des bracelets connectés, de véritables capteurs d’activités pour tracer la dépense d’énergie.
  • Enfin de plus en plus de maisons sont connectés à des portables, des tablettes numériques et vous pouvez à distance préparer la tasse de thé ou de café au moment où vous arriverez chez vous, attendu par de gentils robots qui auront peut-être fait le ménage chez vous.

Je citre ici Laurent Alexandre[7] Chirurgien urologue militant du transhumanisme, dans l’émission Qu’est-ce que l’homme. Ainsi “On a de plus en plus de technologies très transgressives qui sont acceptées massivement par la société. En réalité la société devient massivement transhumaniste sans en connaître le mot.”

Le transhumanisme est porté par l’un des géants du monde numérique

Le transhumanisme est un courant idéologique porté principalement par l’un des Géants du WEB, la société Google. Ce courant idéologique dont emblématiquement la société Google est le porte-parole, propose une nouvelle lecture de l’homme (« trans ») au-delà de l’homme, un nouveau modèle anthropologique[8] par-delà l’encerclement du corps qui enferme l’homme dans cette idée de finitude et de mortalité.

Ce modèle anthropologique se résume comme la volonté explicite de corriger le génome humain entaché par l’imperfection génétique puis de glisser subrepticement vers l’amélioration performée de l’espèce humaine et l’émergence d’un nouvel homme, aspirant enfin à l’immortalité.

Le transhumanisme s’appuie sur la révolution numérique, demain une nouvelle révolution quantique[9] et technique pour engager la transformation radicale et sans limites de la société, comme autrefois l’humanisme s’est adossée à la révolution de l’imprimerie pour diffuser la connaissance, transformer la société en lui donnant accès au savoir. Les grands imprimeurs ont été eux même des humanistes tel Robert Estienne à Paris[10] ou l’Orléanais Etienne Dolet.

Via l’idéologie transhumaniste, une nouvelle conception de l’humanité se profile, elle est à la croisée d’une nouvelle transgression :

  • une volonté explicite de s’affranchir du monde réel,
  • de briser les barrières de la matière,
  • de dépasser la finitude telle qu’elle s’incarne dans le monde naturel,
  • d’engendrer de nouvelles révolutions …

… Révolutions anthropologiques, culturelles, théologiques, sociales et économiques dans une dimension du Nous « Collaboratif ». Une nouvelle Babel s’instaure, porteuse d’une vision d’une humanité sans Dieu, du refus de la souveraineté de Dieu.

Les valeurs, les croyances fondamentales qui caractérisent la vision transhumaniste l’opposant au monde tel que nous le connaissons à ce jour 

L’idée centrale du transhumanisme est de promouvoir le recours comme l’usage des nouvelles technologies (nanotechnologie[11], biotechnologie, technologie de l’information, découvertes des sciences cognitives, ce qui inclut aussi l’intelligence artificielle, la robotique, etc ).

La vocation fondamentale qui caractérise l’idéologie transhumaniste s’inscrit dès lors dans la volonté d’améliorer la condition humaine de façon radicale.

La valeur idéologique principale de ce courant repose notamment sur l’ambition de prolonger la vie humaine au-delà des limites naturelles (ralentissement, voire inversion du processus de vieillissement), amélioration de capacités physiques, sensorielles, cognitives et émotionnelles pour permettre de nouvelles expériences de pensée, de dialogue, de compréhension réciproque, d’interaction, de partage, et la découverte de notre environnement.

Les valeurs déclinées autour de cette volonté d’améliorer la condition humaine, s’articulent sur le souhait de faire émerger :

  • La société collective et communautaire versus Société clientéliste
  • La société de l’autonomie régulée dépassant le libre choix
  • La consommation durable par opposition à l’obsolescence programmée
  • La société virtuelle et dématérialisée à l’envers de la société réelle
  • La société servicielle et collaborative une avancée en regard de la société industrielle et capitaliste

Le transhumanisme ou l’idéologie (prométhéenne) de quoi s’agit-il exactement ?

En effet, une idéologie est un système structurant, modélisant une représentation du monde dans lequel nous vivons, c’est également un système de concepts et d’idées à partir desquels la réalité est pensée, une façon de se représenter et de voir le monde.

Dans ce contexte, le transhumanisme à travers son université (la singularity université basée à San Francisco) se définit comme un mouvement d’intellectuels, de savants et d’érudits technicistes. Le transhumanisme embrasse une idéologie prométhéenne[12] qui est ancrée dans une conception matérialiste et scientiste[13], fondamentalement liée au développement économique des nouvelles technologies.

Le mouvement transhumaniste valorise en effet, prône l’usage des sciences et des techniques afin :

  • de développer les capacités humaines,
  • d’augmenter les capacités physiques comme cognitives,
  • de dépasser les limites de l’homme conférées par son ADN, la finitude qui caractérise l’homme,
  • de casser la barrière liée à l’encerclement que constitue en quelque sorte le corps humain.
  • De susciter l’émergence d’une prétendue nouvelle économie sociale ou la totalité du monde numérique serait à votre service.

Citons Tugdual Derville[14] « Le transhumanisme participe pleinement d’un projet idéologique visant à ce que l’homme puisse se donner lui-même sa propre forme, en refusant de se recevoir d’un donné naturel pour lui signifiant ». C’est le refus de sa condition de créature au profit d’une tentative d’auto-divinisation

A quoi ressemble le futur pour les transhumanistes ?

 Pour les transhumanistes, il convient de dépasser la mort biologique. Améliorer le corps, défaillant par nature. Transformer le génome, modifier l’ADN. S’affranchir le plus possible des limites physiques, des limites de l’encerclement dans lequel nous enferme le monde réel.

Les transhumanistes revendiquent la liberté absolue d’augmentation corporelle et cérébrale en nous affranchissant de toute dimension corvéable, de toute attache, libérée enfin du sol.  Une volonté en quelque sorte d’en finir avec la « punition » divine : « C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière »[15].

Le futur transhumaniste est un chemin néopaganiste, une anti religion au sens de la relation, qui peut conduire au post humanisme dont l’apothéose est l’intelligence artificielle, la créature de l’homme devenue autonome mais restant une matière sans esprit, libre de toute contingence pour ne laisser que le conatus[16] spinozien aux commandes d’un corps transcendé. Tant et si bien que pour atteindre ce but il faut impérativement éteindre l’âme, ce pont vibrant créé par Dieu et incorporé à son environnement pour le relier à un monde réel et tangible.

Pour reprendre l’intuition du philosophe Levinas qui ira jusqu’à affirmer que « la technique nous délivre des attachements terrestres, des « dieux du lieu et du paysage » dont elle nous a montré « qu’ils ne sont que des choses, et qu’étant des choses ils ne sont pas grand-chose »[17]. C’est ainsi que nous pourrions résumer le futur transhumaniste tour à tour réalité augmentée et réalité virtuelle, une forme d’éden ou d’ersatz, d’un bonheur perdu que l’homme tente de réparer ou de retrouver le chemin du paradis mais sans réconciliation avec le créateur.

Les quatre prochaines révolutions du transhumanisme…  

Les bouleversements en réalité brève échéance sont à la fois métaphysique, anthropologique, culturelle et économique :

  • La révolution métaphysique, une nouvelle gnose, il faut reprendre en main un monde imparfait, un monde « raté » ou non abouti et c’est à « l’homme et à lui seul» d’engager le changement, de transformer le monde, de fonder le nouvel humanisme sans transcendance.
  • La révolution anthropologique : Il faut dépasser l’encerclement du corps, se démarquer du corps sexué, du corps fini, du corps mortel, il faut ainsi s’affranchir des limites inhérentes à l’humanité – le corps sexué, la finitude de l’homme, et la mort inévitable.
  • La révolution culturelle, il faut quitter l’ancien monde, assurer le bien-être planétaire, maximiser les services gratuits, collaboratifs ou participatifs, créer une intelligence collective qui pense l’équilibre et l’harmonie des éco systèmes, le développement durable de la planète.

Dans cette dimension collective Il faut réaliser l’autorégulation des composants écosystèmes et des humains pour favoriser la vie et s’en remettre demain à une supra intelligence artificielle qui assurera la régulation, c’est le réveil du Mythe de Gaïa[18]. Selon ce mythe tous les êtres vivants sur Terre formeraient ainsi un super organisme interagissant entre eux et assurant en fin de compte leur harmonie — appelé « Gaïa », d’après le nom de la déesse de la mythologie grecque personnifiant la Terre.

Ainsi dans cette révolution culturelle, le monde numérique de Gaïa grâce à la magie algorithme façonne le devenir des rencontres et des inter actions humaines en intervenant comme une agence matrimoniale.

  • La révolution économique, supprimer la verticalité, les circuits de distribution avec intermédiaires, inventer de nouveaux paradigmes et modèles économiques en renversant les institutions obsolètes Pôle Emploi, Les Navettes taxis. Dans cet univers totalement numérisé, l’homme percevra l’univers virtuel comme un monde à son service. Le monde économique sera alors remodelé puis gouverné, voire totalement supplanté par les algorithmes mathématiques qui déjà scrutent les modes de vie, établissent des profils de consommation, anticipent les marchés, les fluctuations boursières sont devancées par toute une machinerie de calculs qui font l’économie d’un recours à des interventions humaines.

Pourquoi tenions-nous à aborder dans cet ouvrage collectif le thème du transhumanisme ?

Comme Chrétiens, nous considérons que notre devoir est de savoir… :

  • …observer les signes des temps de les discerner,
  • …comprendre les mutations qui s’organisent,
  • …lire les changements qui s’opèrent à l’aune des Saintes Ecritures qui nous fournissent des

   clés pour comprendre où va le monde,

  • …expliquer ainsi à nos concitoyens afin de participer activement à l’éveil des consciences.

A l’heure de la mondialisation et d’une mondialisation accélérée des idéologies mortifères, il importe pour nous Chrétiens de connaître la nature des nouveaux paradigmes, des changements qui interviennent à l’aune des écritures décrivant en des termes si particuliers que les événements qui se dévoilent à nos yeux se voient confirmés par ces mêmes écritures comme étant prédits ou plus précisément prophétisés

A l’instar du Professeur Jérôme Lejeune[19] « Il faut clairement dire les choses, la qualité d’une civilisation se mesure au respect qu’elle porte aux plus faibles de ses membres. Il n’y a pas d’autre critère de jugement. » Or nous sommes en passe de changer de paradigme, la vulnérabilité, la finitude, comme la fragilité doivent être relégués à des mondes anciens qui seraient les facteurs aliénants. Le monde nouveau se construira autour de promesses technologiques, de progrès susceptibles demain d’enchanter le monde, mais toujours de progrès qui seront l’expression d’un eldorado qui détruira les valeurs fondatrices d’une civilisation ou l’on prend soin de l’humain, du plus fragile, du plus vulnérable.

Il est ainsi étrange de constater que tout une tradition idéologique ignore délibérément semble-t-il et très largement, la valeur de la vulnérabilité qui est quasi absente des discours philosophiques, hormis chez quelques auteurs qui ont su aborder la dimension de la déficience de l’homme.

« Comment pouvait-il en être autrement déclare le Philosophe Michel Terestchenko s’il s’agit pour tant de philosophes – de Platon à Kant, en passant par les Stoïciens ou Descartes – de nous mettre à l’abri, de nous apprendre la voie de l’autosuffisance, de la non dépendance, de la prééminence de la raison sur les émotions et les sentiments, autrement dit de nous apprendre à être le moins vulnérable possible ? »

Pourtant la vulnérabilité fait sens pour beaucoup d’entre nous, l’apôtre Paul n’affirme-t-il pas que « quand je suis faible, alors je suis fort »[20]. Or la vulnérabilité n’a-t-elle pas quelque chose à nous enseigner sur notre propre humanité.

La vulnérabilité nous invite en effet, nous qui pensons certainement « être forts » et dans « la norme sociale  » (efficaces, performants…), à prendre soin des plus faibles. Sans doute est-ce, à certains égards, une bonne chose que de témoigner de compassion, de vigilance pour les autres.

A l’endroit de nos enfants, de la famille nous entendons témoigner notre vigilance pour tous les enfants vis-à-vis de toutes ces idéologies mortifères et de l’esprit artificiel engendré par la puissance de l’idéologie qui veut façonner un nouvel homme libéré de ses stéréotypes, de la puissance de la technique qui nous laisse croire artificiellement à notre propre invulnérabilité.

[1] Néologisme mettant en évidence le caractère intriqué des liens entre les sciences et les techniques.

[2] Hannah Arendt citation extraite de son livre Conditions de l’homme moderne, Calman-Lévy, Paris 1961. P 9-10

[3] http://www.mouvementhumaniste.fr/nouvelhumanisme.htm#nouvel

[4] Pétraque (1304 – 1374) considéré comme le premier humaniste

[5] Erasme (1469-1536) élabora une conception de l’homme qui se définit indépendamment de sa foi religieuse et doué d’un libre arbitre.

[6] Pic de la Mirandole (1463-1494), appelé le « prince des érudits ».

[7] Laurent Alexandre, est un chirurgien-urologue français, il se passionne pour les questions qui touchent au transhumanisme et aux bouleversements que pourrait connaître l’humanité.

[8] Anthropologie :  Le terme anthropologie vient de deux mots grecs, anthrôpos, qui signifie « homme » (au sens générique), et logos, qui signifie parole, discours. L’anthropologie est la synthèse des différentes sciences humaines et naturelles. L’anthropologie dans son étude de l’être humain s’intéresse à sa diversité biologique et à sa diversité culturelle

[9] Ordinateurs quantiques : Construire des ordinateurs qui puissent interagir : voir, écouter, dialoguer. Développer des moteurs de recherche intelligents, qui comprennent ainsi la demande de leurs usagers

[10] Robert Estienne, est un humaniste qui établit sa propre imprimerie, succédant ainsi à son père Henri Estienne, premier d’une lignée d’imprimeurs réputés.

[11] Nanotechnologies : Ensemble des études et des procédés de fabrication et de manipulation de structures (électroniques, chimiques…), de dispositifs et de systèmes matériels à l’échelle du nanomètre (nm), ce qui est l’ordre de grandeur de la distance entre deux atomes Source Wikipédia.

[12] Dans la mythologie grecque, Prométhée est un Titan, il aurait conçu les hommes à partir d’eau et de terre. Prométhée fait en sorte que l’Homme puisse tenir debout, Prométhée donne à l’homme un corps, distingué et proche de celui des dieux, il enseigne aux hommes l’art et les métallurgies. Dans la mythologie grecque et qui est l’essence même du mythe prométhéen, Prométhée va être en guerre contre les Dieux et après la victoire des nouveaux dieux dirigés par Zeus sur les Titans, Prométhée va se rendre alors sur le char du Soleil avec une torche, dissimule un tison dans une tige creuse et donne le « feu sacré » à la race humaine. Le feu dans la mythologie grecque, représentait la divinité.

[13] Scientiste : Selon Ernest Renan n (1823-1892), le scientisme entend ni plus moins « organiser scientifiquement l’humanité ». Il s’agit dès lors d’appliquer à la vie sociale et dans toutes les sphères de la vie les principes et méthodes de la science moderne.

[14] Tugdual Derville est un des trois initiateurs du courant pour une écologie humaine, il a fondé l’association À bras ouverts pour organiser l’accueil par des accompagnateurs bénévoles d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes porteurs d’un handicap mental. Il est également Directeur Général d’Alliance Vita. Cette association s’est engagée à promouvoir la sensibilisation à la fois des publics et des décideurs à la protection de la vie humaine. Il est également l’auteur du livre « Le temps de l’homme ».

[15] Citation du livre de la Genèse chapitre 3 verset 15 dans la Bible version Louis Segond.

[16] Terme latin qui signifie l’effort « l’effort » d’exister, autrement dit de persévérer dans l’être constitue l’essence intime de chaque chose selon Spinoza

[17] Emmanuel Levinas (1906-1995) :  Dieu, la mort et le temps, p. 194, Grasset et Fasquelle, Livre de poche, 1993.

[18] Gaïa : Déesse grecque qui personnifie dans la mythologie, la terre. Sans l’aide d’un mâle elle met au monde Ouranos qui personnifie le Ciel. Avec Ouranos son fils, elle engendre les Titans et les Titanides, les Cyclopes et les Hécatonchires.

[19]  Jérôme LEJEUNE 1926-1994, médecin et professeur de génétique découvreur de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21.

[20] La Bible : 2 corinthiens chapitre 12. Verset 40

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