Anthropologie

Le gender : un dévoiement de la passion pour l’égalité

Notre monde est traversé par des crises plurielles. En l’espace de trois décennies, nous avons connu les mutations les plus importantes jamais vécues dans l’histoire de l’humanité. Nous assistons à une forme de déchristianisation programmée de la société, la volonté insidieuse d’effacer, de gommer toutes les traces de l’éthique judéo-chrétienne dont notre société a été imprégnée depuis deux mille ans.  Nous changeons de paradigmes, les valeurs sociales fondées sur la famille sont remises brutalement en cause, de nouvelles idéologies participent de ce changement radical. C’est cette idéologie que nous souhaitons ici mettre au grand jour à travers le concept « gender », car l’idéologie « gender » entend bien se débarrasser de toute référence judéo-chrétienne en combattant ses valeurs, en prônant la norme sociale et l’évolution des mœurs comme le nouveau modèle social à promouvoir.

Les études du Genre

Le pédopsychiatre Vincent Rouyer rappelle que « les gender studies avaient pour but plutôt louable au départ de démontrer que la domination de l’homme sur la femme était de nature culturelle et acquise. De fait, il a existé et il existe encore des cultures et des sociétés matriarcales. (D’après certains anthropologues, c’était le cas des premières sociétés préhistoriques qui d’ailleurs auraient été caractérisées par leur grande violence.) Nonobstant, les auteurs de ces études sur le genre se sont crus obligés pour ce faire de nier la différence homme femme. Je ne reviendrai pas sur les arguments scientifiques qui viennent contredire ces hypothèses et qui sont admirablement développés dans le reportage du norvégien Harald Eia»

Je cite à nouveau Vincent Rouyer : « Ce qui me semble par contre complètement pervers, c’est l’idée d’articuler systématiquement la différence avec un rapport hiérarchique (en tout cas en ce qui concerne la différence des sexes) ; d’où l’origine de cette théorie du genre. Pour dénoncer le lien dominant/dominé, on supprime tout simplement la différence. »

L’autre point, selon Vincent Rouyer, « c’est l’impression que l’on cherche à détruire un ordre qui s’est créé autour des valeurs fortes héritées tant du christianisme que de la philosophie gréco-latine pour ce qu’elle a de meilleur, à savoir le respect de la vie humaine et son caractère inaliénable, tout en maintenant le fait que l’homme n’est pas lui-même sa propre mesure. Ces valeurs tant qu’elles étaient liées les unes aux autres ont permis à l’humanité de progresser car elles étaient fortement cohérentes, même si elles portaient un idéal sublime et difficile à atteindre. Ce qui caractérise notre société moderne, c’est justement la perte des idéaux et de la cohérence. On s’appuie sur certaines valeurs chrétiennes, non pour exalter les autres mais pour les combattre. Ainsi nous parle-t-on sans cesse d’amour et de sincérité au mépris de la vérité. L’amour n’en sort pas grandi, bien au contraire. J’ai du mal à percevoir un ordre nouveau dans tout cela tant la déconnection du réel est flagrante. Si un ordre nouveau sort de ce chaos, il ne pourra être que totalitaire. »

Une idéologie revêtant les habits de la science…

Ainsi une nouvelle idéologie  est de nature à faire basculer l’ensemble de notre société en le produisant sur de nouvelles normes susceptibles de déstructurer ses fondements millénaires.

Citons en outre l’intellectuel juif Shmuel Trigano : « L’inscription dans la Loi, dans l’univers des symboles, de la normalité d’une famille reposant sur le couple homosexuel représente […] un enjeu qui engage la façon de comprendre l’humain. C’est une manipulation anthropologique. C’est d’abord sur ce plan fondamental que la question se pose, bien avant les plans moral, philosophique ou religieux. »

Un ordre ancien fondé sur une société sexuée, la complémentarité, l’altérité homme et femme inspirée des valeurs judéo-chrétiennes et prenant sa source dans le livre de la Genèse, est susceptible de rentrer en collision avec un nouveau modèle sociétal, une forme d’ordre nouveau, celle du genre, la société dessexualités. Société des sexualités se fondant sur la loi du « genre », masculin ou féminin, libérée en quelque sorte du sexe biologique, dans le cadre d’une disparition des « hommes » et des « femmes »

Cette nouvelle norme sociale conteste la différence complémentaire. Si elle revendique l’égalité homme/femme, sa posture est l’égalitarisme : ni homme, ni femme… ni père, ni mère.

Selon le concept gender, les études sur le genre postulent en effet que « l’homme et la femme n’ont pas de dynamisme naturel qui les pousserait l’un vers l’autre » : seuls les conditionnements ou les déterminants sociaux rendraient compte de cette inclination. Par ailleurs, les tenants des études Gender aiment citer Simone de Beauvoir: « Une femme ne nait pas femme, elle le devient ». Ces mêmes études contestent la reconnaissance de la différence réelle et tangible d’une femme en regard de l’homme.

Pour Simone de Beauvoir, l’absence de « destin anatomique » relève en effet d’un postulat que l’on voudrait asséner comme une vérité fondée sur la seule construction de la dimension sociale niant ainsi l’aspect naturel (anthropologique).

Or  l’identité masculine comme féminine, l’identité de la femme comme celle de l’homme sont aussi des corolaires de leur sexe biologique. Cela ne les réduit pas pour autant à des rôles à jouer dans la société mais les invite à vivre en complémentarité en regard de leurs identités sexuées et différenciées.

C’est une erreur de penser aux seuls destins imposés par les éducateurs. S’il est vrai que les apprentissages dans les repères naissent aussi de déterminants sociaux, ils peuvent aussi et fondamentalement constituer des repères justes relevant de la transmission de valeurs au-delà de la norme sociale, construisant ainsi l’homme et la femme à des fins de rencontres épanouissantes, complémentaires, fécondes et fertiles.

Il est vrai que les détracteurs de la manifestation du 13 janvier contre le « mariage pour tous » répondront que l’identité n’est pas une qualité innée, statique, qu’elle est la résultante de l’interaction dynamique avec un environnement qui conditionne le devenir de l’être. Je connais ces références et, comme socio-économiste, je ne les conteste d’ailleurs pas. (J’adhère aux thèses de Bourdieu et ses travaux sur l’habitus.) Dans la théorie du genre, ce que je conteste, c’est de façonner idéologiquement la société à d’autres apprentissages, de lui fabriquer à son insu d’autres repères.

Mais au moins qu’il nous soit donné la liberté de poursuivre la transmission de ces « convictions repères » qui sont la reconnaissance de la différence réelle et tangible d’une femme en regard de l’homme !

Les études du Genre voudraient nous faire dire que les caractères sont interchangeables entre hommes et femmes, que les marqueurs identitaires des sexes sont à relativiser. Pourquoi le contesterions-nous ?

Pourtant la différence entre un homme et une femme nous semblent significatifs sur le plan de leurs comportements, de leurs émotions, de leurs sensibilités. Il serait manifestement peu honnête de le nier… sauf si l’expérience du couple homme-femme ne relevait pas du vécu.  Que dire de l’expérience de la maternité que nul homme n’a intrinsèquement vécu dans sa chair et qui façonne le caractère unique de la femme-mère ?

Prenons également l’exemple de la dimension symbolique de « l’épaule » qui peut faire sens dans la vie des couples homme et femme, notamment dans sa dimension de protection et de capacité à affronter le danger, d’entreprendre sans doute. Je ne dénie pas cette aptitude chez la femme notamment mère qui, évidemment est aussi sur cette posture de protectrice et sait incontestablement entreprendre pour l’enfant. Je parle ici de la capacité de l’homme à être pour sa femme dans une représentation qui soit rassurante, dans une aptitude à savoir affronter, à savoir faire face. L’homme n’est pas supérieur à la femme, ils sont simplement et intrinsèquement complémentaires, côte à côte. Au-delà de la simple attirance des corps, la femme recherche dans l’homme ce qui lui manque et vice et versa pour l’homme.

La théorie du Genre me donne le sentiment d’un modèle social qui veut se substituer à un modèle ancien, d’une pensée nihiliste « façon nietzschéenne »… volonté de programmer un reset, de reformater la mémoire collective, de reconstruire l’organisation, la pensée sociale et sociétale en quelque sorte.

Le genre se veut finalement libre de référence biologique : « l’homme et la femme dans leur différence sexuée peuvent s’incliner aussi bien vers le masculin que vers le féminin ».

Est ainsi contestée cette irréductible dissymétrie qui est fertile, féconde entre un homme et une femme et qui existe pourtant bel et bien. Nonobstant, elle est la condition d’un échange nécessaire, parce que complémentaire, chez deux être ontologiquement semblables mais aussi différents.

La théorie du genre qui prône l’affranchissement de toute attache, pense l’exception pour faire passer un nouveau modèle sociétal, une nouvelle norme sociale fondée finalement sur une société qui aurait pour miroir l’image d’un masque travesti qui change de genre selon la nuit ou le jour. Les repères étaient jadis religieux, judéo-chrétiens notamment, fondés sur l’altérité des sexes qui est une réalité biologique. Aujourd’hui force est de reconnaître l’émergence d’une pensée déstructurant le socle sociétal bâti sur la cellule familiale, d’une idéologie déviante qui renverse les tabous, détricote ce que des millénaires ont construit dans la mémoire collective.

La théorie du genre devient la nouvelle norme sociale posant un nouveau curseur, celle de l’éthique de l’ouverture et de la tolérance.

Un nouveau modèle sociétal face à l’ordre ancien…

Nous sommes en effet passés d’une société fondée sur la différence des sexes à la dimension asexuée de la société, une forme de revendication narcissique, consumériste, portée par une idéologie qui entend devenir aujourd’hui la pensée dominante… et qui progresse par capillarité de façon à atteindre l’ensemble des couches de la société. Les études du genre sont une option philosophique et ne relèvent nullement d’un caractère scientifique. Elles  n’ont pour seule vocation que de renverser un mode de pensée transmis par la religion judéo-chrétienne et cherchent même à stigmatiser ceux qui pensent différemment. Ainsi relevons l’affichage récent de réquisitoires et l’incitation à la dénonciation des élus se positionnant contre le « mariage pour tous ».

Je vois dans le Gender une idéologie qui se veut indiscutable, et demain persécutrice, culpabilisante pour ceux qui choisiront d’offrir à leur fille une dinette, plutôt qu’un jeu de mécano.

Bien entendu, les tenants du Gender formeront nos enfants. Dans leurs discours militants, ils évoqueront de nouvelles normalités. En revanche, ceux qui enseigneront la différenciation à leurs enfants seront accusés de souffrir de phobie honteuse et de pathologie religieuse.

Les adeptes du Gender proscriront les jeux de mécano à tout garçon et leur prescriront plutôt la dinette. Je vois là l’émergence d’une pensée totalitaire, organisée d’une certaine manière, une stratégie déployée visant, après l’égalité homme femme, la recherche à tout crin de l’égalitarisme à toutes les échelles de la société. Je crois ne pas avoir tort, car il s’agit bien d’une stratégie sociale, politique qui accompagne fort bien le projet de loi du « mariage pour tous ». L’égalité du « mariage pour tous », c’est l’égalitarisme des identités.

Je suis ainsi et résolument opposé à cette idéologie car « Non ! Un homme n’est pas une femme comme une autre », « Non, une femme n’est pas un homme comme un autre ! »

« Quand Les mots ne sont plus que ce que l’on décide qu’ils doivent être, on n’est plus dans le domaine du sens, mais de la confusion. » Bertrand Vergely

Pour conclure et faire suite à un article écrit par mon ami Alain LEDAIN citant Georges ORWELL, auteur du fameux livre 1984…

Ce livre, à l’aune de la théorie du genre, mériterait une nouvelle lecture que j’invite finalement à redécouvrir. Dans ce  roman fiction, Georges ORWELL prophétisait la ruine de l’homme par la « confiscation de la pensée et la prolifération de la technocratie ». Georges ORWELL nous révèle ainsi une société hors du temps qui pourrait finalement être la nôtre, plongée dans une ‘hypnose sociale’ où la perversion du langage prédomine… La NOVLANGUE…

Le genre qui nie ou désavoue l’identité sexuelle est une NOVLANGUE. Pour définir ce mot curieux, Georges ORWELL le définit à travers l’un de ses personnage de fiction  « Ne voyez-vous pas que le véritable but du Novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »…

Voici pourquoi il est urgent de réveiller auprès de tous cette prise de conscience d’une société qui demain imposera le LA de sa pensée, la norme sociale qui aujourd’hui est sur le point de faire disparaitre les mots ‘Père’ et ‘Mère’ du code civil, évacue la référence à l’homme et la femme reliée à leur origine sexuelle…

Aujourd’hui, cette nouvelle norme, qui sera enseignée dès la classe de première, n’apparaît probablement pas significative. Nonobstant la perversité de cette pensée qui a pris l’habillage d’études, l’idéologie renferme la réalité d’un changement de paradigme radical qui lentement pénètre la société  en l’ankylosant, en l’engourdissant, en l’endormant.

Cette idéologie est exactement comme le serpent dans l’œuf (référence au magnifique film de Bergman). La scène se joue à Berlin. Une forme d’oppression peu à peu nauséabonde envahit la ville, une ville qui peu à peu étouffe. La liberté se resserre. Une ombre menaçante et agressive s’impose peu à peu sur la ville. Le Nazisme se dévoile.  Le Gender, nouvelle norme sociale, se substituera à la dimension de la valeur, celle du Livre, des Ecritures qui nous révèlent la pensée de Dieu et nous disent que la femme et l’homme créés côte à côte sont complémentaires. Cette idéologie introduira inévitablement une pensée totalitaire.

La novlangue caractérise bel et bien notre société. Bertrand Vergely, philosophe et théologien français, ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, déclare que  « bidouiller une famille grâce à un montage juridico-médical et appeler cela famille n’est pas raisonnable. Les mots ont du sens quand ils renvoient à une réalité. Quand ils ne sont plus que ce que l’on décide qu’ils doivent être, on n’est plus dans le domaine du sens, mais de la confusion. Le règne de la confusion, sa dictature et avec elle la confusion des esprits et des comportements, n’est-ce pas ce dont nous souffrons déjà et qui risque de nous engloutir ? Est-il besoin d’en rajouter ? »

Eric LEMAITRE

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