Philosophie, Théologie

La « bible » du transhumanisme face au Livre (la Genèse)

 

L’anthropologie transhumaniste est une manière de renverser un monde ancien 

Dans ses principes ontologiques, l’anthropologie transhumaniste est une inversion théologique de l’anthropologie Chrétienne…

Ainsi le livre de Job au chapitre 33.4 rappelle que L’esprit de Dieu a créé l’homme, et le souffle du Tout-Puissant anime tout son être, ce que rappelle le livre de la Genèse au chapitre  2 verset 7
« L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant ».

Or le transhumanisme contredit cette dimension ontologique de l’âme humaine dont l’essence est insufflée par Dieu. Pour les transhumanistes a contrario l’âme n’est plus une entité ontologique intégrée dans l’homme. Ainsi la seule réalité ontologique de l’homme naturel se réduit à sa composante dite «animale » comme le rappelle dans le chapitre suivant Gérald Pech (cf Transhumanisme et doctrine de la création).

Le transhumanisme ne renoue-t-il pas avec les hérésies gnostiques des premiers siècles de la chrétienté ?

Les gnostiques en appelaient au savoir (la Gnose) pour parachever la Création que Dieu n’avait pu mener à son terme.

Dans cette hétérodoxie chrétienne, l’homme est en effet prisonnier du temps, de son corps, de son âme inférieure et du monde. A l’époque hellénistique (la Grèce Antique), les gnostiques considéraient le corps comme ipso facto mauvais, parce qu’il appartenait au monde de la matière

Le résultat de cette présupposition est qu’ils croient que tout ce qui se fait dans le corps n’a pas d’importance, puisque la vie réelle existe seulement dans le royaume de l’esprit autrement dit et pour sourire dans un monde virtuel, la réalité chez les transhumanistes devient virtuelle et permet de facto de s’affranchir du monde incarné.

Ce qui oppose fondamentalement, différencie les conceptions transhumanistes et les représentations que nous renvoient la Bible à propos de l’homme ?  

Si les écritures bibliques déclarent la finitude de l’homme en raison de son éloignement de Dieu, le transhumanisme nie la dimension du pêché, jusqu’à considérer le judéo-christianisme comme une aliénation du progrès et de facto ce courant idéologique entend transgresser les limites. Le transhumanisme aspire ainsi et inversement à modifier l’ADN, briser les barrières du génome. C’est également dans la finitude, dans la chair que Dieu nous rencontre, que Dieu se fait à l’échelle de l’homme partageant nos souffrances, nos angoisses, nos peurs, nos besoins, nos infirmités physiques.

Or l’homme fait en quelque sorte le chemin inverse aspirant à la divinité, à se désincarner et se libérer de son corps biologique ou le réparer via des prothèses bioniques, pourtant la notion de vivant selon l’anthropologie biblique est liée à cette dimension du corps naturel.

Nous relevons aujourd’hui toutes ces tentatives de dénaturation de l’homme, de déconstruction de l’homme, cette volonté de le suppléer ou d’aboutir à un homme bionique démembrant l’homme naturel pour palier à ces infirmités physiques, ce qui est en soi louable mais questionne sur le mariage du corps vivant et de la matière inanimée, animée de façon factice. Jusqu’où ira-t-on, dans cette conception robotique mariant l’homme et la machine qui de facto pourrait être envisageable et pas impossible dans un très proche avenir.

Nous pensons en revanche qu’une machine aussi sophistiquée serait-elle, ne sera jamais vivante, car la vie ou le vivant sont profondément et intrinsèquement associés à la dimension moléculaire (nous savons que les sciences naturelles ne donnent pas ici de définition du vivant, elles s’inscrivent dans une négation de la spécificité du vivant, qui se veut matérialiste, de plus elle confond le matérialisme épistémologique et les sciences de la matière).

Ainsi les objets inanimés et les machines y compris celles dotées d’une intelligence artificielle dite forte ne seront nullement habités par le souffle de vie, ne pourront avoir la prétention d’incarner le vivant.

Le retour à une dimension et une vision matérialiste de l’humain conduira l’humanité à sa plus grande folie, à un « système » est hégémonique qui transforme les manques en besoins, se nourrit des besoins qu’il fabrique et se légitime par une idéologie techniciste sans âme.

La tentation du transhumanisme concernant la redéfinition de l’homme, n’était-elle pas finalement prévisible dans l’histoire de l’humanité ? 

La Bible nous enseigne à la lecture de cette célèbre citation de l’ecclésiaste que rien n’est nouveau sous le soleil. La bible nous décrit qu’à l’origine de l’humanité, les hommes formaient déjà entre eux le projet de s’attaquer au ciel en construisant une tour qui devait être le symbole de leur toute puissance.

La Tour de Babel dans sa dimension symbolique va faire alors figure d’une forme de tour de guerre

Pour réaliser leur projet, les hommes opposèrent à la puissance de Dieu, une puissance qui se veut équivalente, la « force collective », l’entre-nous : « Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons, faisons des briques et cuisons-les au feu. […] Ainsi nous nous ferons un nom (une marque : Apocalypse 13) , de peur d’être dispersés sur toute la face de la terre… ».

Ces quelques mots extraits des livres de Genèse et Apocalypse soulignent de manière prégnante cette dimension collective. L’homme expose sa crainte, celle de ses limites, de sa finitude, il prend conscience de la nécessité de former un projet ou les hommes doivent être reliés entre eux, ce rêve d’agglomérer l’humanité n’est pas abandonnée. (web :  la toile d’araignée mondiale, un maillage mondial des données, reliant également les hommes entre eux ).

Cette dimension collective est également l’aliénation de l’altérité, la singularité de chaque homme disparaît dans le nous…

Notez que virtuellement aujourd’hui c’est le cas, comme en témoigne les plus grandes mégapoles mondiales ou ce nouveau continent numérique (le maillage du web) assurant la connexion et l’interaction universelle des hommes.

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