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Actualités, Intelligence artificielle, Technoscience

Le fantasme de l’intelligence artificielle consciente

Pour Herbert Simon, la faisabilité de reproduire l’intellect humain, n’était pas impossible, dès lors que le processus cognitif de l’être humain est appréhendé, décrypté, analysé en profondeur puis maîtrisé. Pour le prix Nobel de l’économie, l’IA copiant ainsi le cerveau humain, son réseau neuronal, rend dès lors possible la modélisation de l’intelligence de l’être humain, en conséquence de l’améliorer, de corriger également la part d'irrationalité de l’esprit humain. Herbert Simon pensait même que la puissance de calcul de l’IA rendrait ainsi parfaitement capable de penser et de créer, y compris de réaliser des œuvres d’arts, de démontrer des théorèmes originaux en mathématiques, de composer de la musique, de dominer l’homme cérébralement dans des jeux ou la part d’intelligence est largement convoquée comme les échecs ou le jeu de GO. Plusieurs génies de la littérature ont été en mesure d’ailleurs d'anticiper cet avenir dystopique, de l’imaginer comme le fit Georges Bernanos en 1945, quand l’essayiste écrivit ce livre quasi prémonitoire « La France contre les robots », ou bien Jacques Ellul, qui écrivit cet essai sur le système technicien qui fut un ouvrage référence dénonçant les interconnexions croissantes d’un monde informatique qui était seulement à ses balbutiements. Jacques Ellul, dans son analyse du monde technique, était allé au-delà de la simple critique du pouvoir des machines informatiques, il dénonçait à travers elles toutes les méthodes d'organisation de la vie sociale qui découleraient de leur usage. L’univers de l’intelligence artificielle, concept que n’appréhendait pas Jacques Ellul au moment où il écrivait ses essais sur la technique, est bien une plongée dans le monde de la vie sociale, prétendant la structurer, l’ordonnancer, l’architecturer.

Actualités

 Les Avancées et les risques de l’intelligence artificielle

Tambour Battant est une émission présentée par Antoine Spire avec deux co-animateurs : Patrick Tudoret et Marie-Christine Weiner. Ils vous font découvrir des auteurs et des ouvrages différemment grâce à leurs invités et des chroniques littéraires. Ce programme aborde des questions sociales, philosophiques, scientifiques, historiques, littéraires ou artistiques. Un thème principal rythme l’émission. Dans le cadre de… Lire la suite  Les Avancées et les risques de l’intelligence artificielle

Actualités, Ecologie

Vent debout face aux Pylônes à vent

Auteur Eric LEMAITRE N’y a-t-il pas quelque chose d’anachronique à écrire un texte à propos des éoliennes sur un site qui évoque toute une dimension qui affecte l’identité de l’homme et qui touche à sa déconstruction. Les éoliennes ne participent-elles pas au bien commun en s’inscrivant dans une dimension de développement durable, d’énergies renouvelables en… Lire la suite Vent debout face aux Pylônes à vent

Actualités, Economie

Faut-il craindre une nouvelle bulle technologique ?

Si Apple est la première entreprise à avoir franchi le cap des 1 000 milliards de dollars, d'autres stars de la tech sont prêtes à lui emboîter le pas : Amazon valait vendredi soir 889 milliards de dollars, Alphabet (la maison mère de Google) 856 milliards, Microsoft 828 milliards et Facebook 513 milliards. À elles cinq, ces entreprises représentent environ 20 % du PIB américain et plus que le PIB de l'Allemagne. L'ensemble des valeurs techs concentrent quant à elles plus de 25 % de la valeur du S&P 500, l'indice qui regroupe les 500 plus grosses entreprises cotées aux États-Unis. Fin 1999, quelques mois avant l'éclatement de la bulle internet, les cinq plus grandes entreprises en Bourse (Microsoft, General Electric, Cisco, Walmart et Intel) représentaient 15,5 % du PIB américain, rappelle Russ Mould, responsable des investissements pour AJ Bell. « Tous ceux qui possédaient ces actions au plus fort de la bulle ont sérieusement souffert puisqu'ils ont perdu de l'argent sur ces cinq titres au cours des dix années suivantes », note-t-il. Sans prédire un arrêt brutal à l'ascension des stars actuelles du marché, « il est dangereux de penser que ce qui fonctionne actuellement va toujours marcher », affirme-t-il....

Actualités, Technoscience

La reconnaissance faciale : un risque pour les libertés individuelles ?

Fait assez inhabituel pour être souligné, le président et directeur juridique de Microsoft, Bradford L. Smith a dans un article publié le vendredi 13 juillet 2018 sur le blog de Microsoft appelé le gouvernement à réguler la technologie de reconnaissance faciale. Pour le président de Microsoft, cette technologie  » soulève des questions qui touchent au cœur des protections fondamentales des droits de l’homme comme la vie privée et la liberté d’expression.  » La reconnaissance faciale peut en effet être considérée comme une simple commodité technologique, une nouvelle façon de déverrouiller un smartphone, mais si elle est utilisée à des fins de sécurité et de sûreté, elle peut conduire à une société de surveillance. Loin d’être une fiction, la surveillance des masses par caméra publique s’est déjà invitée dans le quotidien des Chinois. À Shanghaï et Shenzen, elle permet ainsi d’identifier les piétons trop pressés qui traversent au feu rouge. D’ici 2020, près de 600 millions de caméras devraient être installées dans le pays.

Actualités, Philosophie, Renoncer à la toute-puissance

« Le délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne : travail, loisir, amour » de Dany-Robert Dufour

La mondialisation qui se dessine se caractérise par l'adoption quasi universelle du projet consumériste et productiviste occidental. Le mode de vie insufflé par les idéologies progressistes et libérales qui ont pris leur source dans le capitalisme à l'occidental a  pollué sinon souillé une large part du monde : la totalité du continent asiatique, l'orient et… Lire la suite « Le délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne : travail, loisir, amour » de Dany-Robert Dufour

Actualités, Organisation sociale, Société

Monde numérique et vision politique, sommes-nous vers la fin prochaine du modèle institutionnel de « l’ancien monde »?

La démocratie telle que nous la connaissons dans le monde occidental semblait être l’aboutissement idéalisé d’une démarche où la voix de chaque citoyen pouvait légitimement compter. Il y avait pour de nombreuses nations dites démocratiques l’envie de propager, d’universaliser les idéaux de la démocratie occidentale et l’illusion de prendre en compte les aspirations des peuples, de les respecter, de permettre à l’opposition comme aux minorités, la libre expression, d’interagir avec les institutions. Née de la volonté d’unir la cité, six siècles avant Jésus-Christ, la démocratie dans la Grèce antique n’était pas ouverte à tous, les femmes en étaient écartées, les esclaves et les étrangers exclus du droit de vote, les poètes à bannir pour Platon. Cependant les débuts de la démocratie antique ont été l'exercice par tous les citoyens grecs de sexe masculin, de leur souveraineté libre et inaliénable, ce qui veut dire la mise en pratique d’une assemblée (ecclesia) où n’importe quel citoyen pouvait prendre la parole. L’exécutif des magistrats au cours de cette période était instauré dans la seule perspective d'appliquer la volonté citoyenne qui a délibéré. La démocratie depuis l’antiquité, a fait d’immenses pas à commencer par le droit de vote donné aux femmes. La démocratie est devenue un système choisissant des représentants susceptibles d’être révoqués. Dans ce type de système idéalisé, le peuple a le pouvoir ou plutôt l’illusion du pouvoir. On cherche encore l’équivalent du penseur « ubérisé » de la république platonicienne. Or nous assistons depuis quelques décennies à une forme d’effondrement des idéaux démocratiques. Plusieurs observateurs de la vie politique et pas seulement européenne, notent une forme de délitement de la vie démocratique dans le monde. Les élections américaines 2016-2017 sont un avant-goût de ce repli, d’une Amérique qui semble être émoussée par les appareils politiques. Le citoyen non dupe a pris conscience d’une pratique techniciste de la démocratie. La complexité des lois, la difficulté de comprendre et de saisir le sens des normes, est manifeste. Le citoyen est dorénavant dans une posture de méfiance se sentant trahi par le désir du pouvoir et non le désir de servir, de ses représentants. 

Actualités, Santé Robotisation et IA

Séance introductive du séminaire “Intelligence artificielle, robotique et santé” de la Chaire Philosophie à l’Hôpital

Définition des concepts, des enjeux éthiques de l’IA et de la robotique dans la santé. Focus sur l’arrivée des robots sociaux et affectifs pour le soin : quelles avancées réelles ? Quelles réflexions éthiques sont nécessaires pour ces machines apprenantes ?