Gender, Société

« Gender Egalité » et « Création Différences » : Deux visions qui s’opposent

Un article d’Eric LEMAITRE

« Les solutions totalitaires peuvent fort bien survivre à la chute des régimes totalitaires, sous la forme de tentations fortes qui surgiront chaque fois qu’il semblera impossible de soulager la misère politique, sociale et économique d’une manière qui soit digne de l’homme. »
Hannah Arendt, Le système totalitaire, 1951.

Une forme d’obsession, de prérogatives  exacerbées traversent le monde depuis l’origine des temps et touchant à la dimension de l’égalité. Cette revendication teintée d’équité peut également renvoyer à  une forme de justice dévoyée et paradoxalement de pensée totalitaire.

A partir de la citation du texte d’Hannah Arendt reproduite plus haut, je souhaitais une nouvelle fois aborder les idéologies issues des « gender studies » dans cette perspective, évoquer la tentation forte qui est d’imposer une conception de la civilisation.

Par simplification de langage, le idéologies issues des « gender studies » seront désignées, dans ce qui suit, par le terme « idéologie Gender ».

La philosophe allemande Hannah Arendt définit l’idéologie comme la « logique d’une idée » ; elle enseigne qu’à partir d’un postulat (par extension, je ferai référence aux prémices du Gender « Une femme ne nait pas femme, mais elle le devient »), le totalitarisme se fera toujours fort de donner un sens aux événements et de re-codifier de nouvelles règles pour penser la société dans cette nouvelle dimension de l’égalité pour tous.

Le projet divin associé à la création n’est pas l’uniformité

Cette volonté d’atteindre l’égalité à tout prix peut être source en réalité de souffrances et de disharmonie. Ainsi, dans cette revendication du mariage pour tous, pourquoi dénier le droit à tout enfant d’avoir une figure maternelle et paternelle ? Or, c’est justement ce que l’idéologie GENDER entend déconstruire pour annihiler ce droit.  En m’inspirant de René Girard, on peut dire que l’on parvient au totalitarisme lorsque le désir d’égalité poussé à son paroxysme parvient à anéantir le désir de différence.

Je crains que, dans l’identité des genres portée par une idéologie égalitaire, ce n’est ni plus moins que l’être sexué qui soit aboli. L’abolition de l’être dans sa dimension biologique le sera par la force de la loi. Le mouvement Gender est un mouvement idéologique qui porte en lui, disons-le, les germes d’un despotisme  qui finira par codifier, légiférer, décréter. Donnons-nous rendez-vous sur un horizon de temps court pour l’observer, et non quelques décennies pour apprécier les changements qui interviendront au sein de la civilisation.

Force est ainsi d’observer qu’en Allemagne, des lois liberticides ont été promulguées. Ainsi, « une mère de douze enfants a été condamnée à 43 jours d’incarcération pour avoir refusé d’inscrire trois de ses enfants dans le programme d’éducation sexuelle dans une école primaire locale. »

http://www.christianophobie.fr/breves/allemagne-une-mere-de-famille-nombreuse-chretienne-condamne-a-de-la-prison-ferme-pour-avoir-refuse-les-cours-deducation-sexuelle

Or, à travers l’idéologie Gender, c’est l’être en réalité qui régressera, et je crains qu’il ne s’agisse pas d’une renaissance mais bien d’un déclin absurde du fait d’une transgression des lois divines.

Si une renaissance aberrante de l’homme est ainsi en cours (promesse du Gender), cette renaissance connaitra un effet accélérateur par la biotechnique, susceptible de faire émerger l’individu à multiples identités sexuelles du fait des modifications génétiques qui sont devenues aujourd’hui possibles, altérant, déconstruisant l’origine même de l’identité.

La pensée moderniste et les chantres de la renaissance de l’être dans l’apologie du genre, louent paradoxalement le multiculturalisme, la diversité, tout en appelant à l’égalité. En réalité, c’est l’uniformisation humaine qui se dessine, une nouvelle civilisation du genre qui se construit subrepticement.

D’une certaine manière nous assistons par couches superposées à une forme subtile de processus de sédimentation, à la lente édification des briques de Babel… Nous assistons finalement à un projet de dé- création du projet divin qui fut de créer l’homme et la femme à la fois dans leurs différences et leurs complémentarités.

Pour insuffler l’idéologie du Genre, il me paraît évident qu’au delà de la loi qui décrétera et codifiera les changements sociaux devant intervenir, il faudra bien entendu s’adosser sur l’action publicitaire et faire du Gender Marketing pour modifier les balanciers et les codes sociaux, objets de nos représentations actuelles. Je tiens ici à souligner que, bien entendu, je ne valide nullement la marchandisation du corps féminin que je trouve abject et parfaitement dégradant pour l’image même de la femme.

L’idéologie du Genre finira par s’adosser aux fantasmes d’un marketing totalitaire (eh oui, j’y reviens au mot totalitaire) qui surfera sur les vagues de nouvelles représentations à insuffler à l’ensemble du corps social.

En imposant de nouveaux codes et de nouvelles lectures de la société, le marketing Gender s’est déjà engagé à travers la marchandisation des corps.  Après la femme objet, voici l’homme devenu objet, l’homme androgyne, juste retour du balancier mais forcément dépravant une certaine image de l’être humain en abaissant l’homme à une dimension purement consumériste et narcissique. Narcisse, dans la mythologie grecque, est ainsi fasciné par l’image qu’il renvoie de lui-même, il se désire lui-même, il est tout à la fois le propre sujet de son amour, « l’amant » et « l’objet aimé ». Le marketing Gender est ainsi la promotion d’une forme d’idolâtrie de soi à l’envers d’une relation de deux amants s’attirant dans leurs différences sexuelles.

Force est de reconnaitre que le genre, déstructuration de la civilisation, est une construction philosophique à l’opposé de l’enseignement que nous puisons dans les Ecritures…

En effet, dès la genèse, Dieu sépare les éléments (les eaux/ la terre, la lumière/ la nuit). Dieu crée l’altérité et la diversité, la différence et la complémentarité, en tirant de la cote d’Adam son vis-à-vis à la fois différent et complémentaire, la femme.

Mais l’homme, dans sa séparation comme dans son éloignement avec le Créateur, déconstruit pour uniformiser peu à peu dans le déni définitif de Dieu. L’humanité est viscéralement entrainée sur le principe de l’égalité que le Serpent a soufflé dans les oreilles dès les débuts de la Genèse (ce texte de Genèse ici est particulièrement interpellant).

Le genre est fondamentalement contraire au projet divin qui n’est justement pas l’uniformité. Dieu veut la différence, la diversité et non la monotonie des éléments, l’écologie et l’harmonie, l’interaction des éléments et non l’imbrication qui ne conduiraient à aucune fécondité, aucune fertilité, aucune créativité…

Babel est finalement un univers d’égalités. A son propos, le théologien Steiner partage une intuition intéressante : « Les différences de langue peuvent être interprétées comme une rébellion contre les contraintes de l’universalité non différenciée, une lutte de la diversité contre l’universalité. » Je trouve l’approche particulièrement profonde et nous renvoie aux textes de l’Apocalypse (je fais également référence à la lecture du livre de Philippe PLET Babel ou le culte du bonheur : la modernité décryptée par l’Apocalypse)…

« Vous serez comme des dieux » – Genèse 3.5

Rappelons que le Serpent, tel que le rapporte le livre de la Genèse, voulait l’égalité et le suggérait à Adam et sa Femme Eve dans son programme de déconstruction : « Vous serez comme des dieux… »

« Vous serez comme des dieux » nous renvoie inévitablement au mythe de Prométhée, la folle tentation de l’homme de se mesurer à Dieu, la recherche de l’équivalence, une course effrénée vers l’égalité, un déchainement vers la ressemblance.

Il y a, dans cette poursuite de l’équivalence, une forme de mimétisme exacerbé, une façon de considérer l’altérité comme insupportable, comme injuste. René Girard, penseur et philosophe chrétien, met en évidence une vision conflictuelle de l’imitation qui conduit à voir la différence comme discriminante et profondément injuste.

L’idéologie du genre, adossée à une vision dénaturant la réalité anthropologique de l’humanité, se veut en quelque sorte légitime et réparatrice de cette injustice.

Le programme « gender » fonde en quelque sorte une nouvelle religion, celle de la relativisation qui est une réécriture de l’histoire de l’humanité en imposant et décrétant une vision dénaturant la sexualité homme et femme en la transformant en genre. Le genre remplace le sexe, nous assistons ici à un processus d’évolution sémantique, une NOVLANGUE.

Cette idéologie, selon ses penseurs, se fonde sur une théorie (« études ») qui ne saurait être, bien entendu, contestée, une forme de Ministère de la vérité dans laquelle la science est abusivement sollicitée et que rapporte prophétiquement Georges Orwell, auteur de ce concept de NOVLANGUE.

Le « Vous serez comme des dieux » est ainsi une volonté de dénaturer l’ordre, la dimension écologique de la nature, la réalité des écosystèmes rapportée dans le livre de Job : « La connaissance ultime de la Création, son origine et son point de départ, appartient à Dieu. » (Job 38-39)

Le programme « gender » est, d’une certaine façon, la volonté de transgresser, d’annihiler la différence avec Dieu. L‘idéologie vise ni plus ni moins la déconstruction des rôles de l’homme et de la femme, la modification de l’ordre même de la nature. Ce programme de déconstruction  a débuté dès les origines de l’humanité, dès lors que l’égalité avec Dieu a été insufflée.

Je trouve matière à réfléchir dans les textes de l’apôtre Paul qui ont fait couler beaucoup d’encre. Il est assez étrange de faire ce constat : dès que l’apôtre parle de la femme, beaucoup entendent réfuter l’apôtre sur ce point, lui contestant d’avoir été inspiré.

Aujourd’hui, vu les contextes et en regard des épitres écrits par l’apôtre, je pense que nous ferions peut-être bien de réfléchir à nouveau, non sur une codification à imposer à nos églises, mais sur nos rapports « Homme et Femme ».

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