Transhumanisme : la vision sociale

Le propos de Tocqueville pour mémoire rappelle l’événement d’une société doucereuse mais vampirisant et atomisant les individus que nous sommes : « Je vois [Nous rappelle l’auteur de Démocratie en Amérique] une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine… »

Ce monde que décrit Tocqueville s’impose à la modernité à travers trois commandements [que l’on pourrait opposer aux trois mots d’ordre de l’épitre de Jean nous invitant à fuir la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie »

 L’apôtre Jean en effet avait en effet écrit : N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui ; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. Et le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. 1 Jean 2 :15-17

Comme par opposition à cette épitre de Jean, nous sommes au contraire conviés à consommer, à nous évader avec nos yeux dans les espaces immatériels et à nous enorgueillir de notre apparence. 

Le premier commandement est consommé, la convoitise de la chair. C’est la clef du système. Le premier devoir citoyen., le lèche-vitrine, l’argent facile, nous préférons le gaspillage à l’épargne, l’achat à la sobriété, le maintien de son style de vie au respect de l’environnement.

Le deuxième commandement est le plaisir des yeux de se divertir dans le monde virtuel. Le travail est de plus en plus dévalorisé, le labeur devient secondaire dans l’empire du divertissement et sous l’emprise d’une mécanisation totale de la société dans son ensemble qui soulage l’homme de l’asservissement de la terre et de la sueur pour l’exploiter.  Alors le bonheur réside dans la consommation des écrans, ces mêmes écrans qui libèrent l’esprit de l’ennui, de la solitude, gouvernent nos vies et rythment notre quotidien.

Critique du progressisme

« Un jour, tout sera bien, voilà notre espérance / Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion » avait écrit le philosophe des Lumières Voltaire, en 1756. Une pensée pleine de sagacité qui résume bien la vanité de la pensée progressiste qui déjà au XVIIIème, prétendait changer le monde en l’arrachant de l’obscurantisme religieux. Dans ce propos, pourtant nous sommes loin d’une posture nostalgique, d’une époque où la libre conscience fut bafouée et où nous serions à regretter une époque où les inégalités sociales étaient particulièrement criantes. Mais nous restons toutefois circonspects sur l’idée d’un progrès technique social et sociétal sans éthique et sans curseur.

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